06/05/2007

Des contre-pouvoirs LIBRES, INDEPENDANTS et CONSTRUCTIFS

"La démocratie, ce n'est pas seulement l'affaire des vainqueurs" a déclaré François Bayrou après l'annonce de la victoire de Nicolas Sarkozy. Ceux qui ont gagné et ceux qui n'ont pas gagné "sont coresponsables de l'avenir du pays". Toutes les forces politiques "vont devoir apprendre à travailler ensemble" a-t-il ajouté. François Bayrou a annoncé que sa nouvelle formation, le Mouvement démocrate, prendra toute sa part dans la reconstruction et la rénovation de la vie politique : "les démocrates seront des rénovateurs et des rassembleurs". Voici le texte de sa déclaration:

"Nicolas Sarkozy est élu président de la République. La campagne électorale nous a souvent opposés. Mais je veux lui adresser mes félicitations et mes vœux de citoyen pour son mandat. Et ces vœux sont en même temps des vœux pour la France.

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Je pense à ceux, autour de lui, qui se réjouissent ce soir, en pensant qu’un grand pas a été fait pour eux et pour leur pays. Je souhaite de toutes mes forces qu’ils aient raison.

Mais nombreux aussi sont ceux qui sont déçus et inquiets et ceux-là je ne les oublie pas.

La campagne électorale a été le temps des promesses. Mais la situation du pays est telle que les réalités vont reprendre le dessus. C’est un pays fragile, c’est un pays fracturé, c’est un pays endetté.

Pour se réparer, notre pays a besoin d’être considéré. La France a besoin de redevenir une démocratie, où tout le monde est entendu et où tout le monde est respecté. C’est à ce prix qu’est notre unité nationale.

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Et la première loi de la démocratie, c’est que tout pouvoir doit avoir son contre-pouvoir. Personne ne doit avoir le pouvoir tout seul. Je ne ménagerai aucun effort pour faire naître des contre-pouvoirs libres, indépendants, constructifs.

Trop de choses vont se jouer pour l’avenir, qui touchent au social, qui touchent à l’économie, qui touchent à l’unité nationale, pour que le même pouvoir ait tous les leviers de commande entre les mains.

Je le dis à Nicolas Sarkozy : le pouvoir absolu, cela paraît être un confort, on peut décider ce qu’on veut, il n’y a personne pour s’y opposer, mais cela c’est l’apparence. Car il n’y a personne pour vous empêcher de vous tromper. C’est pourquoi quand le pouvoir absolu se trompe il se trompe absolument, et c’est tout le pays, toutes les familles, qui paient l’addition.

Il faut équilibrer le pouvoir. C’est cela l’enjeu des élections législatives. La France donne le pouvoir, oui, elle le donne nettement, mais elle ne doit pas donner tout entier sans aucun équilibre.

En même temps, la démarche de ces contre-pouvoirs doit être constructive.

Chaque fois que le président de la République et son gouvernement proposeront quelque chose de bien, quelque chose qui va dans le bon sens, nous le soutiendrons. Dans ces circonstances, nous voterons oui et nous nous engagerons. Nous serons constructifs et positifs.

Mais nous serons vigilants. Chaque fois que nous percevrons un risque, nous le dirons de la même manière et nous exercerons ainsi un devoir d’alerte.

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Cela exige, pour le bien de la France, de sortir du camp contre camp. On ne peut pas faire la politique de l’avenir en étant pour les uns toujours pour et pour les autres toujours contre. Je suis persuadé qu’il y a des gens de qualité d’un côté et de l’autre et qu’il faut en tenir compte pour une nouvelle approche républicaine.

Dans notre vie politique, toutes les forces politiques de gauche, de droite et du centre vont devoir bouger, vont devoir changer, et apprendre à travailler ensemble plus souvent que les unes contre les autres. Pour ma part, je ne cesserai de travailler à ce changement.

Dès cette semaine, je proposerai de lancer un nouveau mouvement, le mouvement démocrate, qui permettra à tous ceux qui veulent renouveler ainsi la politique, ses mœurs et ses pratiques, la reconstruire et la rénover, de se retrouver et d’agir ensemble.

