- « Un nouveau parti politique ne se crée jamais sans tensions, sans heurts de conceptions, sans chocs des idées. La création du MoDem est un événement important. Ce premier parti du XXI© siècle est le résultat d’une vision de la société : constats au présent et volontés au futur. Nombreux sont ceux qui depuis de longues années accompagnent fidèlement la démarche de François Bayrou à partir de leur engagement quotidien au plus proche des Strasbourgeois. Désormais cette démarche est lisiblement et visiblement offerte à toutes et à tous.
10/01/2008
« L’utile et le juste »
C’est fait : la commission nationale des investitures du MoDem a validé et officialisé le choix fait par les militants dans le vote démocratique organisé et présidé par François Bayrou. C’est pleinement consciente de mes responsabilités et de l’ampleur des taches qui m’incombent que je dirigerai une équipe constituée de compétences complémentaires et de femmes et d’hommes venus d’horizons différents mais unis et guidés par les mêmes valeurs, par la même volonté de « redonner Strasbourg aux Strasbourgeois » et de servir efficacement l’intérêt général. A partir d’engagements précis et non de promesses « qui n’engagent que ceux qui les écoutent ».
Je remercie celles et ceux qui dans ces moments difficiles d’une campagne interne faussée par des positionnements bien peu démocratiques et fort peu civils m’ont apporté tout leur soutien et témoigné de leur confiance. Elles et ils savent à quel point le mot « équipe » est chez moi chargé de sens.
Je regrette évidemment que les accords conclus avec François Bayrou n’aient été respectés ni dans leurs lettres ni leur esprit et que les impératifs d’un rassemblement dans la clarté aient été sacrifiés sur l’autel d’ambitions et de rancoeurs étrangères à l’objectif qui est de faire de Strasbourg une ville modèle du MoDem. Une Cité où « Etre et Vivre Modem » peut prendre tout son sens.
Chacun a pris ses responsabilités, chacun doit les assumer : il n’y a pas « deux Modem » à Strasbourg ; il n’y en a qu’un. Pleinement légitime. Celui qui respecte l’éthique d’action définie. Celui que j’ai l’honneur et la lourde charge de conduire dans une campagne que je souhaite digne et qui doit faire des Strasbourgeoises et de Strasbourgeois les premiers acteurs de la vie de Notre ville. La « capitale démocratique de l’Europe » se doit d’être démocratique d’une façon exemplaire et pleinement européenne.
Le projet de Ville sera présenté le 16 janvier. La dernière main est mise à la constitution de la liste. Notre campagne se veut d’abord d’écoute, de dialogues, de confrontations démocratiques, de mise en valeur des arguments, de respect des concurrents et des citoyens. Notre but essentiel est d’ouvrir des perspectives, de dégager des horizons, de mettre en pratique les principes proclamés et les valeurs chantées, de favoriser un « Vivre ensemble » plus harmonieux et de stimuler les imaginations et les énergies. L’avenir se construit au présent. En visant « l’utile et le juste ». .
Chantal Cutajar
11:25 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, modem, bayrou, cutajar
21/12/2007
L’orange et le vert, deux couleurs indissociables : Yann Wehrling deuxième et Yveline Moeglen troisième sur la liste Modem que je conduis
Le billet de Chantal CUTAJAR
Emotion, gratitude et encouragements : je remercie chaleureusement celles et ceux qui depuis l’autre nuit tiennent à manifester par des voies diverses leur sympathie, leurs encouragements et leurs soutiens à la suite du vote d’investiture organisé et supervisé par François Bayrou.
Je suis particulièrement sensible aux messages de militants qui n’ont pas voté pour moi mais qui m’assurent de leur total appui dans cette entreprise qui est aussi la leur. Je respecte et respecterai scrupuleusement les engagements pris en faveur du rassemblement le plus large possible, dans la clarté et dans la transparence, de toutes celles et de tous ceux qui partagent notre vision pour Strasbourg et notre volonté d’appliquer à la lettre l’esprit du moDem. Le vote militant de mercredi soir doit n’avoir qu’un vainqueur : le parti démocrate et son ambition affirmée de faire, réellement et concrètement, de la politique AUTREMENT.
Je suis très sensible également aux messages de soutiens et aux demandes d’adhésions (à Strasbourg je t’M ou au MoDem) de nombres personnes qui attendaient le vote de mercredi avant de transformer leurs sympathies en engagements.
Je m’engage à ne pas les décevoir.
MON « PANACHE ORANGE » ET LE
RESPECT DU VOTE DES MILITANTS
L’essentiel, c’est que l’Union soit fondée sur la convergence des visions d’avenir et le partage de valeurs qui prennent du sens dans l’action. Avec un souci de clarté et de transparence. Ma volonté de Rassembler n’a qu’une limite : les réticences de celles et de ceux qui refusent… de se rassembler.
Ce n’est seulement pas « ralliez vous à mon panache orange », c’est aussi « respectez le vote des militants ».La démocratie n’est pas un jeu à « qui perd gagne ». Le respect des minorités doit être effectif, mais il ne peut évidemment pas devenir synonyme de « soumission de la majorité aux minorités ». Pour reprendre une formule riche de sens prononcée par François Bayrou le 26 février de cette année : « Le Rassemblement, ce n’est pas la mollesse, c’est la fermeté ».
