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28/02/2007
Lu dans la presse:LE PARCOURS "EPOUSTOUFLANT" DE BAYROU
François Bayrou. La ballade du gaullo-centriste
Par Nicolas Domenach, directeur adjoint de la rédaction de Marianne.

Il y a peu encore, c'était la guerre entre TF1 et François Bayrou qui avait osé s'en prendre à la connivence des puissances médiatico-financières et à leur mépris pour le centre. Or, hier soir, plus question de mépris, ni de mésestime envers le prétendant de l'UDF désormais pointe, il est vrai, en 3e position dans les sondages à plus de 17 % des suffrages estimés. Patrick Le Lay en personne, le patron de TF1 est venu l'accueillir avec ces mots pour le moins flatteurs : « je suis époustouflé par votre parcours ». Le Lay n'est pourtant pas un spécialiste de la félicitation électorale, mais Bayrou est désormais devenu une force politique qu'il convient de respecter comme telle, et à qui il a été accordé une heure vingt minutes d'antenne soit vingt minutes de plus qu'à Jean-Marie Le Pen !
D'autres miracles ont suivi, puisque tous les souffrants qui avaient envahi le plateau de Ségolène Royal avaient disparu. Comme par enchantement ! Plus de paralytiques, plus de cancéreux, plus de sourds et muets, plus de retraités ou de préretraités en souffrance. Les égos étaient partis avec Ségo. Ce n'étaient plus « allo Maman bobo », avec des « moutons de panel » uniquement préoccupés de leurs souffrances individuelles. Nous assistions à un spectacle, incroyable et délicieux pour le professeur Bayrou, de Français qui posaient de vraies questions de citoyens sur le communautarisme, l'emploi, la dette, la menace de l'Iran.
Avec cet autre prodige de surcroît : le surveillant, le passe-plat parlait ! Un de nos meilleurs journalistes, PPDA, ne se contentait plus de passer les questions des autres mais retrouvait la parole pour risquer une interpellation à sa façon. On se serait presque cru dans un vrai débat, plutôt un amphi où l'enseignant « trivalent » - Français, Latin, Grec ! - se montrait pédagogique à souhait devant les élèves téléspectateurs attentifs. Ah, ce n'était pas le rebelle ébouriffé et enragé qui renversait la table, mais le postulant aux plus hautes responsabilités qui s'efforçait de convaincre qu'on pouvait tout changer, calmement, sereinement. Un peu trop maître d'école par moments. C'est son pêché mignon, sa déformation professionnelle.
Il faut qu'il nous fasse la leçon, qu'il nous explique tout sans rien nous épargner. Il est un indécrottable enseignant de province. Ce qui a son bon côté parce qu'il ne renonce jamais à vous tirer vers le haut, mais c'est parfois très raisonnable. 2 + 2 = 4 : il ne faut pas mentir, c'est pas bien ! On ne doit pas dépenser plus que ce qu'on gagne et arrêter de chahuter au fond de la classe, sinon ça sera deux heures de colle. Mais la posture éducative plaît, même si l'on craint un instant qu'il s'enfermât dans les questions éducatives. Il a réussi à en sortir. Ces élèves, enfin les téléspectateurs, ont été appliqués et s'interessaient ce soir-là à tout ce qui fait la vie d'une nation.
Bayrou avec sa blouse grise, enfin, son costume gris rehaussé d'une cravate bleu France était particulièrement à l'aise. Une main dans la poche, l'autre qui soulignait le propos élevé, il se baladait au milieu de tous les grands problèmes, en ayant pris soin d'invoquer les plus hauts patronages, ses maîtres à lui, Pierre Mendès-France et le Général de Gaulle. Deux illustres figures de la gauche et de la droite mais qui en même temps ont fait exploser les frontières politiques. Deux autorités tutélaires qui expliquent mieux sa démarche d'exigence, de rigueur et d'intérêt national, au-delà des clivages. Deux pères protecteurs qui ne suffisent pas cependant à le protéger des coups venant de la droite comme de la gauche.
A droite, on l'épargnait aussi longtemps qu'on s'imaginait qu'il ne prendrait des voix qu'à Ségolène Royal. Seulement, selon les calculs de l'UMP, Bayrou grapille près d'un tiers de ses nouveaux suffrages à Sarkozy. Alors, sus au candidat « de l'illusion » et « de l'impuissance » pendant que les socialistes, eux, font feu sur cet « attrape benêt », ce champion de la droite masquée. On a donc fait taire dans les deux camps ceux qui recommandaient de prendre des gants, des gants blancs, envers Bayrou afin de ménager ses électeurs pour le second tour.
Au PS, Kouchner et Cambadélis ont été mis au silence. Pourtant l'un et l'autre rappelaient cette évidence : Ségolène Royal ne pourra pas gagner sans faire preuve d'ouverture et Mitterrand enfin, en 1988, l'avait emporté en ménageant « le très sympathique Raymond Barre », en se servant de lui, de sa défense de « l'Etat impartial », comme d'une massue contre « Chirac le chef de bande et de clan ». Contre Sarkozy, plaident-ils, le seul plan B, ce n'est pas Bové ni Buffet, c'est Bayrou. Mais ils plaident aujourd'hui dans le désert… Pour le plus grand bonheur dudit Bayrou qui redoute rien de plus que d'être embrassé et donc étouffé !...
