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21/11/2006

Mon intervention au Conseil municipal de Strasbourg sur les orientations budgétaires: "Nous attendons plus et mieux"

EMPLOI, DYNAMISME, DEMOCRATIE, QUALITE DE VIE, SECURITE: Des attentes  non satisfaites...

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"Madame le Maire,

Le débat d’orientation budgétaire est l’occasion pour notre assemblée de débattre des grandes orientations de la politique municipale et de vérifier l’adéquation de celle-ci avec les attentes des Strasbourgeois.

Je ne m’étendrai pas sur les raisonnements douteux que vous mettez en œuvre pour nous convaincre que la maîtrise des dépenses dégagera l’autofinancement qui permettra de limiter le recours à l’emprunt. En effet, je ne vois pas très bien comment, alors que les charges de personnel augmentent, le budget de fonctionnement lui, est en baisse et est censé dégager malgré tout un autofinancement. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces questions au moment du vote du budget.

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Je ne m’étendrai pas non plus sur l’argument massue que vous nous servez selon lequel la dette de 587 €/habitants, c’est moins que la moyenne des grandes villes. Mais Madame le Maire, cela reste un endettement tout même très important et les conséquence sur la fiscalité locale et donc, sur le pouvoir d’achat des strasbourgeois risque de ne pas être négligeable. Madame le Maire, si 587 € par habitant c’est moins que la moyenne des grandes villes, cela ne signifie qu’une seule chose, qu’au royaume des aveugles, le borgne est roi !!! Ce sera là une maigre consolation pour nos concitoyens lorsqu’ils devront assumer les conséquences de vos choix budgétaires.

Ce qui est important aujourd’hui c’est de débattre sur la conformité des orientations que vous nous proposez aux besoins et attentes de nos concitoyens.

Ces attentes quelles sont-elles ?

3 grands thèmes préoccupent aujourd’hui les strasbourgeois, il s’agit :

Ä de l’activité économique de notre ville,

Ä de la qualité de vie.

Ä et de la sécurité.

Or, je ne vois rien, dans le document que vous nous présentez qui concerne ces thèmes de préoccupation majeure.

1°) En ce qui concerne l’activité économique de Strasbourg

Nous pensons que l’entreprise est le lieu de création de la richesse, de l’emploi. Reconnaître et promouvoir l’entreprise et l’esprit d’entreprise doit être au cœur de nos préoccupations, y compris à l’échelle de la ville. Ce dont Strasbourg a besoin c’est que l’on aide les très petites entreprises à se créer. Nous savons bien que cela n’est pas votre priorité, vous en avez fait la preuve en ce qui concerne l’affectation de l’îlot de l’Aubette.

Plutôt que de développer une réelle volonté politique pour maintenir l’îlot de l’Aubette dans le patrimoine de la Ville en permettant qu’il accueille des petites entreprises artisanales locales vous avez préféré le céder à des intérêts privés pour 70 ans pour qu’il abrite des magasins spécialisés en équipements divers dont les strasbourgeois n’ont pas besoin. Les loyers qui seront pratiqués seront tels qu’aucune entreprise locale ne pourra s’y installer.

La disparition programmée du fleuriste de la Place Kléber procède des mêmes choix politiques qui sont les vôtres et que nous ne partageons pas.

Comment une municipalité peut-elle aider à la création des petites entreprises ? En misant sur l’esprit d’initiative de nos concitoyens et en leur donnant les moyens de concrétiser leurs projets. Ainsi, plutôt que de dilapider le patrimoine immobilier de Strasbourg, pourquoi ne pas concéder à des commerçants et des artisans des baux commerciaux en contrepartie d’un loyer incitatif ? Cela permettrait de réaliser un maillage économique de la ville créateur d’emploi. La prise en charge par la municipalité des charges sociales au lieu et place des entreprises, déjà pratiqué par certaines villes constitue aussi une piste à explorer.

2°) En ce qui concerne la qualité de la vie.

La recherche de la qualité de vie pour nos concitoyens est un devoir et une finalité de l’action politique locale parce que c’est d’elle que dépend aussi le bonheur de nos concitoyens. Elle passe par la démocratie participative. Vous n’en voulez pas. C’est dommage, mais c’est votre choix.

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Cela passe aussi par une nouvelle écologie politique. La Charte de l’environnement a valeur constitutionnelle. C’est bien. Encore faut-il réduire le fossé qui existe entre l’action publique réellement conduite et les défis écologiques que nous devons affronter. Le défit climatique constitue la plus forte menace du siècle. Nous savons aujourd’hui que la vitesse de libération des gaz à effet de serre risque d’entraîner un bouleversement climatique mais également une catastrophe économique. Le développement durable est la seule voie permettant de concilier les besoins du présent avec ceux du futur. Il doit trouver application à l’échelle locale.

En premier lieu, le choix des énergies renouvelable doit être clairement affirmé et se traduire concrètement dans les orientations budgétaires. Une place toute particulière devrait être faite en ce qui concerne la lutte contre les nuisances sonores. J’ai essayé à plusieurs reprises de vous alerter sur la souffrance que celles-ci génèrent pour nos concitoyens, mais vous n’entendez pas. Mais surtout, le levier principal sur lequel nous pouvons agir à l’échelle de la ville, c’est celui de l’éducation et de la prévention. Il existe en chaque citoyen et surtout en chaque jeune, un potentiel considérable de progression en matière de respect de la nature. Développons ce potentiel prenant en charge, à notre échelle, la formation à l’école et en entreprise.