Je serai évidemment ferme sur le respect des engagements pris devant les militants. Engagements que je réitère ici : « Une véritable équipe, c’est-à-dire des femmes et des hommes capables de regarder dans la même direction, qui auront l’obsession de l’intérêt général, qui auront conscience de la responsabilité que revêt un mandat électif.Il n’y aura pas un seul conseiller municipal qui ne soit investi d’une mission, celle pour laquelle il aura été pris sur la liste. Il est fini le temps où l’on disait, et je l’ai entendu, ce qui est important ce sont les trois ou quatre premiers pour le reste, il n’y a qu’à ouvrir l’annuaire et compléter »…
Prétendre faire EFFECTIVEMENT la politique AUTREMENT commence par là.
L’ORANGE ET LE VERT :
CAP 21 et YANN WEHRLING
Forte du vote des militants et des innombrables messages de soutiens reçus, je réitère aussi ma volonté de tout mettre en œuvre pour que notre ambition pour Strasbourg soit concrétisée. STRASBOURG DE TOUTES NOS FORCES, comme François Bayrou avait exhorté « la France de toutes nos forces » durant la campagne présidentielle qui a engendré le MoDem qui tire sa richesse de ses militants.
Cette métropole alsacienne au cœur de l’espace rhénan doit devenir une « capitale démocratique de l’Europe » digne de ce nom et de cette mission qui lui a été confiée par l’Histoire. Elle doit devenir une ville tournée vers l’avenir donc innovante, novatrice, humaniste, dynamique et écologiquement exemplaire.
Je l’ai promis lors de mon allocution de mercredi soir, la dimension écologique sera dominante dans notre programme d’action. L’Orange et le vert sont deux couleurs indissociables. Pour reprendre une formule de Daniel Riot, « pas de belles oranges …orange, sans verts orangers ».
Ce souci de placer l’écologie au centre du développement économique, sans dogmatisme, avec un idéalisme qui tienne compte des réalité, j’ai nommé aujourd’hui en troisième position sur ma liste Yveline Moeglen déléguée départementale de Cap 21 et dans un esprit d’ouverture Yann WEHRLING, ancien secrétaire national et porte parole des Verts en seconde position.
Ces nominations s’inscrivent dans la logique du projet que j’ai développé mercredi soir devant François Bayrou et avant le vote des militants.
Yveline Moeglen travaille très étroitement avec moi depuis qu’elle a rejoint le groupe UDF-Modem au Conseil municipal que je préside depuis sa création sur l’impulsion des instances fédérales de l’udf. Elle a travaillé dans plusieurs groupe de travail de « Strasbourg je t’M » et dans les ateliers coordonnés par les instances provisoires du Modem.
Nos conceptions sur le développement durable et la démocratie de proximité sont en totale harmonie. C’est d’ailleurs ce qui explique le soutien sans faille apporté à ma candidature par Cap 21 et Corinne LEPAGE. Un soutien dont nous saurons nous montrer dignes.
La venue de Yann Wehrlingsur ma liste (annoncée d‘abord dans un communiqué de Corinne Lepage et confirmée conditionnellement dans mon allocution d’investiture) sur ma liste ne constitue pas une surprise. Elle fait suite à de nombreux entretiens, conduits à plusieurs niveaux. Yann avait proposé aux Verts sur Strasbourg des accords de partenariat avec le Modem. Il n’a pas été suivi. Il ne voulait pas prendre d’engagement public avant que le mouvement démocrate ait opéré les clarifications internes qui s’imposaient, ce que j’ai évidemment très bien compris.
Nous nous retrouvons unis sur des bases claires : les mêmes qui font de Cap 21 un co-fondateur du moDem. Et nous avons noué des relations de confiance fondées sur la franchise des échanges, la clarté des engagements, la communauté des conceptions de la pratique politique et l’adaptation des moyens à mettre en œuvre pour que nos ambitions pour Strasbourg deviennent projets et réalisations.
J’annoncerai au courant du mois de janvier la composition de cette liste MoDem. Une liste qui sera composée, d’une manière libre et responsable, non en fonction de critères politiciens mais de la convergence des buts et de la complémentarité de compétences effectives. C’est une condition essentielle pour que notre pari de faire de Strasbourg un modèle de réussite du Modem.
Chantal CUTAJAR
03:15 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, modem, strasbourg, municipales, verts
04/12/2007
Strasbourg la nuit: Quelle vie? Où? Comment?
ITW de Chantal Cutajar publiée ce jour dans 20 minutes. Un article de Philippe Wendling
Pourquoi l'association Strasbourg Je T'M organise-t-elle ce soir deux débats sur la nuit à Strasbourg.
Parce qu'il y a un déficit d'offres dans ce domaine. Il n'est pas soutenable par exemple de ne pas pouvoir y manger après 23 h. Mon objectif est de développer la vie nocturne en concertant ceux qui veulent dormir, ceux qui proposent des activités et ceux qui assurent la sécurité de tous.
Comment expliquez-vous ce déficit ?
Il n'y a jamais eu de choix politique sur la question, alors que cela joue sur le rayonnement de la ville. Il est important pour Strasbourg, capitale européenne, d'avoir une vie nocturne, sans pour autant devenir New York.
Que faire ?
Il faut se poser la question : « Où installe-t-on les lieux nocturnes ? » Nous allons formuler des idées de localisation où ils ne créeraient pas de nuisances. Nous pourrions notamment proposer des relogements aux habitants du secteur de La Laiterie pour en faire un lieu entièrement dédié à la vie nocturne.
C'est le cas du Zénith ?
Non, car quand on ira au Zénith, on ira au spectacle. Or la nuit ne se limite pas à ça. Son emplacement a fait débat, et je pense que nous allons vite nous rendre compte des problèmes que pose son accessibilité.
La nuit sera-t-elle un thème de campagne aux municipales ?
Oui, car il est important de faire entrer Strasbourg dans le XXIe siècle. En ce sens, la nuit a son rôle à jouer.
