12/06/2007

Le projet de loi HORTEFEUX devant le Conseil d'Etat

Voir les informations et le commentaire de Patrick Weill sur le site de DpJ, Le droit pour la Justice >>>>>>>>>

24/05/2007

Une lettre de Bronislaw Geremek à Chantal CUTAJAR

A la suite de mon initiative  en Conseil municipal de Strasbourg (refusée par Mme Keller et M. Grossmann) et de mes actions en faveur de l'eurodéputé polonais qui a lutté contre une loi inique, M. Geremek m'a envoyé cette lettre. Ses remerciements s'adressent aussi, bien sûr, à celles et à ceux qui ont partagé mon engagement (par voie de pétition diffusée sur ce blog et de manifestations). Je rappelle que François Bayrou, le premier, avait attiré l'attention de l'opinion publique européenne sur la situation de M. Geremek.

"Ne dites jamais à quoi bon", disait Paul Valéry. Cultiver la démocratie, c'est réagir, chacun en fonction de ses moyens, à tout ce qui porte atteinte aux valeurs qui donnent du sens au mot DEMOCRATE. Je me réjouis, bien sûr que la Justice polonaise ait montré que les etats meembres du Conseil de l'Europe et de l'Union européenne sont des etats de droit et que ce héros des combats pour la Liberté puisse continuer à sièger au Parlement européen. CC

medium_geremek.2.JPG

 

"Chère Madame,

En qualité de groupe des élus UDF vous avez proposé le vote d'une motion de soutien à mon égard, dans la situation de mon refus de la nouvelle loi de lustration en Pologne. Cette initiative et cette manifestation de solidarité me touchent beaucoup et je vous en remercie vivement.

Mon but principal dans cet acte de désobéissance civile était de contester une loi violant les principes de l'Etat de droit. Le Tribunal Constitutionnel de Pologne dans son verdict a annulé les articles qui étaient en contradiction avec les standards démocratiques européens, tout en prouvant que les mécanismes de contrôle démocratique fonctionnent toujours bien en Pologne.

Je me réjouis de cette issue.

Avec l'expression de ma gratitude,

Veuillez croire en l'expression de ma considération.

Bronislaw Geremek

22/03/2007

Extraits du Carnet de Campagne de daniel RIOT:L’idéal républicain « kärcherisé »…

Quand Le Pen se retrouve dans Sarkozy : Un « climat nouveau » entre le FN et l’UMP ….

A l’aise Le Pen. Chirac avait des principes et des convictions. Sarkozy, visiblement, en a moins…Donc le FN se sent mieux à l’aise… Moins en marge, comme réintégré dans cet « espace républicain » d’où jusqu’à présent s’excluaient ceux qui prêchaient les atteintes aux droits de l’homme, les idéologies d’exclusion et de discrimination, les idées porteuses de la haine de l’Autre…

A force de pêcher dans les eaux de Le Pen, Sarkozy n’est-il pas tenté d’abandonner  sa gaule et ses hameçons et de s’y baigner. Après l’arroseur arrosé, le pêcheur pêché ? Chirac redit ta chanson contre les périls de l’extrémisme : ton fiston indigne (et ingrat) de Neuilly est déjà allé trop loin dans les flots gris pour en sortir propre… Encore un coup dur pour Simone Veil et quelques autres…

medium_le_pen_caricature.3.jpg

D’ailleurs, Sarkozy, « Sarkopoléon-le-petit » (comme il a été surnommé avec un excès d’indulgence) n’a-t-il pas ce goût de l’autoritarisme (cet ennemi de l’autorité), cette admiration pour une société plus policière que policée, cet oubli de « l’égale dignité humaine » (fondement des droits de l’homme), cette conception des frontières-clôtures (opposée à celle des frontières-ponts), ce sens de la solidarité réduite à une lâche charité et transformée en alibi, cette adhésion sournoise au darwinisme social (cette trahison de Darwin) qui fait de la compétition la valeur suprême ? Le FN ne parle innocemment d’un « nouveau climat » pour qualifier ses relations avec le candidat de l’UMP…

Le Pen prêt à voter Sarkozy et à gouverner avec lui

Jean-Marie Le Pen, mardi soir à l’émission « Les 3 marches » LCI-Le Figaro,a non seulement envisager un vote éventuel Sarko au deuxième tour,il a accepté  d’« imaginer » que le FN puisse participer à un gouvernement d’union nationale (à la sauce Sarkozy) si se produisait « une situation suffisamment dramatique » pour que cela soit envisageable… 

Olivier Martinelli, directeur de cabinet du président du FN, interrogé hier par Le Figaro, parle de « changement de climat ». Nicolas Sarkozy, ajoute-t-il, « n’a pas contre le FN les mots très durs de Chirac, il a émis le souhait que Le Pen ait ses parrainages ». « Le Pen est un pragmatique, ce sont des choses dont il tient compte »… «Il n’y a plus le fossé qui existait avant. Nicolas Sarkozy défend les valeurs traditionnelles de la droite, cela nous rapproche. Si d’aventure, les relations se normalisaient, cela changerait beaucoup de choses. » Et d’ajouter qu’« une période est peut-être en train de s’achever ».

