05/06/2007

Sécurité:Un dramatique exemple des conséquences d'une mauvaise approche

François Bayrou : sécurité en banlieue, "une situation triplement risquée"

François Bayrou, a jugé "inquiétant" le rapport de l'INHES (l’Institut national des hautes études de sécurité) sur les difficiles relations police/population en Seine-Saint-Denis. Il a estimé lors d'une conférence de presse à Lesquin dans le Nord que la situation décrite était "triplement risquée", car "elle met des policiers en situation de danger (...), des citoyens en situation d'exaspération - car ils ont le sentiment d'être perpétuellement discriminés pour certains - (...) et parce qu'elle empêche la police de faire utilement son travail de sécurité".

François Bayrou a ainsi souligné que les policiers se sont retrouvés dans la "situation d'avoir une approche quantitative plus que qualitative de leur métier".

"Je suis très frappé de ce qu'on a essayé de dissimuler ce rapport. Il dit quelque chose de très important pour la sécurité de la banlieue et de la Seine-Saint-Denis en particulier", a déclaré François.

Il considère qu’il est "très important qu'on réfléchisse tous ensemble à la manière de sortir de ce piège, élus, représentants d'Etat, magistrats, représentants des personnels et du terrain, des associations". Enfin, il a rappelé que l’UDF-Mouvement Démocrate défend depuis longtemps « l'idée qu'il faut une police fidélisée, c'est-à-dire qui soit attachée au quartier et capable de poursuivre en même temps le travail de poursuite, de sanction, absolument nécessaire, et la travail de prévention".

RAPPEL DES FAITS:

  Cette enquête dresse un constat accablant des rapports entre la police et la population dans le "93" et évoque un "climat d'insécurité permanent" à même de s'envenimer. Les auteurs soulignent notamment un "décalage" entre la "suractivité permanente" de la police, en matière de lutte contre les stupéfiants et les clandestins, et les "réalités subies par la population", avec une "hausse considérable des violences" dans ce département, où les vols avec violences ont ainsi crû de 15,95 % en 2006. Ce rapport inédit a été finalisé en décembre 2006 après deux mois d'étude et de rencontres avec des acteurs municipaux, policiers et magistrats du "93", d'où sont parties les émeutes de 2005.

Commentaire de Chantal CUTAJAR

La juriste, l'élue qui a une expériende de terrain et la citoyenne que je suis ne peux qu'approuver les propos de  François Bayrou à propos de cette affaire qui illustre des dysfonstionnements d'Etat et quelques unes des conséquences d'une approche viciée par une "culture du résultat" trompeuse et porteuse d'effets pervers.

 D'abord, une série de questions:  Pourquoi un rapport de  cette importance (financé par les contribuables) , sur un sujet aussi chargé de passions qui met en cause directement l’ancien ministre de l’intérieur a-t-il été mis délibérément dans un tiroir, donc caché à l’opinion ?  Parce qu’il donnait un reflet de la réalité non- conforme aux soucis d’image du candidat de l’UMP ? Parce qu’il ne fallait pas fournir des éléments « objectifs » pour apprécier le bilan du ministre sortant ?

Jean-Pierre Raffarin a estimé  au "Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI", que "le climat électoral" n'était "pas le meilleur climat pour traiter" d'un sujet "grave" comme les difficultés en Seine-Saint-Denis….C’est un point de vue… que je ne partage évidemment pas : une campagne, c’est l’occasion de décortiquer les réalités et non de les masquer, de mettre à plat les choses avec clarté et ransparence, et non de débattre à coups de phrases superficielles et de slogans. Une conception de la morale politique! 

Sur le fond: Je sais la complexité des questions liées à l’insécurité. Je connais la difficulté de la police, surtout quand elle doit répondre à des consignes politiques mal adaptées aux nécessités du « terrain ». Je suis sur la même longueur d'ondes que Bayrou: nous avons au MoDem un souci d'équilibrer prévention donc éducation , action sociale  présence policière visible , répression et efforts de restructuration psychologique et de réinsertion sociale, et (on les oublient trop!) aides aux victimes,  

L'Unsa police estime "urgent de renouer les liens avec la population pour lutter efficacement contre la criminalité". Pour le premier syndicat de policiers, "si la police est plus proche de la population les auteurs de crimes et délits seront connus et stoppés". C'est un point de vue qu'il faut entendre, évidemment. J'y ajoute une chose essentielle: la sécurité, la sûreté, ne concerne pas que les "quartiers " dits "difficiles" où il faut effectivement rétablir  la présence active de l'Etat, donc des services publics. Elle concerne tous les citoyens de tous les quartiers.

Et elle ne se mesure pas que dans les luttes contre les délinquances "visibles": Où est le programme du gouvernement de lutte contre la délinquance en "cols blancs", contre l'économie souterraine, contre les crimes de la géofinance, contre la corruption, contre les réseaux des blanchiments de l'argent?

Chantal CUTAJAR

06/04/2007

LA "BOMBE" d' AZOUZ BEGAG...

LU DANS MARIANNE, UN EDITO DE NICOLAS DOMENACH:

"Dominique de Villepin s'était déjà fâché de ce qu'Azouz Begag, comme François Goulard le ministre de l'Enseignement Supérieur, aient opté pour Bayrou. Il leur avait déjà suggéré de démissionner. En vain, puisque les autres ministres s'étaient engagés pour Sarkozy sans subir semblable ukase. Mais, pour empêcher la sortie du brûlot, le chef du gouvernement, sous pression de Sarkozy, a tenté de dissuader son ami Begag de toute publication. Un temps, le ministre de l'Egalité des Chances a plié et envisagé de différer la publication pour complaire à celui qui l'avait appelé au gouvernement.

Mais le livre était déjà calé, quasi-distribué, le bon-à-tirer signé et Begag voulait se libérer du poids de tous ces mots qu'il portait sur le cœur, l'estomac, la colonne vertébrale. Car c'est un long calvaire qu'il raconte, les souffrances d'un jeune immigré très diplômé puisque docteur en économie et sociologue réputé habitué des micros, mais pour qui les ennuis ont commencé une fois jeté dans la fosse aux lions.

Begag qui ne voulait pas être l'Arabe de service va découvrir d'abord combien un homme de la société civile n'est rien dans ce milieu. Et moins que rien même, s'il ne dispose pas de réseaux journalistiques, patronaux et prétend s'opposer au puissant patron de l'UMP.

Comme son parrain était totalement absorbé par ses nouvelles fonctions et sa guerre conte son ministre de l'Intérieur, Begag s'est retrouvé seul, sans administration, sans moyen, et donc méprisé par les autres ministres qui l'ont humilié, écrasé ; ses chaussures même s'en souviennent que ses collègues n'ont cessé de piétiner ! Même l'équipe Borloo avec qui il devait travailler l'a tenu à l'écart.

 Alors, Begag, dénoncé par la gauche comme traître à la cause qu'il aurait dû servir puisque enfant des exclus, se trouvait abandonné par ceux qui, croyait-il, allaient le soutenir pendant que Sarkozy et les siens le pilonnaient.