Recueilli par Philippe Wendling - ©2007 20 minutes
RAPPEL
STRASBOURG LA NUIT : UNE AMBIANCE A REINVENTER ?
Deux "Cafés démocrates" mardi 4 décembre
« Strasbourg la nuit » ? Plus qu’un problème : une série de problèmes. En schématisant, quatre problématiques sont posées d’une façon de plus en plus aiguë vu l’évolution des mœurs et la diversification des modes et des rythmes de vie :
- Les usagers de la nuit : ceux qui fréquentent cafés, restaurant, boites de nuit
- Ceux qui travaillent la nuit : ceux qui font vivre ces lieux
- Ceux qui assurent la sécurité la nuit : police, médecine urgence, taxis
- Ceux qui dorment la nuit et qui veulent pouvoir bien dormir.
Cela ne se règle pas bien par décret. De vastes débats doivent être engagés. « STRASBOURG JE T’M », l’association de soutien à Chantal Cutajar organise, en lever de rideau d’une « Conférence de citoyens » en préparation, trois cafés démocrates :
*Les deux premiers se dérouleront le mardi 4 décembre
-de 19h00 à 21h00 (rencontre avec les Strasbourgeois) à l'Académie de la Bière 17 rue Adolphe Seyboth 67000 Strasbourg (au sous sol)
- de 22h00 à 24h00 à la Piscine (ancien Bouchon, rue Sainte Catherine) avec les usagers de la nuit et ceux qui font vivre les lieux
*Un troisième café démocrate est programmé pour le Mercredi 12 décembre dans un lieu qui sera communiqué ultérieurement et spécialement à l’attention des acteurs de la sécurité la nuit
Le débat commence et continuera sur :
18:10 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, modem, cutajar, municipales
24/11/2007
Le MoDem : une "voie nouvelle" pour les Strasbourgeois
Tribune parue dans les dna
Après la troisième voie de Ludmilla Kalinkova et Jean-Claude Petitdemange, celle de Jacques Bon et de Pascale Jurdant-Pfeiffer, Chantal Cutajar — candidate pour conduire la liste centriste aux prochaines municipales de Strasbourg — s’exprime dans une tribune adressée aux DNA sur sa vision d’une voie nouvelle pour les Strasbourgeois : le MoDem, mouvement démocrate.
par Chantal Cutajar
Il ne s’agit pas d’une introuvable « troisième voie », ce chemin mythique entre « droite » et « gauche », mais d’une « voie nouvelle » qui transcende les clivages politiciens non par des pseudo « ouvertures », des débauchages ou des « changements de camps de type carriériste », mais par des rassemblements, des partenariats, des contrats d’actions autour des piliers si bien définis par François Bayrou durant sa campagne présidentielle.
Je les reprends, ici, pour mémoire : une démocratie citoyenne toujours à approfondir, des politiques où sur tous les sujets les dimensions économiques, sociales, écologiques et culturelles sont prises en compte, des engagements forts et constants pour une France « européanisée » influente dans une Europe politique qui sache concilier les idées de Jean Monnet et de Robert Schuman avec celles du général de Gaulle, la prise en compte des impératifs qu’imposent les révolutions en tous genres que nous subissons dans un monde de plus en plus complexe et dans une société de plus en plus riche de ses diversités. Cette « voie nouvelle » implique évidemment des remises en cause et des bouleversements dans les manières de « faire de la politique ».
Une démocratie active à bâtir
Être et Vivre MoDem à Strasbourg, c’est avoir une vision d’ensemble du développement de notre ville construite autour d’une des valeurs fondatrices de notre mouvement : la démocratie active. Une démocratie qui ne soit pas seulement un mode de désignation des « élites », mais une grille de valeurs qui prennent leur sens dans l’action.
La démocratie vise à porter au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens. Elle exige le respect scrupuleux des droits de la personne humaine. Alors que partout dans le monde, la démocratie et les droits de l’homme sont menacés, nous avons le devoir, à Strasbourg, parce que c’est l’une des missions inscrites dans notre destin, de mettre en place un mode de gouvernement de la ville qui soit exemplaire. Chaque citoyen doit être considéré comme un acteur des choix publics qui le concerne. Il a droit à une parfaite information dans la préparation des décisions et dans l’anticipation de leur application afin qu’il puisse pleinement participer à leur élaboration, dans le cadre d’un pouvoir de décision partagé.
L’exigence de la social-économie
Être et vivre MoDem à Strasbourg c’est contribuer à développer notre ville sur les principes de la social-économie durable, une économie de création, entreprenante et réactive, avec une haute exigence sociale et écologique.
Le développement de cette social-économie exige la liberté et la responsabilité des acteurs économiques, mais aussi des acteurs sociaux, civiques et associatifs. Mettre concrètement le développement économique en harmonie avec le développement durable suppose de placer cette exigence au premier plan, c’est-à-dire au niveau de la Communauté urbaine de Strasbourg. C’est pourquoi, le (a) président(e) de la CUS doit être un(e) Strasbourgeois(e) et avoir une compétence particulière et reconnue en la matière.
Les associations, acteurs à part entière
Être et Vivre MoDem à Strasbourg, c’est considérer les associations comme des acteurs à part entière du développement de la cité, c’est promouvoir une véritable politique municipale en faveur de l’engagement citoyen, individuel ou collectif. Il faut sans doute avoir été président d’association pour comprendre le désarroi qui conduit parfois au désengagement de nos concitoyens du monde associatif. Des constats partagés, en toute transparence, hors de toute considération politicienne et de tout clientélisme, devront permettre d’évaluer « l’utile et le juste » des engagements des uns et des autres et il appartiendra à la municipalité de contribuer fortement à permettre à celles qui jouent pleinement leur rôle de se doter des moyens d’atteindre leurs objectifs.