Le péril Le Pen en 2007 : des « votes Sarkozy » 

A droite, droite… A l’extrême droite, toutes ! Le trio Sarkozy-Le Pen-De Villiers se soude, peu à peu : leurs rivalités internes deviennent-elles plus politiciennes que politiques ? Sarkozy saura évidemment mettre ses habits de cérémonie des valeurs humanistes et son bleu de travail de sa « dimension sociale » pour démentir ce constat et crier haut et fort à la diffamation, à l’insulte, à l’injure. Et ses supporters (qui deviennent des « fidèles » à force de tomber dans le culte du « chef ») vont me mettre à l’index… Soit.

Mais je crois trop en l’humanité, malgré l’ensauvagement chronique des têtes et de la société, pour ne pas croire que les vrais gaullistes et les vrais « centristes » qui se sont déjà noyés dans une UMP « sarkorizée » ne vont pas réagir, ne serait-ce que vis-à-vis d’eux-mêmes, de la fidélité en leurs valeurs, de leur idéaux…

Le « train fantôme  Vichy-Moscou » qui sillonne toujours les campagnes et les villes françaises (et qui explique ce faux clivage droite-gauche)  a perdu sa locomotive révolutionnaire, mais sa motrice réactionnaire tourne à plein !

medium_sarkzy_carricature.3.jpg

Le TSS ? Bayrou dès le premier tour

Le péril Le Pen existe : c’est vrai. Il est dans le vote Sarkozy puisque déjà Le Pen est prêt à voter pour lui, donc se reconnaît en lui. Comme toutes les lignes de forces des sondages (et pas seulement des photographies sur les intentions de vote) marquent l’extrême probabilité d’une défaite de la candidate de la nébuleuse socialiste dans un « match » au deuxième tour, l’équation Présidence=Bayrou devrait perdre bien des inconnues. Ce n’est ni un jeu ni un pari : 25 ans de mauvaise gouvernance  de l’UMPS a fait le lit de Le Pen… Sarkozy change les draps et le borde… Le « Tout sauf Sarkozy » (le TSS) passe par un vote Bayrou dès le premier tour, surtout dans la mesure  où Le Pen (qui lui n’a changé en rien, malgré les sourires de Marine et les postures sympathiques du papy Jean-Marie) retrouve ses idées et son reflet dans les propos et les comportement du Prince de Neuilly…

Le recteur de Lyon « kärcherisé » pour…Chiraquisme

A propos de comportements, de façon de gouverner, de manière d’user et d’abuser du pouvoir, je trouve que les média (si généreux lorsqu’il s’agit de dauber sur les oreilles, le tracteur ou, ces jours-ci, l’épaule meurtrie de Bayrou ou sur les faiblesses criantes et criardes, il est vrai,  de Fée Ségolène) sont vraiment très discrets sur les faces honteuses de Sarko-l’intouchable : ses bévues, ses écarts de langage, ses confusions et ses incohérences dans ses discours et surtout ses contre vérités assénées avec une mauvaise foi tranquille…

Son coup de colère dans le coin maquillage de France Europe Express est plus révélateur de la vraie personnalité de Sarkozy que tous les personnages qu’il tente d’incarner dans ses multiples jeux de rôles… L’éviction du  recteur de Lyon pose de vrais problèmes  de fond : séparation des pouvoirs, mélange des genres, confusion des compétences ministérielles, redéfinitions du crime de lèse-majesté, de délit d’opinion et de devoir de réserve, impartialité de l’Etat,  importance du clanisme dans cette République monarchique que Sarkozy rêve de rendre impériale…

medium_recteur_de_lyon_MOrvan_alain.jpg

« Je ne suis pas mis à l’écart. Je ne suis pas déplacé, je ne suis pas muté, je suis viré, c’est clair, c’est net. Je préfère dire que je suis karchérisé. Le choix de sanctionner ainsi un fidèle serviteur de l’Etat dénote une méthode, une philosophie, une approche de la chose publique qui est inquiétante. Je m’inquiète de cette approche nouvelle de la vie démocratique  » dit Alain Morvan, le recteur « viré » pour cause de… chiraquisme trop  affiché, donc de respect des valeurs républicaines trop prôné. 

