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01/04/2007

Extraits du Carnet de campagne de Daniel RIOT

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François Bayrou n’est pas dans le trou…

Une excellente nouvelle : OUF! De Robien vote Sarkozy !

« Bayou est dans le trou » ! Poisson d’avril… La « compère et la commère » se frottent les mains… Les incidents de la gare du Nord, (transformés en affrontements dans des conditions non encore éclaircies) ont fait le jeu de Le Pen donc de ceux qui agitent le « péril » du même nom…pour décourager celles et ceux qui seraient tenter par la « révolution tranquille » de « l’extrême centre » de Bayrou…

Les fiches de température des sondages marquent cette phase : Le Béarnais se tasse, voire recule. Le « compère et la commère » exultent. En s’accordant une fois encore sur les mêmes formules : « Le moment Bayrou est fini ! »…En soufflant sur les braises du « vote utile » avec leur « programme commun » : « Le Pen en troisième homme est meilleur pour nous que Bayrou ». En serrant les boulons dans chacun de leur « camp » par tous les moyens, y compris les plus démagogiques. En usant et en abusant de cette dramaturgie médiatique qui entraîne un malentendu démocratique : la campagne des présidentielles est détournées de ses vrais enjeux, hautement politiques, au profit d’intérêts bassement politiciens…

L’hyper-capitalisme bonapartiste et le socialisme indéfini 

Le « vote utile » pour l’UMP, c’est le score le plus élevé possible pour Sarkozy au détriment de Bayrou. Parce qu’un face à face entre le prince de Neuilly aux ambitions napoléonienne et l’Homme au tracteur ne s’annonce guère favorable au premier. Parce que Sarkozy qui a déjà su dissoudre les valeurs gaullistes et centristes dans son hyper-capitalisme bonapartiste à la sauce anglo-saxonne avec une pincée de berlusconisme a besoin d’une légitimité forte pour pouvoir exercer le pouvoir comme il l’entend : d’une façon personnelle et musclée.

Le « vote utile » pour le PS, c’est tout ce qui peut empêcher le renouvellement de la « catastrophe Jospin » : le « grand PS » qui ne sait plus définir le mot « socialisme » veut être au second tour… Même si sa candidate est donnée perdante dans tous les cas de figures possibles, sauf contre Le Pen !

Le « vote utile », pour le « duo » héritier des vraies cohabitations et des fausses alternances qui ruinent la France depuis 25 ans, c’est donc d’abord un vote « anti-Bayrou ». D’où leur tactique dans les trois dernières semaines qui commencent : cogner, cogner, cogner et encore cogner sur le Béarnais    et le rendre inaudible. En lui piquant quelques idées, en caricaturant son projet, en se plaçant déjà dans les perspectives des législatives et des municipales, et en exploitant ses faiblesses.

Les ringards du centrisme « non couillu »

Des faiblesses, Bayrou en a, à commencer par l’image « ringarde », opportuniste, molle du centrisme « d’avant », du « ni ni », du « oui, mais », du « de quel coté le vent va tourner »  reste vivace dans bien des esprits… et dans quelques  sections et fédérations de l’udf. Le « centrisme couillu » pour reprendre une expression de François Bayrou compte encore bien des « couilles molles » (pour rester dans le même registre) : c’est plus, bien sûr, une affaire de têtes que d’attributs, de caractères  et de tempéraments que de morphologie, et cela transcende les sexes et les générations.

Héritage de cet esprit de soumission qui incitait Chirac à lancer : « Les centristes, on les roule dans la farine et on les fait frire ».  Qui incitait Pasqua à ironiser sur les « sangs tristes ». Qui fait croire à la droite et à la gauche que le centrisme ne peut être qu’une force d’appui parce qu’ils sont « fait en pâte à modeler ».Qui fait confondre à nombre de responsables et de militants de l’UDF « sens des nuances » et absence de bon sens.

Héritage aussi de ces réflexes de « petitesse » qui naissent de la vie en autarcie intellectuelle de petits groupes qui ne savent pas s’ouvrir aux autres, frotter leur cervelle à celles des autres, comme disait Montaigne, qui ne veulent surtout pas être dérangés dans leurs habitudes et leurs routines, dans leur autosatisfaction pathologique…

La « révolution tranquille » de Bayrou exige une révolution culturelle qui n’a pas encore été suffisamment assumée dans les rangs de l’UDF. On ne peut en rien le lui reprocher : il a déjà sauvé une formation qui était condamnée à être laminée. Il l’a  ressuscitée, même ! Mais en l’état  c’est la faiblesse des bases de l’UDF qui limitent la force de progression de Bayrou.

Le choix de De Robien : « Ouf ! »

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De Robien prie et sarko grimace...Bayrou "soulagé"!

François Bayrou qui en bon fils de la terre sait jauger les réalités en a bien conscience. Le cas de Robien est le symbole vivant même de cette situation. Son bilan à l’éducation nationale n’est pas bon ! Sarkozy a été le premier à le dire haut et fort. Ses calculs de notable (qui vient de se faire réélire maire d’Amiens, par anticipation, on ne sait jamais…) n’entrent pas dans la stratégie de changement de Bayrou. Ses prises de positions de droite plus que du centre  brouillent l’image de « centriste central » que veut donner Bayrou à l’UDF depuis cinq ans, progressivement. Ses déclarations critiques contre Bayrou ont donné du grain à moudre aux adversaires du nouveau centre. Comme sa publication en librairie qu’il ose appeler « livre »… Ses (fausses) hésitations vraiment cultivées sur son choix pour le premier tour ont conforté l’image passéiste et passée du centriste mou, champion de l’indécision. Son ralliement à Sarkozy est un soulagement pour Bayrou. Un poids en moins. Ouf !

