26/11/2006
Pour une VI ième République: Eléments de rélexions avant la réunion du 13 décembre, à Strasbourg
L'appel des parlementaires UDF pour une VIe République
Les présidents de groupes parlementaires - Michel Mercier, Hervé Morin et Marielle de Sarnez ainsi que Jean-Christophe Lagarde, coordonnateur du groupe de travail de l’UDF pour une VIe République, ont tenu une conférence de presse à l’Assemblée nationale pour lancer le débat sur les institutions. Ils ont fait le constat que la crise institutionnelle bloque toute réforme et que le changement de nos institutions est un préalable au redressement du pays. L’appel des parlementaires UDF pour une VIe République a pour objet de retrouver l’efficacité de la décision publique et la confiance des citoyens dans l’Etat et leur système politique. Ils ont lancé aujourd’hui un blog consacré à la VIe République qui sera destiné à débattre sur les institutions et à recueillir les signatures de la pétition en faveur d’une VIe République. L’UDF a également prévu de tenir des réunions publiques dans toute la France.
Lire l'appel des parlementaires UDF pour une VIe République
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>>> Visiter le blog Pour une VIe République

Jean-Christophe Lagarde :
« nous voulons un régime présidentiel équilibré par le Parlement »
Jean-Christophe Lagarde a fait du changement de Constitution une condition nécessaire pour réformer la France. Il a expliqué que tant que les Français ne seront pas associés au processus de décision politique, ils n’accepteront pas les changements et se vengeront dans les urnes par l’abstention ou en votant pour les extrêmes. Le député a exposé les trois principes sur lesquels l’UDF entend fonder une 6e République : la responsabilité du chef de l’Etat, la légitimité du Parlement et le contrôle du pouvoir présidentiel
>>> Lire le résumé de l’intervention de Jean-Christophe Lagarde
A lire aussi
L’intervention de Jean-Christophe Lagarde lors du Conseil national de l'UDF
RENDEZ-VOUS AVEC JEAN-CHRISTOPHE LAGARDE A STRASBOURG, LE 13 DECEMBRE >>>>>
Marielle de Sarnez : nous voulons changer le visage de la France « De nouvelles institutions pour que notre pays devienne une véritable démocratie, respectueuse des droits de chacun. De la stabilité et de la continuité dans l’action publique. Un pouvoir légitime, représentatif, exemplaire et impartial. Voilà ce que nous voulons. Voilà le sens de notre appel. »
Lire l'intervention de Marielle de Sarnez
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André Santini : « nous voulons rééquilibrer la démocratie »
« La concentration des pouvoirs va de pair avec l’impuissance des pouvoirs » a constaté André Santini. Le député UDF a rappelé que la Ve République a été construite en réaction à la IVe et elle est tombée dans le péché inverse : « le Parlement avait tous les droits sous la IVe, il n’en n’a plus aucun aujourd’hui ». Il a en outre estimé que la Constitution de 1958 ne garantit plus l’unité nationale et la stabilité gouvernementale. André Santini a souhaité que la 6e République soit fondée sur la séparation des pouvoirs et un véritable pouvoir judiciaire. Il a décrit un système politique où le gouvernement met en œuvre l’action du président de la République et est responsable devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre serait « un coordinateur ». Il a développé sa vision personnelle du changement de nos institutions : le Sénat représenterait les collectivités territoriales et les sénateurs seraient élus au suffrage universel direct pour cinq ans ; les députés seraient élus pour la moitié d’entre eux à la proportionnelle pour une durée de quatre ans afin que leur mandat ne dépende plus de la légitimité du président de la République. André Santini a plaidé pour un pouvoir de contrôle qui puisse être saisi par les citoyens et dont les membres ne sont plus nommés par le pouvoir politique. Enfin, le député souhaite favoriser la participation populaire à travers de nouvelles institutions comme un Conseil civil et citoyen qui serait un Conseil économique et social élargi à des citoyens tirés au sort et représentant la société civile et qui pourrait être saisi pour avis par le gouvernement ou le Parlement. En conclusion, André Santini a expliqué que l’UDF voulait simplement « rééquilibrer la démocratie ».
