20/07/2007
François Bayrou : "l'accroissement de la dette est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français"
François Bayrou a dénoncé, à l'Assemblée nationale, le report à 2012 du retour à l'équilibre des finances publiques.
Rappelant que cette décision n'avait jamais été annoncée pendant la campagne, François Bayrou a évoqué un "devoir d'alerte dans le domaine politique".
François Bayrou a estimé que l'accroissement de la dette était "une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français".
Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues,
en matière sociale, il y a un droit d'alerte. Eh bien, il y a, selon moi, un devoir d'alerte en matière politique.
M. Bouvard vient d'exprimer sa satisfaction de constater que les orientations budgétaires qui ont été arrêtées sont dans le droit fil des propositions annoncées par le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale. Il me semble au contraire que la disposition la plus importante n'avait nullement été abordée pendant la campagne présidentielle.
Dès que vous avez été nommé, vous avez annoncé une "pause" dans la lutte contre le déficit budgétaire. Vous avez ainsi fait savoir à nos partenaires européens qui nous reportions à l'horizon 2012, et non plus 2010, le retour à l'équilibre des finances publiques en France.
Or il n'en avait jamais été question. C'est même le contraire qui avait été dit pendant la campagne présidentielle. Les Français avaient en effet entendu que le déficit et la dette allaient désormais faire l'objet d'une vigilance générale. Les principaux candidats s'étaient tous prononcés en ce sens, souhaitant que l'effort ne soit pas relâché en la matière et qu'une politique de réduction du déficit enfin sérieuse soit menée. Nul n'ignore en effet que la dette financière constitue un risque très important pour la société française.
C'est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français. Nous sommes menacés de voir les prélèvements sur l'activité du pays exploser et, au bout du compte, mettre en cause la compétitivité de l'économie française et donc notre niveau de vie. C'est d'autant plus vrai qu'il y a maintenant une circonstance aggravante. Si pendant des années les taux d'intérêt ont été très bas, nous savons que nous allons inéluctablement entrer dans une période où ils vont être plus hauts, ce qui fait planer une menace bien réelle d'explosion du service des intérêts de la dette.

Le sujet est d'autant plus brûlant - M. le rapporteur général y fait allusion dans son rapport - que, derrière la dette financière, il en existe une autre, moins apparente, mais encore plus inéluctable : je veux parler de la dette démographique. L'augmentation du nombre des personnes âgées, des retraités, le fait que la génération du baby-boom va atteindre l'âge de la retraite dans les années à venir, tout cela constitue une menace de très grands déséquilibres pour la société française, y compris financier. Nicolas Sarkozy a dit dans le débat entre les deux tours des élections que les retraites étaient financées jusqu'en 2020. Des guillemets s'imposent car nous savons tous qu'il n'en est rien et que nous allons, au contraire, vers des rendez-vous inéluctables.
Monsieur le rapport général, vous avez très souvent et fort justement insisté dans votre rapport sur les marges de manoeuvre, les "surplus durables" que vous avez estimés aux alentours de 10 ou 12 milliards d'euros.
Chacun sait ici que le déficit actuel s'établit à quelques 40 milliards d'euros et connaît le rythme obligatoire de baisse du déficit que nous devons respecter si nous voulons tenir le délai de 2010 ou 2012. M. Bouvard l'a rappelé à l'instant : 15 milliards par an pour 2010 et 10 pour 2012. Cette arithmétique-là est familière à chacun d'entre nous.
Voyons maintenant ce qu'il faudra inscrire en face de ces diminutions obligatoires. Un grand institut de conjoncture a indiqué ce matin que le paquet fiscal allait coûter 14 milliards en 2008 et 17 milliards en année pleine. En outre, un certain nombre d'engagements de dépenses supplémentaires, réitérés avec force tout au long de la campagne électorale, ont également été pris. Permettez-moi d'en citer deux ou trois.
Nicolas Sarkozy s'est ainsi engagé à augmenter de 50% le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui représente actuellement 21 milliards d'euros. Je vous laisse imaginer quel rythme d'augmentation des dépenses il faudra suivre pour atteindre la hausse de 50%.