Une culture de la responsabilité
Être et Vivre MoDem à Strasbourg, c’est avoir conscience de la responsabilité qui pèse sur chacune et chacun d’entre nous de contribuer à parachever la construction d’une Europe active et solidaire, où les États nationaux, détenteurs d’un patrimoine commun de civilisation, défendent ensemble leurs intérêts et leurs valeurs. Strasbourg doit être au cœur du processus qui doit mener à une Europe politique fondée sur un humanisme vécu, parce c’est notre Histoire. Et notre avenir.
Chantal Cutajar
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29/10/2007
Du bonheur de travailler en équipe
Le billet de Chantal Cutajar
Il me faut revenir sur la réunion d’étape que les groupes de travail de l’Association Strasbourg Je t’M ont tenus vendredi soir en présence d’un journaliste (ce qui ne se fait jamais ou presque dans les mouvements politiques). Ayant relu ces contributions du travail de quelque 80 personnes, de tous âges, de toutes conditions, venus d’horizons politiques différents, je ne peux cacher ma joie. Quelle belle illustration de ce que doit être l’esprit MoDem ! Et quel bonheur de travailler ainsi, dans des conditions où les mots « équipe », « collectif », « groupe », « ensemble », « concertations », « réflexions communes » prennent tout leur sens. Et où les divergences se manifestent, normalement, sainement,intelligemment, en fonction des réflexions des uns et des autres sur les problèmes posés, et non en fonction de clivages politiciens, d’arrières pensées idéologiques, de calculs d’ambitions personnelles.
UNE "AUBERGE ALSACIENNE"
Rien à voir en effet avec une « Auberge espagnole », où chacun se nourrit de ce qu’il apporte. Pour reprendre le mot de Daniel Riot, dans notre « Auberge alsacienne » du Modem Strasbourg, de Strasbourg je t’M, tous profitent du meilleur de ce que chacun apporte. Cela me réjouit et m’encourage à persévérer : le projet pour rendre Strasbourg aux Strasbourgeois, pour faire de Strasbourg l’Européenne la ville où s’applique ce que Corinne Lepage appelle « la clause du citoyen européen le plus favorisé » sera, j’en suis certaine à la hauteur des attentes et des légitimes ambitions de nos concitoyens.
Le « pacte démocratique » qui sera proposé et que je détaillerai ici, en temps voulu ne sera pas qu’un catalogue de promesses qui n’engagent que celles et ceux qui les entendent… Le slogan « La priorité, c'est vous » auquel j’avais adhéré en 2001 et qui a été tellement trahi, sali, perverti ces dernières années, retrouve à mes yeux toute la lumière qu’il aurait du avoir durablement…
Je reprends ici, en remerciant, toutes celles et tous ceux qui, au sein de Strasbourg je t'M, consacrent temps, énergie, réflexions à ces travaux qui vont bien sûr être approfondis, développés et enrichis par d’autres contributions (dont les vôtres, si vous le voulez), les quelques mots de conclusions de cette « réunion d’étape » de vendredi.
LES CINQ PILIERS D'UNE STRATEGIE POUR STRASBOURG
« Nos propositions s‘inscriront toutes dans la logique et la cohérence des plates formes de l’udf « libre », du Modem, de cap 21, telles qu’elles ont été définies par Francois Bayrou durant la campagne présidentielles, telles que je les ai défendues durant la campagne des législatives et telles que Corinne Lepage les a rappelés lors de sa récente visite à Strasbourg, à l’invitation d’Yveline Moeglen. Tout tourne autour de cinq piliers :
>>> Vision d’ensemble, cohérence des décisions et stratégie claire pour un développement harmonieux et durable de Strasbourg et pour un « Vivre ensemble » digne de ce nom.
>>> Un Pacte démocratique clair. Et une forme de gouvernement de la Ville fondé sur une concertation citoyenne réelle (par les comités de quartiers, bien sûr, mais aussi par les « conférence de citoyens », telles qu’elles n’existent pour l’heure que dans l’Europe du Nord), une transparence effective avec un vrai statut de la majorité et de l’opposition et une authentique « démocratie sociale »
>>> Une « éco-économie » réelle, ce qui signifie que toute décision comprendra des volets économique , financier, social, écologique, culturel, pédagogique et, bien sûr, européen.
>>> La prise en compte pleine et entière de l’eurodistrict qui doit être en fait une eurorégion, et de l’indispensable concertation (y compris au niveau citoyen) avec nos amis, voisins et partenaires allemands.
>>> La « priorité européenne » traduite concrètement d’une façon transpolitique et multidisciplinaire pour développer l’Europe A Strasbourg et l’Europe DE Strasbourg, Avec notamment la prise en compte, en tout et pour tout ce qui est de la compétence municipale, de ce que le Conseil de l’Europe et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux préconisent et recommandent. Et avec ce que Corinne Lepage appelle « la clause du citoyen européen le plus favorisé »
Chantal CUTAJAR
LE SITE DE "STRASBOURG 2008:Et si j'étais maire", le forum ouvert par "Strasbourg je t'M">>>>>>>>>>>
17:30 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, municipales, modem, cutajar
26/10/2007
Du Pacte écologique au Pacte démocratique
Le bulletin de Chantal CUTAJAR
On ne peut pas avoir souscrit au « Pacte écologique » de Nicolas Hulot (comme je l’ai fait personnellement) et se montrer déçue du résultat de ce « Grenelle de l’environnement ». Certes, nombre de décisions restent à prendre, nombre de mesures techniquement complexes restent à affiner et bien des engagements ne valent que s’ils sont partagés par nos partenaires de l’Union européenne. Mais, incontestablement, un virage culturel et psychologique est pris, une prise de conscience collective indispensable a une traduction politique qui dépasse les clivages politiciens, des chantiers d’avenir sont ouverts et (très important !) un suivi est prévu.