Didier Bariani : il faut une nouvelle Constitution qui libère les énergies
Didier Bariani a expliqué que la bipolarisation de la vie politique et le poids exorbitant de l’exécutif ont entraîné une déconnexion entre le peuple et la nation : cela explique selon lui que les Français rejettent les réformes. Il a également estimé qu’il manque une authentique légitimité à notre système de partage des pouvoirs. Le vice-président de l’UDF, ex-député et ex-ministre, considère qu’il est urgent de rendre au citoyen sa place au sein de cette démocratie. Cela passe, selon lui, par une séparation des pouvoirs et une démocratie représentative. Didier Bariani a énuméré les pistes de changement esquissées par François Bayrou lors de son discours au Conseil national le 10 juin dernier : vote obligatoire et en contrepartie reconnaissance du vote blanc, introduction de la proportionnelle, un Parlement qui a la maîtrise de son ordre du jour, suppression du 49-3 et des ordonnances, responsabilité du président de la République, impartialité de l’Etat…
En savoir plus
Lire le discours de François Bayrou lors du Conseil national de l'UDF
LIRE LE PROJET DE CONSTTUTION >>>>>>>>>>>
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L'anat-projet 2007 de l'UDF: Pour une nouvelle constitution
UDF - UNION DÉPARTEMENTALE DU BAS-RHIN
RÉUNION PUBLIQUE
LA CONSTITUTION DE
LA VIEME REPUBLIQUE
Mercredi 13 décembre
à 20h30
Foyer des Etudiants Catholiques (FEC)
Place Saint-Etienne - Strasbourg
Avec la participation de : Jean-Christophe LAGARDE
Membre du Comité Exécutif de l'UDF
Député-maire de Drancy
Les débats seront animés par : Chantal CUTAJAR, Responsable des réunions publiques UDF du Bas-Rhin
L’esprit fondateur des institutions de la 5ème république que nous devons au Général de Gaulle a été au fil des ans, corrompu par la pratique des hommes. Elles présentent aujourd’hui trois défauts majeurs auxquels il est indispensable de remédier pour Rétablir la confiance entre le peuple et le pouvoir.
1° Les pouvoirs sont confondus et concentrés au profit du Président de la République
2° Le chef de l’État est irresponsable tant politiquement que pénalement
3° Le Parlement est devenu une simple chambre d’enregistrement
Voilà les maux qui désespèrent nos concitoyens d’exercer leur citoyenneté et qui se traduit par l’abstention, les votes extrêmes, le zapping électoral et qui aboutit à une défiance croissante des citoyens à l’égard de l’engagement politique.
Il serait vain de croire que les institutions peuvent seules garantir une pratique vertueuse du pouvoir. La loi n’a jamais eu et n’aura jamais de pouvoirs magiques Mais, sans la loi, rien n’est possible. C’est pourquoi, l’UDF dont l’ambition est de construire un système démocratique fondé sur un équilibre des pouvoirs et sur les principes de responsabilité et de légitimité propose que soit adoptée la CONSTITUTION DE LA 6ème REPUBLIQUE.
Les cinq axes du projet de Constitution
Les innovations apportées par l’UDF visent à donner des pouvoirs nouveaux pour les citoyens . L’UDF propose notamment l’introduction du référendum d’initiative populaire et souhaite constitutionnaliser « la représentation pluraliste des opinions et des territoires » dans les modes de scrutin. Dans ce projet de Constitution, l’UDF instaure un président responsable : le chef de l’Etat détermine et conduit la politique de la nation : « son pouvoir est toutefois « encadré » par la nécessité impérieuse de renforcer le socle de notre démocratie et donc l’équilibre des pouvoirs ». L’UDF propose un Parlement de plein exercice qui retrouve notamment la maîtrise de son ordre du jour, le gouvernement ne peut plus recourir au 49-3 (adoption d'un texte sans vote). Le projet de Constitution garantit un pouvoir judiciaire réellement indépendant : la nomination du Garde des Sceaux doit être confirmée par la majorité des deux tiers du Parlement. L’UDF propose également une réforme du Conseil supérieur de la magistrature qui comprendrait des personnalités qualifiées et qui serait désormais présidée par le Garde des Sceaux. Enfin, l’UDF souhaite assurer une impartialité de l’Etat renforcée : les nominations des membres des autorités indépendantes, des membres du Conseil supérieur de la magistrature et des membres de la Cour constitutionnelle doivent être confirmées par la majorité des deux tiers du Parlement.
>>> Lire la fiche récapitulative du projet de Constitution
>>> Lire le projet de Constitution de la 6e République
Contact Presse
Arnaud Weber
Responsable de la communication UDF 67
+33 (0)6 63 08 86 68 - mailto:communication@udf-bas-rhin.org
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20/11/2006
L'Avant-Projet de l'UDF (III) Une révolution civique
Le Billet de Chantal CUTAJAR
Civisme. Un beau mot. Pourquoi a-t-on supprimé les cours « d’instruction civique » ? Mauvaise idée. Un bel exemple (à ne pas suivre) d’une modernité mal comprise… « Civisme » a la même racine que « civilité » (comme politique plonge dans les mêmes origines que police, policé et…politesse). Mais les deux termes ne sont pas synonymes. Le « Civisme », c’est d’abord une conscience. Celle de l’appartenance à une Cité (au sens large du terme), avec tout ce que cela comporte en droits et en devoirs. De liberté et de responsabilité. Le « Civisme », c’est une « vertu » (dans le sens que Montesquieu donnait à ce mot) qui est le préalable à une bonne démocratie. Le « Civisme », c’est l’une des conditions essentielles à un « vivre ensemble » harmonieux.