 « Je croyais qu’il existait un ministère de l’Éducation nationale ; en vérité, tout remontait ailleurs, c’est là que se trouve le véritable pouvoir (…) Le rôle du ministère de l’Intérieur est très clair dans ma mise à l’écart », a lancé Alain Morvan en se consolant : « cette révocation justifie le combat que j’ai mené »

Lutte contre le révisionnisme et le communautarisme

On le sait, mais il faut insister (et surtout ne pas oublier) : Alain Morvan avait pris des positions hostiles à l’ouverture du collège-lycée musulman al-Kindi de Décines (Rhône). Il a également évoqué comme raison de son remplacement « l’opération mains propres » qu’il a menée au sein de la faculté de droit de Lyon-III pour lutter contre le négationnisme. « Ce que j’ai fait sur Bruno Gollnisch, je l’ai fait contre ma hiérarchie », a-t-il affirmé. Ce qui bien sûr ajoute un scandale au scandale…

Alain  Morvan ajoute « C’est le paradoxe de cette affaire qui est à la fois douloureuse et valorisante : je suis viré pour les actions dont je suis le plus fier. La lutte contre le négationnisme à Lyon III, et ma vigilance contre le danger du communautarisme Il suffit de voir ceux qui se réjouissent de mon limogeage, pour en comprendre les motivations: l’extrême droite et un certain extrémisme islamiste ». Là encore, il n’y a pas de hasard : « l’Internationale des extrémismes, des intolérances, des geôliers des libertés mises sous clefs » n’a nul besoin d’être structurée pour exister.

medium_charliehebdon71.2.jpg

Qu’un authentique Républicain démocrate soit puni par Sarkozy pour sa résistance à ceux qui déshonorent l’Université française, portent atteinte à la laïcité réelle et enlaidissent le mot « Communauté »  nous conduit au-delà des frontières de l’admissible, du tolérable, du supportable. Et nous pousse à poser une question grave : Et si cette transgression des valeurs républicaine n’avait rien d’une exception ? Et si dans l’esprit du candidat à l’Elysée en tête dans les sondages, il ne s’agissait pas là d’une transgression mais l’exercice normal d’un droit normal ? Et si la sanction infligée au recteur « kärcherisé » n’était qu’un avertissement pour un avenir où « tout est possible », surtout le fait qu’un « BON français » soit un Français « sarkozyste » ?

Un « Anxiogène de la République »

Déjà, dans trop d’échelons de la République, et dans trop de domaines d’activité, « l’Etat UMP » (et « l’Etat PS », d’ailleurs mais dans une moindre mesure) pratique un favoritisme d’opinion (avec tout ce que cela comporte)… « Sarkozy, nous voilà ! » : chanterons-nous dans les écoles des chansons à la gloire du Président? La Nation française renouerait avec quelques pages noires de son histoire… Mais qui disait qu’il pouvait y avoir de la jouissance dans la soumission ? Peut-on en ce XXI ième siècle, imaginer une « France debout » avec des Français couchés devant ses valeurs ? 

Seuls ceux qui oublient le zèle avec lequel « on » peut parfois obéir aux ordres et même appliquer par anticipation des mesures liberticides peuvent penser que  j’exagère.

medium_sarkozypleinspouvoirslt2.5.jpg

Je ne suis évidemment pas de ceux qui crient « Sarko  fascho » : c’est ridicule, faux, insultant et cela banalise dangereusement le mot… Mais ce n’est pas de ma faute si Le Pen se reconnaît en partie dans les attitudes de Sarkozy et si la défense d’Alain Morvan, connu pour ses idées chiraquiennes, me semble naturelle en notre REPUBLIQUE et INDISPENSABLE en notre DEMOCRATIE. En faisant sanctionner ce Recteur vertueux, Sarkozy s’est lui-même mis dans le camp des « Anxiogènes de la République »

Sarkozy, un GGM : Gaulliste génétiquement modifié

L’eau de Vichy n’a donc pas besoin de se lancer dans une campagne de pub : celui qui se prétend héritier du gaullisme (sans faire beaucoup de référence à De Gaulle, il est vrai), qui cite Rivarol en référence et qui s’inspire des conceptions racialistes (ou racistes) de l’identité nationale vue par Laval  assure sa promotion.

