26/03/2008

Message aux militants et aux sympathisants du MoDem

Chères amies, Chers amis,

Je tiens tout d’abord à remercier tous les militants du Modem qui se sont personnellement et fortement engagés dans la campagne électorale qui vient de s’achever. Personne ne peut contester que le résultat n’est pas à la hauteur de nos attentes et de notre investissement. Ce constat vaut également pour les élections cantonales strasbourgeoises. En tant que tête de liste j’entends pleinement comme je l’ai toujours fait assumer les responsabilités qui sont et qui  restent les miennes. Il importe pour l’avenir du Modem à Strasbourg que nous puissions ensemble, sereinement et contradictoirement faire le bilan de l’ensemble des évènements qui se sont déroulés depuis la création officielle du Modem. La transparence démocratique au sein du Modem exige que nous puissions avoir ce moment d’’échange et d’explications auxquelles je suis prête. Je vous indique que j’ai déjà commencé un travail personnel de retour d’expériences de ce que fût cette campagne et la campagne interne qui l’a précédée. Sur  aucun des constats objectifs je n’entends éviter une analyse approfondie et suis disposée à en tirer toutes les conséquences.

Si nous voulons que ce retour d’expériences enrichisse par les enseignements que nous pourrons en tirer notre jeune mouvement, il est essentiel qu’il puisse se dérouler dans un cadre et des conditions qui le permettent.

Il importe donc que soit organisée dans les meilleurs délais et  sous l’autorité de la seule instance élue à savoir les représentants alsaciens du collège des adhérents au Conseil national du Modem une journée de travail et d’échanges. Je prends d’ores et déjà toutes les initiatives permettant l’organisation de cette journée.

Si certains d’entre vous pensent que ce moment d’échange pourrait se faire dans un cadre différent mais offrant les mêmes garanties de sérénité et de contradiction, je serai bien entendue ouverte à toute suggestion qui iraient dans le même sens. L’important étant que cet échange ait lieu.

 

 

Chantal Cutajar

05/03/2008

Message vidéo aux Strasbourgeois


04/03/2008

Pour la création d'un haut lieu du sens européen

La création de ce lieu est une nécessité à Strasbourg. En créant à Strasbourg un « haut lieu du sens européen » selon M. Alexis Lehmann que je salue, la ville prendra conscience qu’elle doit être l’âme de l’Europe politique, ce que moi-même et mes colistiers ont toujours défendu. Dans ce lieu, chaque Européen percevra, peu importe ses origines, qu’il appartient à une seule et même famille, celle de l’Europe. L'Europe a besoin de lieux culturels, de lieux de mémoire. Elle souffre de ne pas s'être imposée à ses citoyens comme une réalité vivante. Aujourd’hui, à Strasbourg, il n'y existe aucun lieu qui représente l’Europe autrement que sous sa forme bureaucratique et les touristes ou les strasbourgeois qui visitent les institutions le font dans d’interminables couloirs.

J’estime, et c’est le sens de ma démarche dans cette campagne, que l’Europe doit prendre un aspect transversal.

Cette cité des droits de l’homme, cité des étoiles, Eurodome ou peu importe le nom qu’elle prendra, devra se décliner sous des dimensions historiques, politiques, culturelles, pédagogiques et éducatives :

Historique : Sans être un musée de plus, ce lieu devra retracer la mémoire de l’Europe à travers les siècles, non pas à partir de l’an 1000 comme le musée de l’Europe à Bruxelles mais dès l’époque de l’empire romain et de l’empire carolingien à l’intérieur desquels Strasbourg joua un rôle fondamental. L’histoire de la construction européenne, de ses grands hommes et de son message de paix et de réconciliation y occupera bien entendu une place de choix.

Politique : Il sera également un lieu de réflexion sur le rôle de la Démocratie, les droits de l’Homme et ses devoirs, les devenirs de l’Union et du Conseil de l’Europe de Brest à Vladivostok, de l’Eurocorps et de l’OTAN, de l’Assemblée des Régions et de l’Europe des Nations. La présence des 47 Etats membres du Conseil de l’Europe apportera une valeur ajoutée à ce lieu où la Turquie, l’Azerbaïdjan ou la Serbie par exemple auront toutes leurs places.

