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01/04/2007
Le conservatisme français et la "Révolution tranquille" de Bayrou...
De M. Jean-Charles B. demeurant à Strasbourg et rencontré lors du « politico-dating » de ce dimanche organisé à la terrasse du GAYOT, place du marché GAYOT : madame, que pensez-vous de cette analyse parue dans le Monde sur le conservatisme des Français. Pensez-vous que cela soit encourageant pour les chances de succès de la « révolution tranquille » prônée par Bayrou ?

L’article du MONDE : « LES FRANÇAIS, ces anciens révolutionnaires seraient-ils devenus conservateurs ? A l'heure où dans le miroir de la campagne présidentielle, se révèlent les crispations de la société, c'est la question que l'Institut Montaigne, présidé par Claude Bébéar, avait choisi de poser à plusieurs personnalités lors d'un séminaire au Conseil économique et social, jeudi 29 mars.
La réponse s'est voulue - partiellement - optimiste. " Les Français sont dans un processus de profonds changements ", a expliqué Dominique Reynié, professeur à l'Institut d'Etudes politiques de Paris. " Ils ont une disponibilité au changement à condition que celui-ci soit éclairé, expliqué ", a-t-il observé. Les résistances viendraient davantage des dirigeants politiques qui, " depuis vingt ans, représentent la catégorie socio-professionnelle qui a le moins évolué. Ceux que l'on qualifie de nouveaux aujourd'hui, font de la politique depuis trente ans ! ".
Le propos ne pouvait que convenir à Jean-François Kahn, qui ne cesse de dénoncer la rupture entre le pays et ses élites. Partisan du centre politique, le directeur fondateur de l'hebdomadaire Marianne, a évoqué le succès de François Bayrou dans cette campagne : " Ce peuple que l'on dit conservateur, il a envie de secouer le cocotier ! Et que lui répondent les élites ? Ah non ! ça ne va pas du tout, il y a une gauche et une droite, on ne bouge pas comme ça. Il faut voir leur affolement à l'idée que le système dans lequel ils sont installés pourrait changer ! ".
Pour l'essayiste et président de PlaNet Finance, Jacques Attali, la société française est " individuellement révolutionnaire et collectivement conservatrice ". " Dès que le changement apporte une nouvelle liberté, il n'y a pas de conservatisme ", a-t-il observé en évoquant les évolutions technologiques, économiques et sociétales adoptées, par le pays, depuis vingt ans.
Dans la profusion d'essais sur le déclin de la France, l'ancien conseiller de François Mitterrand voit " un très bon signe ". " Il n'y a jamais eu autant de production sur ce thème qu'au milieu du XIXe siècle qui a été une période d'immense mutation ", a-t-il rappelé. Tout aussi salutaire, juge-t-il, le débat sur l'identité nationale : " Cela va nous amener à un projet collectif qui nous forcera à réformer nos institutions, du fonctionnement de l'Etat aux collectivités locales. " " Il ne peut y avoir de capacité à vivre le changement si l'on n'a pas conscience d'être mortel ", a conclu M. Attali. Examen de conscience les 22 avril et 6 mai.

Le commentaire de Chantal CUTAJAR : Le débat sur l’identité nationale serait « salutaire » s’il n’était pas que relié à l’immigration. Et s’il ne se transformait pas la « question nationale » en « regain du nationalisme ». L’identité ne se résume pas à une carte, la citoyenneté ne se réduit pas à une carte d’électeur…
Que la société française espoir « individuellement révolutionnaire et collectivement conservatrice » est une affirmation qui mérite des débats approfondis, d’autant plus que la formule pourrait être inversée : n’est-elle pas cette société éclatée, en miettes, au bord de l’implosion, « collectivement consciente de la nécessité de réformes mais individuellement hostile à toute remise en cause » ?
Une conclusion (provisoire) : depuis 25 ans ce sont deux conservatismes qui ont conduit à la situation actuelle, à toutes ces fractures qui sont aussi des factures. C’est bien de cet étau de deux conservatismes que Bayrou tente de sortit la France pare une révolution authentique, dans par des réformes profondes et durables entreprises en rassemblant les Français et non en les dressant les uns contre les autres au nom de politiques prisonnières d’idéologies d’un autre siècle.
Ce sont les apparatchiks des partis qui ont peur de cette révolution au nom de leurs acquis bien mal acquis. Ce sont eux qui agitent l’épouvantail des risques des changements profonds que propose Bayrou. Parce qu’ils savent que les mutations en cours les prennent de cours et que seule la révolution tranquille de Bayrou peut nous permettre d’éviter des mouvements de révoltes qui n’auront rien de « tranquille »…Nous avons une chance énorme : quand je dis « nous », c’est l’ensemble des Français qui sont moins « conservateurs » que les élites de droite, réactionnaires et autoritaires, et les élites de gauche qui restent prisonnières des contradictions internes d’un PS qui n’a pas su tirer les leçons de ses échecs non seulement électoraux mais surtout sociaux et sociétaux.
Bayrou est anti-système car il a vécu le système de l’intérieur. Il sait de quoi il parle.il sait ce qu'il faut changer. Et il a vu, surtout, que le système actuel ne fait le jeu ni de la démocratie ni de la République ni de la Nation ni de la Société.
Il ne veut pas créer un autre camp, il veut, comme il l’a dit « sortir des camps ». Il ne veut pas « prendre le meilleur de la droite et le meilleur de la gauche », comme on le dit parfois : il veut, en faisant appel aux compétences les meilleures (il y en a !) et en consultation réelle avec les Françaises et les Français sauver et améliorer un « modèle français » qui en l’état n’est plus un modèle à imiter…mais devient un modèle de ce qu’il ne faut pas faire !
La social-économie, la démocratie sociale, l’Etat impartial, le retour au principe d’Humanité : ce ne sont pas des formules vides de sens, des slogans, des « attrape voix ». Ce sont les quatre piliers de sa « révolution tranquille » au service de la France et de ce qu’il appelle justement le « nouveau Tiers Etat »
C.C.
22:20 Publié dans QUESTIONS -REPONSES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, bayrou, présidentielles, légsilatives, politique, udf


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