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25/09/2007

Lu dans LIBERATION: Tête-à-tête Hollande - Bayrou autour de la Constitution

Les deux hommes se rencontrent demain sur l’avenir des institutions.
Par Nathalie Raulin
Les deux François, Hollande pour le PS, Bayrou pour le Modem, ont repris langue. Mais sans doute pour mieux rompre. Depuis ce jour de mai 2006 où l’un et l’autre ont appelé à la tribune de l’Assemblée nationale à censurer au nom de la «République noire» un gouvernement Villepin empêtré dans l’affaire Clearstream, les deux leaders politiques ne s’étaient plus guère revus. La réflexion engagée par l’Elysée sur la réforme des institutions les a encouragés à renouer le contact.
Lors d’une entrevue la semaine dernière au Palais Bourbon, les deux hommes ont convenu de se rencontrer demain à huis clos à l’Assemblée afin de discuter du meilleur moyen pour les forces d’opposition de peser sur le cours des événements. «Nous ne sommes ni dans la connivence, ni dans la manœuvre en vue d’hypothétiques alliances, précise François Bayrou, à l’initiative du rendez-vous. Ce n’est pas l’objet. Nous sommes les uns et les autres hors du pouvoir, et donc beaucoup plus sensibles au déséquilibre intolérable de nos institutions.» Opposants et pas nés de la dernière pluie. «S’il veut réformer la Constitution, Sarkozy a besoin d’un consensus politique et numérique», confie Bayrou à Libération.
Maigres troupes.  Calculette en main, le PS relativise l’analyse : la gauche parlementaire ne dispose pas du nombre de sièges suffisant pour bloquer les ambitions élyséennes. A eux tous, le PS, les Verts, le PCF, les radicaux et le MRC ne détiennent que 358 des 908 sièges au Congrès (Assemblée nationale et Sénat). En d’autres termes, il s’en faut de cinq voix pour que la gauche puisse aligner les deux cinquièmes des suffrages qui font veto. Du coup, malgré de maigres troupes, le Modem peut rêver de jouer les arbitres entre la gauche et la majorité présidentielle. «Sauf débauchages individuels qui seraient mal perçus s’agissant d’une réforme constitutionnelle, Nicolas Sarkozy a besoin des voix des uns ou des autres, admet le député des Pyrénées-Atlantiques. Pour ma part je ne trouve pas intéressant d’aller négocier par en dessous. Mieux vaut discuter ouvertement et poser des problèmes de fond.»
Demain, Hollande et Bayrou vont donc confronter leur point de vue sur deux grands thèmes : le pluralisme et la séparation des pouvoirs.
Excès.  Le premier sujet est le plus consensuel : au nom de la représentativité de la Nation, le PS comme le Modem, sont favorables à la révision du mode d’élection des sénateurs et à l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives pour corriger les excès du scrutin majoritaire.
Une suggestion qui se heurte à la farouche opposition de plusieurs ténors de l’UMP, dont le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer. Entre PS et Modem, la nécessité de renforcer l’indépendance de la justice et le pouvoir du Parlement (via la maîtrise de son ordre du jour) ne font pas non plus débat.
Ce n’est en revanche pas le cas d’une modification constitutionnelle à laquelle tient Sarkozy : la possibilité pour le chef de l’Etat de venir s’adresser directement aux députés dans l’hémicycle. Hollande, qui est reçu aujourd’hui par la commission Balladur, est violemment contre. Pas Bayrou : «Je n’en fais pas une question de principe», admet-il.

Commentaires

Quitte à relayer des infos, autant le faire complètement : (Figaro du 3-9-2007)
"Hollande veut laisser Bayrou "là où il est, nulle part"

Les discussions électorales avec le leader du MoDem, qui « cultive l'ambiguïté dans ses alliances comme dans ses choix politiques », sont « closes jusqu'en 2012 », selon le premier secrétaire du PS.

Le premier secrétaire du PS François Hollande affirme que les discussions électorales avec François Bayrou, qui « cultive l'ambiguïté dans ses alliances comme dans ses choix politiques », sont « closes jusqu'en 2012 ». « Il veut être présent au second tour en 2012, grâce à l'apport de voix des frustrés du sarkozysme et des éventuels déçus de la gauche », souligne François Hollande dans Charlie Hebdo du 3 octobre. « Dès lors qu'il a ce seul objectif, il n'est pas dans une logique d'alliance»à l'italienne* avec la gauche pour former une coalition et gouverner le pays », note le premier secrétaire du PS, qui ajoute : « Laissons-le là où il est, c'est-à-dire nulle part. »

En ce qui concerne le PS, il regrette que certains se sentent « libres de s'exprimer souvent en ne représentant qu'eux-mêmes, mais en brouillant le message du Parti socialiste ». « Cela suffit, il faut de la cohérence et du respect », insiste-t-il. Il reconnaît aussi que la gauche, « face à une droite qui a refait son unité », fait « un peu figure d'armée mexicaine, avec des socialistes traversés de courants, une gauche éclatée en plusieurs partis et une extrême gauche qui, avec la LCR, veut faire un parti révolutionnaire dont le fondement premier est d'exclure tout rapport avec le PS ». « Il serait temps qu'elle se mette en bon ordre » et qu'elle s'unisse « en urgence », affirme-t-il.

En outre, face au « bougisme aigu » de Nicolas Sarkozy, il estime que la gauche ne doit pas « faire de suivisme », mais « se situer dans une autre échelle de temps » : « opposer la raison contre l'émotion, l'intelligence contre le bon sens, le temps long contre l'immédiat ». François Hollande souligne enfin qu'il lui paraîtrait « judicieux que le premier secrétaire désigné après le congrès de 2010 devienne le candidat ».

Ecrit par : Aramis | 06/10/2007

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