Ce ministre transparent raconte avec effarement les pressions, les intimidations qu'il a subies quand il a pris position contre la discrimination positive, contre ces « mots incendiaires » : « Kärcher, racaille ». Il raconte ses entrevues avec Sarkozy qui passe de la séduction à l'affrontement.

Ce monde-là est hyper violent, le ministre de l'Intérieur et élu de Neuilly a été élevé là-dedans, pas l'enfant des bidonvilles de Lyon qui sait la dureté du combat de rues mais ne comprend pas qu'un ministre de la République, ulcéré par une de ses déclarations où il s'est senti insulté, veuille lui « casser la gueule ». Il ne comprend pas non plus que « les médias, selon lui, le boycottent » depuis qu'il est devenu anti-Sarkozy. Alors il a écrit, tous les jours, toutes les nuits. Son livre disait-il, c'était son arme nucléaire. Normalement, une arme nucléaire c'est une arme de dissuasion. Mais là, c'est parti."

"Sarkozy, mon ennemi de l'intérieur"

Le ministre démissionnaire publie mercredi un livre au vitriol contre le candidat de l’UMP. Des extraits circulent déjà. Lu sur LE FIGARO....«Un mouton dans la baignoire». Dès le titre, une allusion aux propos tenus par Nicolas Sarkozy sur TF1 à propos de la fête musulmane de l’Aïd-el-kébir, le ton de l’ouvrage d’Azouz Begag est donné : haro sur le candidat de l’UMP. Dans son livre, dont l’hebdomadaire Marianne publiera samedi les bonnes feuilles, l'ex-ministre délégué à la promotion de l’Egalité des Chances n’y va en effet pas de main morte avec son ex-collègue de l’Intérieur. Il revient notamment sur les émeutes de l’automne 2005, qu’il qualifie de «descente aux enfers».

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Parce qu’il reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir parlé de «racailles», une «sémantique guerrière», Azouz Begag raconte qu’il est violemment attaqué par les sarkozystes, qui demandent sa démission pour «absence de loyauté gouvernementale».
Mais Begag va plus loin, et met directement en cause Sarkozy. Il relate notamment un coup de téléphone où ce dernier lui aurait dit «Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy», avant de lui «passer un savon tellement incroyable» qu’il n’a pu s’«empêcher de le consigner sur le champ».
Et le sociologue de citer le ministre de l’Intérieur d’alors : «Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule !», aurait crié Nicolas Sarkozy, avant de lui demander de «ne jamais plus lui serrer la main à l'avenir».
Selon Le Parisien, Azouz Begag regrette également dans son livre le peu de soutien que lui aurait offert Dominique de Villepin, dont il était pourtant proche. Le quotidien raconte également que Jacques Chirac et le premier ministre auraient demandé à Begag de retarder la publication de son ouvrage.Le ministre aurait fini par démarcher son éditeur, Fayard, pour obtenir un délai, mais trop tard. Azouz Begag, qui a annoncé son soutien à François Bayrou, a alors dû démissionner. Il veut maintenant reprendre sa pleine «liberté de parole».

A LIRE >>>>>>>>

05/04/2007

"La république à ciel ouvert"...Une analyse de Daniel RIOT

AZOUZ BEGAG, ou la chance de Dominique de Villepin gâchée (par Nicolas Sarkozy) …

Azouz BEGAG a tiré sa révérence. Pour être pleinement libre de sa parole. Ouvrons les oreilles et les yeux : son livre promis ne sautait tarder. En attendant, j’ai relu son rapport de 2004 au ministre de l’intérieur, accessible sur le site de la Documentation française :De Villepin l’a-t-il lu ?  Sarkozy n’a vraiment pas du le lire…Dommage !

Azouz Begag    restera une référence : celle d’une chance, offerte par Chirac et de Villepin, et   gâchée par Sarkozy. D’une chance pour la France. D’une chance pour recoudre une société déchirée. D’une chance de retisser ce lien social si fragilisé par 25 ans de politiques contradictoires…

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Azouz Begag restera comme un ministre qui  incarnait une politique intelligente, équilibrée, porteuses de vrais changements à moyen et à court terme mais  brisée par la vue basse et politicienne d’un ministre de l’intérieur qui ne mérite pas le surnom de « premier flic de France », tant la plupart des flics, même condamnés à subir « l’aculture des résultats », ont une meilleure approche des réalités… Plus réaliste et plus humaine, donc plus efficace. 

Face à Begag,  Sarkozy a montré son vrai visage : l’homme d’un ordre proclamé mais non installé, l’agent d’une droite autoritaire et peu éclairée, le ministre de l’intérieur le plus imposteur que la V ième République ait connu, un être qui ne supporte pas la contradiction et érige le mépris en vertu…de dialogue. Comme tant de ses supporters du « premier cercle » (non vertueux) qui l’entoure.

Begag ? « On n’a jamais très bien compris à quoi il servait au gouvernement », lâche l’un d’eux. « « Voilà longtemps qu’il aurait dû démissionner », dit un autre. « C’est l’Arabe de service de Chirac », lance un troisième. «  l’Arabe qui cache la forêt »… « Un alibi », chantent tous ces grands hommes qui se battent déjà pour savoir qui sera retenu au gouvernement en cas de victoire de N.S. … et qui regrettent , en fait, que Borloo, « ce naïf un peu de gauche», ait rallié le candidat de la « droite pure et dure », issu d’un gaullisme trahi, soutenu par des faux centristes du camp des « invertébrés opportunistes de droite » et impatient de ne gouverner qu’au profit de ceux qui l’aiment, lui, ou qui ont peur de lui…

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Ce fils de maçon algérien, Lyonnais depuis 48 ans,  a souffert dans ce gouvernement au bilan si mauvais que  Sarkozy préfère le taire. Il a été en permanence tiraillé « entre la rage de se battre pour la mixité sociale », par la mission que lui a confiée le Président Chirac » et l’humiliation de jouer les utilités ethniques, entre la volonté de parler avec ses tripes et la soif de siéger au gouvernement. 

Dominique de Villepin avait  fait entrer cet enfant du bidonville de Villeurbanne au gouvernement comme ministre de la promotion de l’égalité des chances, en comptant  sur la silhouette du Beur écrivain et sociologue pour compenser les effets de gueule et de muscles de Sarko-le-cogneur.

Des élus de la majorité le regardaient d’abord avec cette commisération et ce paternalisme si caractéristiques des suffisants arrogants. Tout s’est gâté   quand « le bougnoule de service »  s’est permis  d’appeler publiquement  M. Sarkozy, pourfendeur de « racaille », à mieux « choisir ses mots ». Puis quand il met l’accent sur la nécessité de se méfier de tout ce qui peut favoriser ce   communautarisme dont Sarkozy semble s’accommoder. 

S’il a réagi au verbe sarkozien, ce n’est pas pour alimenter une guéguerre ou pour se rendre intéressant aux yeux des médias si fréquentés par le ministre de l’intérieur, mais, a-t-il dit,  pour « préserver son équilibre d’homme libre », pour « pouvoir se regarder dans la glace » quand il sera ancien ministre.

