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06/04/2007
LA "BOMBE" d' AZOUZ BEGAG...
LU DANS MARIANNE, UN EDITO DE NICOLAS DOMENACH:
"Dominique de Villepin s'était déjà fâché de ce qu'Azouz Begag, comme François Goulard le ministre de l'Enseignement Supérieur, aient opté pour Bayrou. Il leur avait déjà suggéré de démissionner. En vain, puisque les autres ministres s'étaient engagés pour Sarkozy sans subir semblable ukase. Mais, pour empêcher la sortie du brûlot, le chef du gouvernement, sous pression de Sarkozy, a tenté de dissuader son ami Begag de toute publication. Un temps, le ministre de l'Egalité des Chances a plié et envisagé de différer la publication pour complaire à celui qui l'avait appelé au gouvernement.
Mais le livre était déjà calé, quasi-distribué, le bon-à-tirer signé et Begag voulait se libérer du poids de tous ces mots qu'il portait sur le cœur, l'estomac, la colonne vertébrale. Car c'est un long calvaire qu'il raconte, les souffrances d'un jeune immigré très diplômé puisque docteur en économie et sociologue réputé habitué des micros, mais pour qui les ennuis ont commencé une fois jeté dans la fosse aux lions.
Begag qui ne voulait pas être l'Arabe de service va découvrir d'abord combien un homme de la société civile n'est rien dans ce milieu. Et moins que rien même, s'il ne dispose pas de réseaux journalistiques, patronaux et prétend s'opposer au puissant patron de l'UMP.
Comme son parrain était totalement absorbé par ses nouvelles fonctions et sa guerre conte son ministre de l'Intérieur, Begag s'est retrouvé seul, sans administration, sans moyen, et donc méprisé par les autres ministres qui l'ont humilié, écrasé ; ses chaussures même s'en souviennent que ses collègues n'ont cessé de piétiner ! Même l'équipe Borloo avec qui il devait travailler l'a tenu à l'écart.
Alors, Begag, dénoncé par la gauche comme traître à la cause qu'il aurait dû servir puisque enfant des exclus, se trouvait abandonné par ceux qui, croyait-il, allaient le soutenir pendant que Sarkozy et les siens le pilonnaient.
Ce ministre transparent raconte avec effarement les pressions, les intimidations qu'il a subies quand il a pris position contre la discrimination positive, contre ces « mots incendiaires » : « Kärcher, racaille ». Il raconte ses entrevues avec Sarkozy qui passe de la séduction à l'affrontement.
Ce monde-là est hyper violent, le ministre de l'Intérieur et élu de Neuilly a été élevé là-dedans, pas l'enfant des bidonvilles de Lyon qui sait la dureté du combat de rues mais ne comprend pas qu'un ministre de la République, ulcéré par une de ses déclarations où il s'est senti insulté, veuille lui « casser la gueule ». Il ne comprend pas non plus que « les médias, selon lui, le boycottent » depuis qu'il est devenu anti-Sarkozy. Alors il a écrit, tous les jours, toutes les nuits. Son livre disait-il, c'était son arme nucléaire. Normalement, une arme nucléaire c'est une arme de dissuasion. Mais là, c'est parti."
"Sarkozy, mon ennemi de l'intérieur"
Le ministre démissionnaire publie mercredi un livre au vitriol contre le candidat de l’UMP. Des extraits circulent déjà. Lu sur LE FIGARO....«Un mouton dans la baignoire». Dès le titre, une allusion aux propos tenus par Nicolas Sarkozy sur TF1 à propos de la fête musulmane de l’Aïd-el-kébir, le ton de l’ouvrage d’Azouz Begag est donné : haro sur le candidat de l’UMP. Dans son livre, dont l’hebdomadaire Marianne publiera samedi les bonnes feuilles, l'ex-ministre délégué à la promotion de l’Egalité des Chances n’y va en effet pas de main morte avec son ex-collègue de l’Intérieur. Il revient notamment sur les émeutes de l’automne 2005, qu’il qualifie de «descente aux enfers».

Parce qu’il reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir parlé de «racailles», une «sémantique guerrière», Azouz Begag raconte qu’il est violemment attaqué par les sarkozystes, qui demandent sa démission pour «absence de loyauté gouvernementale».
Mais Begag va plus loin, et met directement en cause Sarkozy. Il relate notamment un coup de téléphone où ce dernier lui aurait dit «Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy», avant de lui «passer un savon tellement incroyable» qu’il n’a pu s’«empêcher de le consigner sur le champ».
Et le sociologue de citer le ministre de l’Intérieur d’alors : «Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule !», aurait crié Nicolas Sarkozy, avant de lui demander de «ne jamais plus lui serrer la main à l'avenir».
Selon Le Parisien, Azouz Begag regrette également dans son livre le peu de soutien que lui aurait offert Dominique de Villepin, dont il était pourtant proche. Le quotidien raconte également que Jacques Chirac et le premier ministre auraient demandé à Begag de retarder la publication de son ouvrage.Le ministre aurait fini par démarcher son éditeur, Fayard, pour obtenir un délai, mais trop tard. Azouz Begag, qui a annoncé son soutien à François Bayrou, a alors dû démissionner. Il veut maintenant reprendre sa pleine «liberté de parole».
14:40 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : begag, banlieues, sarkozy


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