Les démocrates défendront les libertés publiques. Ils exigeront que l’on dise la vérité aux Français. Ils défendront du même mouvement la modernisation de l’économie, son énergie créatrice, et la justice sociale. Les démocrates défendront l’éducation et la recherche. Ils garantiront la défense de notre patrimoine écologique et climatique. Ils se comporteront en constructeurs d’Europe. Les démocrates seront des novateurs et des rassembleurs.

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Je ne veux pas finir sans avoir un mot pour Ségolène Royal, et les autres candidats malchanceux, et tous ceux qui se sont battus pour elles et pour eux. Je connais l’amertume des soirs d’insuccès. Mais je veux leur dire ceci : la démocratie, ce n’est pas seulement l’affaire des vainqueurs ; ceux qui n’ont pas gagné ont aussi leur rôle à jouer dans la modernisation et dans l’équilibre de la France.

En vérité celui qui a gagné, et ceux qui n’ont pas gagné, même s’ils ne le savent pas, ils sont coresponsables de l’avenir du pays.

Nous avons un grand pays en charge, une grande histoire, un grand peuple. Nous devons à ce peuple de conjuguer nos forces pour préparer son avenir.


Je vous remercie."

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BAYROU: Il y aura un troisième tour

Le président de l'UDF, qui avait dit qu'il ne voterait pas pour Sarkozy, mais a apllé à voer chacune et chacun "ne conscience" a rempli son devoir de citoyen dès 8 heures. Les législatives "permettront aux Français de préciser et d'équilibrer le choix qu'ils auront fait aujourd'hui", a-t-il déclaré.

 

François Bayrou a voté dimanche matin, détendu et souriant malgré un temps maussade, dès l'ouverture du bureau de vote numéro 53 du groupe scolaire des Lauriers à Pau, peu après 08H00.

François Bayrou a voté dimanche matin, détendu et souriant malgré un temps maussade, dès l'ouverture du bureau de vote numéro 53 du groupe scolaire des Lauriers à Pau, peu après 08H00.

(c) AFP

 

François Bayrou a voté dimanche 6 mai en début de matinée, détendu et souriant, malgré un temps maussade. Le président de l'UDF s'est rendu au bureau numéro 53 du groupe scolaire des Lauriers à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, dès son ouverture.
François Bayrou n'a attendu que quelques minutes pour voter, précédé de trois électeurs seulement, alors qu'il avait dû faire la queue pendant près d'une heure lors du premier tour.
Le président de l'UDF s'est contenté de sourire lorsque les journalistes lui ont demandé s'il pouvait confirmer qu'il n'avait pas voté pour Nicolas Sarkozy, comme il l'avait annoncé entre les deux tours.

Législatives pour "équilibrer" le choix fait

"Il y aura un troisième tour, a-t-il dit, avec des législatives qui permettront aux Français de préciser et d'équilibrer le choix qu'ils auront fait aujourd'hui".
Le patron de l'UDF espère que la France aura "des pouvoirs équilibrés ou toutes les grandes sensibilités pourront s'exprimer".
"Je suis décidé à faire en sorte que la vie politique de la France change", a encore dit François Bayrou.

04/05/2007

Message de Nathalie Griesbeck, euro-députée du Grand EST

Mesdames, Messieurs,
medium_griesbeck.2.jpgA quelques heures du deuxième tour de l'élection présidentielle, vous êtes nombreux à m'interroger quant à mon choix et à une consigne de vote.

Permettez-moi tout d'abord de vous remercier, toutes et tous, pour votre formidable mobilisation durant ces semaines et ces mois  de campagne. Mobilisation et travail de relais dans l'ensemble de nos régions qui ont aidé François Bayrou à mutiplier par trois son score de 2002. C'est une performance qui fera date dans l'histoire de la Vème République.

Dans cette dynamique, François Bayrou a annoncé la création d'un grand mouvement démocrate et de rassemblement qui passe par l'acceptation des bonnes idées à la fois de droite et de gauche. Dans ce contexte, il est logique, qu'en fonction de sa sensibilité propre, chacun se détermine selon ses convictions.
Tout en respectant les prises de position de certains élus en faveur de l'un ou l'autre des candidats en lice, je considère, pour ma part, que dans cette volonté de rassemblement  je n'ai pas à influencer le choix des uns ou des autres. Les électeurs sont des Femmes et des Hommes responsables, libres, qui voteront en conscience.

