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09/12/2007

Le bilinguisme et les élections: Lettre ouverte à Mme Alliot-Marie

LETTRE OUVERTE A Madame Michèle ALLIOT-MARIE, Ministre de l’Intérieur, de l’Outre Mer et des Collectivités Territoriales.

Madame la Ministre,

La décision de supprimer en catimini les professions de foi en allemand en Alsace Moselle, à laquelle je doute que vous ayez participé personnellement, justifiée par vos services par des raisons budgétaires est une erreur politique majeure qui traduit le manque de vision politique pour l’avenir de notre région. Elle illustre la méconnaissance des réalités locales.

Pour l’Alsace l'importance du bilinguisme est majeure. Il ne s’agit évidemment pas de rester arque bouté sur une vision passéiste ou régionaliste derrière laquelle certaines mouvances politiques aiment se complaire. La « richesse alsacienne »  est loin d'être seulement endogène.

Quel est le constat ?

1. Les entreprises allemandes et suisses ont contribué  et contribuent encore plus que largement  à notre pouvoir d'achat et à notre standard de vie. En dehors de quelques très beaux fleurons de grandes entreprises allemandes et suisses  installées en Alsace, près de la moitié de nos grosses PME  appartiennent  à ces deux pays germanophones et  emploient une part importante de  notre  population active. 

2. 70 000  alsaciens sont des salariés frontaliers qui travaillent des  deux autres côtés du Rhin.

3. Enfin nos commerces, nos hôtels  et nos restaurants sont bien contents  de leur présence.

La langue de nos deux voisins  est une langue d'avenir et non du passé.

Où iront nos jeunes pour travailler s'ils ne parlent plus l'allemand, ne retrouvent plus à  l'intérieur de leur vie familiale les éléments qui ont fait notre richesse, à savoir le biculturalisme?

Pour quelles raisons nos voisins viendront  t-ils  demain investir chez nous si plus personne ne parle leur langue? 

Lorsque l’on connaît  la réalité alsacienne, l'abandon de l'allemand dans nos courriers électoraux, sans préavis, est une faute grave.

C’est la raison pour laquelle, je vous demande de bien vouloir revenir sur cette décision à la lueur des arguments ci-dessus invoqués.

Dans l’attente de vous lire, Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’expression de ma parfaite et sincère considération

Chantal CUTAJAR

 Conseillère municipale MODEM

 Conseillère Communautaire

Commentaires

j'ajouterai que les élections municipales sont des élections auxquelles les ressortissants communautaires sont associés. Il serait donc naturel de faire preuve d'un peu d'ouverture au regard de l'allemand non seulement en raison des réalités historiques de notre région mais également au regard de sa vocation européenne et de la présence des ressortissants commautaires dans notre ville qui prennent une part active à son fonctionnement.
Cordialement

Ecrit par : ducoulombier peggy | 10/12/2007

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