De plus, je pense que cet endroit servira également de lieu de prospective sur l’évolution démographique, les modifications climatiques, les énergies renouvelables, l’EPR, ITER ou Galileo car vous savez que nous avons fait de l’écologie l’un des piliers de notre projet municipal.

Culturel: le volet culturel y sera particulièrement important. Toutes les cultures, les folklores et les traditions de la grande Europe y seront présents. Concernant la partie musée, des partenariats avec de nombreux musées étrangers seront engagés et des expositions temporaires variées et régulières seront présentées au public.

La dimension religieuse ne sera pas oubliée car toutes les confessions doivent être représentées dans ce lieu, aussi bien en raison du message œcuménique porté par les valeurs européennes que parce que toutes ces religions ont contribué au destin et à l’histoire de l’Europe. Lorsque j’entends parler des racines chrétiennes de l’Europe, je rappelle que des musulmans ont assiégé à plusieurs reprises Vienne et ont légué au patrimoine européen l’Alhambra et Averroès. Les composantes juive, orthodoxe, catholique et protestante ne seront pas oubliés non plus.

Ce lieu comprendra également des dimensions philosophique, littéraire, musique pour y accueillir des manifestations européennes (conférences philosophiques, grands débats et colloques européens, concerts).

Pédagogique et éducative : Cette dimension est peut-être la plus importante car elle aura pour mission de forger une véritable citoyenneté européenne, concept aujourd’hui vide de sens. Ce lieu devra être l’agora de l’Europe des citoyens, où la génération Erasmus côtoiera celle des Malgré-Nous. Outre ce lieu de rencontre et d’échanges, cette place devra fournir des explications sur les institutions et leur fonctionnement (chaque institution strasbourgeoise disposera d’un bureau d’information), sur les 47 Etats membres.
Des cours d’enseignement, peut-être en partenariat avec la prochaine université européenne unique de Strasbourg pourront y être donnés. Des documentaires, des films et la retransmission en direct des sessions parlementaires pourront s’y tenir. Enfin, des activités ludiques comme des jeux de découverte de l’Europe pour les enfants permettront de former cette future génération d’Européens, cette génération qui défendra le siège du Parlement Européen à Strasbourg, cette génération qui repoussera toujours plus loin toutes les frontières de l’Europe.

Place de cet endroit

La place de ce bâtiment devra également faire l’objet d’une intense réflexion. Dans un souci de mieux intégrer la quartier européen à la ville, il ne devra pas se trouver près des institutions européennes mais plutôt au centre-ville où même dans un quartier accessible à toutes les populations car notre mission n’est pas seulement de convaincre les Européens de cœur mais surtout, de convaincre les personnes pour qui l’Europe est un concept lointain et incompréhensible. Son établissement dans la rénovation du quartier du port du Rhin que nous proposons dans notre programme aura valeur de symbole dans ce quartier à la jonction entre la France et l’Allemagne.

Mais je pense que la présence de ce lieu ne suffit pas et qu’il faut mener une politique plus ambitieuse, à travers toute la ville. C’est pourquoi nous proposons également :

La création d’une Maison des ONG sur le même modèle que la Maison des associations qui permettra de renforcer la dimension « droits de l’homme » de Strasbourg. Cette maison accueillera les grandes ONG internationales qui seront ainsi représentées à Strasbourg et disposeront d’une logistique pour travailler avec les institutions européennes.

En dehors des sessions parlementaires, les bâtiments du Parlement européen pourraient abriter des parlements citoyens venus de l’Europe entière et traitant de divers sujets. Ces « parlements européens de citoyens » existent déjà. A nous de le dynamiser en proposant au président du Parlement européen un programme annuel qui animera tant les locaux vides du Parlement que la ville.

Le déplacement du Centre d’Information sur les Institutions Européennes au centre-ville et le développement de l’instruction civique européenne dans les écoles s’inscriront également dans cette démarche

Enfin, en plus de réunir l’Europe dans un seul lieu, nous proposons de répandre l’Europe dans toute la ville sur le modèle de la manifestation Lille 3000 dont on connaît le succès. Tous les deux ans, Strasbourg se métamorphosera pendant quelques mois aux couleurs d’un pays européen choisi au préalable.

Grâce à ce lieu que je défendrai dès nous arriverons aux affaires, les habitants du Conseil des Quinze ou de la Robertsau, sentiront cette âme européenne battre à leur porte, alors qu’elle est aujourd’hui confinée dans un quartier devenu si lointain alors qu’il est à dix minutes à pied !