Cette position n'est en aucun cas une dérobade ou un appel à l'abstention. Mon choix personnel est fait. Mais une fois encore, par respect de la liberté démocratique, il m'appartient de laisser les sensibilités s'exprimer.
En tout état de cause, je vous invite maintenant à vous mobiliser pour les élections législatives à venir afin de soutenir nos candidats pour que la voix du rassemblement au Centre soit représentée au Parlement et continue à se faire entendre.
Amitiés.

Nathalie Griesbeck
Député européen Grand Est

30/04/2007

Les Jeunes UDF appellent chacun à voter en conscience

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Les Jeunes UDF, par la voix de leur Président, Jean-Yves de Chaisemartin, déplorent le spectacle lamentable que nous infligent Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy depuis leur qualification pour le deuxième tour de l’élection présidentielle. L’un et l’autre n’ont eu de cesse, pendant la campagne du premier tour, de répéter qu’un gouvernement réunissant des personnalités de droite et de gauche serait non seulement inefficace mais en plus dangereux pour la démocratie. Aujourd’hui, ils se découvrent une vocation de rassembleur, oublient l’étiquette politique qu’ils ont affichée avec tant de conviction et s’affirment candidats de tous les Français, tout en refusant le moindre amendement à leur projet.

Les Jeunes UDF n’ont pas cessé, aux côtés de François Bayrou, de défendre une autre vision de la politique. Nous avons dénoncé le manichéisme consistant à dire qu’un camp avait toujours raison et l’autre toujours tort. Nous avons dénoncé l’idée qu’il n’y avait, au final, que deux visions et deux choix et que tout combat politique devait nécessairement déboucher sur la soumission à l’un ou l’autre de ces deux camps.

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Nous restons aujourd’hui fidèles aux idées que nous défendons depuis des mois. Il n’est pas question pour nous d’appeler à voter pour un candidat. Encore moins question d’appeler à voter contre un autre. Nous invitons chacun à voter, en conscience, et au vue du programme de chaque candidat, pour celui dont il se sent le plus proche ou à refuser ce qui ne ressemblerait pas à un choix mais à deux impasses. Nous partageons pleinement le constat qu’a fait François Bayrou sur les insuffisances de l’un et de l’autre des candidats.

Les Jeunes UDF sont d’ores et déjà en ordre de marche pour construire le grand parti central dont François Bayrou a jeté les bases mercredi et que des millions d’électeurs ont, par leur vote au premier tour, appelé de leurs vœux. Samedi 12 et dimanche 13 mai, les Jeunes UDF réuniront l’ensemble des responsables fédéraux et nationaux pour poser les premières pierres du mouvement des Jeunes Démocrates.

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Le combat pour le renouvellement du paysage politique ne fait que commencer. Nous avons contribué, aux côtés de François Bayrou, à faire émerger une force politique nouvelle. Nous travaillons dès aujourd’hui pour que les élections législatives soient aussi l’occasion de porter au pouvoir une nouvelle génération, de nouvelles méthodes, un projet d’espoir pour la France.

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Contact presse :

Jean-Yves de Chaisemartin
jy.dechaisemartin@jeunes-udf.org
 

29/04/2007

Sondage: L'électorat de Bayrou déterminant.

DERNIERS SONDAGES RENDUS PUBLICS LE DIMANCHE 29 AVRIL

Sondage TNS-Sofres réalisé les 26 et 27 avril

Nicolas Sarkozy recueillerait 52% (+1) des voix au second tour de la présidentielle et Ségolène Royal 48% (-1), selon un sondage TNS-Sofres pour RTL, LCI et Le Figaro, rendu public dimanche. 17% (-3) des personnes interrogées n'ont pas exprimé d'intentions de vote.
32% (+7) des électeurs de François Bayrou au premier tour se reporteraient sur M. Sarkozy et 41% (-5) sur Mme Royal. 27% n'expriment pas d'intention de vote dans ce sondage effectué avant le débat Royal-Bayrou de samedi.

-Sondage réalisé par téléphone les 26 et 27 avril auprès d'un échantillon national de 2.000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée disponible auprès de la Commission des sondages.