C’est sur ce suivi bien sûr que toutes celles et tous ceux qui partagent les idées de « l’éco-économie » et de la « démocratie sociale » développées par François Bayrou et Corinne Lepage devront faire preuve de vigilance. Et c’est sur l’application de cet « esprit de Grenelle » au niveau local qu’il faudra travailler.
L’européenne que je suis se félicite des références faites à l’Union européenne et de la présence (plus que symbolique) de M. Barosso à l’Elysée pendant l’allocution du Président de la république. Nous avons sur le plan national, mais aussi localement, beaucoup d’efforts à faire pour transcrire et appliquer les directives communautaires en souffrance et pour suivre les recommandations les plus pertinentes faites par les institutions et organisations européennes (Conseil de l’Europe inclus, bien sûr). Nous nous battrons pour tenter d’appliquer à tous les niveaux ce que Corinne Lepage a appelé lors de sa récente visite strasbourgeoise, « la clause du citoyen le plus favorisé ». En ces matières, l’ « l’agir local » est aussi déterminant que le « penser global »
La démocrate que je suis a été très intéressée par le bon fonctionnement de ce « Grenelle ». Cela va tout à fait dans le sens de la concertation (préalable), de la démocratie vivante, de la participation citoyenne et de la confrontation d’idées et d’intérêts différents et de personnalités d’horizons et de disciplines différents qui sont à la base même de la création du MoDem.
Il est évident que j’approuve ce type de démarches qui s’inspirent des meilleurs principes de gouvernances définis par le Conseil de l’Europe et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. C’est dans cet esprit d’ailleurs que nous travaillons à un programme d’approfondissement de la démocratie locale qui se traduit déjà par les travaux informels des « Conférences de Citoyens de Strasbourg » (formule qui, pour l’heure, n’existe que dans l’Europe du Nord)
Le « pacte écologique » ne prendra toute sa force que si les engagements pris lors de ce grenelle sont tenus, bien sûr, mais aussi s’il est complété par des « pactes démocratiques » au niveau local. C’est encore plus vrai à Strasbourg, « ville libre », qu’ailleurs.
Chantal CUTAJAR
09:40 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politque, modem, bayrou, écologie, grenelle, Sarkozy
23/06/2007
L'Union européenne remise sur rails
Le billet de Chantal CUTAJAR
Ouf! L'essentiel est sauvé. On pouvait s’attendre à mieux…Mais on pouvait surtout craindre de pires conclusions. L'Union européenne peut recouvrer son élan.

Bien sûr, comme tous les démocrates soucieux de logique, j'aurais préféré que le nouveau traité qui remplacera le projet de texte instituant Constitution soit approuvé, en France, par l'outil du referendum.
Bien sûr, je regrette que les symboles, si essentiels, soient sacrifiés sur l'autel du pragmatisme britannique.
Evidemment, je regrette devoir attendre 2014 (si tout va comme prévu) pour que le mode de décision décidé dans le traité de Nice entre en vigueur.
Mais, comme François Bayrou, je salue les efforts déployés par Sarkozy. La Charte est maintenue (sauf pour les Anglais). Des voies nouvelles peuvent s'ouvrir notamment dans des secteurs que je considère comme essentiels, l'Europe politique de la justice notamment pour laquelle je continue à me battre, au nom du réalisme.
Je constate que Sarkozy a suivi les conseils de François Bayrou qui l'incitait, lors de son audience à l'Elysée (dont les médias ont si peu parlé) à prendre en compte la position de la Pologne, même si les maîtres de Varsovie sont porteurs d'une idéologie et des réflexes que je désapprouve.
Et je désapprouve les réactions réductrices du PS: L'Europe est l'un de ces sujets où les clivages droite-gauche sont vraiment dépassés! Et à propos desquels les positions partisanes et politiciennes sont inadmissibles. Hollande est bien mal placé pour donner des leçons d'Europe, alors que ce sont les NON d'une partie du PS qui ont cassé le processus constitutionnel...Ce n'est pas le mensonger "plan B" de Fabius, Chevènement et autres qui nous ont permis de sauver les meubles et de préserver l'avenir.
Attendons la suite. la CIG et ...les ratifications. Et continuons à agir, chacun à sa place, pour un renforcement de l'unité européenne! "Une heureuse journée pour l'Europe" a dit Mme Merkel. Merci à elle. Au passage, la Chancelière confirme que des grandes coalitions formées dans la clarté ont bien des vertus en cette époque où les problèmes complexes exigent autre chose que des solutions...simples!
Chantal Cutajar
LIRE L'ANALYSE DE DANIEL RIOT: "Du pire évité, le meilleur se compose" >>>>>>>
16:45 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, strasbourg, france, modem, sarkozy, bayrou, PS
22/06/2007
L'épreuve des faits...
Le billet de Chantal Cutajar
On peut apprécier les qualités de tacticien de Sarkozy, éclatantes dans son art de piller quelques idées du Modem, (partiellement et sans en respecter l'esprit), dans son "casting" gouvernemental, (même si la parité promise entre femmes et hommes n'est pas au rendez-vous et si le cabinet n'est pas aussi restreint qu'annoncé) ou dans sa manière de "secouer" sa propre majorité (surtout en Alsace où elle se sent "cocufiée" par la nomination de Jean-Marie Bockel)
"Chapeau Sarko!", ironise Daniel Riot sur son blog-notes ...pendant que le très sarkozyste Président de la CUS, sur le sien, écrit gravement:"Et si Nicolas faisait une erreur?"...