Chantal Cutajar 

25/02/2008

Le Tandem a trahi ses électeurs

JDD - 21/02/08 - Entrée en politique avec la majorité sortante en 2001, Chantal Cutajar a pris ses distances à peine un an plus tard. Séduite par le discours de François Bayrou, elle se présente aux municipales sous l'étiquette Modem. Avec le concours de Yann Wehrling, elle entend mettre "l'écologie intelligente" au coeur de sa politique, et proposer une alternative entre deux équipes sortantes.

A quelques semaines du premier tour, quel est votre état d'esprit?
On est très enthousiaste, on sent qu'il y a une véritable voie pour le Modem à Strasbourg, qui est complètement détachée des clivages politiques habituels. Et surtout, un choix différent de celui qui existe entre un ancien maire et un ancien maire.

Vous vous présentez sous l'étiquette Modem, alors que vous aviez été élue sur la liste sortante en 2001, dont vous vous êtes rapidement écartée...
C'est un monde difficile, cruel... Moi je suis arrivée en politique en 2001 parmi ceux qu'on appelle les personnalités qualifiées, la société civile. J'ai rejoins François Bayrou en 2005, puis j'ai créé le groupe d'une UDF libre au conseil municipal, et depuis je ne cesse de tenter de relayer les convictions qui sont élaborées à Paris.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans le discours de François Bayrou?
Il fait naître un espoir, à une période où le désintérêt de la chose politique est flagrant, où nos concitoyens n'y croient plus. Je le vois avec celles et ceux qui nous ont rejoint. Il y en a qui viennent de la société civile, qui n'ont jamais eu d'engagement politique et qui se disent, cette fois-ci ça peut marcher. C'est compliqué, on ne va pas le nier. Mais on regarde dans la même direction, et on se dit que ce qui est important, ce sont les hommes et les femmes.

Dans l'optique d'un second tour, que vous soyez qualifiée ou pas, la question des clivages et des alliances se posera malgré tout...
Aujourd'hui, je n'ai aucune rencontre avec personne. Au soir du premier tour, je m'entretiendrai avec François Bayrou, et nous déciderons ensemble de ce qu'il y a lieu de faire. Sachant qu'au Modem c'est la compatibilité des projets qui commande les rapprochements. Je n'ai pas de conflit de personne. Je suis arrivée sur la liste de Fabienne Keller en 2001 parce que son slogan de campagne c'était: "La priorité c'est vous." Elle a trahi ses électeurs en commençant à avoir une politique d'édification de bâtiments à la gloire des bâtisseurs. Moi je n'ai pas changé, donc je me présente devant les Strasbourgeois en disant que je veux les mettre au coeur de ma politique.

"Une ville exemplaire sur les impératifs écologiques"

Les derniers sondages ne vous sont pas du tout favorables. Vous restez optimiste?
L'avenir appartient à ceux qui croient. Mon objectif, c'est 29%, très clairement. J'ai fait 12% aux législatives. Il y avait une candidate, madame Calderoli-Lotz, qui incarnait les voix de droite anti-tandem, elle a fait 8%. On va prendre 5% ou 6% aux Verts, parce que nous on fait de l'écologie intelligente, et quelques pour cent au PS, parce qu'il a fait une liste d'apparatchiks dont les Strasbourgeois ne veulent pas.

Mais la politique, ça n'est pas des mathématiques...
Moi je me fixe des objectifs réalistes, parce que je fais des calculs, et que je vois qu'entre un ancien maire et un ancien maire, peut-être que les Strasbourgeois préfèreront quelqu'un de nouveau. Ils se rendent compte que ni cette municipalité ni celle qui l'a précédée ne leur ont donné satisfaction. Voilà pourquoi, de manière naturelle et parce que notre programme est orienté vers les difficultés des Strasbourgeois et la solution à ces problèmes, j'y crois.