Il paraît que les Français apprécient d’ailleurs : 30 % ne se disent-ils pas « racistes » ? 48% ne trouvent-ils pas qu’il y a trop d’immigrés en france? La très grande majorité n’oublie-t-elle pas que le président de la République est d’abord le gardien des valeurs de la République ?

medium_sarkozybonapartheidir5.7.jpg

On voit où est vraiment la « rupture » annoncée par Sarkozy ? Elle est avec ce que Chirac (si critiquable par ailleurs) avait de meilleur et qu’il exprime bien dans les deux préfaces de ses recueils de discours. Des réquisitoires contre tout ce qui sert d’engrais à Sarkozy, cet GGM, ce « Gaulliste génétiquement modifié ».

Elle est aussi dans une aggravation du mélange des genres, de la concentration et de la personnalisation du pouvoir. Sur point, Lionel Jospin voit  sans doute juste :  « La présidence Sarkozy” serait “une concentration sans précédent du pouvoir entre ses mains”, a-t-il estimé en prévoyant en cas d’élection du président de l’UMP, « une pression permanente sur la justice, un interventionnisme constant dans les médias, une confusion avec le pouvoir économique ». Comme les Français ne sont pas des « veaux », cela pourrait finir très mal… Avec ces déchaînements de mécontentements  que nous connaissons si bien, cette spirale « agitation-répression » si difficile à enrayer quand elle est lancée et ses désordres qui ne sont évidemment pas faits pour guérir la France de ses maux.

L’indispensable « révolution pacifique » de Bayrou

Si la « révolution pacifique » prônée par Bayrou ne marche pas, c’est une autre insurrection qui menacera. Hors des urnes ! Le « besoin d’air » réclamé par le MEDEF risquerait d’avoir l’odeur âcre du gaz lacrymogène…

Pessimisme ? Non ! Souvenirs du « La France s’ennuie » de Pierre Vianson-Ponté à la veille de mai 68… Aujourd’hui, malgré les ébats électoraux,  la France s’endort en oubliant la gravité de la crise qu’elle connaît, l’ampleur des défis qu’elle  doit relever, le travail collectif qu’elle doit accomplir dans un rassemblement citoyen, pour payer la facture des impuissances cumulées durant un quart de siècle par un faux  bipartisme pernicieux avec de faux clivages qui ont engendré de vraies divisions additionnées.

medium_livre_bayrou_2_couverture.3.jpg

La paix, la vraie, n’est pas que l’absence de guerre. La mobilisation citoyenne, républicaine, ne se justifie pas qu’en temps de guerre. Notre crise est telle, notre endettement est tel, la faiblesse de notre croissance est tel, les fractures sociétales sont telles, le déclin de notre influence en Europe et dans le monde est tel, les inégalités entre Français sont telles, le désenchantement en la politique est tel que SEUL le choix de Bayrou dès le premier tour peut dégager un vrai horizon d’espérances et ouvrir les chantiers d’un vrai renouveau.

En 2002, Chirac a eu tort de ne pas écouter Bayrou ; nous avons perdu Cinq ans. En 2007, si nous n’écoutons pas Bayrou, nous risquons d’en perdre cinquante… Parole de militant ? Non. Je ne suis pas encarté à l’UDF. Expression d’une conviction qui ne cesse de croître au fil de la campagne… même si les sondages le donnent en recul.

Daniel RIOT

17/03/2007

LES VALEURS DE L'EUROPE DE STRASBOURG ET DE LA REPUBLIQUE TRAHIES....

Riche de ses valeurs républicaines et européennes, la FRANCE que j’aime n’a pas "l'identité" du « Sarkoland » : Devrais-je la quitter ?

UNE ANALYSE DE  Daniel RIOT

Immigration ET identité : Un sondage trompeur qui attise la confusion des mots et des valeurs que Sarkozy pratique en « composant » avec des idéologies contraires à « l’Identité française »  

medium_sarkostique.7.JPG

Qu’est-ce qui compte dans un sondage ? La qualité du panel, l’honnêteté de la lecture des résultats, la pertinence des correctifs et, d’abord et surtout, en préalable à tout, la FORMULATION DES QUESTIONS et la façon dont elles peuvent être lues.. C’est ce qui rend le sondage Opinionway-Le Figaro trompeur voire mensonger. Une preuve a posteriori : Les titres qu’il suscite dans les journaux : « 55  % des français se disent favorables à un ministère de l’immigration ». Bien sûr. Pourquoi pas ?  Mais là n’est pas la question posée par la proposition de Sarkozy.