On peut aussi espérer (c'est mon cas) que le premier Conseil européen de Sarkozy se traduise par un déblocage de la crise européenne: Mme Merclel y serait pour beaucoup.
Mais je dois dire qu'en cette fin de soirée, ce n'est pas la fête de la musique pour tout le monde... Etudiants et universitaires, avocats et magistrats, consommateurs, syndicats de fonctionnaires:toutes les informations reprises sur ce blog ce soir semblent montrer que si l'été est arrivé, l'état de grâce semble déjà se terminer. Malgré les excellentes prestations télévisées de ce "Président-premier ministre-ministre-chef de la majorité et... commentateur de ses propres actions! ", comme ironisent quelques éditorialistes.
N'entonnons surtout pas le refrain trop connu qui veut que "les Français n'acceptent les réformes qui ne les concernent pas" ou que dans ce pays "les réformes sont impossibles"...
Oui, il faut des réformes, profondes.
Mais des réformes soigneusement préparées, lancées après des concertations dignes de ce nom et une pédagogie gouvernementale soignée. Or que voit-on? Des réformes bouclées en vitesse que l'on veut faire "passer en force", imposer d'en haut. Comme par oukase présidentiel.
Bien sûr, le Président Sarkozy a été élu pour appliquer son programme.
Bien sûr, les Français lui ont donné une majorité parlentaire absolue pour qu'il puisse tenir ses engagements.
Mais la légitimité démocratique n'autorise pas tout... Voter pour un Président ne signifie pas adhérer à toutes ses propositions, surtout sur des sujets où les finalités ne sont pas toujours bien énoncées et les modalités pas suffisamment expliquées.
Je ne dis pas cela pour regretter que les méthodes de "démocratie sociale" portées par François Bayrou n'aient pas été suffisamment approuvées par les électeurs français. C'est l'avenir qui m'intéresse, non le passé, même récent…
J'écris cela parce que j'espère que les méthodes en vigueur seront révisées, amendées, améliorées. Dans l’intérêt général, pour cet « utile » et ce « juste » qui motivent mes engagements politiques.
Les décisions d'un Seul imposées d'en haut ne sont pas adaptées aux exigences de notre époque. Et la situation française est trop grave pour que les mesures annoncées n'aient pas les effets escomptés sur la réduction de la dette, sur la stimulation de la croissance et sur plus de justice sociale.
L'épreuve des faits ne relève pas du même ordre que les épreuves (réussies) des images. Après le virtuel, le réel.
Chantal Cutajar
01:35 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, gouvernement, sarkozy, strasbourg, Cutajar
08/06/2007
« RIEN NE PEUT SE FAIRE SANS VOUS »
Dans cette campagne du premier tour des Législatives, qui s’ajoute à la campagne active menée pour soutenir, aux Présidentielles, François Bayrou, ses idées, son projet et sa conception noble de la politique, j’ai beaucoup appris. Grâce aux femmes et aux hommes rencontrés, grâce aux échanges d’idées multipliés, grâce (aussi) aux critiques et aux contestations formulées.
Ma foi dans la perfectibilité de l’Homme (à commencer par la mienne) et de la Société, s’en trouve renforcée.
Ma volonté de prolonger mes engagements professionnels et associatifs par une activité politique plus marquée s’en trouve décuplée. Tant est à faire ! Tant peut et doit être fait !
PAS DE PROMESSES DE CIRCONSTANCES..."QUI N'ENGAGENT QUE CEUX QUI LES ECOUTENT"
Je suis trop soucieuse du respect des faits et j’applique trop le « principe de réalité » pour me bercer d’illusions et surtout pour faire des promesses que je ne pourrais pas tenir ou prendre des engagements dont la réalisation dépendrait d’autres…
Je sais les difficultés de la France et les problèmes des Français d’aujourd’hui,
J’ai conscience de l’âpreté des combats à venir.
Je connais l’ampleur de la tâche et des responsabilités qui m’attendent si, avec vous, grâce à vous, pour vous, j’ai l’honneur de représenter la première circonscription de Strasbourg dans ce Parlement. Ce dernier ne doit ni une Chambre d’enregistrement ni, comme on disait en quelques époques, un « Parlement croupion » ni une « Assemblée alibi ».
Au-delà de la conjoncture politique actuelle et des aléas électoraux, ce Parlement doit recouvrer les pouvoirs d’influence et de contrôle que les assemblées législatives ont dans les démocraties pluralistes européennes qui respectent les principes si écornés de la séparation des pouvoirs édictée par Montesquieu.
LIBERTE ET INDEPENDANCE
Ces responsabilités, je suis prête à les assumer dans l’esprit du MoDem, du Mouvement démocrate de François Bayrou : Liberté, Indépendance, courage d’assumer ses convictions, refus des démagogies et des arguments populistes, Transparence et clarté.
Je ne veux pas en cette veille de scrutin redire ce que j’ai déjà, beaucoup martelé.
Juste un rappel : Voter utile et efficace, c’est dimanche voter pour un Parti de POSITIONS et non d’opposition systématique et pour un parti de PROPOSITIONS CONSTRUCTIVES et non pour un parti d’approbation inconditionnelle, pour des élus qui obéissent à leur CONSCIENCE et non à des CONSIGNES. Pour réussir au mieux cette conciliation toujours difficile entre les intérêts particuliers, souvent antagonistes et l'intérêt général. Pour concilier la LIBERTE indispensable à l'épanouissement des Personnes et l'EGALITE ,ciment du "lien social" grâce à un esprit de FRATERNITE , cette école du RESPECT, de soi-même et des Autres.