Quelle est la philosophie de votre programme, celle qui se cache derrière ce slogan "Générations mieux vivre"?
Toutes les mesures que nous avons élaborées l'ont été au filtre de trois volontés. L'augmentation du pouvoir d'achat, parce que c'est une condition du mieux vivre. La liberté de parole et le pouvoir de décision de nos concitoyens sur la gestion des choses qui les concernent au plus près. Et enfin, le passage de toutes les mesures au crible de leurs conséquences sur le développement durable. Donc une écologie intelligente, compatible avec le développement économique. Cela, j'ai voulu l'incarner en mettant à la deuxième place Yann Wehrling, qui aura ce rôle que Nicolas Hulot avait appelé vice-Premier ministre. Ce n'est pas une caution verte, c'est véritablement l'idée de faire une ville qui soit exemplaire sur le développement économique dans le respect des impératifs écologiques.

Le pouvoir d'achat n'est, généralement, pas de la compétence du maire...
C'est une vraie préoccupation de nos concitoyens, donc nous devons mobiliser tous les leviers qui sont à notre disposition. J'ai quelques mesures phares: rendre le stationnement gratuit en supprimant tous les parcmètres. Inciter les Strasbourg à ne plus prendre leur voiture, parce que c'est moins de bouchons et que c'est du pouvoir d'achat gagné sur le prix de l'essence. Nous allons également équiper les logements sociaux à construire et favoriser par des mesures fiscales des économies d'énergie. On peut aller jusqu'à économiser 20%, ce qui correspond à un mois de loyer.

"Il fallait sortir de Dallas..."

La démocratie locale est l'un des points noirs de la ville. Comptez-vous y remédier?
On veut donner aux adjoints de quartier les compétences pour régler les problèmes du quartier. Il faut aussi rénover totalement les instances de concertation, parce que les conseils de quartier ont été instrumentalisés. L'autre innovation, c'est le recours au référendum d'initiative locale. Je m'engage à ce que lorsque 20% des électeurs inscrits demandent un référendum, on l'organise, et qu'on suive son résultat. Sur l'Aubette (monument historique du centre de Strasbourg qui va devenir une galerie marchande, ndlr) par exemple, j'avais demandé un référendum, mais Fabienne Keller n'a pas voulu en entendre parler, en grande démocrate devant l'éternel. Alors qu'il y a un projet alternatif de nos concitoyens, une halle des saveurs européennes, avec des artisans. Ça, c'est une chose qu'on fera sauter, je me suis engagée.

La place de Strasbourg dans l'Europe est également menacée...
Ce côté germanophobe de Robert Grossmann a bloqué le dispositif de l'eurodistrict, alors qu'il fera de nous une véritable métropole. De même, au niveau local, il y a un plan triennal, où sont censées être inscrite les lignes budgétaires pour les projets européens. Et il y a le Zénith dedans. Ça suffit! On a déjà fait l'Europe des marchands. Strasbourg, c'est le symbole de l'Europe politique, de la justice.

Vous avez été désignée par un vote des militants, mais votre liste a connu beaucoup de remous, avec le départ de ses numéros 3 et 4, Jean-Claude Petitdemange (ex-PS) et Ludmilla Hug-Kalinkova (ex-majorité sortante) début février. Vous n'avez pas peur que ça nuise à votre image anti-clivages?
Non. Je crois que c'est très positif. J'avais accepté l'arbitrage de François Bayrou pour éviter un éclatement, avec le souci de faire que ça marche. Après, il fallait avancer, sortir d'Hélène et les garçons ou de Dallas, et entrer dans les choses sérieuses. Le jour du premier grand meeting, j'ai donné la parole à Ludmilla Hug-Kalinkova, et elle a dit qu'elle ne se sentait pas associée. Je l'ai ressenti comme un coup de poignard dans le dos. Ils refusaient aussi d'assumer la solidarité sur l'emprunt de 120 000 euros pour cette campagne, que mes cinq premiers colistiers ont assuré. Donc je ne pouvais pas laisser perdurer une situation où ils ne participaient pas à la campagne, où ils se mettaient dans les chaussons du 3e et du 4e, où ils étaient élus pendant que les autres derrière ramaient.

16/02/2008

Appel du 14 février pour une vigilance républicaine

Comme François Bayrou, Jean-Luc Bennahmias ou encore Corinne Lepage, j'ai signé "L'appel du 14 février pour une vigilance républicaine" publié dans l'hebdomadaire Marianne.

Cet appel réaffirme "l'attachement au principe Républicain et leur attachement aux fondamentaux d'une laïcité ferme et tolérante", "à l'indépendance de la presse et au pluralisme de l'information" et enfin "à une politique étrangère digne, attachée à la défense des droits des peuples, soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXIe siècle".