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05/02/2008

“Pflimlin, on ne t’a pas oublié !”

Il y a 101 ans, jour pour jour, le 5 février 1908, naissait à Roubaix, alors centre européen du textile, l’homme qui allait marquer Strasbourg de son empreinte étoilée. A cette époque, en 1908, l’Europe se trouvait déjà dans un chaudron. L’Empire austro-hongrois, qui n’avait plus que quelques années à vivre, venait d’annexer la Bosnie-Herzégovine. Le tsar de toutes les Russies Nicolas II avait conseillé aux Serbes de céder. Même si, aujourd’hui, les braises des Balkans ne sont pas tout à fait éteintes, l’Europe et Strasbourg, qui ont goûté si souvent de façon dramatique au feu des tragédies du 20èmesiècle vivent aujourd’hui en paix.

Cette paix, Strasbourg la doit en grande partie à Pierre Pflimlin, qui compris très tôt que seule l’union des peuples européens et l’entente avec l’Allemagne pouvaient bannir de notre continent le fléau de la guerre. L’Europe, qui fut la grande aventure du 20èmesiècle et demeure le grand défi du 21e, a très vite conquis le cœur de Pierre Pflimlin, devenu représentant de la France puis président de l'Assemblée consultative du Conseil de l'Europe (1963-1966) et président du Parlement européen (juil.1984 – janv.1987). Maire de Strasbourg entre 1959 et 1983, il a sû porter la ville au zénith de l’Europe grâce au Conseil de l’Europe et au Parlement européen et inscrire le nom de la capitale alsacienne au fronton des institutions européennes pour en faire ce qu’elle a toujours été depuis 1648 : une capitale européenne, symbolisant la paix et la réconciliation et respectant la démocratie, les droits de l’homme et la diversité européenne, une sorte d’âme politique de l’Europe disposant d’une autorité morale indiscutable.

Les années passent et les maires se succèdent. L’idée que Strasbourg demeure l’âme de l’Europe politique s’estompe et avec elle le message de Pierre Pflimlin. Aujourd’hui, nous sommes à un carrefour de l’histoire. Va-t-on laisser cette merveilleuse idée se consumer et regarder les étoiles européennes du Conseil de l’Europe mourir les unes après les autres ? Ou va-t-on redonner à Strasbourg une nouvelle vocation européenne ?

C’est le sens de la démarche du Modem, digne héritier des pères fondateurs de la construction européenne, du MRP de Pierre Pflimlin et de Robert Schuman et de cette tradition politique européenne et humaniste. C’est aussi le sens de l’action de Chantal Cutajar, tête de liste Modem aux élections municipales 2008 qui ne résigne pas à voir dans Strasbourg, une simple ville européenne. Dôter la ville d’une grande politique européenne à la mesure de sa place en Europe, rebâtir notre collaboration avec nos voisins, nos frères allemands et faire entrer l’Europe dans le cœur et la vie quotidienne de nos concitoyens strasbourgeois, voilà la voie qu’ouvre aujourd’hui Chantal Cutajar. Pierre Pflimlin, qui y consacra toute son existence, aurait certainement approuvé cette démarche, lui qui rappelait lors d’un conseil municipal en avril 1978 : « nous devrons prendre nos responsabilités. Le moment approche où il nous faudra démontrer, une fois de plus, par des décisions concrètes, notre volonté d'accomplir la mission européenne de Strasbourg. »

Laurent Pfaadt

 

 

Laurent Pfaadt est fonctionnaire européen. Il est 18esur la liste Modem à Strasbourg conduite par Chantal Cutajar et chargé des questions européennes.

 

Commentaires

le 10 février 2008

Madame,

Je prends une fois de plus le temps de vous écrire, bien que je n’ai jamais eu le privilège d’avoir une réponse de votre part.

François Bayrou a fondé un nouveau mouvement, sur des bases auxquelles je souscris fondamentalement. L’humanisme, la volonté de dépasser les clivages politiques artificiels, une nécessaire réforme de nos institutions, l’éthique, la moralité et le réalisme politique sont autant de valeurs que nous partageons, je pense.

C’est pourquoi, j’ai apporté mon vote à votre candidature au moment des législatives.

Cela dit, au moment de la primaire pour désigner la tête de liste MoDem aux municipales, je ne vous ai pas soutenu, car votre candidature et vos axes de campagne me semblaient alors insuffisants. En démocrate, j’ai respecté le vote et votre légitimité acquise démocratiquement. Mais je pensais alors qu’après cette élection, vous élargiriez votre équipe, que vous sauriez réunir les centristes de toutes tendances et sensibilités. Particulièrement dans une famille politique qui défend l’idée de scrutins à la proportionnelle.

Depuis, les choix et stratégies de communications et l’élaboration de la liste m’ont plus que surpris. Des évictions, des défections, des absents sur la liste très significatifs, un choix de communication très égocentrique et frisant même parfois avec une certaine démagogie.
Où sont passées les fameuses valeurs dont vous vouliez le fer de lance ?
Une astrologue est très bien placée sur la liste et elle avoue même dans la presse (DNA)vous coacher depuis trois mois ! On croit rêver et toute une partie de l’électorat risque bien de se détourner, et de voter « utile » (selon sa sensibilité) dés le premier tour.