Sondage TNS Sofres réalisé les 26 et 27 avril

Les électeurs français sont encore très indécis à une semaine du second tour de l'élection présidentielle, notamment chez les partisans de François Bayrou dont près de 40% n'ont pas pris de décision, à en croire un sondage TNS-Sofres pour RTL et Le Monde rendu public dimanche 29 avril.
Huit électeurs sur dix déclarent savoir quel choix ils feront le 6 mai : 36% sont sûrs de voter Royal, 38% de voter Sarkozy, 7% sont sûrs de s'abstenir. Les autres hésitent, soit entre un des deux candidats (8%), soit entre un candidat et l'abstention (7%).
Parmi les électeurs de François Bayrou (18,57% des voix au premier tour), 61% ont arrêté leur choix et ceux-là penchant plutôt pour la candidate PS (31%) que pour l'UMP (23%), tandis que 7% s'abstiennent. Les électeurs centristes restant hésitent, et il détiennent les clefs de l'élection.
L'alliance avec François Bayrou est jugée naturelle par l'électorat du PS, à 78%, aussi bien que par l'électorat de Nicolas Sarkozy (76%). Mais les électeurs de François Bayrou sont plus enclins à juger naturelle l'alliance avec Ségolène Royal (51%) qu'avec Nicolas Sarkozy (33%).
L'annonce de François Bayrou de créer un nouveau parti centriste pour les législatives est approuvée par 64% des personnes interrogées, celui de ne pas donner de consigne de vote par 72% d'entre elles.
Nicolas Sarkozy est vu comme celui qui amènera "beaucoup ou pas mal de changements" par 63% des Français alors que Ségolène Royal ne suscite ce raisonnement que chez 38% des sondés.
Pour 52% des électeurs, c'est la victoire de la candidate PS qui favorisera le plus la prise en compte des idées de François Bayrou, contre 27% qui voient mieux Nicolas Sarkozy dans ce rôle.

- L'enquête a été réalisée les 26 et 27 avril auprès d'un échantillon de 2.200 personnes, dont 2.000 personnes représentatives de l'ensemble de la population française et 200 électeurs de François Bayrou

L'UDF au centre des convoitises (suite)

28/04/2007

François Bayrou prend acte des désaccords entre lui et Madame Royal

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Dans une ambiance sereine, François Bayrou et Ségolène Royal ont débattu devant les caméras de BFM-TV. Il n'empêche, François Bayrou a réaffirmé ses désaccords avec le programme économique de la candidate du parti socialiste : "C'est une très mauvaise idée à mes yeux" a--t-il estimé sur la généralisation des 35 heures, par exemple. Sur l'euro et l'instauration d'un salaire minimum, là aussi, François Bayrou a marqué une ferme divergence d'avec ce que propose Madame Royal. Sur les questions de société, la vision d'une France réconciliée, François Bayrou et Ségolène Royal ont là précisé un certain nombre de convergences, malgré des points comme les signes extérieurs d'appartenance à la Nation. Dans l'ensemble, le débat s'est déroulé dans une ambiance détendue, des rires venant souvent ponctuer les interventions de l'un ou de l'autre. Une autre forme de démocratie est en train de naître. Sans allégeance, mais non  sans combat non plus.

 

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Bayrou au centre des débats du second tour (suite)

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Le dialogue Bayrou-Royal: La question-clef des divergences économiques

Hauteur de vues et grans sens d'une intelligence démocratique partagée. Convergences, bonne humeur et courtoisie. Le débat inédit (qui de toutes façons restera dans les Annales) entre Ségolène Royal et François Bayrou s'est déroulé,  dans une ambiance détendue, comme une conversation entre gens qui se respectent sans avoir besoin de mettre le mot "respect" à toutes les sauces.. Sur les réformes des institutions, la sécurité, la relance de l'Europe, la candidate socialiste et le leader centriste sont tombés d'accord. Sur les questions économiques, ils n'ont pas éludé leurs divergences, notamment sur la réforme des retraites ou le rôle de la Banque centrale européenne. Retour sur les thèmes évoqués lors du débat.