Quand le civisme disparaît, c’est la démocratie et la république qui se dissolvent. Avec deux risques majeurs, qui se manifestent ensemble ou successivement : des explosions d’égoïsme mal compris, d’individualisme ravageur qui conduisent à des troubles sociaux, à un climat de guerre civile et l’avènement de régimes dictatoriaux ou totalitaires. Que d’exemples dans l’Histoire ! Le manque de civisme commence par le crime d’indifférence qui s’appelle « bouder les urnes », « s’abstenir », ne pas voter. Car le vote est (avec les impôts et la participation aux débats publics) la marque et la manifestation première de cette « appartenance ».Or, partout, y compris aux Etats-Unis, « l’abstention » s’accroît. Le symptôme d’un mal profond…et dangereux. Aux élections législatives de juin 2002 en France, 40% des électeurs se sont abstenus de voter. Au premier tour des présidentielles, quelques mois auparavant, c’est dans l’importance du taux d’abstention que se trouve l’une des raisons de ce qui est arrivé. La politique n’est ni un spectacle, ni un jeu. L’esprit civique c’est la conscience que « chaque voie compte » et que la voix de chacune et de chacun est entendue… même si « l’intérêt général est plus que la somme des intérêts particuliers » Cet « esprit civique » n’exclut évidement pas l’esprit critique. Il l’implique même. Le célèbre « Ne te demande pas ce que l’Etat peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour lui » que se plaisait à répéter J-F Kennedy » a un corollaire : « Mes devoirs envers l’Etat implique un droit fondamental : exiger de l’Etat qu’il remplisse pleinement son rôle envers tous…et que celles et ceux qui le dirigent excellent et montrent l’exemple en matière de civisme ». Dans tous les domaines qui dépendent de sa compétence et notamment dans le respect de ses lois fondamentales et de ses devises. « Liberté, égalité, fraternité » : ce triangle d’or ne sera jamais parfait, mais c’est quand il se vide de sens quand l’incivisme fait des ravages… au « sommet ». Le civisme n’est pas un « suivisme » docile, ou une obéissance « conservatrice » : il est une force constructrice, dynamique, « instituante » de ce que l’on peut appeler « la justice politique » ou une « politique juste » (le seul cas où ces mots peuvent être accolés !) Il ne suffit pas, en effet, de se lamenter sur les évolutions qui engendrent un « désenchantement » de la Politique et une crise du politique. Le « réenchantement » passe par des remises en causes. Le civisme c’est une arme contre tous les cynismes. Et tous les « détournements de démocratie » Il implique une « éthique d’action » dans la « sphère publique »… pour les élus et pas seulement pour les citoyens. C’est précisément ce que propose l’UDF avec la « révolution civique » qu’il prône dans son Avant-Projet pour les Législatives de 2007. C’est ce que souhaite déclencher Bayrou aux prochaines Présidentielles. Le texte ci-dessous l’atteste Chantal CUTAJAR
« UNE REVOLUTION CIVIQUE La société française a beaucoup changé. Dans sa structure sociologique et démographique, dans ses rythmes et dans ses modes de vie, dans son ouverture aux technologies de la communication, dans le niveau d’informations dont elle dispose désormais. Elle l’a fait bien plus vite et profondément que son paysage administratif. C’est là l’une des causes du « mal français ». Il est vrai que c’est l’Etat qui a fait l’unité de la France, par un effort multiséculaire de centralisation et de lutte contre les féodalités et les particularismes : il y a là une singulière continuité, de l’Ancien Régime à l’Empire et à la 3ème République. Ce lien indissoluble entre l’Etat et la Nation ne saurait disparaître. Mais il doit évoluer, sous peine de nous condamner à l’immobilisme et au repliement. C’est toute la question des missions de l’Etat et de son rapport avec la société civile qu’il faut poser, dans une vision modernisée de l’un et de l’autre.
