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20/06/2007

UNIVERSITES: Où les réactions sont plus que critiques...

Une réforme de l’Université ? OUI, bien sûr. Il le faut. Elle s’impose, en profondeur. Mais laquelle et comment ? Visiblement, Valérie Pecresse va rencontrer bien des difficultés. Et les trop habituelles rengaines sur la « difficulté de réformer », sur le corporatisme du « mammouth », sur les « réflexes de gauche » de quelques syndicats n’expliquent pas tout. Les passages en force, dans l'urgence, et pendant...les vacances ne sont pas les plus prometteurs! Et vous, qu’en pensez-vous ? Vos réflexions sont bien venues. Résumé des réactions enregistrées par Le Monde :

Organisations étudiantes et syndicats d'enseignants ont accueilli avec inquiétude la version de travail du projet de loi sur l'autonomie des universités. "On est profondément déçus par ce texte parce qu'on se rend compte que les trois semaines de concertation n'ont servi à rien", a déclaré Thiébaut Weber, président de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE). "Certains consensus qui ont pu avoir lieu dans les groupes de travail ne se retrouvent pas dans le projet de loi", a-t-il poursuivi.

Même tonalité du côté de l'UNEF, qui, par la voix de son président Bruno Julliard, a qualifié de "douche froide" le contenu du texte. "Ce projet nous fournit l'argumentaire pour mobiliser nos étudiants s'il reste en l'état", a expliqué le leader étudiant. Dans sa ligne de mire, l'inscription dans le texte d'une possibilité de sélection à l'entrée en master et la diminution de la représentativité des étudiants au sein des conseils d'administration des universités. "De 20 % à 25 % aujourd'hui, nous passeront à 15 %", s'insurge M.Julliard.

La Confédération étudiante (CÉ) s'est félicitée que le projet assigne pour mission à l'Université l'insertion professionnelle des étudiants. "Sur ce point, la CÉ a obtenu satisfaction, a déclaré Julie Coudry, sa présidente. Mais au-delà de cette avancée majeure, la loi, telle qu'elle vient d'être transmise aux organisations, nécessite de nombreuses clarifications qui devront, dès la rentrée, être apportées."

 "FORMES DE SÉLECTION"

Côté syndicats d'enseignants, le ton était encore plus vif. L'UNSA-éducation a jugé "inacceptable en l'état" l'avant-projet : "La fédération UNSA-éducation emploiera tous les moyens à sa disposition pour faire évoluer, dans le temps qui lui reste, ce projet." "C'est un projet qui risque d'aboutir à des universités concurrentes, à plusieurs vitesses", a aussi réagi Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.

Pour lui, ce texte "non seulement n'améliorera pas, mais risque de dégrader la démocratie dans le fonctionnement des universités avec un conseil d'administration réduit et un président qui a beaucoup de pouvoirs et dont il n'est même pas sûr qu'il soit président de l'université". Il a aussi critiqué la sélection à l'entrée en master et un projet qui "laisse supposer des formes de sélection à l'entrée même des universités".Tout en reconnaissant que le gouvernement avait la possibilité de passer en force "compte tenu du calendrier", M.Aschieri a mis en garde "le premier ministreet le président de la République sur l'image qu'ils peuvent donner aujourd'hui de leur volonté de dialogue".

Mardi matin, c'était au tour de la Conférence des présidents d'université (CPU) d'émettre quelques réserves. "Nous sommes en accord sur la démarche générale qui donne plus d'autonomie aux universités mais nous allons intervenir auprès du gouvernement sur deux points", a déclaré Michel Lussault, porte-parole de la CPU.

La CPU réitérera dans les prochains jours sa demande que la loi s'applique à toutes les universités. "Nous souhaitons que les compétences générales soient obligatoires pour toutes les universités", explique M. Lussault. La CPU estime que la composition d'administration est trop "bouclée" par la loi : "Nous sommes pour un conseil d'administration resserré mais avec une marge de vingt à trente membres. Si on considère que les universités doivent être autonomes, il faut que la loi soit un peu souple."

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