C’est la philosophie d’action et la raison d'être du MoDem pour qui le mot « valeur » est chargé de sens.
EN PHASE AVEC FRANCOIS BAYROU
Ma dernière rencontre avec François Bayrou, lundi dernier, à Colmar m’a confortée dans mes engagements à ses côtés. Avec lui. Pour que le MoDem fort de ses 82 000 pré adhérents (dont plus de 1200 dans le Bas-Rhin) tiennent ses promesses et redonne au Centre « central » l’influence qu’il a eu et qu’il a dans d’autres pays européens. J’ose faire mienne cette phrase de Pierre Pflimlin, l’un des grands inspirateurs de François Bayrou qui a travaillé à ses cotés à la Présidence du Parlement européen :
« L’essentiel pour un parti porteur de valeurs,
ce n’est pas d’être majoritaire :
C’est être en mesure d’imposer des idées »
Dans l’épreuve personnelle et politique que traverse François BAYROU, son comportement , à mes yeux, est digne, admirable et exemplaire. En toute lucididité, je pense pouvoir me reconnaître dans ses manifestations de courage et de ténacité, même si, bien sûr, nous ne pratiquons au même niveau "ce sport de combat aux règles pas toujours respectées" qu'est la politique...
Mais c’est sur le fond des réflexions menées et des actions à entreprendre que je me retrouve pleinement en accord, en phase, avec lui.
Nous avons en commun le même sens de l’éthique politique. C'est pour moi un critère fondamental, décisif, et un préalable à toute adhésion à un mouvement. Les vertus de clarté, de transparence, d'exigence et de loyauté ne sont pas si fréquentes dans ce monde politique où la citoyenne "de la société civile" que je suis a fait bien des découvertes...
Nous faisons les mêmes diagnostics sur les maux français et préconisons les mêmes remèdes. Avec des règles de comportement dictées par le bon sens : halte au creusement de la dette ! assez de « social » réduit à des réflexes caritatifs à droite et des comportements d’assistanat d’Etat à gauche, oui à des investissements porteurs d’avenir, à des économies bien étudiées et à une croissance aux fruits équitablement répartis.
AMELIORER CONCRETEMENT LA VIE DES FRANCAIS
Nous avons le même souci d’allier réalisme et idéalisme et la même volonté de poursuivre sur cette « voie nouvelle » adaptée aux impératifs du XXI ième siècle qui doit conduire à la « révolution citoyenne », Une révolution sereine, tranquille, paisible. Pour ré-enchanter la vie politique, pour en finir avec des mœurs qui instrumentalisent, confisquent ou détournent les votes citoyens. Et pour que les LOIS soient prises avec le souci d’améliorer CONCRETEMENT la vie QUOTIDIENNE des Françaises et des Français. Des Français fiers, sans arrogance, de la France et soucieux d’être pleinement ACTEURS d’une Europe en construction confrontée à un monde qui évolue vite, très vite.
Tout bien sûr dépend de vous. Rien ne se fera sans vous. Merci pour votre attention et votre confiance.
VOTER : UN DROIT ET UN DEVOIR
Encore un mot qui n’est en rien militant mais strictement civique, donc moral. Même si vos choix ne sont pas les miens, même si votre bulletin de vote n’est pas celui que j’espère, n’oubliez pas d’aller voter. Trop de gens ont été tués pour que le suffrage universel soit la règle. Trop de peuples sur cette planète rêvent encore du droit d’aller voter et de maîtriser leur sort. La démocratie est un bien trop fragile pour ne pas être cultivée, par chacune et par chacun. En passant par l’isoloir. Bon dimanche.
Chantal CUTAJAR
16:05 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : trasbourg, politique, modem, législatives
07/06/2007
« La force qui nous manque » d’Eva Joly : Trouver l’énergie politique (donc citoyenne) de lutter contre les fléaux de la corruption et de l’économie criminelle !
Le billet de Chantal CUTAJAR
« La force qui nous manque », c’est celle que nous voudrions avoir davantage pour lutter contre les fléaux qui ne sont pas suffisamment combattus, ou pire qui sont entretenus par ceux qui, au pouvoir, devraient les combattre ! La « force qui nous manque », c’est celle que doit acquérir pour défendre des causes qui nous dépassent,pour emplir des missions qui débordent nos moyens. Cette « force qui nous manque » , elle doit venir d’une vraie volonté politique,donc citoyenne.

Emouvante, Eva Joly ! Son enfance, ses amours, son sens de l’humain, sa lucidité, … . Et son coup de foudre pour la France, une certaine France, celle qui veut ou voudrait se mettre en accord avec les valeurs qu’elle prétend porter. Poignante, même, Eva Joly, cette femme qui a su mettre face à leurs responsabilités les grands délinquants de l’affaire Elf. Poignante, y compris par la pudeur avec laquelle elle conte ses malheurs de femme, de citoyenne, de juge. Stimulante, surtout !
Ce livre vaut toutes les vitamines. « La force qui nous manque », elle nous la donne, Eva Joly ! « Un manuel d’énergie », oui. D’énergie positive ! En tous cas, son livre (que je relirai en de temps plus calmes) m’a fait le plus grand bien. Personnellement, politiquement et professionnellement.
