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22/11/2007
Débat budgétaire au Conseil municipal de strasbourg
L'INTERVENTION DE PIERRE HENNINGER
RECOURS A LA DETTE ET HAUSSE DES IMPOTS: STRASBOURG
A L'OPPOSE DE LA POLITIQUE DE LA PLUPART DES VILLES FRANCAISES !
Madame le Maire
Entre 2001 et 2007 le taux de la taxe d’habitation dépendant de la ville de Strasbourg a progressé de 8,9 % et celui de la taxe foncière de 14,6 % ; de fait, dans le classement des villes qui ont le plus augmenté le taux de ces impôts, Strasbourg est en 3e position.
Strasbourg est la ville qui a connu la 2e plus forte augmentation de la dette par habitant en pourcentage (après Tours). En chiffre brut elle se situe aux environs de la 4e place.
Votre politique de recours à la dette est aussi à l’opposé de celle de la plupart des grandes villes françaises qui ont stabilisé ou fait régresser ce chiffre.
Vous aviez commis une erreur en 2001 en promettant une baisse d’impôts à nos citoyens.
Les écoles, la culture, le sport, la sécurité sont les compétences, en quelque sorte, régaliennes d’une municipalité. Or ce sont des postes budgétaires qui progressent généralement plus fortement que la moyenne.
Il faut être prudent avant d’annoncer une baisse des impôts.
De toute façon, la politique budgétaire d’une municipalité s’intègre dans un contexte plus large.
Il serait illusoire d’espérer une progression des concours de l’Etat. (Pour mémoire la Dotation Générale de Fonctionnement représente 15 % de nos recettes).
L’Etat français, dans son environnement européen et plus particulièrement celui de la zone Euro, doit résoudre deux problèmes : son déficit budgétaire et son endettement.
Les actions à mener dans ces domaines vont avoir un impact sur les budgets de notre ville dans les années à venir.
Nous aurons à compenser une diminution relative des dotations de l’Etat.
La réévaluation forfaitaire des bases, votée par le Parlement, est déjà une augmentation de la charge fiscale. Il ne faudrait pas demander un effort supplémentaire au contribuable en jouant sur les taux. D’autant plus que les autres collectivités, surtout la Région, seront obligées de le faire du fait des transferts de compétences lié à la Régionalisation.
Cela ne signifie pas qu’il ne devrait pas y avoir de modification de la fiscalité.
Il faudra bien que le Parlement ait le courage de réviser la structure des bases imposables. Cela fait plus de 30 ans qu’elles n’ont pas bougées et l’équité fiscale exigerait qu’il s’atèle à cette tâche même si c’est électoralement impopulaire.
En dehors du facteur taux, il reste, dans le jargon fiscal, le facteur « matière imposable » ; la politique foncière et de l’habitat peut permettre d’augmenter nos recettes ; plus simplement trouver des terrains à bâtir pour attirer de nouveaux habitants ou éviter aux locataires et accédants à la propriété de chercher un logement en dehors de notre commune.
La question du nouveau stade ou la destination des espaces libérés par le nouvel Hôpital Civil devrait être envisagée à l’aune de cette réflexion.
Concevoir de nouveaux équipements publics est une mission de la Ville et de l’agglomération, mais aussi générer des recettes afin de compenser les dépenses de fonctionnements qui en découlent.
Pour ce qui est de l’endettement, les investissements de la Ville sont dorénavant essentiellement liés aux services à la personne.
Les transferts de compétences à la CUS ne font qu’accentuer le phénomène.
Les crèches, écoles, équipements sportifs et culturels assurent le « bien vivre ensemble » des générations actuelles et futures.
Dans ce cadre, s’endetter raisonnablement est de la bonne gestion, le désendettement n’est pas un but en soi.
Objectivement, en montant d’annuité, amortissement et intérêts compris, les chiffres restent corrects et placent toujours Strasbourg en cinquième place des grandes villes de France.