Le ministre-candidat lie « immigration ET identité nationale. C’est dans ce ET que se concentrent tous les problème : Qu’est-ce qu’être Français ? Qu’est-ce qui fait l’identité de la France ? Quelle est l’altérité de la France ? Quels sont les Droits de l’Homme en France ? En quoi les Droits de l’Homme sont-ils à distinguer des droits des citoyens ? Qu’est-ce qui définit la nationalité, la citoyenneté, l’étranger résident, le migrant, l’immigré, l’émigré, le Français de l’étranger, l’étranger de France ? Quelle est la part de l’altérité dans le concept d’identité française ? J’en passe…

TOUT EST DANS LE « ET » : UN LIEN SCANDALEUX

Ce ET (ce LIEN) ne rend pas seulement la formule de Sarkozy ambiguë (comme dit Simone Veil dans une litote trop indulgente et de sa part consternante) mais INADMISSIBLE du point de vue du DROIT ,de la MORALE , de la philosophie du droit du sol (et non du sang), donc des meilleures traditions françaises. Et ce qui rend « l’âme de la France » compatible avec l’Esprit de l’Europe.

Sarkozy joue sur les peurs et les réactions de rejet et d’hostilité que provoque le mot IMMIGRATION pour adhérer (mais oui !) à l’idéologie de l’extrême droite « racialiste » ou raciste qui a été mise en œuvre sous Vichy (avec une nationalité « choisie », c’est-à-dire décrétée, sélective, discriminatoire) qui a été repensé intellectuellement par « le Club de l’Horloge » dans les années 70-80 et qui constitue l’un des piliers de la philosophie politique du FN (plus chez Mégret que chez Le PEN d’ailleurs).

L’UN DES FONDEMENTS DE LA RESISTANCE

Quand on met le doigt dans ce type de raisonnement, on va y plonger le bras…et le reste. C’est la porte ouverte à tout ce pourquoi il y a eu une RESISTANCE face au fascisme et surtout face au nazisme. Je pèse mes mots. Ces mots que l’on piège à force de les banaliser ou de les défigurer.

medium_drapeaux_v.2.jpg

Un rappel : Le Conseil de l’EUROPE depuis son origine parle des MIGRATIONS, non de l’IMMIGRATION ! Un combat de mots c’est un combat dans les têtes. Sur ces mots là, la bataille est perdue en France depuis longtemps. C’est une défaite de l’intelligence.

Sarkozy s’explique en utilisant des formules empruntées à  d’autres (Bainville, Renan, Max Gallo par exemple) mais en les sortant de leur contexte. Exemple « L’identité française n’est pas réduite à une ethnie ». Evidemment. Pourquoi cette banalité érigée en argument de vente pour une formule empoisonnée ? Une Nation est mieux qu’une race, c’est un  « composé », disait Bainville.

LA FRANCE N’EST PAS UNE NATION MORTE  

Dans Le Monde, l’historien  Tzvetan Todorov écrit justement : « ce n'est pas un hasard si, pour l'instant, aucune démocratie libérale n'a confié sa protection à un ministère. Qu'entend-on par cette formule : " identité nationale " ? Il faut rappeler que, non exceptionnellement, mais partout et toujours, il s'agit d'une identité mouvante, en constante évolution. Seules les nations mortes ont acquis une identité immuable. La société française de 2007 n'a que peu de traits communs avec celle de 1907, et encore moins avec celle de 1707. (…)

medium_marianne_2.2.jpg

L'identité évolue, d'abord, parce que les intérêts des groupes qui la composent ne coïncident pas entre eux, et que ces intérêts forment des hiérarchies instables. Par exemple, l'octroi du droit de vote aux femmes en 1944 leur a permis de participer activement à la vie publique du pays : l'identité nationale en a été transformée. De même lorsque, vingt-trois ans plus tard, les femmes ont obtenu le droit à la contraception : cela a entraîné une nouvelle mutation de l'identité nationale. »

Un rappel pertinent qui confirme bien que l’identité ne se réduit pas à l’immigration. Comme cette remarque de bon sens : « En proposant un ministère traitant ensemble de l'identité nationale et de l'immigration, le candidat à la présidentielle suggère un rapport négatif entre les deux : l'immigration est ce dont il faut protéger l'identité française. Ce faisant, il oublie que cette identité, comme celle de toutes les grandes nations, est le produit, aussi, des rencontres entre populations, depuis le temps des Gaulois, Francs et Romains jusqu'à aujourd'hui. L'impact qu'ont ces rencontres sur l'identité française est la preuve que celle-ci est toujours vivante »

VERS UN MINISTERE DE L’AMOUR ?