Sans doute parce que, chacune à son niveau et selon ses moyens, nous avons les mêmes obsessions : une justice plus… juste, un monde moins corrompu, une planète moins soumise à cette « économie criminelle » qui fait tant de ravages, une société plus harmonieuse, avec moins de pauvreté, moins d’inégalités, moins d’hypocrisie, plus de transparence, plus d’humanité.

C’est une guerre qu’elle mène Eva Joly. Une sale guerre contre l'affairisme criminel et l'argent sale pour un monde plus propre. Une guerre pour laquelle les troupes sont trop maigres, les armes trop faibles, et les ennemis de l’intérieur sont trop nombreux, trop puissants, trop influents… Et les motivations politiques trop faibles.Malgré les discours...
Une sale guerre qu’elle a renoncé à mener en France et depuis la France (dommage !), mais qu’elle continue à mener depuis la Norvège où le souci d’exigence est plus développé que dans notre oligarchie si imparfaite, dans notre démocratie si perfectible, dans notre système de gouvernement si pervers…

Je sais : ses critiques de l’état de la France sont mal perçues par celles et ceux qui confondent patriotisme et auto satisfaction, fierté nationale et lâche fatalisme …Ou se scandalise que des yeux puissent voir des apparentements de méthode entre berlusconi et notre nouveau Président. Mais aimer vraiment quelqu’un ou un pays, c’est d’abord savoir le regarder avec justesse. Sans complaisance. Sans excès d'indulgence. Eva Joly, avec sobriété, témoigne et raconte. Ses échecs, ses réussites, ses découvertes, ses enquêtes dans les labyrinthes de la honte, ses décryptages des réseaux financiers, des paradis fiscaux, des mille et une façon de quelques uns de commettre des délits, des vols, des détournements, des abus, des crimes.

Quelques phrases font mal. Très mal. Mais qui peut sérieusement les contredire ?
>>>Les plus pauvres exploités frauduleusement : « on maintient là-bas des régimes assis sur la misère, cette longue mèche d’un monde explosif. »
>>>L’Afrique : « Où que j’aille, je bute sur l’histoire coloniale. » (…) « Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique... » .
>>>Les échanges financiers internationaux : « Sur les bourses du monde, la moitié des fonds contourne désormais la réglementation... ».
>>>Les paradis fiscaux : « Le combat frontal n’a pas été mené. La raison en est simple : les paradis fiscaux n’existent qu’avec l’accord des grandes places financières internationales. »
Et ne parlons pas, bien sûr, des maffias, des délits d’initiés, des mille et un moyens occultes de faire fortune pour quelques uns au détriment des autres… Des « quelques uns » qui sont souvent des…récidivistes ! Et pour lesquels, les « peines plancher » ne font pas l’objet d’effets de manche…
Ecoeurant ? OUI. Décourageant ? NON. Car l’Espoir est là. Dans un sursaut citoyen : chacun, ne serait-ce que par l’‘attention portée à ce qu’il consomme, a un rôle à jouer. Dans une information plus pointue. Dans la formation de juristes, de financiers, de magistrats spécialisés (je sais vraiment de quoi je parle , par expérience). Dans un approfondissement de nos démocraties. Par des lois plus adaptées. Par des pressions parlementaires, associatives, professionnelles, plus grandes et plus fortes. Par une gouvernance mondiale plus régulée.
Je sais. C’est David contre Goliath. C’est la mer à labourer. Et les nouvelles technologies et la mondialisation des affairismes accroissent encore l’ampleur des défis. Mais l’heure n’est pas au renoncement. Ne baissons pas les bras. « La force qui nous manque » peut être trouvée, en nous, individuellement et collectivement.
Si des forces collectives « nous manquent », c’est en raison des blocages institutionnels qui empêchent de voir se multiplier des Eva Joly, qui n’accordent qu’un minimum d’intérêt aux juges spécialisées dans les affaires financières, qui engendrent des impunités et des immunités judiciaires scandaleuses, qui brouillent les barrières entre corrupteurs, corrompus et victimes des corruptions… Mais des verrous peuvent et doivent sauter. Des leviers peuvent et doivent être trouvés. Des réformes peuvent et doivent être mises en chantier.

Mes « croisades » personnelles en faveur d’une Europe politique de la Justice vont dans ce sens. Le message d’Eva Joly n’a rien de déprimant. Au contraire. La conscience de l’ampleur et de la variété des défis à relever est le préalable à une intensification de cette sale guerre pour un monde plus propre.
Il est bon que le livre d’Eva Joly connaisse un franc succès. Ce témoignage, ce récit a des vertus pédagogiques. Il est bon aussi qu’Eva Joly tire parti des interviewes qu’elle donne pour promouvoir son ouvrage pour mettre des points sur les « i ». Avec calme et lucidité, mais avec courage et détermination. A nous de l’écouter.

Un exemple (parmi d’autres) puisé dans l’actualité du jour. Dans une ITW à La Tribune, elle dénonce avec force l’hypocrisie des pays riches du G8. Des textes existent. Des déclarations d’intentions s’ajoutent les unes aux autres, mais qui se donne les moyens de les appliquer ?
Je reproduis cette ITW sur mon blog personnel : elle illustre bien mes propres préoccupations, confirme mes propres recherches et complète mes propres contributions faites dans les instances spécialisées.
Mais ce n’est pas dans des travaux d’experts que se forge la seule volonté qui vaille en la matière : la volonté politique de traduire en actes les textes et les résolutions. C’est évidemment l’une des motivations de mon engagement en politique.
Chantal Cutajar
* « La Force qui nous manque » par Eva Joly, avec la collaboration de Judith Perrignon, Edition Les Arènes.
04:05 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : justice, livre, politique, corruption, nord-sud, pauvreté