UN ETAT GARANT
La question du rôle et du périmètre de l’Etat est souvent évoquée mais jamais tranchée de manière claire. Cette indécision est doublement nuisible : à son efficacité mais aussi aux conditions de travail de ses agents, ballottés entre la critique et le doute. L’Etat est nécessaire mais il ne doit ni ne peut tout faire. Comme l’écrivait déjà Durkheim, « si l’Etat est partout, l’Etat est nulle part ».
- La crise de l’Etat-providence : dans tous les pays occidentaux, le rôle, le périmètre, les méthodes de l’Etat ont évolué : partout, cette modernisation a été considérée comme souhaitable pour accompagner la mutation de la société. En France au contraire, cet aggiornamento s’accompagne d’une crispation douloureuse. Il est vrai que les vagues de décentralisation (1982, 2004) ont été ressenties comme une amputation plus que comme la recherche d’une nouvelle raison d’être, d’un équilibre différent : le discours sur l’Etat est trop souvent négatif (compression du budget et des effectifs) et le management est tout sauf participatif. L’Etat employeur n’a pas la réputation de bien traiter ses propres agents !
Les conséquences de cette inadaptation sont funestes. L’Etat, occupé sur tous les fronts, a du mal à remplir ses missions essentielles, il sacrifie, par l'endettement et le déficit, le long terme au court terme.
Dans ces conditions, comment agir de manière cohérente et juste, comment identifier les responsabilités de chacun des services ? Paradoxalement, cette présence dispersée alimente une demande sociale à l’égard de l’Etat. Pour nos concitoyens, celui-ci devrait prémunir contre tous les risques, assurer l’exercice de toutes les formes de solidarité, amortir les chocs du futur et réparer la casse sociale de la mondialisation. La solution n’est plus dans cette polyvalence trompeuse mais dans une présence forte dans ce qu’il a de plus utile.
- Un Etat moderne : ce n’est pas un Etat modeste mais un Etat déterminé à exercer ses responsabilités avec efficacité et au service des citoyens :(A suivre)
11:15 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR , L'Avant-projet législatif de l'UDF , UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : udf, bayrou, politique, strasbourg, présidentielles, législative, civisme
19/11/2006
L’Avant-Projet législatif de l’UDF (II)
Rompre avec la spirale du pilotage à vue…
Le Billet de Chantal CUTAJAR
Pas de défaitisme. Pas de fatalisme. Pas de résignation. Les problèmes sont faits pour être réglés, les défis pour être relevés, les horizons d’espérance pour être dégagés. Assez de lamentations masochistes et lâches que les « déclinistes » ou les « déclinologues » … déclinent en projetant dans un désenchantement généralisé leur désarroi personnel. Avec un goût du crépusculaire qui n’annonce pas d’aube riche d’espoirs.
La France, vue de l’extérieur, semble à la fois trop arrogante et terriblement complexée. Or, la France c’est d’abord le rassemblement des Français et des Françaises qui ne manquent ni de dynamisme, ni de vitalité, ni de force.
Le « mal français » se répand dans trop d’esprits parce qu’il naît de défauts structurels et fonctionnels qu’Alain Peyrefitte avait décortiqué voilà longtemps déjà et qui n’ont pas été (ou insuffisamment) corrigés.
Il ne s’agit pas de proposer aux Français d’ « imaginer la France », selon la formule de la candidate du PS : La France existe, il faut l’assumer. Il ne s’agit pas d’agiter le drapeau de quelque « rupture », comme le clame le candidat de l’UMP : il s’agit de réformer, d’améliorer, de mobiliser les imaginations et les énergies, de stimuler les forces novatrices. En sortant des mirages d’idéologies du passé. En développant une pédagogie de la réforme qui permette de dépasser les corporatismes, de nous vacciner contre les communautarismes en tous genres. En éliminant cet étau, cette pince ou cet écartèlement qui pèsent dans trop de têtes, entre les vaines nostalgies d’un paradis national qui n’a jamais existé et le rêves fous d’un « révolutionnarisme » stérile et dangereux.
La seule « révolution », c’est celle dont parlait Robert Schuman, celle qui change (améliore) en douceur, mais durablement et en profondeur, les choses, les conditions de vie, le « Vivre ENSEMBLE ».
Confiance. C’est l’un des mots-clefs. Confiance en SOI et en NOUS. Confiance en l’avenir. C’est le manque de confiance qui explique tous ces réflexes de peur qui empoisonnent le présent et hypothèquent l’avenir. C’est le manque de confiance qui explique la crise Du politique. C’est le manque de confiance qui ampute l’influence que la France avait en Europe et sur la marche du monde. C’est la manque de confiance qui fait le lit des populismes qui blessent « l’esprit républicain ». Reprenons confiance : une question de forme et de fond, de méthode et d’action, d’état d’esprit et d’esprit de l’Etat.
