02/11/2007

La France en Europe: Les racines (économiques) du mal…

De l’utilité de la Commission ATTALI ou de son inutilité?

Cet article de Jacques Peyrelevade qui vient d’être repris sur le site de la CONFERENCE DE CITOYENS DE STRASBOURG  a été publié voilà quelque temps, déjà dans le Monde (le 07/09 pour être précis), mais il garde toute son actualité et tout son intérêt. Il devrait faire l’objet de débats autour de la Commission Attali . Et de la politique économique et financière de la France en Europe.

Jacques Peyrelevade pose une bonne question d’entrée: “Fallait-il vraiment, sous la présidence de Jacques Attali, réunir une commission de quarante éminentes personnalités pour découvrir quels sont les obstacles à la croissance économique de notre pays ?”

Sa réponse:” Le mal est trop massif pour relever d’une liste impressionniste de remèdes partiels. Nous souffrons d’un déficit budgétaire qui fait de nous le plus mauvais élève de la classe européenne, d’un déficit record de notre commerce extérieur, de pertes de part de marché considérables à l’exportation, d’un niveau de chômage parmi les plus élevés en Europe, enfin d’un taux de croissance insuffisant, lui-même fruit d’un investissement médiocre et d’une productivité par tête beaucoup trop basse.

Un tel désordre n’est pas conjoncturel mais revêt un caractère structurel : le réglage de notre machine macroéconomique est mauvais. Dit plus simplement, nous essayons continûment de vivre au-dessus de nos moyens, en vain bien entendu, et nous payons sans cesse le coût de ce déni de réalité.”

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25/08/2007

Ces faiblesses françaises qui inquiètent l’Europe…

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : Belle cote de popularité ! La « Sarko-attitude » plait toujours aux Français. La « sarkomania » ambiante a bien résisté au creux de l’été…

Son style direct, « décomplexé », son toupet (« les vacances de Monsieur Culot », titrait, sobrement le Canard Enchaîné), son habileté à tirer médiatiquement parti de toutes les situations, son aptitude à bousculer bien des habitudes, y compris dans sa famille politique, son génie politique qui, pour l’heure, accentue le coup de vieux du PS et le désarroi de Bayrou…

Tout cela est bon pour lui. Le coq français aime son coté « Sarkonapoléon » élève de Machiavel et enfant de la télé. Même ses goûts de luxe, sa fascination du « Gotha », son coté People (pipôle) séduit.

Il n’y en a qu’un qui, dans le concert des chef d’Etat et de gouvernement, rivalise avec lui et sait se montrer à ce point omniprésent dans les médias  de son pays : Poutine, super star et super tsar !

Dans les milieux européens, on préfère ce « dynamisme » et ce « volontarisme » à l’effacement français des « années Chirac ». Et l’on est surtout satisfait de voir que, pour l’heure, son idée de traité « modificateur » est susceptible de sortir l’Union de son impasse institutionnelle. Même si cette bataille du « nouveau traité » n’est en rien gagnée…

Mais  les meilleurs amis de la France ne manquent pas une occasion de  mettre en garde ce « SuperPrésident omniprésent »  contre les effets pervers  de son hyperactivité presque maladive et son égotisme pathologique… « Arrêtes de faire des misères à Angela », lui glisse Junker, le solide luxembourgeois… « L’Europe, c’est une équipe. On n’est efficace que si l’on sait jouer collectif », lui rappelle-t-on avec ménagement ici et là.

En fait, bien des faiblesses françaises inquiètent nos partenaires. Certaines sont liées au « tempérament du manager de la France SA » : son « bougisme » extrême et sa boulimie de « résultats »  sont parfois contreproductifs.

Trop de précipitations par exemple dans le lancement de son « Euro-Méditerranée ». Euromed est à revoir, l’idée (ou plutôt le vieux rêve) d’une Union qui transformerait la Mer des mers en lac est excellentes,  mais des structures existent, des gens travaillent et, surtout, les normes européennes en matière de droits de l’homme ne doivent pas être oubliées…

N’insistons pas sur le dénouement de l’affaire des otages de la Libye… La vie sauve pour les soignants, c’est bien. Oublier qu’ils étaient victimes d’un terrorisme d’Etat, c’est moins bien. Que se passera-t-il demain si d’autres chantages odieux de ce type s’exerçaient ?

La dernière en date des « bavures médiatiques » de Super Sarko est la plus inquiétante pour la crédibilité du « sommet » français. Pourquoi avoir éprouver le besoin d’écrire à Angela Merkel pour lui suggérer de  secouer le G7 ? Comme si les deux hauts responsables ne pouvaient pas se concerter plus discrètement. Comme Si Angela faisait montre d’inconscience devant ces tempêtes boursières. Comme si pendant une telle tourmente le premier rôle des vrais responsable politiques n’était pas de tenter de calmer le jeu ». Mais Sarkozy sait plus clamer que calmer. Quel besoin  de montrer en permanence qu’il est là, à l’écoute, en Docteur miracle de la planète, en Vigie du monde… A force de privilégier le faire savoir sur le savoir faire, Sarkozy prend de sérieux risques et prête le flanc à tous les procès d’arrières pensées. 