Ce qui lui a fait physiquement « mal au ventre », ce sont les insinuations de politiques et de journalistes  sur le « Beur de service ».  « C’est insultant, quand on a écrit 40 livres, quand on a tant donné pour les valeurs de la République, de s’entendre renvoyé à son origine, à un statut d’esclave »,a-t-il martelé, à plusieurs reprises. « Quel message de désespoir adresse-t-on aux jeunes en leur disant que le ministre de l’égalité ne sert à rien ? »

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Il se veut ministre de toutes les discriminations — y compris contre les femmes, les handicapés et les seniors —, mais Begag, en ministre et en sociologue vit intensément et mal  « l’intifada des banlieues ». « Des jeunes détruisent un espace public auquel ils n’ont pas le sentiment d’appartenir. Il faut redonner un sens au vivre ensemble, le goût aussi de sortir de son quartier pour s’en sortir. »

Le ministre n’est pas un laxiste : « Il faut rétablir l’ordre : ce sont les voitures des travailleurs que l’on brûle.” Mais « rétablir l’ordre au sens de la police républicaine »… « Avec un authentique esprit de justice et une politique qui donne une vraie égalité des chances ».

Il multiplie les propositions : multiplication des passerelles entre lycées populaires et grandes écoles, diffusion de l’enseignement du chinois, porteur de débouchés, création de brigades de police spéciales antidiscriminations. “Les jeunes refoulés d’une boîte de nuit doivent pouvoir appeler le 17, trouver la République au bout du fil. ». Il fait de son mieux, mais dans ce secteur là, la bonne volonté ne suffit pas…

Azouz BEGAG s’est rallié à François BAYROU sans avoir négocier quoi que ce soit avec lui. A la vue de son projet. Il est vrai que bien des idées prônées par le ministre démissionnaire dans son rapport intitulé « La république à ciel ouvert » rejoignent celles avancées par le candidat de « l’extrême centre ».

Toutes sont imprégnées de la même philosophie et des mêmes valeurs : esprit républicain, principe d’humanité, humanisme, respect de la devise de la république (Liberté, Egalité, Fraternité) dans les faits et pas seulement dans les discours.

Toutes visent les mêmes buts : recoudre un tissus social déchiré, travailler à une égalité des chances qui soit réelle et non seulement proclamée, s’attaquer aux racines des maux qui secrètent la violence, l’incivilité et l’insécurité (éducation, prévention, répression et réinsertion, aide aux victimes, politique de promotion sociale et non assistanat stérile, lutte contre les économies parallèles…). De beaux chantiers en perspective… Des chantiers à mener à bien IMPERATIVEMENT!

Daniel RIOT

PS: Je reprends ici le sommaire de son rapport qui reste un vrai programme d’actions :

La République à ciel  ouvert

Introduction : la France n’a pas assuré !

I- L’EGALITE DES CHANCES : DU MODELE A LA R EALITE

1.1- L’esprit de l’égalité des Chances

1.2- Les biais et les difficultés de la course

II- FRUSTRES DE PRAGMATISME

2.1- Des approches pragmatiques

2.2- Veiller toujours à associer diversité et qualité

2.3- Implications directes sur le cas français

2.4- Plaidoirie pour l’auto-déclaration des origines dans les statistiques en France

2.5- La promotion de l’égalité des chances n’est pas la charité

III- RECONNAISSANCE DE L’INDIVIDU

3.1. Promotion plutôt qu’intégration

3.2. « Je » républicain contre « nous » communautaire.

IV- « ALLER CHERCHER » LES CANDIDATS

4.1. Le contentieux historique entre les jeunes d’origine maghrébine et la police

4.2- Campagne de promotion ciblée et offre de stages

4.3. La Brigade anti-discrimination

4.4- Diversifier les jurys d’admission

4.5- Diversifier le contenu des concours

CONCLUSION : vers une culture de la mobilité

A LIRE EN pdf  >>>>>>>>

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RAPPEL

Banlieues : « Le tissu de notre société est en train de se défaire. », par François BAYROU 

 Les habitants des cités de banlieues souffrent, tout comme ceux des villages, de la démission de l’Etat. Face à l’échec des politiques menées depuis vingt-cinq ans, François Bayrou appelle à une reconstruction en profondeur.

«  Les banlieues, c’est l’immense échec français. Comment peut-on laisser se “durcir” des zones de non-droit et de désespérance ?

Alors que l’État est omniprésent là où tout va bien (dans le centre de Paris, quelle profusion d’uniformes et de gyrophares !), il a complètement disparu des endroits où cela va mal : dans les banlieues sensibles comme dans les zones rurales en difficulté.

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Alors l’Etat semble y arriver de l’extérieur, en position d’intrusion ou de contrôle. Et il y intervient pour réprimer, la situation tourne à l’affrontement. Tout le monde a peur : en lisant les articles sur les agressions des Tarterêts, on a appris que les policiers avaient pour consigne de ne pas entrer dans la cité et de se contenter de patrouiller autour !

Il y a trois directions à suivre.

>>>En tout premier lieu, inverser notre politique et réimplanter l’Etat au coeur de ces quartiers, pour y incarner la sécurité et le service public. Pas seulement la police de proximité, mais l’Etat de proximité. Pas seulement l’Etat répressif, aussi l’Etat qui protège et qui aide.

Je propose qu’il y ait désormais un sous-préfet qui représente l’État dans chacun de ces quartiers. Avec si possible des fonctionnaires habitant dans les quartiers. Et je suis prêt à les recruter parmi les hommes et les femmes des quartiers, et ils entreront ainsi dans la fonction publique.

Je propose que des conseils de quartier soient désormais élus ; ils se réuniront sous l’autorité du maire, en présence du sous-préfet.

>>>Deuxièmement, en profondeur, un travail de mixité sociale. Cela passe par la destruction des barres d’habitation qui doivent l’être. Ainsi pourra-t-on mélanger les populations : faire se côtoyer des conditions moyennes, des réussites et des situations de crise. Il importera aussi de proposer d’autres localisations d’ensembles de logement : défaire et éviter les ghettos, y compris dans l’architecture et la géographie.

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>>> Enfin, c’est par l’école et la famille que tout passe. Un très grand nombre de familles se trouvent sans repères face à l’éducation de leurs enfants. Dans les cités, le collège est en première ligne. Il faut y ramener le calme : en sortir les jeunes qui déstabilisent leur classe ou leur établissement, en créant des structures scolaires de recours ; et introduire des parcours d’excellence, des classes de réussite, précisément dans ces quartiers dit sensibles. Proposer dans ces quartiers-là les mêmes options qu’ailleurs, et faire en sorte qu’y enseignent les meilleurs de nos maîtres.

Il faut prouver que la réussite est possible partout. »

01/04/2007

Il faut faire des banlieues une priorité nationale de salut public

François Bayrou a constaté que l’opposition stérile droite-gauche n’avait pas permis de régler les problèmes et qu’il y a un immense travail à accomplir pour reconstruire la France.

Le candidat à l’élection présidentielle considère qu’il faut rassembler les Français et non les diviser si on veut sortir le pays de la crise.

Il veut notamment faire des banlieues, "une priorité de salut public" : "cela mérite une mobilisation de toutes les forces de la nation".