Il faudra fixer des limites à l’endettement acceptables pour les générations futures et rester vigilant, à court et moyen terme, car la charge des intérêts va, à amortissement égal, croître du fait de l’augmentation probable des taux.
En matière d’investissements, la complexité et l’alourdissement des sujétions pour la sécurité des bâtiments et des personnes n’iront pas en diminuant.
Il reste aussi beaucoup à faire en matière d’équipements sportifs, les piscines par exemple.
L’aménagement des espaces publics est une revendication des habitants et demandera des moyens. Mais laissons la Place Kléber se reposer. Il y a d’autres espaces à privilégier ;en centre ville, par exemple, aménager la Place du Château qui est l’une des plus belles places de Strasbourg,
Dans les autres quartiers les habitants ont besoin d’espaces de détentes ; la création de squares répartis sur l’ensemble de la ville pourrait faire l’objet d’investissements.
Et il faut, c’est une évidence, continuer à investir dans des quartiers fragiles comme Hautepierre, Neuhof, Cronenbourg.
En matière de patrimoine, la priorité est toujours et encore le logement social.
Mais le reste du parc immobilier de la Ville n’est pas intouchable notamment si les frais de remise en état dépassent nos possibilités financières. Des cessions réfléchies peuvent justement servir à développer le logement social. L’expression « bijoux de famille » est à la mode. Encore faudrait-il déterminer ce que c’est.
La participation de la ville dans Gaz de Strasbourg est un sujet à aborder avec impartialité. Sans revenir sur le débat qui a eu lieu, je suis favorable à ne pas la garder et qu’une solution juridique puisse être trouvée.
Néanmoins là aussi les négociations doivent être menées avec fermeté ; je garde un sentiment pour le moins mitigé concernant celles menées avec Altarea pour l’Aubette.
Reste, mais c’est un axe primordial, les dépenses de fonctionnement, et de personnel en particulier.
Dans ce domaine il faut rechercher de l’efficience qui est l’optimisation des moyens et non de l’efficacité qui est synonyme de réduction de moyens.
Nous avons la chance d’avoir une administration compétente, attachée au service public.
Il y a là des gisements de productivité mais cela passe par une politique de concertation avec l’ensemble des agents.
C’est souvent au niveau de la base que se trouvent les meilleures idées. Pour cela il faut être en permanence à l’écoute pour trouver l’excellence.
Pour conclure je rappelle la définition du développement durable (ou soutenable) qui est « un développement qui répond aux besoins des générations du présent et plus particulièrement des plus démunis, sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »
On n’a pas trouvé mieux comme ligne conductrice dans les choix budgétaires.
Pierre Henninger
19:20 Publié dans CONSEIL MUNICIPAL | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, budget, cville, politique, modem, cutajar
Commentaires
Bonjour,
Nous aimerions connaître votre position, de façon claire, sur le mal logement des plus défavorisés à Strasbourg. Si effectivement la Place Kléber peut se reposer sous son habit de teck, les sans-domiciles sont toujours abandonnés sans couverture.
Notre Collectif après des mois de lutte vient d'obtenir (d'arracher) quelques logements du Neuhof qui étaient vacants depuis des années. Bien que ce quartier soit en pleine démolition (oups rénovation) il n'y a aucun projet sur notre immeuble.
Il nous faut un changement radical de politique à Strasbourg... Une politique pour et avec les strasbourgeois ?
Les logements laissés vacants sont nombreux, nous avons calculé que 20% d'entre eux nous permettraient, nous aussi, de nous reposer un peu.
Ecrit par : collectif sdf alsace | 23/11/2007
Bravo, je vous félicite d'avoir publié l'intervention de M. Henninger. J'étais dans les tribunes, j'ai apprécié son intervention. Cependant, il m'a semblé qu'il avait dit à peu près le contraire de ce que vous aviez déclaré.
Ecrit par : ciceron | 24/11/2007