François Fillon a annoncé de cette tribune, dans son discours de politique générale, qu'il allait lancer un grand plan de désenclavement des cités, notamment en matière de transports en commun. Songez à ce que cela représente comme investissement !
Par ailleurs, nul ici n'oublie les engagements - sans doute politiques mais plus encore moraux - pris au regarde de l'état de nos prisons. On peut parler d'atteinte aux droits de l'homme pour ceux qui sont privés de liberté pour avoir commis des délits et des crimes.
Si donc on ajoute aux 14 à 17 milliards d'euros de cadeaux fiscaux les 5 à 6 milliards d'euros de dépenses supplémentaires, on arrive à plus de 20 milliards. Mais comment va-t-on financer ces dépenses fiscales ou budgétaires nouvelles qui font l'objet essentiel de ce débat d'orientation budgétaire ?
La réponse habituelle, celle qui a encore été faire à cette tribune, notamment par M. Bouvard, c'est la réforme de l'Etat et la baisse du nombre des fonctionnaires liée au non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux?
A ce stade, un minimum d'arithmétique est nécessaire. Après M. de Rugy, qui s'y est appliqué sur plusieurs années, je vais m'y essayer sur un an : 35 000 départs à la retraite non remplacés équivalent grosso modo à cinq cents millions d'euros d'économies. Comme le Gouvernement a assorti le non-remplacement des agents de l'Etat qui partaient à la retraite d'un engagement qui est de rendre aux fonctionnaires la moitié des économies réalisées, ce ne sont plus cinq cents millions d'euros que l'on économise mais deux cent cinquante millions. Puis-je rappeler que, rapporté aux vingt milliards d'euros dépensés, cela représente moins de 2% des besoins de financement ?
J'en viens à ma conclusion. Le choix que vous avez fait et qui est le contraire de ce qui était prévu et annoncé va soumettre à des tensions insupportables des secteurs entiers de l'action publique de notre pays, et ce d'autant plus que nous sommes contraints à une certaines discipline budgétaire en raison de nos engagements européens.
Si encore nous avions la certitude que le paquet fiscal allait dans le bon sens et permettait de relancer l'économie et la compétitivité, peut-être pourrait-on prendre ce risque. Mais les plus grands économistes, comme la plupart des instituts de conjoncture, indiquent qu'au contraire vos choix ne vont pas dans la bonne direction. Et ce n'est un secret pour personne qu'y compris dans les rangs de la majorité des inquiétudes se font jour à ce sujet.
Je voulais donc vous alerter à cette tribune sur les risques que font courir vos choix aux finances publiques de notre pays et, à terme, à l'ensemble de nos équilibres économiques.
01:16 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, politique, dette, economie, finances, économie, saarkozy
05/04/2007
LES CINQ PREMIERES PRIORITES DE FRANCOIS BAYROU
Marielle de Sarnez : "La France porte en elle le rassemblement qu'incarne François Bayrou !"
Marielle de Sarnez était l'invité du Téléphone sonne. L'émission de la station de service public a interrogé la directrice de campagne de François Bayrou sur l'actualité. La Gare du Nord, la majorité éventuelle après l'élection présidentielle, le mode de gouvernance de François Bayrou, ses priorités en arrivant à l'Elysée. Hélène Jouan et Alain Bédouet lui ont tout d'abord demandé ce que ferait François Bayrou en priorité s'il arrivait à la magistrature suprême.

Marielle de Sarnez a insisté sur la priorité que François Bayrou donnerait à l'emploi. Un pays qui vit avec autant de chômeurs est un pays malade. La première mesure mise en oeuvre pour recouvrer un situation normalisée consistera dans la possibilité pour tout type d'entreprises de recruter deux personnes sans avoir le poids des charges sociales sur les épaules pendant un période de cinq ans. On réservera tout de même dix pour cent de charges pour financer le régime de retraites par répartition qui prévaut en France. Il existe en France un bassin d'entreprises de deux millions cinq cents mille petites et moyennes entreprises. Ce serait une bouffée d'air frais pour elles et pour les personnes directement embauchées. Pour un artisan, se libérer de tâches qui l'empêchent d'accomplir son travail en temps et en heure lui changerait la vie, selon Marielle de Sarnez.