CE N'EST PAS LE DEBAT CITOYEN QUE CHANTAL CUTAJAR A ANIME VENDREDI DERNIER A HAUTEPIERRE QUI LUI DONNE TORT.... IL Y A URGENCE. ET IL FAUT JOUER SUR TOUS LES LEVIERS D'ACTIONS DE L'ETAT ET DES COLLECTIVITES LOCALES ET REGIONALES.

"Je ne connais pas de pays plus déchiré que la France, où il y ait plus de désespoir" a déclaré François Bayrou. Le candidat à l’élection présidentielle pense notamment à la situation des banlieues en France, à tous ces quartiers où le chômage s’élève à 30-40%, à ceux qui ont l’impression que toutes les portes se ferment devant eux à cause de leur couleur de peau, de leur nom, de leur religion ou encore de leur adresse.

François Bayrou pense aussi à "ceux qui ont l’impression qu’on ne parle jamais d’eux". "C’est un pays qui va mal" a insisté François Bayrou, "on a un immense travail pour le reconstruire, pour réparer les fractures, pour recoudre le pays". Pour lui, les Français ont un choix à faire pour cette élection présidentielle : "est-ce qu’on divise ou est-ce qu’on rassemble pour s’en sortir ?".

François Bayrou considère que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont tellement "obsédés par la coupure entre leurs deux camps" qu’ils ont fait le choix de diviser. Il trouve étrange qu’ils se soient lancés dans une surenchère à propos de l’identité nationale et du drapeau : "Je ne vois pas la France dans cette névrose-là (…) Je ne vois pas du tout la France comme ça. Je la vois plongée dans d’autres inquiétudes" concernant notamment l’école et l’emploi.

François Bayrou n’accepte pas l’idée d’une fatalité politique avec un Nicolas Sarkozy et une Ségolène Royal se renvoyant la responsabilité des incidents Gare du Nord : "Il y a de la hauteur à prendre, de la volonté et de la détermination pour que les gens se réunissent et reconstruisent". "Je n’en peux plus de voir les trains de banlieue changés en champs de bataille, je n’en peux plus de voir les gares changées en zones dans lesquelles on s’affronte…".

François Bayrou a renvoyé dos à dos, le laxisme de la gauche et la montée des antagonismes créée par la droite : les incidents Gare du Nord ont, selon lui, montré qu’il y avait des affrontement très durs avec les forces de la paix et que celles-ci sont aujourd’hui regardées par les jeunes comme une menace. "On a besoin d’un Président, d’une attitude qui soit ferme et compréhensive" a insisté le candidat, "le président de la République est là pour faire vivre les gens ensemble. C’est le principal de sa mission".

 Ce qui s’est passé Gare du Nord, "c’est la preuve de la réalité de ce que je dis depuis si longtemps : si on continue à avoir une opposition stérile, on ne réglera jamais les problèmes de la banlieue". François Bayrou pense notamment aux difficultés pour trouver un emploi, aux endroits où "la tranquillité de vivre n’est pas assurée" : "Cela mérite la mobilisation de toutes les forces de la nation et sur une longue période".

Il s’agit, à ses yeux, de remettre l’école en route dans ces quartiers, de réimplanter l’Etat là où ça va mal, d’offrir la possibilité de créer des emplois dans ces zones-là, de lutter contre l’exclusion…  François Bayrou a insisté sur l’énormité de la tâche à accomplir : "Je prétends qu’il faut en faire une priorité nationale, une priorité de salut public" pour régler les problèmes un à un. "Elu président de la République, je formerai un gouvernement qui rassemblera des gens issus de camps différents pour sortir le pays de cette crise dans laquelle il se trouve" a assuré François Bayrou. "J’ai pour le faire un allié plus puissant que tous les états-majors des partis, c’est le peuple des citoyens". Le candidat à l’élection présidentielle ne doute pas qu’une fois élu, ces états-majors seront obligés d’obéir à la volonté du peuple, sinon ils seront balayés.

 Actuellement autour de 20% dans les sondages, François Bayrou considère que c’est un score « significatif » à trois semaines et demi du premier tour : "Cela veut dire que des millions de Français sont en soutien autour de moi. C’est ce qu’il faut pour changer le score du deuxième tour et obtenir en France, une recomposition, un changement de ligne qui fera enfin une politique nouvelle". 

31/03/2007

QUESTIONS-REPONSES: RECOUDRE LE TISSUS SOCIAL

« J’aime la France, mais je fais partie de ces Français, trahis par la gauche et traités en sous-hommes par la droite,  que la France n’aime pas. Dois-je croire en BAYROU?  »…

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Mohammed L Chère Madame, j’étais à votre débat en faveur de « Bayrou Président » de ce vendredi soir à Hautepierre. Et je vous remercie d’avoir laissé beaucoup de temps de parole à nombre de participants : Vous avez sans doute remarqué que nous avons un furieux besoin de nous exprimer, et pas seulement pour réclamer, protester et marquer notre déception devant tant  de promesses non tenues, au niveau national comme sur le plan local. Nous avons surtout une impatience : celle d’être considérés comme des Français à part entière, dans leur pleine dignité de citoyens respectés. Si la situation ne change pas radicalement, tous les quartiers dits difficiles vont exploser.

Oui, vous avez raison : il faut remettre l’Etat où il n’est plus, il faut réinstaller des entreprises qui sont parties parce que étranglées par les charges ou découragées par le vandalisme, l’insécurité, les vols. On vous l’a dit : la majorité des jeunes d’ici souffrent des actions de quelques individus identifiés qui pourraient être facilement neutralisés si les bons sentiments que vous avez exprimés trouvaient leur traduction sur le terrain…Mais il faut croire que la transformation de certains quartiers en ghettos arrangent beaucoup de gens…

Trahis par la gauche, traités en sous-hommes par la droite, nous sommes d’abord des écoeurés de la politique et des politiciens. Croire en Bayrou ? Je le voudrais. Je le veux même. Mais que propose-t-il concrètement ? Que puis-je dire pour convaincre les gens de voter pour lui ?  

Moi, j’ai la chance de savoir lire et écrire. J’ai même la chance d’avoir fait des études. Mais cela ne m’empêche pas d’être au chômage. Parce que ma peau n’a pas la même couleur que la vôtre. Parce que je suis un Français qui aime la France mais que la France n’aime pas. Mais c’est peut-être parce que les Français ne s’aiment pas assez eux-mêmes que Bayrou a peu de chance de passer le premier tour…

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Chantal CUTAJAR : « Nous sommes tous des immigrés »  écrit François Bayrou… Merci pour votre présence à cette réunion de Hautepierre qui pour moi a eu le grand mérite de me conforter dans quelques une de mes idées et dans mon soutien actif à François Bayrou.