 

3°) Enfin en ce qui concerne la sécurité.

Je voudrais dire ici que celle-ci est sans doute plus que jamais une préoccupation de nos concitoyens.

Ils veulent la sécurité oui. Pour eux et leurs enfants. Ils savent aujourd’hui que la répression n’est pas l’alpha et l’oméga des moyens qui permettent de l’obtenir.

J’ai écouté les victimes des véhicules brûlés de l’esplanade. Savez-vous ce qu’elles ont exprimé ? Bien au-delà de la réparation matérielle du préjudice, et de la punition des auteurs, ce qu’elles demandent du  plus profond d’elles mêmes c’est que l’on éduque les enfants dès leur plus jeune âge dans le respect des valeurs que nous avons en partage.

medium_violence_enfants.jpg(dessin Conseil de l'Europe)

Je voudrais à cet égard dire quelques mots des Centres Médicaux Sociaux qui sont une de vos priorités et je m’en félicite. En effet, comme vous le savez, ils constituent le cœur de l'action sociale préventive au sein même de nos quartiers au même titre que les centres sociaux culturels ou les équipes de prévention. Ce sont en effet ces travailleurs sociaux  qui connaissent le mieux les familles les plus en difficulté tant sur le plan matériel que relationnel ou éducatif. Ce sont eux qui sont les mieux placés pour assurer aide et conseils aux plus fragiles. Ce sont eux encore qui constituent, avec les enseignants, la principale source d'information du Procureur de la République qui peut alors agir pour protéger l'enfance en danger. Mais, pour que leur action soit efficace il est indispensable qu’ils puissent intervenir le plus rapidement possible et qu’ils puissent consacrer à chaque cas le temps nécessaire eu égard à la gravité des difficultés rencontrées par certains parents.

Comment accepter qu'un jeune enfant dont les parents demandent de l'aide ou, plus grave encore, qui est reconnu en danger dans son environnement par un magistrat de la Jeunesse, attende des semaines voire des mois la venue du travailleur social promis ? On ne peut pas, on ne doit pas l’accepter.

Des créations de poste s’avèrent donc indispensables dans ce domaine si l’on veut être efficace. Alors que partout ailleurs en France, les municipalités n’ont pratiquement aucune compétence propre en matière d’action sociale, Strasbourg, exception nationale, exerce néanmoins cette compétence par délégation du Conseil Général.

C’est là une formidable chance à saisir et un levier d’action pour contribuer à plus de sécurité et je regrette que vous ne l’utilisiez pas.

Enfin et je le disais déjà l’année dernière, je le redis aujourd’hui parce que vous n’avez pas entendu et que peut-être cette année vous entendrez : c’est d’une même voix que nous devons soutenir les initiatives nobles et justes émanant de nos concitoyens, des associations qui travaillent au quotidien pour tenter d’innerver le tissu social qui chaque jour, s’assèche davantage. C’est par 10 que nous devons multiplier leur budget pour promouvoir et soutenir les actions qui rapprochent le centre ville de nos quartiers, l’université de la cité, les jeunes des aînés, les riches des pauvres. C’est un acte de confiance fort envers nos concitoyens en les impliquant dans une démarche porteuse d’espoir parce qu’elle met au centre de son action : l’homme.

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Ayons l’obsession de décliner dans tous les domaines l’un des plus beaux principes de notre modèle social : je veux parler de l’égalité des chances. Force est de constater qu’elle n’existe pas, ni dans les études, ni dans le travail, ni dans le logement.

Je réitère cette année encore la proposition de créer un haut comité local pour l’égalité des chances auquel toute personne qui s’estime être en situation de non égalité des chances pourra faire appel et rencontrer un tuteur qui le prendra en charge. Cette initiative pourrait s’effectuer en lien avec la HALDE au niveau national. Des fonds européens pourraient aider à la financer.   

En conclusion, Madame le Maire, la politique que nous vous demandons n'est pas plus coûteuse que celle que vous menez actuellement, du moins sur le plan financier. Mais elle est plus riche parce qu’elle place en son cœur, les habitants et la population.

Il ne s'agit pas de dépenser plus mais mieux, de prendre en compte les nécessités sociales qui visent à améliorer la vie de tous.   Madame le Maire, mes chers Collègues, parce que les Strasbourgeois attendent plus d’une équipe municipale :

>>> pour leur emploi 

>>> pour une meilleure qualité de vie.

>>>  et pour leur sécurité

et parce que les orientations politiques que vous leur proposez pour construire le budget 2007 ne permettront pas de les satisfaire, nous ne pouvons nous associer aux choix qui sont les vôtres, et tenons à affirmer plus que jamais la nécessité de proposer aux Strasbourgeois, une offre politique nouvelle.

Chantal CUTAJAR et Jean CANTIN

Pour le Groupe des élus UDF

 

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