Je reprends ici le deuxième volet de l’Avant-Projet législatif de l’UDF. Un pari sur la confiance et la confiance en un pari : celui que Bayrou a raison de faire sur la réforme de la république par « le champ républicain », au-delà des lignes « politichiennes », comme disait De Gaulle…
LA FRANCE N’EST PAS EN DECLIN
« Camus écrivait que « la seule fatalité dans l’histoire est celle que nous y mettons ». Notre pays n’est voué, en effet, ni à la paralysie ni au déclin. Rien dans son histoire ne le condamne au doute qui le traverse aujourd’hui.
La France a surmonté bien d’autres épreuves dans un passé récent. Ainsi, après l’humiliante défaite de 1940 et l’occupation, le pays a su, à la fois, se reconstruire économiquement, retrouver son rang dans le concert des nations libres et jouer un rôle moteur dans la construction européenne. C’est pourquoi, si nous le voulons et si nous nous en donnons les moyens, la France surmontera la crise actuelle qui est une injure et une blessure à son génie.
Notre ennemi, c’est la résignation et la soumission. Notre allié, c’est la richesse et la vitalité de notre peuple qui ne demandent qu’à être stimulées :
- Pour créer des emplois et retrouver la chemin de la croissance et créer des emplois
- Pour maîtriser la dépense publique et réduire notre endettement
- Pour construire, dans la confiance, une société plus juste et plus solidaire
- Pour refonder des institutions qui garantissent une véritable démocratie
- Pour disposer d’une école de la réussite et d’une recherche de rang mondial
- Pour promouvoir une écologie politique qui préserve la planète
- Pour édifier une Europe démocratique qui soit un espace de paix, de liberté et d’équilibre dans le désordre du monde
A énoncer ces objectifs, on voit bien qu’on est à la fin d’un cycle. Une époque nouvelle s’ouvre, qu’il faudra vivre sans arrogance et sans complexe.
Il est de bon ton de brocarder le « modèle français », à l’étranger mais aussi en France. Certains nous somment de renoncer à la vocation universelle du message français et de nous rallier à une conception atlantiste. Mais y souscrire, ce serait abandonner la portée des droits de l’homme et de la dignité qui doit s’attacher à toute personne humaine. La pente naturelle du monde, ce n’est pas la tolérance, la fraternité et l’égalité, c’est le règne de la puissance, de l’argent et des privilèges. De Voltaire à Jaurès, de Condorcet à Briand, la Œuvres s’honore à défendre un idéal de résistance à l’oppression, sous toutes ses formes et en tous lieux. En proposant un projet aux Français, nous agissons pour notre pays mais aussi en pensant aux autres, dans une vision généreuse et pas seulement hexagonale.

REFONDER NOTRE MODELE SOCIAL
Certains, constatant ses imperfections et ses faiblesses, plaident pour une rupture radicale à l’égard du modèle social qu’ils estiment dépassé. Mais ils se gardent bien de décrire sur quelles valeurs l’autre serait fondé : le procès de l’inefficacité n’instruit pas de lui-même la défense d’un modèle alternatif. A moins que ces critiques empressées se gardent, volontairement, d’en faire l’illustration. Ira-t-on chercher dans les pays scandinaves les vertus dont on déplore l’absence dans notre pays ? Ou bien, la société américaine fournira-t-elle l’exemple idéalisé que cherchent confusément les adeptes du libéralisme pur et dur ? Ce silence, voulu ou non, est éloquent : il désigne l’impasse à laquelle nous conduirait toute imitation servile ou tout emprunt artificiel.
Car c’est dans ses traditions et dans ses valeurs que notre pays doit trouver réponse aux nouveaux défis. Cela n’exclut pas l’étude, voire la transposition, de solutions mises en œuvres efficacement ailleurs. Mais sans renoncer à notre identité. Celle-ci est d’abord le fruit d’une histoire, souvent mouvementée mais marquée, en même temps, par le regret perpétuel de nos déchirures et l’espoir de les surmonter. Elle est aussi le fruit d’un destin à partager, d’un avenir à construire ensemble. Cette double origine, tournée vers le passé et vers le futur, nous conduit à retrouver l’inspiration du modèle français en l’enrichissant de la contribution des jeunes générations.
EGALITE DES CHANCES ET SOLIDARITES
Ce qu’on peut reprocher au modèle français, ce n’est pas d’être inadapté à la société d’aujourd’hui, c’est d’avoir abandonné ses deux sources principales : l’égalité des chances et la solidarité.