Merci aussi pour votre message qui exigerait de longs développements en réponse. Car tous les problèmes que vous soulevez sont à la fois différents et très liés. Le grand mérite de François Bayrou par rapport aux autres candidats est d’avoir une vision globale de ce qu’il faut faire, en restant réaliste et en se gardant de toute promesse qui serait impossible à tenir. Il veut jouer sur toutes les touches du piano sociétal, et pas seulement sur quelques unes

Un autre de ses mérites est de ne pas donner des réponses simples (donc simplistes) à des questions non compliquées mais complexes. Cela « passe » moins bien peut-être que les slogans trompeurs et vides de sens lancés pour les micros et les caméras. Mais François Bayrou considère les Français comme des citoyens adultes.  Je reprends ici quelques textes clefs de François Bayrou sur une partie des questions que vous soulevez. J’y reviendrai évidemment durant toute la campagne. Les mots Liberté, Egalité, Fraternité sont indissociables qui doivent recouvrer toute leur valeur et tout leur sens. Pour ce qui est du "score" de Bayrou au premier tour, tout ne dépend que des électeurs et des électrices, évidemment. Donc de vous.

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François BAYROU : « Recoudre le tissus social déchiré »

Les habitants des cités de banlieues souffrent, tout comme ceux des villages, de la démission de l’Etat. Face à l’échec des politiques menées depuis vingt-cinq ans, François Bayrou appelle à une reconstruction en profondeur. Pour que, avant dix ans, les expressions égalité des chances et égalité des droits deviennent riches de sens

«  Les banlieues, c’est l’immense échec français. Comment peut-on laisser se "durcir" des zones de non-droit et de désespérance ?

Alors que l’État est omniprésent là où tout va bien (dans le centre de Paris, quelle profusion d’uniformes et de gyrophares !), il a complètement disparu des endroits où cela va mal : dans les banlieues sensibles comme dans les zones rurales en difficulté.

Alors l'Etat semble y arriver de l'extérieur, en position d'intrusion ou de contrôle. Et il y intervient pour réprimer, la situation tourne à l'affrontement. Tout le monde a peur : en lisant les articles sur les agressions des Tarterêts, on a appris que les policiers avaient pour consigne de ne pas entrer dans la cité et de se contenter de patrouiller autour !

Il y a trois directions à suivre.

>>>En tout premier lieu, inverser notre politique et réimplanter l'Etat au coeur de ces quartiers, pour y incarner la sécurité et le service public. Pas seulement la police de proximité, mais l'Etat de proximité. Pas seulement l'Etat répressif, aussi l'Etat qui protège et qui aide.

Je propose qu'il y ait désormais un sous-préfet qui représente l'État dans chacun de ces quartiers. Avec si possible des fonctionnaires habitant dans les quartiers. Et je suis prêt à les recruter parmi les hommes et les femmes des quartiers, et ils entreront ainsi dans la fonction publique.

Je propose que des conseils de quartier soient désormais élus ; ils se réuniront sous l'autorité du maire, en présence du sous-préfet.

>>> Deuxièmement, en profondeur, un travail de mixité sociale. Cela passe par la destruction des barres d’habitation qui doivent l’être. Ainsi pourra-t-on mélanger les populations : faire se côtoyer des conditions moyennes, des réussites et des situations de crise. Il importera aussi de proposer d’autres localisations d’ensembles de logement : défaire et éviter les ghettos, y compris dans l’architecture et la géographie.

>>> Enfin, c’est par l’école et la famille que tout passe. Un très grand nombre de familles se trouvent sans repères face à l’éducation de leurs enfants. Dans les cités, le collège est en première ligne. Il faut y ramener le calme : en sortir les jeunes qui déstabilisent leur classe ou leur établissement, en créant des structures scolaires de recours ; et introduire des parcours d’excellence, des classes de réussite, précisément dans ces quartiers dit sensibles. Proposer dans ces quartiers-là les mêmes options qu’ailleurs, et faire en sorte qu’y enseignent les meilleurs de nos maîtres.

Il faut prouver que la réussite est possible partout. »

EN SAVOIR PLUS >>>>>>>

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« Mon projet, c’est une nouvelle synthèse entre la modernité et notre modèle républicain français. Egalité des chances et égalité des droits, je suis convaincu que dans le monde de la modernité, nos valeurs de société les plus généreuses peuvent s’épanouir.

Un exemple : hier, l’information était limitée, donc l'égalité des chances n'était pas une réalité ; aujourd’hui, internet met à la portée de tous, dans tous les collèges et tous les appartements, de tous les HLM de France, une information abondante. L'égalité des chances y gagne, progresse en actes.

Notre aspiration à l’égalité des chances, à la justice, à la solidarité, est un atout dans la compétition de la globalisation. Un peuple se bat mieux s’il est soudé et qu’une certaine idée de la justice règne en son sein.

>>>À tous les collégiens de tous les quartiers, de toutes les petites villes qui forment la France républicaine, nous devons, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur situation sociale et de fortune, quelles que soient leurs relations, nous devons les chances de réussir aussi bien que dans les 6e et 7e arrondissements de la capitale.

>>>>Nous avons pour cela un outil : la carte scolaire. Elle signifie l’obligation que s'impose l’Éducation nationale de garantir cette égalité des chances. Je sais très bien que c’est un idéal, mais je revendique cet idéal.

La France a relevé ce défi pendant des décennies. Ce défi relevé a été la chance de millions de jeunes Français qui ont découvert à l’école des horizons qui, autrement, leur seraient demeurés fermés. Ce n’est pas parce que cette obligation n’est pas satisfaite aujourd’hui, qu’il faut y renoncer. Au contraire ! Il faut donner à notre système éducatif les moyens concrets de rétablir partout les deux éléments qui font l’égalité des chances.

>>>Le premier devoir, c'est le respect dans l’école, respect des enseignants et respect des élèves entre eux, l’ordre de l’école face à l’ordre de la rue ; c'est-à-dire l'ordre assuré par des enseignants et des surveillants, et non pas par des policiers.

>>>Deuxième élément, l’excellence des parcours, pour les élèves qui le méritent. Au lieu de la médiocrité pour tous, médiocrité qui est mortelle là où ça va mal, je veux défendre le principe de l'excellence scolaire, comme une réévaluation de la mission républicaine de l’école républicaine, au lieu du ghetto accepté, auquel on se résigne. »

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« Passer de la solidarité verbale à la solidarité en actes, c’est rendre à chacun sa place dans la société. »

L’exclusion persistante fait peser une menace de rupture de notre société. Elle est une honte pour tous, et c'est au président de la République de s'en saisir. Pour François Bayrou, c'est au sort réservé aux plus faibles des siens que l'on mesure la valeur d'une société.

L’activité universelle

« On sait quel mécanisme exclut - très vite - ceux qui perdent contact avec le travail. Les familles de RMIstes de mon village, je les connais depuis l'enfance. Ils savent faire plein de choses, ils ont des compétences … qui se sont peu à peu effacées.

Donc je dis : tu sais faire de l'informatique ? (beaucoup de RMIstes ont fait des études !) Il y a des gens à qui tu peux l'apprendre. Tu sais t'occuper des enfants ? Des enfants ont besoin de toi. Tu as ton permis de conduire ? Tu peux faire les courses avec des personnes âgées.

‘L’activité universelle’, offrir à chacun sa place dans la société que nous formons ensemble, c’est une révolution civique.

Cette activité permettra aussi aux titulaires de minima sociaux d'arrondir leurs fins de mois : les collectivités locales et associations auront les moyens de leur apporter une contrepartie, cumulable, un certain temps, avec le RMI.