"Je n'attends pas un ralliement". Ségolène Royal a, la première, pris la parole, comme convenu entre les équipes de campagne. Elle a remercié François Bayrou d'avoir accepté le débat. "Plutôt que de parler de débat je préfère dire dialogue", a estimé la candidate socialiste. "Il se déroule en toute clarté", a-t-elle souligné, avant d'ajouter : "Il m'a semblé interessant de voir sur quels thèmes nous pouvons faire un bout de chemin ensemble". "Je n'attends pas un ralliement, car ce n'est pas ce qu'attendent les électeurs".  "Mais, sur un certain nombre de sujets difficiles, nous pouvons faire émerger un certain nombre de convergences, qui vont permettre à la France de se redresser", a déclaré la candidate socialiste.

Pour François Bayrou, "rien n'est plus nécessaire dans la vie politique française que de faire bouger les lignes". Il a rappelé "avoir dit à Nicolas Sarkozy qu'il était prêt à débattre avec lui."  "De ce débat, il ne sortira pas de ralliement", a d'emblée précisé le leader centriste.

Convergence sur la réforme des institutions. Ségolène Royal a rappelé qu'elle met "au premier rang de la rénovation de la vie démocratique" la démocratie participative. Mais elle a aussi décliné ses propositions de IVème République : la suppression du 49-3, la réforme des institutions, les jurys citoyens. Elle a également souhaité l'organisation d'un référendum sur une nouvelle République. 

François Bayrou a estimé qu'il fallait "bâtir le pluralisme".  Il a rappelé son attachement à l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives. Et sa volonté de réformer le Parlement, contre "la concentration des pouvoirs".  Ségolène Royal a rappelé que ces propositions figuraient dans son Pacte présidentiel. Et ajouté qu'elle réformerait le Sénat, "pour y permettre l'alternance".  Le candidat de l'UDF a lui aussi fortement critiqué les institutions de la Vème République, estimant que "ça suffit, les pouvoirs concentrés dans une seule personne".

Une loi contre la concentration des médias. François Bayrou a également rappelé ses critiques contre la concentration des médias, en soulignant les difficultés d'organiser ce débat. "A qui cela peut-il nuire, que comme candidats, nous discutions ensemble du pays ? " Ségolène Royal a affirmé que les mesures anti concentration des médias figurent dans son Pacte présidentiel. "J'ai dû mal lire", a plaisanté François Bayrou. Ségolène Royal et François Bayrou ont, tous deux, rappelé leur attachement à une loi qui change les règles sur ce point.

Un nouveau traité européen. François Bayrou a estimé qu'"une grande majorité de Français savent qu'il n'y a aucun avenir pour notre pays sans une Union européenne qui parle d'une voix forte dans le monde". Il a souhaité la mise en œuvre d'un nouveau texte constitutionnel européen "court, lisible". Une expression approuvée par la candidate socialiste, qui a estimé que "chacun sent bien que l'Europe doit d'abord défendre les valeurs humaines". Elle ajoute que l'Europe doit avancer sur les questions sociales et plaidé pour une réforme de la Banque centrale européenne.

 

Désaccords sur la politique économique européenne. Mais le président de l'UDF a fait part, pour la première fois depuis le début du débat, de deux désaccords. Selon lui, l'idée d'un smic européen "n'est pas sérieuse".  De même, sur la Banque centrale européenne, il a exprimé son désaccord avec un euro faible, qui pourrait "affaiblir l'économie française". La candidate socialiste a, elle, estimé que le smic européen était un "principe" qu'il ne fallait pas abandonner. "C'est une question de protection des salariés", a-t-elle affirmé. Elle a également critiqué "la faiblesse de volonté politique de l'Union européenne" par rapport à la BCE.

La question de la dette. "Si on voulait schématiser le débat, on a des convergences du point de vue institutionnel, mais je suis en désaccord avec la vision économique de Ségolène Royal", a critiqué François Bayrou. Selon lui, les promesses de Ségolène Royal, sont "un déficit considérable pour nos dépenses publiques". Il a aussi estimé que donner de l'argent à certaines catégories de Français "ça ne marche pas".

"Sur les questions économiques, nous avons des désaccords", a concédé Ségolène Royal. Mais "je ne suis pas une femme de dogme", a-t-elle estimé, rappelant la démarche des débats participatifs qui ont constitué la première phase de sa campagne. La nouvelle croissance économique s'appuie sur "la compétitivité économique" mais aussi sur "la compétitivité sociale".