>>>L’égalité des chances, est la faculté offerte à chacun d’être distingué selon ses mérites, sa créativité, son ardeur au travail, et non selon sa naissance, ses relations ou sa fortune. Cette méritocratie républicaine a permis une relative mobilité sociale, un certain renouvellement des élites : elle laissait aux parents l’espoir légitime de procurer à leurs enfants des conditions de vie meilleures.

C’est d’abord à l’école que se joue cette égalité des chances. Celle-ci doit inclure une égalité des droits : souvenons-nous de Jules Ferry disant avec des mots qui n’ont pas pris une ride : « avec l'inégalité d'éducation, je vous défie d'avoir jamais l'égalité des droits, non l'égalité théorique, mais l'égalité réelle, et l'égalité des droits est pourtant le fond même et l'essence de la démocratie ». C’est à l’université, ensuite. Mais elle se joue aussi dans l’accès à l’emploi, à la première expérience ou, plus tard, à la reconversion professionnelle. Elle se joue enfin dans la reconnaissance d’une « seconde chance » à celui qui a galéré, qui a subi des échecs qu’il faut cessé de considérer comme définitifs.
Cette conception impose de promouvoir, à l’école, comme dans l’entreprise, au sein des administrations comme dans le monde du sport et des arts, tous les moyens (pas seulement financiers) de détecter les talents, de faire bénéficier la collectivité de la diversité des intelligences et des sensibilités. Elle conduit aussi à une approche moins académique, plus ouverte et plus souple de l’aptitude scolaire et de l’épanouissement des individus. Elle est à l’opposé de tous les préjugés qui se fondent sur l’âge, l’apparence, le handicap, le sexe ou le patronyme.
L’égalité des chances s’accorde mal avec la discrimination, même « positive », présentée comme une possibilité de corriger à la marge les défauts de notre système mais qui n’est, au fond, que l’aveu d’un échec et l’acceptation du statu quo, habillement médiatisée. Pourquoi devrait-on admettre leur caractère inéluctable ? En outre, ce type de discrimination, même fondée sur des objectifs louables, développe une politique de catégories et de quotas, funeste à la cohésion nationale. Il ne peut y avoir plusieurs types de citoyens ! Déjà, ne sent-on pas monter parfois une « peur des jeunes » ? Ce serait, si elle s’étendait un « séisme fort » (Père Guy Gilbert), dans une société vieillissante. Notre ambition, c’est le rétablissement de l’égalité des chances, pour tous et partout.
>>>La solidarité mérite aussi d’être revisitée. Elle s’est trop souvent traduite par un assistanat permettant de préserver une paix sociale compromise par la montée des exclusions. Mais, outre son efficacité discutable, cette politique, prolongée trop longtemps, a maintenu dans la dépendance un grand nombre de personnes, sans respecter leur dignité : elle a ainsi engendré, comme le reconnaît Jacques Delors, une « culture de la dépendance et de l’irresponsabilité ». La solidarité nationale qui sollicite un effort proportionné de tous, doit connaître sa juste contrepartie : celui qui reçoit doit prendre conscience de ses droits mais également de ses devoirs envers la communauté.

C’est précisément un nouvel équilibre entre responsabilité individuelle et solidarité collective qu’il faut retrouver. Faute de quoi, il y aura, pour longtemps encore, des générations sacrifiées, à l’écart du monde du travail. Or, il n’y a pas de véritable insertion sociale sans insertion professionnelle : l’emploi est un élément essentiel de l’estime de soi, de la confiance en soi.
En réponse à ceux qui veulent emprunter à d’autres pays leur modèle et rompre avec nos principes républicains, nous proposons la refondation nécessaire de notre modèle social pour affronter les défis de notre temps. C’est donc un projet humaniste, exigeant et généreux, qui nous anime : construire ensemble la France de demain.
Pour cela, il faut rompre avec la spirale du pilotage à vue qui ne permet aucune action d’envergure. Ni culpabilité masochiste ni arrogance stérile mais la conviction qu’une autre voie est possible. Comme le disait déjà Démosthène à ceux qui doutaient de son existence, la réponse la plus vraie est de « ne pas faire ce que vous faites actuellement ». Cela conduit à rompre aussi avec la division artificielle du pays en deux clans, dont l’un se croit obliger de dire noir dès que l’autre a dit blanc… »
A suivre … Prochain article : Une Révolution civique.
17:45 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR , L'Avant-projet législatif de l'UDF , UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, udf, bayrou, strasbourg, préesidentielles
L’Avant-Projet législatif de l’UDF (I)
Partir de bons diagnostics
Le Billet de Chantal CUTAJAR
Comme je l’avais annoncé : je vais sur ce site reprendre, partie par partie, l’Avant-projet législatif de l’udf qui est actuellement examiné par les militants, pour examen, réflexions, suggestions. N’hésitez pas à m’adresser vos remarques et suggestions, point par point, thème par thème… et vos réflexions sur ce que ce cadre national implique sur le plan local.