D'autres miracles ont suivi, puisque tous les souffrants qui avaient envahi le plateau de Ségolène Royal avaient disparu. Comme par enchantement ! Plus de paralytiques, plus de cancéreux, plus de sourds et muets, plus de retraités ou de préretraités en souffrance. Les égos étaient partis avec Ségo. Ce n'étaient plus « allo Maman bobo », avec des « moutons de panel » uniquement préoccupés de leurs souffrances individuelles. Nous assistions à un spectacle, incroyable et délicieux pour le professeur Bayrou, de Français qui posaient de vraies questions de citoyens sur le communautarisme, l'emploi, la dette, la menace de l'Iran.
Avec cet autre prodige de surcroît : le surveillant, le passe-plat parlait ! Un de nos meilleurs journalistes, PPDA, ne se contentait plus de passer les questions des autres mais retrouvait la parole pour risquer une interpellation à sa façon. On se serait presque cru dans un vrai débat, plutôt un amphi où l'enseignant « trivalent » - Français, Latin, Grec ! - se montrait pédagogique à souhait devant les élèves téléspectateurs attentifs. Ah, ce n'était pas le rebelle ébouriffé et enragé qui renversait la table, mais le postulant aux plus hautes responsabilités qui s'efforçait de convaincre qu'on pouvait tout changer, calmement, sereinement. Un peu trop maître d'école par moments. C'est son pêché mignon, sa déformation professionnelle.
Il faut qu'il nous fasse la leçon, qu'il nous explique tout sans rien nous épargner. Il est un indécrottable enseignant de province. Ce qui a son bon côté parce qu'il ne renonce jamais à vous tirer vers le haut, mais c'est parfois très raisonnable. 2 + 2 = 4 : il ne faut pas mentir, c'est pas bien ! On ne doit pas dépenser plus que ce qu'on gagne et arrêter de chahuter au fond de la classe, sinon ça sera deux heures de colle. Mais la posture éducative plaît, même si l'on craint un instant qu'il s'enfermât dans les questions éducatives. Il a réussi à en sortir. Ces élèves, enfin les téléspectateurs, ont été appliqués et s'interessaient ce soir-là à tout ce qui fait la vie d'une nation.
Bayrou avec sa blouse grise, enfin, son costume gris rehaussé d'une cravate bleu France était particulièrement à l'aise. Une main dans la poche, l'autre qui soulignait le propos élevé, il se baladait au milieu de tous les grands problèmes, en ayant pris soin d'invoquer les plus hauts patronages, ses maîtres à lui, Pierre Mendès-France et le Général de Gaulle. Deux illustres figures de la gauche et de la droite mais qui en même temps ont fait exploser les frontières politiques. Deux autorités tutélaires qui expliquent mieux sa démarche d'exigence, de rigueur et d'intérêt national, au-delà des clivages. Deux pères protecteurs qui ne suffisent pas cependant à le protéger des coups venant de la droite comme de la gauche.
A droite, on l'épargnait aussi longtemps qu'on s'imaginait qu'il ne prendrait des voix qu'à Ségolène Royal. Seulement, selon les calculs de l'UMP, Bayrou grapille près d'un tiers de ses nouveaux suffrages à Sarkozy. Alors, sus au candidat « de l'illusion » et « de l'impuissance » pendant que les socialistes, eux, font feu sur cet « attrape benêt », ce champion de la droite masquée. On a donc fait taire dans les deux camps ceux qui recommandaient de prendre des gants, des gants blancs, envers Bayrou afin de ménager ses électeurs pour le second tour.
Au PS, Kouchner et Cambadélis ont été mis au silence. Pourtant l'un et l'autre rappelaient cette évidence : Ségolène Royal ne pourra pas gagner sans faire preuve d'ouverture et Mitterrand enfin, en 1988, l'avait emporté en ménageant « le très sympathique Raymond Barre », en se servant de lui, de sa défense de « l'Etat impartial », comme d'une massue contre « Chirac le chef de bande et de clan ». Contre Sarkozy, plaident-ils, le seul plan B, ce n'est pas Bové ni Buffet, c'est Bayrou. Mais ils plaident aujourd'hui dans le désert… Pour le plus grand bonheur dudit Bayrou qui redoute rien de plus que d'être embrassé et donc étouffé !...
Mardi 27 Février 2007
Nicolas Domenach
00:10 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, presse, udf, présidentielles


Commentaires
François Bayrou à évidemment intérêt à la multiplication des candidatures à gauche de la gauche et à droite de la droite. Plus il y en a, mieux c’est.
François Bayrou n’a pas le potentiel pour arriver dans les deux premiers à la régulière. Quel que soit le nombre de voix qu’il prendra à Ségolène et à Nicolas cela sera insuffisant pour passer devant l’un des deux au premier tour. Il faut donc à François Bayrou faire perdre des voix aux deux favoris.
Les élus UDF sont suffisamment nombreux pour aider aux parrainages de plusieurs petits candidats.
Ah! oui, j’allais oublier la pétition. Cliquer sur http://www.pluralisme.org
Ecrit par : Alain | 28/02/2007
Le pluralisme, seul le programme de bayrou peut l'méliorer. pour ce qui est des voix à prendre, Bayrou et ceux qui le soutiennent cherchent maintenant à accroitre le nombre de suffrages de conviction, d'adhésion, d'enthousiasme. Cordialement
Ecrit par : Chantal | 04/03/2007
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