Ainsi, l’espace politique dont vous faisiez l’analyse commune avec François Bayrou et avec Ludmilla Hug-Kalinkova, se réduit peu à peu.

Le rapport d’un homme ou d’une femme politique de premier plan avec les militants me semblent primordial. En effet il préjuge souvent de la capacité d’écoute, de travail de cette personne. Là aussi, force est de constater que des personnes proches prennent leur distance. En même temps, il me donne espoir : le clan contre clan entretenu lors de la primaire doit être dépassé, oublié, et le parti reconstruit dans une collégialité constructive.

Je vous ai écrit plusieurs fois sans réponses sur votre nouveau site Internet, sans agressivité pour corriger simplement des coquilles.
J’ai également fait remarquer dans un mail récent et très courtois à votre communiquant, qu’il fallait qu’il manipule avec prudence le fichier des militants (toutes les adresses mail apparaissaient sur les mails que je recevais !!!) car c’est un élément confidentiel, je pense qu’en tant que juriste, vous confirmerez bien cela :

Depuis, j’ai dû bonnement être rayé de vos listes d’envoi ! Je ne mérite pas tant d’attentions. Mais je trouve cela bien dommageable au sein d’un mouvement politique.

L’ensemble de ces faits m’amène à penser que si on ne vous fait pas acte d’allégeance total, on n’existe donc pas à vos yeux.
Je suis au regret, en tant que militant, de constater que votre légitimité est donc largement « fissurée » par l’ensemble de ces événements.

Je continue a soutenir le MoDem et l’ensemble de ces candidats.

D’autres échéances électorales importantes devront donc être préparées plus soigneusement et mises au service de l’ensemble du mouvement, de ses adhérents et de l’intérêt collectif plutôt que de la valorisation populiste et stérile d’une seule personne.

Gauthier Bolle
adhérent MoDem

Ecrit par : gauthier | 10/02/2008

le 10 février 2008

Madame,

Je prends une fois de plus le temps de vous écrire, bien que je n’ai jamais eu le privilège d’avoir une réponse de votre part.

François Bayrou a fondé un nouveau mouvement, sur des bases auxquelles je souscris fondamentalement. L’humanisme, la volonté de dépasser les clivages politiques artificiels, une nécessaire réforme de nos institutions, l’éthique, la moralité et le réalisme politique sont autant de valeurs que nous partageons, je pense.

C’est pourquoi, j’ai apporté mon vote à votre candidature au moment des législatives.

Cela dit, au moment de la primaire pour désigner la tête de liste MoDem aux municipales, je ne vous ai pas soutenu, car votre candidature et vos axes de campagne me semblaient alors insuffisants. En démocrate, j’ai respecté le vote et votre légitimité acquise démocratiquement. Mais je pensais alors qu’après cette élection, vous élargiriez votre équipe, que vous sauriez réunir les centristes de toutes tendances et sensibilités. Particulièrement dans une famille politique qui défend l’idée de scrutins à la proportionnelle.

Depuis, les choix et stratégies de communications et l’élaboration de la liste m’ont plus que surpris. Des évictions, des défections, des absents sur la liste très significatifs, un choix de communication très égocentrique et frisant même parfois avec une certaine démagogie.
Où sont passées les fameuses valeurs dont vous vouliez le fer de lance ?
Une astrologue est très bien placée sur la liste et elle avoue même dans la presse (DNA)vous coacher depuis trois mois ! On croit rêver et toute une partie de l’électorat risque bien de se détourner, et de voter « utile » (selon sa sensibilité) dés le premier tour.

Ainsi, l’espace politique dont vous faisiez l’analyse commune avec François Bayrou et avec Ludmilla Hug-Kalinkova, se réduit peu à peu.

Le rapport d’un homme ou d’une femme politique de premier plan avec les militants me semble primordial. En effet, il préjuge souvent de la capacité d’écoute, de travail de cette personne. Là aussi, force est de constater que des personnes proches prennent leur distance. En même temps, cela me donne espoir : le clan contre clan entretenu lors de la primaire doit être dépassé, oublié, et le parti reconstruit dans une collégialité constructive.

Je vous ai écrit plusieurs fois sans réponses sur votre nouveau site Internet, sans agressivité pour corriger simplement des coquilles.
J’ai également fait remarquer dans un mail récent et très courtois à votre communiquant, qu’il fallait qu’il manipule avec prudence le fichier des militants (toutes les adresses mail apparaissaient sur les mails que je recevais !!!) car c’est un élément confidentiel, je pense qu’en tant que juriste, vous confirmerez bien cela :

Depuis, j’ai dû bonnement être rayé de vos listes d’envoi ! Je ne mérite pas tant d’attentions. Mais je trouve cela bien dommageable au sein d’un mouvement politique.

L’ensemble de ces faits m’amène à penser que si on ne vous fait pas acte d’allégeance total, on n’existe donc pas à vos yeux.
Je suis au regret, en tant que militant, de constater que votre légitimité est donc largement « fissurée » par l’ensemble de ces événements.

Je continue a soutenir le MoDem et l’ensemble de ses candidats.

D’autres échéances électorales importantes devront donc être préparées plus soigneusement et mises au service de l’ensemble du mouvement, de ses adhérents et de l’intérêt collectif plutôt que de la valorisation populiste et stérile d’une seule personne.

Gauthier Bolle
adhérent MoDem

Ecrit par : gauthier | 10/02/2008