L’essentiel, le préalable, c’est évidemment de partir de bons diagnostics. D’un examen rigoureux des réalités, des faits et des chiffres, de ce qui est visible mais aussi de ce qui peut se cacher sous les événements ou les phénomènes médiatisés. Il importe de déceler ces lignes de forces parfois cachées qui peuvent avoir des conséquences sur l’avenir. L’activité politique ne consiste pas que dans des compétitions pour « prendre le pouvoir » ou « occuper des places ». Et l’exercice du pouvoir ne consiste pas qu’à « gérer le présent », qu’à satisfaire des besoins d’aujourd’hui, qu’à prendre des mesures « électoralistes ».
« Gouverner, c’est prévoir » : la formule doit retrouver un nouveau sens, à tous les niveaux. C’est parce que nos dirigeants n’ont pas suffisamment su anticiper que la France ne parvient pas à sortir de ces « Trente Piteuses » qui font tellement de ravages, surtout chez les plus démunis.
Je reprends ici l’introduction de l’Avant-Projet de l’udf qui, dans son élaboration, s’est s’inspiré des méthodes préconisées par ceux qui restent nos meilleurs inspirateurs, Robert Schuman et Jean Monnet : « allier idéal et nécessité », « partir des réalités pour mieux les changer », « avoir des actions conformes aux discours » (et réciproquement). Surtout quand le « modèle républicain » est menacé d’implosion.

LA FRANCE EST EN CRISE …
« Comment va la France ? Cette question, que chacun se pose, peut recevoir deux types de réponse : celle des statistiques (taux de croissance, chiffres du chômage, niveau des déficits publics, balance commerciale) décrit la réalité économique et sociale. Au-delà, celle du vécu, de l’expérience humaine exprime une sorte de « déprime collective », selon l’expression de Gilles Lipovetsky.
Autour de nous, beaucoup de gens ressentent un malaise diffus, on entend dire que le monde d’aujourd’hui est plus dur qu’autrefois. Certes, la France travaille et produit, des hommes s’investissent, dans leur entreprise, leur administration ou leur association. Mais, globalement, le pays appréhende les aléas et les choses du futur. Notre modèle républicain sur lequel se rassemblait une large majorité vacille …

LA FRANCE ECLATEE ?
L’impuissance de l’Etat à réduire des inégalités sociales et territoriales, à juguler la montée des formes les plus dangereuses du communautarisme conduit à un risque d’éclatement du corps social.
- La fracture territoriale frappe aussi bien les grandes aires urbaines, la province dans ses relations avec Paris, les campagnes qui tentent d’échapper à la dévitalisation. Pour certains de nos concitoyens, la recherche d’un emploi, l’accès à un service public de qualité, la permanence des soins, le raccordement au haut débit relèvent plus du parcours du combattant que de l’offre égale et diversifiée d’un pays moderne.
Si le « désert français » n’est pas, heureusement, une réalité, de fortes disparités subsistent, qui font craindre l’apparition d’une France à deux vitesses. Ainsi, quatre régions (Ile de France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Nord-Pas-de-Calais) sur 22 concentrent plus de la moitié du PIB.
L’Ile de France et Paris représentent, à elles seules, 29 % de la richesse nationale pour 19 % de la population :50 % de la TVA y sont collectés, une entreprise de 100 salariés sur trois y a son siège social, la proportion de cadres et d’ingénieurs est deux fois supérieure à celle de la province. Enfin, la desserte des territoires est toujours inégalement assurée (par train, par avion ou par route), creusant ainsi les écarts avec les couloirs européens les plus favorisés.
- La fracture sociale et urbaine atteint un niveau de gravité préoccupant. Les disparités au sein des agglomérations, entre ville centre et périphérie, conduisent à l'isolement, voire à l'exclusion, de certains quartiers, dénommés pudiquement « sensibles » (près d'un millier, selon le ministère de la ville), secoués, à l'automne dernier, par des émeutes urbaines d'une rare violence. L'accumulation de difficultés (chômage, surpeuplement des logements, concentration de familles immigrées, urbanisme exclusivement dédié à l'habitat...) depuis des dizaines d'années rend les solutions à mettre en œuvre plus coûteuses, plus longues et plus aléatoires.