"Dans votre projet, vous en revenez trop souvent à l'idée que l'Etat peut faire les choses à la place de la société", a critiqué François Bayrou. "Vous êtes un excellent défenseur du Pacte présidentiel", a plaisanté Ségolène Royal, ajoutant que l"étatisme" n'était pas dans son projet. "Ce n'est pas l'Etat qui va faire la sécurité sociale professionnelle, ce sont les partenaires sociaux", a-t-elle précisé. "C'est en faisant des économies sur des dépenses mal orientées" que l'on va réformer, selon la candidate socialiste. "Toutes les dépenses publiques proposées dans le Pacte rapportent plus qu'elles ne coûtent", a-t-elle conclu.

35 heures. François Bayrou a reproché à Ségolène Royal d'avoir changé d'avis sur les 35 heures, en prônant une généralisation. "Je suis en désaccord sur ce point", a-t-il precisé. La candidate socialiste a rappelé que les 35 heures sont "un progrès humain considérable" et que leur application avait permis "une modernisation des entreprises."  François Bayrou a estimé qu'"en dehors de la généralisation, les trois principaux candidats disaient à peu près la même chose" : aucun candidat n'a proposé l'abrogation de la loi sur les 35 heures, car "des entreprises et des familles ont trouvé un équilibre dans cette loi".
 
Retraites. Le candidat UDF a plaidé pour une nouvelle réforme des retraites, notamment des régimes spéciaux estimant qu'"il y a des inégalités trop lourdes". "Ceux qui pensent qu'on peut revenir sur la loi Fillon se trompent", a-t-il asséné. "Nous reviendrons sur la loi Fillon", a répondu Mme Royal, "parce qu'elle a créé des inégalités, notamment aux dépens des femmes". Ségolène Royal a rappelé son engagement d'augmenter de 5 % les petites retraites. François Bayrou l'a approuvé, en l'enjoignant à aller plus loin dans cette voie.

Relation entre la police et la population. Ces rapports "se sont aggravés", a souligné la candidate socialiste. Elle a critiqué la suppression de la police de proximité, proposant de mettre en place une police de quartier. Mme Royal a dénoncé le manque de moyens de la justice, qui doit sanctionner "de manière proportionnée", "dès le premier acte de déliquance".

François Bayrou s'est dit globalement en accord avec Ségolène Royal sur ces questions. Il a souligné la tension dans les rapports entre la police et la population, estimant que "cette montée des tensions est très nuisible pour la France". Il a estimé que "le fait de priver un certain nombre de quartiers de services publics" était "une faute".
Il a lui aussi souligné le besoin de s'en prendre aux primo délinquants. Sur les questions de la sécurité et de la prévention, Mme Royal et M. Bayrou sont tombés d'accord, le président de l'UDF critiquant implicitement Nicolas Sarkozy. "Ceux qui croient uniquement à la sanction se trompent", a-t-il par exemple affirmé.

Carte scolaire. M. Bayrou s'est dit opposé à "la destruction de la carte scolaire". Mme Royal a dénoncé "le discours convenu sur l'égalité des chances", estimant que les familles savent déjà comment contourner la carte scolaire. Si elle a défendu la carte scolaire, elle a estimé qu'elle n'était qu'"un des éléments de la mixité scolaire".

Immigration. François Bayrou a de nouveau critiqué implicitement Nicolas Sarkozy sur la question du regroupement familial : "je ne veux pas en faire un de ces sujets qui cible une partie de ceux qui vivent sur notre sol".

Nucléaire. Le président de l'UDF s'est dit en désaccord avec Ségolène Royal sur cette question, estimant que seule l'énergie nucléaire permetterait à la France de respecter le protocole de Kyoto. Il s'est dit favorable à l'ouverture d'un débat sur l'EPR. Une précision approuvée par la candidate socialiste.

Identité nationale. François Bayrou a estimé qu'il n'avait pas le même "emballement" que Ségolène Royal pour le drapeau français. "Chacun honore son pays comme il l'entend". "La France ce n'est pas un signe extérieur, c'est des valeurs", a lancé le centriste.

BAYROU au coeur des débats du deuxième tour.