Il faut aussi favoriser la reprise d'emploi dans le secteur concurrentiel : ce pourquoi je propose que chaque entreprise puisse créer deux emplois sans charges. Et chaque jeune devrait, avant de quitter un cycle d’études, diplômé ou non, être formé, un mois peut-être, à ce que sont l'emploi, l'entreprise, le parcours à suivre jusqu'à l'embauche. »

« Zéro SDF »

« C’est un point du programme de Lionel Jospin en 2002 avec lequel j'étais en accord. Offrir une solution à chaque SDF, c'est possible : je le sais car j'ai eu l'occasion de le faire. Dans les Pyrénées-Atlantiques, le Conseil général a initié un programme de logements ultra-sociaux pour personnes en situation d'urgence. Nous avons récupéré et réhabilité 1 000 logements en cinq ans : la plus petite surface, la plus petite maison de garde-barrière abandonnée, le recoin de ferme inutilisé. Nous en avons garanti le loyer. Comme on avait en même temps réglé les questions de droits sociaux, il n'y a eu aucun impayé. La garantie n'a pas eu à jouer ! Et cela a été l'œuvre d'une équipe de deux personnes.

Par ailleurs, je propose que tout programme immobilier comprenne au moins 25 % de sa surface en logements sociaux. »

Allocation unique par points et contrat d’insertion unique

« Enfin, le système de minima sociaux est incompréhensible et inefficace. Je propose l'unification des minima sociaux en une allocation unique, par points, temporairement conciliable avec un salaire de manière dégressive.

Le maquis des aides et contrats de toute nature sera simplifié par un contrat d'insertion unique. »

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 « Que le racisme se manifeste contre la peau noire ou contre la peau blanche, c'est le même mal. »

L’augmentation des injures, des agressions racistes, des discriminations,c'est un ferment de destruction de notre société. François Bayrou souligne que donner du sens à la société, c’est participer à la refondation de la communauté nationale.

« Dans la société française, aujourd'hui, les fractures et les haines progressent tous les jours, à cause de la couleur de la peau, à cause de la religion, à cause des classes sociales.

C'est un peuple qui se dissout, ou qui est menacé de dissolution. Et, chaque fois qu'il y a menace de dissolution, il faut rapprocher ceux qui s'éloignent.

Quelle que soit la personne attaquée, que ce soit un musulman, que ce soit un catholique, que ce soit un juif, que ce soit quelqu'un appartenant à tout autre communauté nationale, un Français et une communauté intégrée du peuple français méritent la même attention et la même émotion, le même bouleversement, et la même solidarité : les Français sont des Français.

 Que le racisme se manifeste contre la peau noire, ou contre la peau blanche, qu'il s’attaque à aux fidèles d’une religion ou aux membres d’une communauté d’origine étrangère : c'est le même mal avec lequel on vit.

Ce mal est un symptôme  : cela ne va pas dans la société française. Petit à petit, les groupes s'éloignent les uns des autres, s'en veulent les uns des autres, et parfois se haïssent les uns, les autres.

Cette réalité devrait donner à tous les responsables le sentiment de la gravité de la situation, et de leurs responsabilités.

Il est urgent de travailler à rendre du sens à la société dans laquelle nous vivons, avec détermination, ordre et volonté partagée. »

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25/03/2007

STRASBOURG : LES GRANDS DEBATS CITOYENS DE LA « UNE », AVEC CHANTAL CUTAJAR

LES JEUNES  ET  LE PROJET BAYROU : Un forum organisé par Chantal Cutajar et Houria Mebarki le 30 mars à 19 heures au CSC LE GALLET à HAUTEPIERRE (1a, Boulevard BALZAC) VENEZ NOMBREUX. POSEZ VOS QUESTIONS (ENTREE LIBRE DANS LA LIMITE DES PLACES DISPONIBLES).

 Les grands  débats citoyens de la « UNE »

avec Chantal CUTAJAR et l’Udf de BAYROU

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 Toutes les questions qui font la « UNE » de l’actualité se discutent, dans la UNE, la première circonscription électorale des Législatives  à  Strasbourg

Pas de "jeunisme" et pas de "péril jeunes": Pour un Vivre ensemble de toutes les générations!

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L’avenir ? Ce n’est pas une somme de désirs. C’est le présent de demain.La réalité future que l’on façonne aujourd’hui, pour les jeunes d’aujourd’hui et les anciens de demain.

L’avenir ? Ce n’est pas un catalogue d’espérances, d’espoirs, de promesses. Ce n’est pas une ligne d’horizon où tout est possible. C’est une volonté forte au service d’un dessein clair : faire que demain soit meilleur qu’aujourd’hui, que le progrès (maîtrisé) soit une progression et non une régression.

Le futur sera ce que  nos actions au présent le feront. des actions qui exigent détermination, énergie, ténacité, et vision.

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Non à l’avenir bouché. Non à un avenir hypothéqué par les endettements publics d’aujourd’hui. Non à un avenir handicapé par les crises politiques, sociales, culturelles et sociétale d’aujourd’hui. Non à un avenir vers lequel on avance à reculons avec des idéologies passéistes d’un nationalisme mal compris, des réflexes de peur, des réactions de rejet de l’Autre et des autres…

Oui à un avenir abordé avec une confiance recouvrée, un esprit d’ouverture et de dépassement de soi-même, une énergie créatrice, une détermination à toute épreuve.

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L’avenir à bras-le-corps ! C’est l’un des thèmes centraux du projet de François Bayrou. Les jeunes et la jeunesse inspirent la plupart de ses propositions. Dans tous les secteurs d’activités. Car la jeunesse n’est pas un ghetto sociétal : elle est directement concernée par tous les défis à relever dans tous les domaines.

François Bayrou est, en toute honnêteté,  le candidat qui prend le plus en compte les questions soulevées par la diversité générationnelle. Il   refuse les écueils de « l’enfant -roi » et  du « jeunisme » démagogique et ceux  du « jeune bouc émissaire », du « péril jeune », de la « peur des jeunes », du sectarisme « anti-jeune »…  Sur ces questions comme sur d’autres : réalisme et idéalisme, vision et pragmatisme.

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Ses expériences de père de famille, d’enseignant, de ministre de l’éducation nationale ont été mise au service d’une réflexion profonde sur les évolutions de la société. Les questions relatives à la jeunesse sont incluses dans les compétences du grand ministère des évolutions sociétales qui devra non seulement gérer les réalités d’aujourd’hui mais anticiper les évolutions de demain.

Démocratie (nationale et locale), éducation, loisirs, droits et devoirs, citoyenneté, apprentissage, études supérieures, liberté de circulation en Europe, service civique universel, lutte contre les discriminations, égalité des chances prévention et répression de la délinquance, vie dans la Cité,  législation sur les mœurs, lutte contre les exploitations des enfants et des jeunes, conséquences de la révolution Internet, emploi, santé, urbanisme, vie sportive… Posez vos questions. Elles trouveront réponses.

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Faites vos suggestions, faîtes part de vos idées : vous serez entendu (e)s. Si vous ne pouvez pas assister au « grand débat de la UNE », le premier d’une série de réunions publiques qui seront organisées (au moins) jusqu’aux élections législatives, écrivez-nous, envoyez nous des courriels. Merci pour votre attention.