La deuxième priorité pour François Bayrou comprendra la lutte contre l'exclusion. Trop de gens sont aujourd'hui laissées sur le bord de la route. C'est ainsi que François Bayrou propose de remettre ces personnes en grande difficulté parfois psychologique, dans un circuit qui permettrait un retour progressif, en douceur à l'emploi : l'activité universelle. Consacrer une partie de son temps au secteur associatif, à des collectivités locales afin de redonner un sens à sa vie. Que ces milliers de personnes retrouvent la dignité qui doit être la leur, une responsabilité. François Bayrou imposerait que ces personnes qui s'engageraient dans ce processus de retour vers une vie de citoyen considéré pourraient cumuler leur revenu minimum d'insertion et une rémunération.
La troisième et la quatrième priorités du programme de François Bayrou seront l'école et la dette. Dans le même temps, en plus de la dette financière, économique, la dette démographique (la pyramide des âges montre un vieillissement de la population française.), il faudra traiter la dette écologique. L'environnement et le développement durable sont au coeur du projet présidentiel de François Bayrou. Marielle de Sarnez rappelle que le candidat à l'élection présidentielle a signé le Pacte écologique de Nicolas Hulot. Il se tiendra aux engagements fermes qu'il a pris devant les Français en la matière. Elle égraine les problèmes que l'ensemble de l'équipe de François Bayrou devra prendre à bras-le-corps une fois arrivée aux responsabilités, notamment le logement, la réhabilitation des banlieues. Tout cela exige des Français qu'ils se rassemblent autour du programme de François Bayrou.
A propos d'un éventuel débat présidentiel, projet contre projet, candidat devant les autres candidats, sur Internet pour contourner les règles du Conseil supérieur de l'audiovisuel, Marielle de Sarnez se dit complètement favorable. Cela fait même partie des demandes de François Bayrou. Les Français manquent cruellement de ces confrontations d'idées d'où surgissent très souvent les solutions. Les Français pourraient ainsi comparer. Cette élection, selon la directrice de campagne de François Bayrou, est la plus importante depuis 1958. C'est le droit le plus strict de tout citoyen de connaître chaque candidat, chaque programme, de soupeser l'un par rapport à l'autre. Tout cela paraît parfaitement légitime à Marielle de Sarnez. Entendre, poser même des questions, tout cela doit être possible dans le cadre d'une vie réellement démocratique et non sclérosée telle que nous la connaissons actuellement.
L'IMPERATIVE NECESSITE DE REDUIRE LA DETTE
Un auditeur lui demande ce qu'elle ferait à propos du salaire universel des mères au foyer. C'est une question sur laquelle François Bayrou s'est exprimée. Il n'y est pas favorable car pour le moment, nous n'en avons pas les moyens. Il faut d'abord rééquilibrer l'assiette de nos dépenses publiques. Aujourd'hui, rappelle-t-elle, l'intérêt seul de la dette engouffre l'ensemble de l'impôt sur le revenu. Il convient donc en premier lieu de résorber la dette publique. Cependant qu'elle précise que l'activité des mères au foyer doit compter en points de retraite. Une réforme des retraites que François Bayrou juge extrêmement urgente. Il compte l'engager en y intégrant la pénibilité du travail, l'accompagnement des mères dans la vie de l'enfant. Tous ces détails qui redonnent confiance à toutes les strates de la société.
Cela coûtera évidemment de l'argent, admet Marielle de Sarnez. En temps de croissance normale, nettement en dessous de ce que nous pourrions espérer d'un pays aussi énergique que le nôtre, nous engrangeons vingt-et-un milliards de rentrées fiscales de tous ordres. Sur ces vint-et-un milliards d'euros, François Bayrou et les économistes qui l'accompagnent ont calculé qu'il fallait consacrer environ sept milliards d'euros par an pendant trois années pour au mois stabiliser la dette. Il conviendra en parallèle de faire de larges économies sur les exonérations de charges allouées aux très grandes entreprises, qui ne créent pas d'emploi en retour. On s'appliquera aussi à revenir à des économies d'échelles vis-à-vis des collectivités locales. François Bayrou propose par exemple de fusionner les départements et les régions. Une mesure qui renforcera les régions au niveau européen et leur donnera un réel pouvoir. Certaines niches fiscales devront également être supprimées. Voilà donc vingt-et-un milliards d'euros de dépenses pour vingt-et-un milliards d'euros d'économies.