C’est terrible pour Bayrou de devoir compter avec celles et ceux qui tout en prétendant soutenir l’UDF et sa candidature font sur le terrain le jeu de ses adversaires et, parfois involontairement, travaillent en faveur de la « ligne Sarkozy » ! Localement, Strasbourg est un cas d’école à faire étudier, plus tard, en sciences politiques : De « petits Derobiens » et des « petites Derobienes » font allégeance, se laissent téléguider, se font « rouler dans la farine » au nom de faux impératifs municipaux par un tandem constitué d’un ex-mentor de Sarkozy et d’une ancienne UDF passée à l’UMP …

Le « derobisme » doit être conceptualisé même s’il est vieux comme la vie politique : « attitude intellectuelle malhonnête qui entraîne, chez  certains bipèdes peu vertébrés mais doués pour marcher sur la tête,  des comportements qui sacrifient les  valeurs qu’ils prétendent défendre sur l’autel d’intérêts personnels souvent mal compris et font, parfois malgré eux, le jeu de leurs adversaires en blessant ou tuant celles et ceux qui portent vraiment les valeurs proclamées»

De Robien d’Amiens et les derobistes de Strasbourg…

Le vrai de Robien d’Amiens comme ses filles et ses fils spirituels (si l’on peut dire) de Strasbourg et  d’ailleurs devraient au moins pousser leur logique jusqu’au bout : rejoindre l’UMP.

Mieux vaut carrément passer à l’adversaire que jouer les « cinquièmes colonnes » : c’est moralement plus acceptable. Comme dit Bayrou : « Ceux qui sont passés à l’UMP n’étaient pas de vrais UDF » … Mais ils sont plus estimables que ceux qui restent à l’UDF en étant de faux centristes et de vrais umpistes. Le derobisme n’est que la « caution » (le mot est de De Robien !) du sarkozysme. Une caution bien peu morale…

Entre les réactionnaires de droite et les conservateurs de gauche

Mais comme dit Bayrou, « nous règlerons tout cela après les Présidentielles ». Le calendrier de la course à l’Elysée est la priorité des priorités puisque dans notre système institutionnel seule l’élection du Président de la république peut nous permettre de changer démocratiquement, d’une façon républicaine, ce … système usé, dépassé, devenu nuisible.

Le seul candidat républicain qui veut vraiment changer le système et les mœurs qu’il engendre conserve bien des atouts : la « commère et le compère » feraient bien de ne pas enterrer trop vite celui a d’ores et déjà gagné une bataille difficile, celle de redonner crédibilité, corps et âme à un centrisme. Bayrou n’est pas dans le trou !

D’abord, attention à la relativité des sondages ! Ensuite, entre les réactionnaires de droite et les conservateurs de gauche, il reste le seul espoir de ceux qui veulent une vraie rupture avec 25 ans d’une Monarchie oligarchique qui a montré toutes ses limites et surtout toutes ses nuisances. Enfin et surtout, la campagne reste incertaine pour tout le monde…

” Absolument confiant dans le choix des Français “, François Bayrou a sans doute raison de rester convaincu que ses deux concurrents sont surestimés dans les sondages. «  La gauche ne se retrouve pas dans sa candidate. Quant à Sarkozy et Le Pen, ce sont des vases communicants. Si le vote Le Pen est sous-estimé, alors le vote Sarkozy est surestimé « ,a-t-il  confié au Monde. «  Les principaux dirigeants du PS ne cessent de me faire passer des messages affirmant que, si je suis au second tour, ils sont à mes côtés »

« On a tous en nous quelque chose de Bayrou »

J’emprunte ma conclusion au Monde qui résume bien le programme…  « Son équipe de campagne met ce week-end la dernière main à un programme de vingt pages, thématique, qui sera tiré à 10 millions d’exemplaires et présenté en début de début de semaine prochaine. ” On voulait répondre à Royal et à Sarkozy qui disaient que l’on n’avait pas de programme “, indique Maurice Leroy, député UDF du Loir-et-Cher. Le quatre pages, jusqu’alors distribué avec une clémentine ” pour donner des vitamines à la campagne “, a été jugé un peu léger.

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Vincent LINDON

Le 5 avril, M. Bayrou publiera en outre son troisième livre de campagne, Confidences, qui reprend l’entretien de plusieurs heures accordé à PoliTIC’Show et qui est déjà disponible sur son site. Il a confié au photographe Jean-Marie Perrier, le soin de son portrait officiel.

Dans la dernière ligne droite, l’essentiel, pense François Bayrou, est de retrouver la proximité qui avait permis l’identification d’une partie de l’électorat à sa personnalité. Lors d’un meeting de soutien où il l’accompagnait, Vincent Lindon lui a fourni le slogan : «  On a tous en nous quelque chose de Bayrou ».

Daniel RIOT 

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