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19/03/2007
QUESTIONS-REPONSES : Journalisme et engagement
De Mme Christine S. de Strasbourg (Robertsau). Chère Madame Cutajar, félicitations pour la qualité de vos sites. J’ai une question de pure curiosité à vous poser qui concerne votre équipe et en particulier Daniel RIOT. Que fait ce journaliste, dont j’appréciais tant les éditoriaux, les interviewes et les reportages dans les DNA, dans votre équipe de campagne ? Comment concilie-t-il son esprit d’indépendance avec son engagement pour Bayrou et pour vous ? Est-il membre de l’UDF ? Je le croyais plutôt à gauche. Me suis-je trompée ou a-t-il changé ?

CC : Merci, Madame pour l’attention que vous portez à mes sites et à ma campagne. Unis par amitié et par une grande convergence d’opinions (ce qui ne veut pas dire, heureusement, que nous soyons d’accord sur tout), Daniel et moi travaillons ensemble depuis plus de trois ans. Nous avons crée ensemble et avec d’autres esprits épris de justice et soucieux de servir concrètement les idéaux humanistes DpJ, Le Droit pour la Justice.
Notre collaboration s’est nouée naturellement ou presque, par « limage de cervelles », comme écrivait Montaigne. Par partage des valeurs. Par mêmes soucis citoyens. Par la même volonté, chacun à sa manière, d’assumer son rôle social. Dans mon équipe de campagne (structurée mais non hiérarchisée), il a un rôle de "conseiller" si une étiquette vous semble indispensable. Daniel a, durant toute sa carrière, considéré le journalisme comme une éthique, de la même manière que je vois d’abord la politique comme une éthique. Pour une réponse plus précise à votre question, Daniel est mieux placé que moi…
Cordialement
Chantal CUTAJAR
DR. Tout d’abord, merci pour vos compliments. C’est par esprit d’indépendance que je soutiens Bayrou et Chantal. Pour une raison simple… Il est pour moi le Président qu’il faut aujourd’hui à la France. Elle est la meilleure députée qu’une Ville telle que Strasbourg peut avoir et se doit d’avoir. Un double constat qui entraîne mon double engagement. Pour des personnalités et pour des projets.Non par ralliement, mais pour être fidèle à mes idées.
Vous m’imaginiez « plutôt à, gauche » ? Pas faux. Je me définis souvent comme un républicain, gaullien, social démocrate, européen. Mais ces mots ne valent que par le sens qu’on leur donne… J’essaie surtout d’être un « esprit libre » ce qui me fait dire : « Moi je n’ai qu’une carte : ma carte de presse »…
Cela reste vrai : je ne suis pas membre de l’UDF puisque vous vouliez le savoir.
Cette formule sur la « carte de presse », pratique mais longtemps mûrie, m’a beaucoup servie durant toute ma carrière de journaliste. Obligation de réserve professionnelle, respect du secret de l’isoloir, respect surtout des lectorats et des auditoires des entreprises de presse (privées et publiques) dont j’étais le salarié : l’éditorialiste d’un journal dit « généraliste », le directeur d’une rédaction d’une chaîne publique, le collaborateur (même bénévole) de radios dites « grand public » (même baptisées « libres ») se doivent de ne pas tirer parti à des fins partisanes ou personnelles de l’audience que leur procurent leur tribunes. Une affaire de déontologie et de règles du jeu. N’ayant plus d’employeur, ces obligations de réserve tombent. Privilèges des retraités !
Je m’honore même, moi vis-à-vis de moi, d’avoir renoncé à quelques propositions professionnelles entachées des parfums troubles du carriérisme politique ou de l’affairisme sournois. Une question d’éthique personnelle. Et de réalisme : la liberté, l’indépendance nécessitent des combats toujours à mener y compris contre soi-même. Ne serait-ce que pour ne pas prêter le flanc à des procès d’arrières pensées ou d’intentions (qui de toutes façons sont le lot de toutes celles et ceux qui s’exposent publiquement)
Cela n’empêche pas le journaliste (comme quiconque) d’être pleinement citoyen, voire de défendre, dans le respect des faits et des opinions différentes, des valeurs, des positions et des postures de chacun et de dénoncer des impostures, des dérives, des erreurs ou des fautes indépendamment des tatouages sociaux de leurs auteurs. Le devoir de « distanciation » n’est jamais une obligation d’indifférence, heureusement.
L’essentiel, c’est de pouvoir exercer ce métier dans un climat de confiance et dans un cadre de valeurs qui permettent de concilier conscience « professionnelle » et conscience tout court. Ce qu’on appelle la « clause de conscience » vient de là.
Ainsi pour parler de ce que je connais le mieux (mon expérience) l’éditorialiste que j’ai été et demeure a toujours militer (oui, le mot n’est pas tabou) en faveur des valeurs qui fondent le Conseil de l’Europe et constituent les bases démocratiques, juridiques, humanistes, culturelles, voire spirituelles de la construction européenne. Je n’aurais ni voulu ni pu travailler à l’Humanité ou à Minutes, par exemple. Choix professionnels et choix de vie.
La mise en perspectives de faits ou de déclarations, toute narration et a fortiori tout commentaire, toute relation comporte une part de subjectivité. Beuve-Mérry le disait avoir force : l’objectivité n’existe pas, seule l’honnêteté importe.
Bien à vous
Daniel RIOT
14:25 Publié dans QUESTIONS -REPONSES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, bayrou, législatives


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