Pour tout renseignement complémentaire: Houria Mebarki 0662 59 92 13

RAPPEL 

Service civique universel : « Retrouver de la cohésion sociale : dans les faits, dans la vie, pas dans les mots. », par François BAYROU

«  Pour tous les jeunes, garçons et filles, je défends depuis 2001 l’idée d’un service civique et humanitaire de six mois, temps de brassage, d’apprentissage et de service aux autres. Ce service concernera à la fois les jeunes Français et les jeunes immigrés qui ont grandi en France. Pour ceux-ci, l’accomplissement de ce service sera une clé de l’attribution de la nationalité française.

Les jeunes ont le plus grand besoin de sortir de leurs ghettos, ghettos de jeunes pauvres ou de gosses de riches. Ils ont besoin de rencontrer des jeunes d’autres milieux sociaux, de bouger, de sortir d’une société obnubilée par la seule consommation, de donner quelque chose d'eux-mêmes à la communauté.

En donnant six mois à la société pour des actions civiles et humanitaires, en France, en Europe ou dans les pays en voie de développement, ils en retireront un immense bénéfice humain. Il va de soi que ces acquis pourront être pris en compte dans leur parcours de formation », qu’il s’agisse de la validation des acquis de l’expérience ou d’unités de valeurs dans le cadre des études universitaires.

« De nombreux domaines ont besoin de ce don de quelques mois : la sécurité dans les transports en commun dans les grandes agglomérations, la surveillance des massifs forestiers au plus brûlant de l’été, l’aide aux personnes âgées, handicapées ou à mobilité réduite, l’assistance ou la sécurité des personnes fragiles dans les gares ou les aéroports.

Cela coûtera cher - quatre ou cinq milliards d’euros - mais il faut le faire. A tous les points de vue, c’est une nécessité urgente. La décision de créer ce service civique universel réclame une légitimité forte, indiscutable. Elle sera soumise  à référendum »

François BAYROU

22/03/2007

LE RETOUR A LA SECURITE: UN PLAN COHERENT

Interview de Jean-Christophe Lagarde sur LCI

medium_lagarde_6_republique.5.jpgPorte-parole de François Bayrou, Jean-Christophe Lagarde renvoie dos à dos la droite et la gauche en matière de lutte contre la délinquance des mineurs. Agé de 39 ans, il est député de Seine-St-Denis depuis 2002 et maire du Drancy.

LCI.fr : Maire de banlieue, vous avez été en première ligne lors des émeutes il y a un an. Pourquoi, selon vous, cette question est-elle quasiment absente de la campagne ?  
Jean-Christophe Lagarde : Cela mesure à quel point les deux grands appareils, l'UMP et le PS, ont absorbé cette question, l'un pour la nier et la faire passer seulement pour de la délinquance, l'autre pour une simple question sociale. Or les questions que posent cette période sont lourdes. Le principal est de savoir si la République garantit les mêmes chances à tous, quel que soit le lieu où l'on vit. La réponse est non.

Tout d'abord, il faut réimplanter l'Etat dans les quartiers, les services sociaux, les caisses d'allocations familiales et les transports qui permettent le désenclavement. C'est la même problématique que pour les zones rurales. Deuxièmement, il faut permettre à l'Education d'avoir des classes d'excellence sur tout le territoire, du plus petit village à la cité la plus difficile.

medium_bayrou_vertical.jpgLCI.fr : Qu'entendez-vous pas classes d'excellence ?  
J.C.L : Si un élève a un bon potentiel, on doit lui permettre d'avancer au rythme qui est le sien. Il s'agit de réserver dans les meilleures écoles, lycées et facs des places pour tout le monde. On prend les meilleurs d'un lycée d'un village ou de Clichy-sous-Bois, et on leur donne accès au lycée dits "prestigieux". Il faut que l'excellence scolaire remplace la médiocrité pour tous.

Actuellement, notre élite s'autoreproduit car elle vit sur elle-même et fréquente les mêmes écoles. Il faut ouvrir les élites de France à d'autres populations. Cela permettra de réinstaller l'espoir dans les quartiers difficiles.

LCI.fr : Et que proposez-vous pour les moins bons élèves ?  
J.C.L : Il y a deux cas de figure. D'une part, les élèves qui posent des difficultés de discipline. On doit pouvoir les sortir du collège et les placer dans des petites unités pédagogiques adaptées où ils pourront construire leur vie. Il faut qu'ils se reconstruisent et apprennent autant à vivre qu'à lire ou écrire. L'autre cas de figure, ce sont les élèves qui ont des difficultés sur les apprentissages premiers. Les enfants ne doivent pas pouvoir sortir de l'école sans savoir lire, écrire et compter. Ces acquis sont indispensables avant l'entrée en 6e.

POUR UNE MIXITE SOCIALE

Par ailleurs, il ne faut pas annuler la carte scolaire, comme le réclament les candidats de l'UMP et du PS. La solution, c'est la mixité sociale et cela passe par un grand chantier de rénovation urbaine, la destruction des barres d'immeubles qui prendra 10 ou 15 ans. Depuis trop longtemps, on a accepté de concentrer toute la misère au même endroit. En attendant les 15 ans de rénovation, il faut imposer la mixité sociale. En matière d'urbanisme, il faut imposer des logements sociaux dans toutes les communes. Toutes les opérations immobilières nouvelles devront comprendre un pourcentage de logements sociaux.

LCI.fr : Quelle sont les contre-propositions de François Bayrou contre la délinquance des mineurs ?  
Il faut tout d'abord doubler le budget de la justice en 5 ans. Le problème est en effet la rapidité de l'exécution des peines, et cela nécessite des moyens. Si on prend comme exemple la Seine-Saint-Denis, ce n'est pas avec 14 juges des mineurs que l'ont peut traiter environ 8000 mineurs délinquants déférés chaque année.

Deuxième chose, il faut diversifier les sanctions. Aujourd'hui, les juges sont enfermés dans l'alternative suivante : le retour au bas de l'immeuble ou la prison. Or, un mineur ne commet pas un délit grave du jour au lendemain, son "évolution" s'étale sur 3, 4 ou 5 ans. Pendant cette période, on doit prévoir des stages de civisme, des travaux d'intérêt général, ou des placements en centre éducatifs renforcés ou fermés. Enfin, si c'est nécessaire, il faut éloigner durablement le jeune du milieu familial.

LCI.fr : Francois Bayrou est-il favorable à la suppression de l'excuse de minorité ?  
Non. La suppression de l'excuse de minorité a pour conséquence de ne pas mettre en place les étapes nécessaires avant de décider un emprisonnement. La prison doit être le dernier recours. Mais à titre personnel, si l'on voit qu'après une réprimande puis l'éloignement, un jeune continue ses fautes, je suis favorable à cette suppression.

POLICE DE PROXIMITE: D'UN EXTREME A L'AUTRE

LCI.fr : Etes-vous favorable, comme le PS, au retour de la police de proximité ?  
Non, car cette police n'était qu'une fumisterie. Cela consistait à payer des policiers pour se promener au milieu des commerçants lors des heures d'ouverture des magasins. Et dans les heures de délinquance, il n'y avait personne. Depuis 2002, on a remplacé cette police par une police d'intervention, ce qui est souvent vécu comme une agression. On est passé d'un excès à l'autre. Il faut que la police ne soit plus un instrument électoral.