LE FACE A FACE ROYAL-BAYROU: UNE "PREMIERE" MEDIATICO-POLITIQUE REUSSIE 

Une "première " réussie dans la vie politique française. Le président de l'UDF et la candidate socialiste ont débattu en direct sur RMC, BFM et BFM-TV. Bayrou a déclaré d'entrée que "de ce débat ne sortirait aucun ralliement". Ce qui est dans sa logique. Il attendrait (entre autre) le débat entre Sarkozy et Royal pour arrêter son vote. Il est cependant tombé d'accord avec Royal sur un point fondamental:  il faut sortir la france des pièges de  "l'affrontement bloc contre bloc". Des points de convergence sont apparus sur les valeurs, sur les institutions et l'Europe, des divergences sur les questions économiques et sur le rôle des pouvoirs publics.

 

Ségolène Royal et François Bayrou, à l'ouverture du débat

Ségolène Royal et François Bayrou, à l'ouverture du débat (AFP)

Le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou a finalement eu lieu, dans la matinée du samedi 28 avril, en direct sur RMC, BFM et BFM-TV, chaîne d'information continue de la TNT, et la radio RMC.
La candidate socialiste, qualifiée pour le second tour de la présidentielle, s'est félicitée d'ouvrir "un dialogue" avec son concurrent malheureux afin de sortir de "l'affrontement bloc contre bloc", qui "ne marche pas".

"Un bout de chemin ensemble"

Socialistes et centristes peuvent "faire un bout de chemin ensemble", a-t-elle déclaré. "Nous ne sommes pas d'accord sur tout. Ce que je n'attends pas de ce dialogue, c'est un ralliement, c'est-à-dire une espèce de coup de théâtre. Je n'attends pas cela car ce n'est pas ce qu'attendent les électeurs".
Ce débat est "un événement sans précédent qui souligne la modernisation de la vie politique et ce besoin de sortir de l'affrontement bloc contre bloc (...). C'est un dialogue aujourd'hui qui se déroule, en toute clarté", a déclaré la candidate socialiste, "Ce que je veux faire, c'est faire émerger des convergences d'idées."
Le président de l'UDF a pour sa part estimé qu'"il faudra bien faire des unions plus larges que celles que nous avons eues jusqu'à présent".
Mais "de ce débat il ne sortira pas de ralliement" dans la perspective du second tour, a-t-il également déclaré, même si "rien n'est plus nécessaire que de faire bouger les lignes".

Clivage sur l'économie

Sur le plan économique, François Bayrou a fait part de son "désaccord économique assez profond" avec le pacte présidentiel de Ségolène Royal.
"Je suis en désaccord avec l'orientation économique défendue par Ségolène Royal et par le Parti socialiste. En désaccord assez profond", a-t-il déclaré.
"L'addition des promesses électorales" de Mme Royal "sont au même niveau" que celles de Nicolas Sarkozy, atteignant "à peu près 62 milliards".
"Je suis également en désaccord avec l'idée qu'en donnant de l'argent à un grand nombre de catégories de Français, on va relancer la machine, parce que ça n'a jamais marché", a ajouté François Bayrou.
Ségolène Royal a reconnu ces désaccords. "Mon objectif ici n'est pas de chercher à convaincre M. Bayrou, parce que le pacte présidentiel que j'ai proposé sera mis en application si les Français me confient cette responsabilité", a-t-elle déclaré.
"Je constate avec satisfaction que nous venons d'acter des convergences sur la réforme des institutions, sur l'Etat impartial, sur la vision de l'Europe", a ajouté Ségolène Royal.

35 heures

Ségolène Royal a indiqué vouloir "avancer sur la généralisation des 35 heures" aux petites entreprises. Il faut "replacer cette réforme dans le mouvement de l'humanité : que tout le monde ait du travail et que les êtres humains aient du temps libre pour faire autre chose", a déclaré la candidate socialiste. "Je maintiens que c'est un progrès humain considérable", a-t-elle ajouté. La candidate PS a déclaré que "la seconde loi sur les 35 heures a été mal faite" parce qu'elle n'a pas fait assez de place aux partenaires sociaux.
"C'est une très mauvaise idée à mes yeux", a pour sa part estimé François Bayrou. "On a eu le choc (de l'instauration des 35 heures) et on va avoir un deuxième choc", a-t-il dit, en soulignant que cette généralisation concernerait des entreprises de 20 salariés et moins.
En revanche, le candidat UDF s'est déclaré hostile à l'abrogation des 35 heures. "Il y a des entreprises et des familles qui ont trouvé un équilibre dans cette loi. Personne ne détruira cet équilibre (...). Personne n'a proposé l'abrogation", a-t-il dit.