De même, cette France sarko-lepéniste sur « la France tu l’aimes ou tu l’as quitte ». Todorov écrit justement en faisant allusion aux ministères prévues par Orwell dans son pays totalitaire Océania (de la vérité, celui de la paix, de l'amour, de l'abondance). « L'amour n'a rien à faire ici (pas de ministère de l'amour) : la citoyenneté ne se définit pas par des sentiments, seuls les Etats totalitaires rendent l'amour de la patrie obligatoire ». Ou l’amour du « Chef »…

La France de Sarkozy  n’est pas la France que j’aime. Est-ce que Sarkozy va me contraindre à quitter le  « Sarkoland » qu’elle risque de devenir dans sa nouvelle identité? Je ne plaisante qu’à moitié...Avec angoisse et tristesse. Avec une volonté fortifiée de militer contre ces faux clivages et de cette vraie complicité droite-gauche qui sont les vrais responsables du poids de Le Pen, de la force des idées lepénistes banalysées, de ce que barthes nommait "le fascisme langagier"...  

medium_femmes_battues.2.jpg

Une autre remarque  qui fait  pointer du doigt la confusion qui règne dans la tête ambitieuse de Sarkozy et que le ministre-candidat cherche à provoquer dans la tête des autres..Sarkozy dit : " L'identité française est un ensemble de valeurs non négociables ", et il cite à titre d'exemple : " La laïcité, l'égalité homme-femme, la République et la démocratie. " « Ces valeurs sont belles, et l'on doit effectivement les défendre. Mais sont-elles spécifiquement françaises ? Démocratie et République sont revendiquées bien au-delà des frontières hexagonales, égalité et laïcité font partie de la définition même de ces régimes politiques. Au vrai, ces valeurs appartiennent non à l'identité française, mais au pacte républicain auquel sont soumis les citoyens et les résidents du pays.

Ce n'est pas parce qu'elle est contraire à l'identité française que la soumission des femmes est condamnable. C'est parce qu'elle transgresse les lois ou les principes constitutionnels en vigueur. L'identité nationale, elle, échappe aux lois, elle se fait et défait quotidiennement par l'action de millions d'individus habitant ce pays, la France. » D'ailleurs, les droits des femmes et des hommes, les transgressions des droits et des devoirs des citoyens, les trahisons des valeurs françaises et européennes  NE sont pas QUE liés à l'immigration. Que propose Sarkozy pour que l'identite française soit, dans les réalités, plus conforme aux prétentions françaises?

LA LANGUE FRANCAISE : UN ECHEC PARMI D’AUTRES DE L'UMPS 

Encore une confusion entre le droit, la culture, la citoyenneté. Encore une facilité (démagogique) de langage. Comme le fait de dire que « le français est la langue des Français ». Une évidence ! Oui les étrangers qui viennent en France doivent (dans leur propre intérêt d’ailleurs) apprendre le français. Oui tous les Français (y compris les candidats à la présidence de la république) devraient s’exprimer en « bon » français. Oui, la France doit développer sur son territoire et dans le monde l’enseignement de la langue française. Cela dépasse le problème de l’identité. « Ma patrie, c’est ma langue ».

C’est d’ailleurs l’un des échecs culturels les plus cuisants de la droite et de la gauche ces 25 dernières années ! Une affaire de moyens et de volonté. L’Allemagne fait plus  l’allemand que la France pour le français. Dans la francophonie, les Belges et les Canadiens font plus pour le rayonnement de la langue française que la France. Pourtant cela aussi fait partie de l’identité française. Cette identité qui ne se résume pas à la carte du même nom, en un tatouage bureaucratique !

CONTRE LE DROIT EUROPEEN !

On doit ajouter que les conceptions  développées par Sarkozy sont incompatibles avec les principes définis par la Convention européenne des Droits de l’Homme et par la Charte fondamentale des droits de l’Union européenne qui, annexée au traité de Nice, est entrée en vigueur. Je n’y inste pas davantage : Sarkozy n’est européen que pour la forme. Son discours de Strasbourg, brillant mais vide et riche de contradictions, l’avait bien montré. Ses absences dans les Conseils ministériels de l’Union aussi. Lui qui dit « avoir MEME voter Oui au référendum » ne met jamais la dimension européenne qu cœur de ses propositions…

medium_droits_de_l_homme.jpg
Conclusions (provisoires)

1) Oui il existe des problèmes liés aux phénomènes migratoires. Mais ils ne sont qu’en partie aux questions relative à l’identité française. Ces problèmes concernent d’ailleurs plus l’intégration des Français d’origine étrangère que la gestion des flux de celles et de ceux qui, par désespoir, cherchent en Europe une planche de salut.

2) Oui l’identité nationale soulève des problèmes. Depuis longtemps et en permanence. Comme dans tous les pays. Comme l’identité et l’altérité individuelles se posent à toute Personne, en permanence : Qui suis-je ? Où vais-je ?

