08/07/2007

Le pourquoi d'une abstention

La déclaration de Bayrou

"Une déclaration de politique générale comporte au moins deux figures imposées, l’hommage au Président de la République et la déclaration d’amour à la France et aux Français : vous vous en êtes acquitté, Monsieur le Premier ministre, avec la même éloquence que vos prédécesseurs. Un troisième chapitre mêle figures imposées et figures libres : c’est le catalogue des promesses ou des engagements.

 En la matière, vous avez dit des choses justes : j’ai apprécié que vous défendiez l’idée d’un « Small business Act » à la française, c’est-à-dire d’une loi de protection et de promotion des entreprises petites et moyennes, et que vous vous engagiez à faire reconnaître devant l’OMC à la France, peut-être à l’Europe, les mêmes droits qu’à leurs concurrents américains et canadiens ; j’ai trouvé bon et profond ce que vous avez dit sur les engagements internationaux de la France, notamment au Darfour et au Liban, et je suis heureux qu’il y ait peut-être sur ces bancs unanimité pour les soutenir ; j’ai apprécié l’esquisse que vous avez faite d’un meilleur équilibre démocratique, passant par la reconnaissance au Parlement de droits qu’il n’a pas aujourd’hui et par une loi électorale plus juste. Je rappelle que si le mode de scrutin avait été proportionnel, le nombre de voix que nous avons recueilli au premier tour des législatives nous aurait donné soixante et un députés au lieu de quatre ; je suis persuadé qu’on peut trouver une loi électorale qui rende au Parlement son indépendance à l’égard du pouvoir exécutif. Cela dit, deux hypothèques pèsent sur votre discours – deux grandes contradictions.

Vous avez promis de renforcer le nombre de policiers et de gendarmes, de désenclaver les quartiers difficiles et d’y diminuer le nombre d’élèves par classe, développer les internats, construire 120 000 logements sociaux par an, améliorer la situation des prisons, augmenter le budget des universités… Sur ce dernier point, vous avez annoncé cinq milliards sur cinq ans, mais cela fait au mieux un milliard par an : c’est dix fois moins que l’engagement de Nicolas Sarkozy d’augmenter de 50 % un budget de l’enseignement supérieur et de la recherche qui est aujourd’hui de 20 milliards !

L’addition de toutes ces dépenses est naturellement incompatible avec la maîtrise du déficit budgétaire et le retour à l’équilibre de nos comptes publics… Il y a aussi incompatibilité entre l’impératif de modernisation et la concentration des pouvoirs qui est en train de s’opérer au sommet de l’État. En conséquence, nous nous abstiendrons."

08/04/2007

"Je suis celui qui propose la seule majorité stable, sécurisante, et possible pour la France"

ass="lienVideo">Lien video à placer dans votre site :

François Bayrou était l'invité politique du 19/20 sur France 3. Fraîchement revenu d'un déplacement en Corse, le candidat à la présidentielle s'est exprimé sur l'avenir de l'île de beauté qui passe, selon lui, par l'équilibre entre "fermeté et compréhension". Les déclarations sur l'origine génétique de la pédophilie d'après Nicolas Sarkozy furent abordées et déplorées par François Bayrou.

Fermeté et compréhension sont les maître-mots dans le dossier corse d'après François Bayrou. Néanmoins, la priorité est "le développement économique et l'emploi" en Corse, ce qui passe d'après lui par une politique de l'équilibre.
"Je suis absolument persuadé que la Corse peut trouver sa place dans la République, sereinement, en étant fière de sa culture, fière de sa langue, fière de son identité, comme tant d'autres régions françaises ont besoin de l'être", a-t-il exposé.

Au sujet des déclarations de l'ancien ministre de l'Intérieur concernant le lien hypothétique entre la pédophilie ou le suicide et la génétique, François Bayrou s'est révolté contre ce qui constitue un véritable dérapage de la part du candidat de l'UMP.

"On sait bien qu'en général, dans une campagne électorale, il y a des débordements mais parfois il arrive qu'il y ait des choses graves, des choses qui ne sont pas de l'ordre d'une campagne électorale mais de l'ordre d'une certaine vision de l'Homme et de la vie" a-t-il énoncé solennellement.

"Quand Nicolas Sarkozy en vient à dire qu'un bébé peut naître en ayant en lui une condamnation à la perversité ou au suicide, qu'un enfant qui vient de naître pourrait être génétiquement promis à ce genre de perversité, mais dans quelle société vit-on?", s'est insurgé le candidat à la présidentielle.
Existe-t-il "une société démocratique dans le monde, aujourd'hui, au début du XXIème siècle, où l'on accepterait l'idée selon laquelle un enfant serait génétiquement condamné à être pervers ou être suicidaire?", a-t-il poursuivi. "Ceci est impossible, ou à quoi servent toutes les politiques de prévention?"

Au chapitre de l'Education et de la singularité de François Bayrou dans cette campagne, le maintien de la carte scolaire est un des points importants de divergence avec les représentants du PS et de l'UMP. "La carte scolaire, c'est l'obligation qui est faite à l'Education nationale d'offrir partout sur le territoire national la même qualité d'enseignement" a-t-il expliqué. Il évoque également sa proposition de création d'une année de transition en vue de préparer les élèves à l'université. Ce serait une réforme de la classe de Terminale.

Autre point essentiel : la maîtrise de l'écriture. Tous les enfants devront savoir lire et écrire avant l'entrée en 6eme. "Et cette obligation entraîne une réforme profonde de l'école primaire préalablement, ou en tous cas, demande une attention de l'école primaire envers ceux qui vont échouer".

Concernant la question de la majorité gouvernementale avec laquelle il pourrait diriger le pays, François Bayrou répond : "Je suis celui qui propose la seule majorité stable, sécurisante, et possible pour la France" . Une majorité stable qui réunira gauche et droite républicaine.

France 3