Alors que durant la reconstruction économique du pays, la croissance et le plein emploi ont assuré une redistribution des revenus, la machine à fabriquer des inégalités s’est remise en marche depuis les années 80. « L’ascenseur social est en panne, j’ai pris l’escalier », explique lucidement Aziz Senni, jeune créateur d’entreprise.
Le chômage des jeunes demeure élevé (22% de la tranche d’âge) et, parallèlement, le taux d’activité des plus de 50 ans est parmi les plus faibles d’Europe : avec l’allongement de la vie, on a là tous les ingrédients d’une crise sociale majeure.
Malgré l’effort consacré à la protection sociale (30% de son PIB), notre pays n’a pas réussi à lutter efficacement contre la pauvreté, l’exclusion et les diverses formes de précarité qui font l’incertitude du lendemain. 3 millions de personnes sont mal logées, 4 millions vivent sous le seuil de pauvreté (dont 1 million d’enfants), un ménage sur 9 bénéficie des minima sociaux.
Enfin, l’isolement n’a peut-être jamais touché autant de personnes : femmes seules après rupture de la vie conjugale, vieux oubliés par leur famille, jeunes laissés pour compte. Cette solitude marque bien la déshumanisation de notre société et l’affaiblissement du lien social.
LA MONTEE DES COMMUNAUTARISMES
Dans sa géographie, dans son peuplement et dans sa culture, la France est diverse. Et cette diversité est évidemment une richesse. Pourtant, au-delà de ces apports multiples, qui doivent à l’héritage judéochrétien comme à l’esprit des Lumières et aux courants laïques, qui pourrait nier l’existence d’une identité française façonnant notre singularité dans le monde ?
Au coeur de ce patrimoine commun, se trouvent les notions d’égalité et d’unité : la première implique la même chance d’être distingué par le mérite et les talents, la seconde appelle une logique d’intégration, fondée sur des valeurs partagées faisant que ce qui rassemble est plus fort que ce qui divise.
Or, à plusieurs signes, ce modèle, fédérateur sans être contraignant, s’effrite sous les coups de boutoir de particularismes d’inspiration variée. Ceux-ci vont des phénomènes de bandes à la constitution de groupes identitaires voire communautaristes revendiquant, sur une base ethnique, religieuse ou comportementale, une reconnaissance spécifique. L’apologie de la violence, rejet de l’autorité, négation de l’égalité entre les sexes, exaspération des désirs et des passions, intégrisme « purificateur » et manichéen : la gamme est très étendue.
Pourtant comme l’affirme à juste titre Régis Debray, « aucune loi ne peut se prétendre supérieure aux lois de la République ». Peut-on supporter sans risque que des groupes se constituent autour de principes et d’attitudes ouvertement contraires au socle culturel de notre civilisation et revendiquent ensuite un statut distinct faisant échapper aux obligations communes ? Si ce qui différencie vaut plus que ce qui unit, à quoi servent des règles que certains auraient pour objectif affiché de vouloir transgresser ? L’intérêt particulier, fût-il respectable, ne saurait faire échec à l’intérêt général.

Ces interrogations traversent la société tout entière et expliquent l’aspiration à une restauration des valeurs qu’éprouvent nos concitoyens. Il est vrai que les réponses fournies jusqu’ici ne sont guère satisfaisantes.
Ainsi, un discours fallacieux sur une prétendue modernité invite à admettre comme souhaitable cette société puzzle dans laquelle la satisfaction des désirs et du seul épanouissement personnel ne rencontrerait aucune limite. Nous ne le pensons pas. Car une telle évolution se ferait au prix d’un délitement social mais aussi s’une marchandisation plus propices au triomphe du plus riche et du moins scrupuleux qu’à la protection des plus vulnérables.
De même, la tendance naturelle des gouvernements à catégoriser les Français, à « saucissonner » les problèmes pour y apporter des réponses ponctuelles produit de funestes conséquences : on l’a ressenti cruellement lorsqu’il s’est agi de relever de grands défis : la santé, les retraites, par exemple. Au lieu de mobiliser la solidarité nationale par un effort équitablement réparti, des réformes partielles ont provoqué une crispation autour des avantages acquis. Le même constat peut être fait à propos de l’emploi qui, depuis trente ans, a suscité des mesures aussi catégorielles qu’inefficaces. Le comble a été atteint, pour les jeunes de 16-25 ans, avec le CPE. Pour nous les Français ne doivent pas être traités en assistés mais en citoyens responsables. »
A Suivre. Prochain article sur l’Avant-Projet 2007 de l’udf : le refus du déclin !
15:00 Publié dans Débats d'actualité , Le billet de Chantal CUTAJAR , L'Avant-projet législatif de l'UDF , UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : udf, pomitique, présidentielles, legislatives, france