« S’il est aussi berlusconien, c’est qu’en fait, il n’a guère confiance en lui… »,  lâche un fin connaisseur des labyrinthes  politiques et diplomatiques européens. « Mais peut-être a-t-il raison de ne pas avoir confiance… Il doit tout de même avoir conscience des faiblesses structurelles qui font que le coq français a un plumage bien terne et un chant bien trompeur. Elles viennent quand les vraies réformes structurelles, celles qui peuvent redonner à la France cette santé économique et sociale qu’elle n’a plus? »

Pour l’heure, il est vrai, la session extraordinaire du parlement a servi à mettre sur rails  des réformettes « sociétales » plus faites pour caresser dans le sens du poil l’opinion que  pour   assainir ce qui doit l’être et moderniser en profondeur des mécanismes bloqués ou enrayés.

Ici, l’on retrouve la dette, bien sûr, ou plutôt les dettes. « C’est toute la France qui est dans l’état des petits propriétaires américains dans l’incapacité de faire face à leurs créances…Le subprime d’Etat provoque un « crédit crunch » politique… Et l’optimisme officiellement affiché n’est guère justifié par les clignotants du tableau de bord de l’économie national. La « rentrée » ? Un retour obligé à quelques réalités. Les exhortations à la Guizot, (« Enrichissez vous », « travaillez plus pour gagner plus ») semblent bien illusoires...Résumons les mauvaise nouvelles d’août

>>>> Le commerce extérieur est encore plus déficitaire au premier semestre 2007 qu'il ne l'avait été un an auparavant (15,3 milliards d'euros contre 12,9),

>>>> La production industrielle a chuté de 0,3 % au deuxième trimestre.

>>>> La croissance  n'a atteint durant ce deuxième trimestre que 0,3 %. C’est  moins qu'au premier trimestre (0,5 %). C’est surtout deux fois moins que prévu. Résultat : il y a peu de chance que la croissance économique atteigne l'objectif fixé par le gouvernement : entre 2,25 % et 2,5 % sur l'ensemble de l'année.

>>> Dire que cette croissance en panne se manifeste  dans toute la zone euro ne constitue en rien une excuse : le commerce extérieur allemand s'apprête à afficher en 2007 un excédent record de 150 milliards d'euros, alors que la France risque, elle, de connaître un déficit record de 30 milliards ? Dénoncer « l’euro fort » (alors que ce sont les autres devises qui sont trop faibles, la chinois, notamment) relève de la propagande politique et de la malhonnêteté intellectuelle. D’ailleurs, c’et l’euro fort qui nous permet de ne pas avoir une factuere énergétique trop lourde…

>>> Les faits sont têtus, comme disait Lénine. Et il des constats qui sont sans appel.  Je reprends ici Le Monde : « « La  France exporte deux fois moins en Chine que l'Allemagne. C'est une des faiblesses françaises : nos exportations en dehors de la zone euro (en parts de marché détenues par les pays de l'eurozone) sont inférieures de 16 % par rapport à ce qu'elles étaient au moment de la constitution de l'Union monétaire (1999), alors que celles de l'Allemagne ont progressé de 11 %, a calculé l'économiste Eric Chaney. »

>>> Le comble, c’est que la seule réforme économique lancée cet été (rognée en partie par le conseil constitutionnel) vise à stimuler une consommation… Qui se porte plutôt bien et qui alourdit nos importations…. Il y a comme un erreur de diagnostic provoquée par un souci de « plaire »

Voilà quelques illustrations (parmi d’autres) de faiblesses structurelles qui rendent bien illusoires les belles déclarations de Christine Lagarde : « Les fondamentaux sont bons: le chômage baisse, l'inflation est totalement maîtrisée et on est sur des perspectives de croissance, si on s'en tient au moral des investisseurs et des ménages, qui devraient nous permettre d'avoir un bon troisième et quatrième trimestre ». C’est bon la « zen attitude », mais qui ne connaît pas les limites de la « méthode Coué » ?

La seule vraie question, c’est de savoir si, politiquement, cette « gouvernance par la séduction » peut engendrer les réformes structurelles qui s’imposent. Des réformes que Bayrou avait mis en avant durant la campagne des Présidentielles et que nombre d’experts proposent jusqu’ici sans succès. Selon Frédéric Lemaître, du Monde, « dans un rapport confidentiel remis à François Fillon le 29 mai, le Conseil d'analyse économique liste "les atouts de la France dans la mondialisation". Pour eux, "c'est surtout sa capacité à investir et à ainsi se maintenir dans le haut de gamme qui explique le succès relatif de l'Allemagne par rapport à la France". S'ils mettent en avant la nécessité de mener des réformes structurelles (fiscalité, marché du travail...), ils jugent plus fondamental de favoriser l'éducation supérieure (l'autonomie accrue des universités va dans le bon sens), la recherche & développement et l'innovation ».