« NI DE DROITE NI DE GAUCHE : ON NE S’AMUSE PAS AVEC l’IDENTITE »

Le Monde reprend l’une des dernières intervention publique de Braudel :   « le thème de l'identité française s'impose à tout le monde, qu'on soit de gauche, de droite ou du centre, de l'extrême gauche ou de l'extrême droite. C'est un problème qui se pose à tous les Français. D'ailleurs, à chaque instant, la France vivante se retourne vers l'histoire et vers son passé pour avoir des renseignements sur elle-même. Renseignements qu'elle accepte ou qu'elle n'accepte pas, qu'elle transforme ou auxquels elle se résigne. Mais, enfin, c'est une interrogation pour tout le monde.

II ne s'agit donc pas d'une identité de la France qui puisse être opposée à la droite ou à la gauche. Pour un historien, il y a une identité de la France à rechercher avec les erreurs et les succès possibles, mais en dehors de toute position politique partisane. Je ne veux pas qu'on s'amuse avec l'identité ».

medium_résistance.jpg

3)Dans ses adieux télévisés, Jacques Chirac a prononcé des mots qu’il faut graver dans les mémoires et que Sarkozy, prisonnier (comme tout le monde) de ses propres problèmes identitaires, devrait prendre le temps de méditer, même s’ils vont à l’encontre de l’une de ses tactiques électoralistes : « Ne composez jamais avec l’extrémisme » Reprendre les idées, les concepts, les mots, les projets de cet « extrémisme », c’est déjà COMPOSER. Avec menaces de décomposition de l’identité nationale au bout de la route, ou en chemin…

SARKOZY LE PYROMANE DE L'IDENTITE FRANCAISE?

Le pompier pyromane des banlieues qui n’est pas accusé sans raison d’encourager indirectement ce « communautarisme » qu’il dénonce verbalement joue les pyromanes de ce qui fait l’un des fondement de la Nation, l’une des poutre de la république, l’une des clefs de voûte de la démocratie.

Le sondage trompeur du Figaro n’y change rien : Sarkozy a tort de le mettre en avant pour se justifier et s’en trouver conforter. Si De Gaulle avait suivi l’opinion dominantesur l'identité française à l'heure de Pétain et de Laval, il ne serait jamais parti à Londres…

Daniel RIOT

23/01/2007

France: ne pas s'en tenir aux discours et aux promesses sur des questions-clefs

Europe: défendre les droits de l'enfant

"les enfants ne sont pas des mini-personnes qui ont des mini-droits".

A LIRE:

*SUR RELATIO: La campagne du Conseil de l'Europe >>>>>>

*Sur DpJ, le DROIT POUR LA JUSTICE >>>>>>>>

medium_enfants_6.jpg

21/11/2006

Une Tribune libre de Jean-Marie Cavada: Pour des Lois au service du bonheur des enfants

medium_jmc.jpgJe reprends ici en "tribune libre" , un texte de Jean-Marie Cavada publié dans le Figaro Magazine.

Député européen, siègeant dans le goupe UDF, ambassadeur de l'UNICEF, Jean-Marie Cavada vient de publier  un livre qui vaut d'être lu: "Une marche dans le Siècle" .

Il se préoccupe(entre autres) de règlementer au niveau européen l'adoption des enfants. Un impératif! Une initiative à soutenir.  C.C.

 

"La législation sur l'adoption au sein de l'Europe ? Nous avons décidé de secouer tout cela !"

 "Il est difficile de parler de soi, parce qu’à moins d’être un roc ou un monstre, on ne peut pas le faire sans raviver drames ou douleurs intimes qui vous ont forcément conditionné. J’ai pourtant décidé de le faire, puisque je suis entré dans la vie publique comme député européen, et que j’y exerce la présidence de la commission des libertés civiles, justice et affaires intérieures. Acteur public dans la politique après l’avoir été dans les médias, j’ai ainsi le devoir de dire clairement qui je suis, et d’où je parle.

Je suis un enfant né des horreurs de la guerre, qui a détruit ma famille, dispersé toute ascendance. J’ai été élevé dans l’extrême pauvreté par une fermière d’une montagne vosgienne. L’Histoire et ses violences sont entrées une fois pour toutes dans ma vie alors que j’avais 4 ans, et il n’y a guère de journées où je l’ai oublié. Onze ans plus tard, la révolution hongroise, dont on vient de célébrer le cinquantenaire, m’a convaincu que la guerre reviendrait d’une manière ou d’une autre et que seuls des hommes de bonne volonté trouveraient dans l’espoir européen la force de maintenir notre continent en paix. Tel fut le cas.

