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25/08/2007

Bayrou salue en Raymond Barre "un Homme d'Etat " qui "tenait le cap"

L'ancien Premier ministre est mort samedi à l'âge de 83 ans. Il apportait "courage et altitude" au monde politique, estime François BAYROU. Raymond Barre était hospitalisé depuis avril à la suite d'un malaise cardiaque.

Raymond Barre (Sipa)

Raymond Barre (Sipa)

L'ancien Premier ministre Raymond Barre est mort dans la nuit de vendredi 24 à samedi 25 août à l'âge de 83 ans à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, où il avait été admis en avril dernier, apprend-on de source familiale.
"M. Raymond Barre est décédé cette nuit samedi 25 août 2007 à l'hôpital du Val-de-Grâce", a fait savoir sa famille.
L'ex-Premier ministre et ancien maire de Lyon avait été hospitalisé le 12 avril à Paris après avoir été victime d'un malaise cardiaque sur la Côte d'Azur.
Il s'était retiré de la vie politique en 2002 pour des raisons de santé.
En février dernier, ses propos sur son ancien ministre Maurice Papon et le "lobby juif" avaient provoqué une vive polémique.

"Meilleur économiste de France"

Né le 12 avril 1924 à Saint-Denis, sur l'île de la Réunion, Raymond Barre, qualifié de "meilleur économiste de France", fut Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing de 1976 à 1981 et a incarné la politique de "rigueur."
Maire de Lyon (1995-2001) et député du Rhône, il avait été en outre candidat malheureux à l'Elysée en 1988, battu au premier tour par François Mitterrand et Jacques Chirac.
Raymond Barre, qui avait eu 83 ans le 12 avril, souffrait depuis plusieurs années de problèmes rénaux et cardiaques.
En 2001, il avait renoncé à se représenter à la mairie de Lyon pour des raisons de santé. L'année suivante, il abandonnait son mandat de député dans sa circonscription du Rhône pour les mêmes raisons.

Gouverner la France au centre

Il avait publié au début de l'année "L'expérience du pouvoir", un livre d'entretien avec le journaliste Jean Bothorel dans lequel il revenait sur sa carrière atypique de professeur d'économie entré sur le tard dans l'arène politique.
Il y réglait des comptes avec Jacques Chirac ("Le Chirac humain, chaleureux, je l'apprécie. Pour le reste, je suis incapable de lui reconnaître la moindre conviction, sauf l'obsession du pouvoir").
Il revenait aussi sur sa candidature à l'élection présidentielle de 1988 et sur la nécessité, à ses yeux, de gouverner la France au centre.
"(...) Je n'aurais eu aucune objection de principe à gouverner avec des socialistes raisonnables, à l'instar de ce que l'on a vu dans d'autres pays européens", y disait-il notamment.
"Je crois que notre pays a besoin de cet équilibre, sinon le débat politique se crispe jusqu'à se caricaturer", ajoutait-il.
"Raymond Barre n'a jamais été, n'a jamais voulu être un homme politique comme les autres. Avant tout grand universitaire de vocation et de tempérament, (...) il a placé au-dessus du reste l'indépendance d'esprit, la compétence et le courage, fût-ce électoralement sacrificiel, fût-ce exprimé avec un brin de provocation", écrivait alors le commentateur Alain Duhamel dans une chronique sur cet ouvrage publié dans l'hebdomadaire Le Point.

"Un goût de la liberté"

"Raymond Barre a été soutenu, admiré, aimé, par beaucoup de Français, parce qu'il était un homme d'État, c'est-à-dire quelqu'un qui mettait l'intérêt général de son pays au-dessus des intérêts particuliers des clans, des partis, ou des hommes. Y compris au-dessus de ses intérêts personnels", a estimé François Bayrou, le président du MoDem.
"Et il tenait le cap. Il suffit de rappeler que, Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing, dans une des périodes les plus difficiles de notre histoire récente, la France est en 1981 un pays modernisé et les moins endettés du monde occidental", a souligné le leader centriste.
"Il y avait en lui un goût de la liberté qu'il défendait avec drôlerie, avec jubilation, parfois avec provocation, refusant les compromissions habituelles à un monde politique auquel il apportait courage et altitude", a-t-il ajouté.
Interrogé sur les propos antisémites tenus par Raymond Barre le 1er mars 2007 sur France Culture, François Bayrou prend ses distances: "Que dans la dernière émission que la maladie lui ait permis de faire, il ait eu cette expression, inacceptable, cela a peiné beaucoup de ses amis, beaucoup de ceux qui l'ont suivi. Cela prouve que les hommes, même quand ils sont grands, ont leurs faiblesses, leurs taches noires qu'il faut regarder en face", a-t-il dit.

"Un compagnon de route" de VGE

L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a déclaré samedi matin que "la France vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs". "Son action s'inscrivait dans la grande ligne de ceux qui depuis Colbert ont construit la prospérité de notre pays", a déclaré VGE dans un communiqué.
"Le milieu politique a eu du mal à comprendre sa démarche solitaire et désintéressée qui était trop éloignée de ses habitudes. Et l'opinion publique n'a réalisé que tardivement qu'il travaillait en réalité pour son bien", ajoute VGE.
Valéry Giscard d'Estaing explique que Raymond Barre était pour lui "un compagnon de route".
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