Les péripéties de l'organisation du débat

Avec ce débat, s'achèvent deux jours de tractations et d'informations contradictoires. Ségolène Royal avait dans un premier temps convié mercredi le président de l'UDF à la rencontrer lors du Forum de la presse quotidienne régionale, vendredi. Mais le Syndicat de la presse quotidienne régionale s'y était opposé, arguant d'un manque de préparation.
Canal+ et iTélé avaient alors repris l'idée, annonçant un débat pour samedi matin. Mais les deux chaînes avaient à leur tour renoncé jeudi soir, invoquant les règles d'égalité du temps de parole. "Ca impose qu'il y ait des compensations en terme de temps de parole dans des données similaires de programmation pour l'UMP. Et donc on a lancé des invitations à l'UMP qui sont restées pour l'instant sans suite", expliquait vendredi matin sur RTL Rodolphe Belmer, directeur général délégué de la chaîne cryptée.
Or, à en croire Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy aurait refusé d'accepter ce temps de parole en sa faveur supplémentaire, rendant le débat impossible. "Des interventions ont eu lieu" selon lesquelles "Nicolas Sarkozy n'accepterait pas le temps de parole que je lui accorderais en contrepartie", a-t-elle affirmé.

Le ton monte entre les adversaires

Du coup, le ton est monté d'un cran vendredi. "Personne ne me fera taire!", a lancé la candidate socialiste. "Heureusement, il y a des médias qui ne subissent pas cette pression médiatico-financière. Il en reste", a-t-elle poursuivi, fustigeant un "système médiatico-financier auquel est lié Nicolas Sarkozy".
Sur le même ton, François Bayrou a accusé Nicolas Sarkozy de "verrouiller l'information" par le biais "d'intimidations et de menaces". "Ce débat a été annulé en arguant ou en prétendant qu'il y avait des règles du CSA qui empêcheraient la tenue du débat. Ceci est absolument faux", a-t-il tonné.
Nicolas Sarkozy a rétorqué en reprochant à François Bayrou de lui intenter un "procès de Moscou". "Tout ceci confine au ridicule", a jugé le candidat UMP lors d'un déplacement en Auvergne, se disant "blessé par un certain nombre de propos qui n'ont rien à voir avec le débat démocratique puisqu'ils sont tout simplement injurieux".
"Personne ne fait pression sur rien", a-t-il assuré. "Toutes ces insinuations sont des propos diffamatoires et injurieux qui n'abusent pas les Français", a-t-il dénoncé. "S'il y a des éléments ou des preuves, surtout révélez-les nous"!

Les règles imposées par le CSA 

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel, qui a démenti "être intervenu auprès de Canal+ au sujet de ce débat", a rappelé dans une mise au point diffusée vendredi que "l'organisation d'un tel débat relève de la pleine responsabilité éditoriale de la chaîne".
Sollicité par BFM TV, le CSA a détaillé les règles qui s'appliqueront: les propos tenus par Ségolène Royal "seront naturellement pris en compte dans son temps de parole et devront être compensés au profit de Nicolas Sarkozy". En revanche, François Bayrou n'ayant pris position pour aucun des deux candidats, "il n'y a pas lieu de prendre en compte ses interventions".
Toutefois, si, pendant le débat, il "exprimait un soutien explicite" à l'un des deux candidats, "ses interventions seraient prises en compte dans le temps de parole de ce candidat". De même si ses propos étaient "manifestement favorables à l'un des deux candidats".
Ce rééquilibrage devra intervenir d'ici "au plus tard lundi", mais cela "n'implique pas nécessairement l'organisation d'un autre débat", précise le CSA.
Interrogé par l'Associated Press, Alain Weill, le patron de BFM-TV, a expliqué que le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou ne poserait pas de problèmes particuliers, et qu'il suffirait à la chaîne de veiller à ce que dimanche soir, le temps de parole qui a été accordé aux deux camps en lice pour le second tour soit égal.

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