Je suis aussi une parfaite illustration de la grandeur de l’école. Ses maîtres, instituteurs puis professeurs, la vigilance constante de l’Assistance publique m’ont permis de puiser liberté et ascension sociale dans le terreau collectif que notre République mettait, et doit continuer plus que jamais à mettre, à la disposition de la promotion individuelle.

medium_ClaireGibault.jpgC’est en raison de cela que j’ai décidé de développer une action obstinée pour faciliter l’adoption au sein de l’Union européenne. Seul, la tâche était trop lourde : j’ai demandé à ma collègue (en photo çi-contre)française, Claire Gibault, d’en partager l’ardent fardeau, et nous avons bientôt été rejoints par d’autres parlementaires européens.

Rappelez-vous la chute du tyran roumain Ceausescu, en 1989.

 On découvrit alors, entre autres terribles dégâts, toute une population d’enfants gisant dans des orphelinats. Ils y étaient devenus mutiques. Je n’oublierai jamais l’image de ce gamin de 7 ans, croupissant dans la saleté, et qui, pour tout échange, offrait un balancement incessant d’avant en arrière, dans lequel il se perdait jour et nuit. Depuis, la situation s’est améliorée, les gouvernements de Bucarest y ont travaillé, l’Union européenne qui accueillera ce pays en son sein le 1er janvier prochain a dépensé 31 millions d’euros à partir de 1999 pour améliorer la protection de l’enfance. Mais la question est loin d’être résolue.

medium_cavada_une_marche_dans_le_siecle.jpg



Ecoutez ce que disent ces enfants ou jeunes gens.
Voici Larissa, 18 ans, surdouée au piano et qui veut devenir concertiste : « Vous êtes membre du Parlement européen ? Vous voulez vous occuper de moi ? C’est merveilleux, je ne peux pas le croire. »

 Voici Bogdan, qui vit à Brasov. Il a maintenant 20 ans, il tient à la main le document officiel qui le reconnaît enfin adoptable : « J’aurais tellement voulu être adopté », murmure-t-il. Abandonné par ses parents alcooliques et violents à l’âge de 4 ans. Le centre de placement où il s’est retrouvé l’obligeait à rendre visite à ses parents aux vacances scolaires, pour satisfaire un règlement roumain absurde – de facto hostile à l’adoption – qui prévoit qu’un enfant abandonné n’est adoptable que s’il n’a plus aucun contact avec ses parents ou un membre de sa famille pendant au moins un an. Alors il quittait le centre, n’allait pas chez lui, où personne n’en voulait. « Je dors maintenant dans un asile de nuit avec de jeunes drogués violents. Le matin je fais de petits boulots, l’après-midi je vais au lycée. » Larissa et Bogdan décrivent comment ils ont été maltraités, et nous nous sentons couverts de honte.

Depuis cinquante ans, l’Europe a réalisé la libre circulation des personnes et des biens. Elle a construit l’unification économique et monétaire, un espace de sécurité et de justice. Mais elle n’a pas réellement rempli ses obligations vis-à-vis de la charte des droits fondamentaux ni de la convention de La Haye qui dit que tout enfant a droit à une famille, une éducation notamment.

L’adoption internationale est interdite, la Commission européenne et surtout son administration, mais aussi quelques parlementaires européens, s’en satisfont. C’est vrai, cette mesure a permis de réduire les trafics financiers réalisés sur le dos des enfants adoptables. Mais des milliers d’enfants, roumains notamment, n’auront jamais de famille, donc deviendront des Européens mutilés dès leur jeunesse.

medium_enfants_unicef_2.jpg


Alors nous avons décidé de secouer tout cela.
Le 10 juillet 2006, à notre initiative, une déclaration auprès du Parlement européen, appelant la Roumanie à réexaminer les 1 092 cas qui étaient promis à l’adoption, qui avaient rencontré leur future famille à plusieurs reprises, puis vu le rideau de la bureaucratie emprisonner leurs espoirs, cette déclaration a changé l’opinion du Parlement européen par 408 signatures sur 732 députés.

Elle a été transmise au gouvernement roumain, au Conseil et à la Commission de l’Union européenne. Le 9 novembre dernier, nous avons réuni à Bruxelles un grand colloque pour réfléchir à cette idée simple : un enfant dans un orphelinat doit pouvoir être adopté par une famille de n’importe quel pays membre de l’Union, et cela avec l’appui de l’administration du pays d’origine.

 Nous voulons une directive qui autorise, sous la vigilance classique des spécialistes de la protection de l’enfance, l’adoption d’enfants seuls, puisqu’il paraît que nous sommes tous citoyens européens. Une loi qui lutte contre la corruption sans réaliser l’essentiel est une loi de convenance.
Une vraie loi, c’est une loi qui veille d’abord au bonheur de l’enfant. Tout le reste est secondaire
"

Jean-Marie CAVADA