DEBLOQUER LES EMPLOIS: PRIORITE AUX PME
Une auditrice qui travaille dans l'artisanat de la poterie lui demande ce que François Bayrou pourra concrètement faire pour elle. Marielle de Sarnez lui rappelle cette mesure-phare du Projet d'Espoir de François Bayrou contenue dans le livre éponyme paru aux éditions Plon : la possibilité pour toutes les petites et moyennes entreprises et surtout les très petites entreprises, de créer deux emplois sans charge autre que celle consacrée au paiement des retraites. Marielle de Sarnez constate que le chômage en France ne baisse pas. Que les gouvernants actuels se gargarisent de chiffres qui ne correspondent en rien à la réalité du terrain. Les bénéficiaires du revenu minimum d'insertion ne sont plus comptabilisés dans les statistiques. Cette mesure et l'activité universelle contribueront à remettre de l'huile dans les rouages grippés de l'emploi en France.
ENDIGUER LA VIOLENCE
Des rouages qui ne sont pas grippés simplement dans le domaine de l'emploi, mais aussi celui de la sécurité des Français. Les récents incidents de la Gare du Nord le prouvent. Ce jeune homme africain retrouvé sans vie sur les docks de Marseille. La violence est partout. On doit l'endiguer. Mais ce ne sont certainement pas avec les surenchères verbales, les injures, les insultes que s'envoient quotidiennement les candidats de l'UMP et du PS par voie de presse interposée, que l'on parviendra à sortir du marasme paralysant que nous connaissons actuellement. Ce climat politique la gêne, elle le trouve malsain.
Marielle de Sarnez explique que lors de ses nombreux déplacements, François Bayrou a l'occasion d'aller à la rencontre des Français, qui sont animés d'une colère qu'on imagine peu. Elle demande que l'on sorte des chicayades ridicules qui abaissent le niveau du débat qui devrait normalement avoir lieu pour une campagne électorale française. Que l'on essaye de régler les vrais problèmes évoqués un peu plus tôt dans l'émission, l'emploi, le logement, l'environnement, les banlieues abandonnées à leur triste sort. Que l'on s'occupe des zones rurales. Il faut absolument recréer un lien de confiance entre tous, qu'ils soient issus des grandes villes ou des petits villages.
FAIRE EXPLOSER LES FAUX CLIVAGES
Ce lien de confiance, les Français pourront le créer, le recréer en votant pour François Bayrou. Et dans la foulée, parce que l'homme aura bouleversé tous les pronostics, parce qu'il aura fait exploser tous les clivages, qu'il aura affronté une campagne dure contre lui, il est absolument inévitable qu'ils lui redonneront cette confiance lors des élections législatives. Ce qui lui permettra d'avoir une majorité suffisante pour gouverner.
Par ailleurs, Marielle de Sarnez confie qu'elle ne souhaite pas la victoire du centre en tant que centre, en tant que camp du centre. Elle veut ouvrir à toutes les sensibilités modérées du pays. Elle observe, par son expérience de députée européenne, que l'on gouverne bien mieux, que les décisions les meilleures sont prises lorsque la collégialité est en marche. On doit pouvoir discuter des réformes, on doit pouvoir trouver des partenaires, à gauche comme à droite. Ce n'est qu'en apparence que les lignes sont figées. Mais si l'on creuse ne serait-ce qu'un tout petit pu, on s'aperçoit que rien n'oppose réellement sur le fond des démocrates de la droite modérée de républicains de la gauche moderne.
C'est ainsi que Marielle de Sarnez conclue sont intervention : la France, les Français ont plus que jamais besoin de rassemblement. Aujourd'hui, un homme porte ce rassemblement des bonnes volontés, c'est François Bayrou.
France Inter
Marielle de Sarnez dans l'équipe de François Bayrou
22:05 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, chomage, dette, economie, politique
07/03/2007
Faire face à la Dette et aux déficits pour redresser la France
Refuser le déficit de fonctionnement
11:51 Publié dans Présidentielles 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, dette, politique