Nous proposons 3 choses : une fidélisation des policiers sur un territoire, au minimum 5 ans. Quand les policiers connaissent le terrain, cela se passe bien. Deuxièmement, il faut une police mieux rémunérée là où le travail est plus difficile. Je parle d'une augmentation d'au moins 20-25%. Troisièmement, il faut améliorer la vie des policiers. Aujourd'hui, la plupart de ceux qui travaillent en banlieue viennent de province. Ils n'ont pas la possibilité de se loger correctement. Avec 1200 euros par mois de salaire, certains policiers vivent hébergés.

Par ailleurs, il faut laisser les commissaires adapter leur stratégie locale de sécurité avec les maires. Dans un département comme la Seine-Saint-Denis, il y a plus de 40 communes avec chacune leur type de problèmes. Derrière les statistiques globales, il y a des réalités très diverses.


Propos recueillis par Renaud Pila

La police face à des ordres contradictoires ? Le candidat aurait des soucis de « sécurité » différents de ceux du ministre…

Polémique politicienne de lancée par un syndicat qui a des sympathies pour la gauche ou réel problème ? M. Sarkozy, avant de quitter son ministère d’Etat aurait donné des consignes qui en annule ou  en atténuent d’autres dans une perspective plus électorale que « sécuritaire ». L’information vaut mention en tous cas. Nous attendons des explications du ministre toujours en poste jusqu’à la fin de son voyage aux Antilles

L'Unsa-police affirme que les CRS sont incités à lever le pied dans certains quartiers à risque. Cette information a été démentie par la direction de la police nationale. Mais le syndicat majoritaire, persiste et signe.

Ainsi, une note du 7 mars de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de l'Essonne demandait qu'aucun contrôle ne soit fait autour des gares SNCF du département.  « On a l'impression qu'on ne veut pas que les CRS interviennent, comme le prévoient les notes et les directives qui avaient été données au départ par le ministère de l'Intérieur », a déclaré sur RTL Marc Gautron, secrétaire national du même syndicat.  « On veut peut-être éviter une propagation de certains événements. Je crois que c'est néfaste à la sécurité ».

Ces consignes de "prudence" seraient intervenues alors que la tension reste palpable entre jeunes des cités et forces de l'ordre. La semaine dernière, quatre policiers ont été blessés aux Mureaux, dans les Yvelines.

Plus largement, l'Unsa-police conteste plusieurs axes de la politique mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy et appelle les policiers à une manifestation régionale le 27 mars au stade Vélodrome à Marseille.  « Ce mouvement de contestation s'inscrit dans l'action revendicative amorcée en 2006 et prolonge les manifestations nationales du 9 novembre dernier organisées en plusieurs points du territoire », explique le syndicat dans un communiqué.


14/03/2007

"LA FRANCE, C'EST CONSTRUIRE, PAS DETRUIRE"

François Bayrou à Saint-Denis : "La France, c’est réunir et pas diviser."

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Mardi 13 mars, François Bayrou a passé toute la journée en banlieue parisienne, dans le département de la Seine-Saint-Denis. De Saint-Denis à Epinay, de Rosny à Drancy, il a passé de longues heures à rencontrer et écouter les habitants de ces villes et de ces quartiers. Partout, il a reçu un accueil particulièrement chaleureux prenant le temps de répondre à chacune des interrogations, recevant avec émotion les nombreux encouragements des passants. Il était accompagné tout au long de la journée par Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy.

A son arrivée à la Gare du nord, François Bayrou est d’emblée accueilli par une foule de curieux au milieu d’une meute impressionnante de journalistes. Le trajet le conduisant jusqu’au quai du RER – plus d’une demi-heure ! - donne lieu à d’innombrables rencontres spontanées avec les voyageurs qui sont surpris et heureux de découvrir ainsi le candidat dans les transports en commun. En Gare de Saint-Denis, l’accueil est encore plus impressionnant. C’est presque une haie d’honneur spontanée qui se forme pour l’encourager.

Pendant plus de deux heures, il va arpenter à pied la rue de la République dans le centre-ville de Saint-Denis, répondant aux innombrables sollicitations des commerçants, des passants à qui ils n’hésitent à répondre sur des sujets aussi divers que l’immigration, le logement, l’emploi. Sensibles à sa vision humaine de la société et déçus de l’alternance droite/gauche, nombreux sont ceux qui souhaitent simplement lui faire part de leur enthousiasme pour sa candidature. Des cris « Bayrou Président ! » émaillent son parcours.

À Epinay, François Bayrou a rendez-vous avec des femmes et des jeunes de la ville, en présence du maire Hervé Chevreau. Ils sont venus lui témoigner leurs difficultés au quotidien et leur malaise quand on habite « en banlieue ». Nicole habite à Epinay depuis quarante ans, malgré les efforts de la municipalité, elle voit sa ville « perdre de la vie et de son identité » : l’activité, les commerces disparaissent. Gaëlle, qui considère appartenir à la classe moyenne, fait part de ses difficultés pour acheter un logement avec son mari. Un jeune, d’origine africaine, s’étonne du traitement qui est réservé aux immigrés alors qu’ils « paient leurs impôts, participent au développement du pays et contribuent à nourrir des villages en Afrique ».

LA FRNCE TOUS ENSEMBLE

Pour François Bayrou, il y a une question fondamentale : « Veut-on vivre ensemble ou vivre séparés ? ». Pour assurer notre avenir, « on va devoir faire la France tous ensemble. » considère le candidat, ce qui implique d’intégrer pleinement les immigrés au développement du pays. Il a également rappelé que la meilleure solution « pour rétablir l’égalité des chances, c’est l’école ! » C’est la meilleure politique de prévention. « Il est moins cher de réparer avant que de réparer après. ».

François Bayrou se rend ensuite au centre commercial de Rosny 2 pour une séance de dédicaces de son livre, Projet d’espoir, paru aux éditions Plon. Il y est accueilli par Claude Pernès, maire de Rosny-sous-Bois. La journée se termine par une cérémonie officielle avec les nouveaux naturalisés de Drancy, organisée par Jean-Christophe Lagarde, et au cours de laquelle chacun se voit remettre une médaille de l’Assemblée nationale et un livret citoyen, pour participer à la vie municipale, par les élus locaux. A l’occasion de cette cérémonie, Jean-Christophe Lagarde regrette le « parcours du combattant, trop long, trop compliqué » pour acquérir la nationalité française.

François Bayrou a rappelé que l’immigration avait toujours suscité des craintes de prime abord. Autrefois, c’étaient les Polonais et les Italiens, puis les Espagnols et les Portugais. Aujourd’hui, ce sont les Africains. Mais « tous, ils ont fait et font la France aussi bien que les autres. » Car « la vraie identité de la France c’est : Liberté, Egalité, Fraternité », ce sont ses valeurs. « Les valeurs de la France, quelquefois, on y croit plus quand on les a choisies que quand on en a héritées. » Pour François Bayrou, « la France c’est construire, et pas détruire, c’est réunir et pas diviser. »