Nous en revenons à la rédéfinition de cette politique industrielle qui a été tellement négligée sous les mandats de Chirac, donc par la majorité sortante et…revenante ! Nous payons notre manque d'audace et d'efficaité en matière de recherche et d'innovation... Même la définition des pôles de compétitivité si bien chantés font sourire nos partenaires : 66 sont retenus.  « C’est de l’excellence généralisée… » C’est peut-être électoralement payant, mais structurellement voué à l’échec… Qu’en pense Sarkozy ? Il va nous le dire, sans doute. Mais ce n’est pas médiatiquement très payant. « On ne gouverne pas dans l’impopularité, mais on n’exerce pas le pouvoir pour se faire aimer », souligne un parlementaire de la majorité présidentielle. « C’est la cote de crédibilité qui compte, non la cote d’amour ». Une devise pour cette rentrée élyséenne ?

Daniel RIOT

 

 

20/07/2007

François Bayrou : "l'accroissement de la dette est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français"

François Bayrou a dénoncé, à l'Assemblée nationale, le report à 2012 du retour à l'équilibre des finances publiques.

Rappelant que cette décision n'avait jamais été annoncée pendant la campagne, François Bayrou a évoqué un "devoir d'alerte dans le domaine politique".

François Bayrou a estimé que l'accroissement de la dette était "une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français".

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues,
en matière sociale, il y a un droit d'alerte. Eh bien, il y a, selon moi, un devoir d'alerte en matière politique.
M. Bouvard vient d'exprimer sa satisfaction de constater que les orientations budgétaires qui ont été arrêtées sont dans le droit fil des propositions annoncées par le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale. Il me semble au contraire que la disposition la plus importante n'avait nullement été abordée pendant la campagne présidentielle.
Dès que vous avez été nommé, vous avez annoncé une "pause" dans la lutte contre le déficit budgétaire. Vous avez ainsi fait savoir à nos partenaires européens qui nous reportions à l'horizon 2012, et non plus 2010, le retour à l'équilibre des finances publiques en France.
Or il n'en avait jamais été question. C'est même le contraire qui avait été dit pendant la campagne présidentielle. Les Français avaient en effet entendu que le déficit et la dette allaient désormais faire l'objet d'une vigilance générale. Les principaux candidats s'étaient tous prononcés en ce sens, souhaitant que l'effort ne soit pas relâché en la matière et qu'une politique de réduction du déficit enfin sérieuse soit menée. Nul n'ignore en effet que la dette financière constitue un risque très important pour la société française.
C'est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français. Nous sommes menacés de voir les prélèvements sur l'activité du pays exploser et, au bout du compte, mettre en cause la compétitivité de l'économie française et donc notre niveau de vie. C'est d'autant plus vrai qu'il y a maintenant une circonstance aggravante. Si pendant des années les taux d'intérêt ont été très bas, nous savons que nous allons inéluctablement entrer dans une période où ils vont être plus hauts, ce qui fait planer une menace bien réelle d'explosion du service des intérêts de la dette.

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Le sujet est d'autant plus brûlant - M. le rapporteur général y fait allusion dans son rapport - que, derrière la dette financière, il en existe une autre, moins apparente, mais encore plus inéluctable : je veux parler de la dette démographique. L'augmentation du nombre des personnes âgées, des retraités, le fait que la génération du baby-boom va atteindre l'âge de la retraite dans les années à venir, tout cela constitue une menace de très grands déséquilibres pour la société française, y compris financier. Nicolas Sarkozy a dit dans le débat entre les deux tours des élections que les retraites étaient financées jusqu'en 2020. Des guillemets s'imposent car nous savons tous qu'il n'en est rien et que nous allons, au contraire, vers des rendez-vous inéluctables.
Monsieur le rapport général, vous avez très souvent et fort justement insisté dans votre rapport sur les marges de manoeuvre, les "surplus durables" que vous avez estimés aux alentours de 10 ou 12 milliards d'euros.
Chacun sait ici que le déficit actuel s'établit à quelques 40 milliards d'euros et connaît le rythme obligatoire de baisse du déficit que nous devons respecter si nous voulons tenir le délai de 2010 ou 2012. M. Bouvard l'a rappelé à l'instant : 15 milliards par an pour 2010 et 10 pour 2012. Cette arithmétique-là est familière à chacun d'entre nous.
Voyons maintenant ce qu'il faudra inscrire en face de ces diminutions obligatoires. Un grand institut de conjoncture a indiqué ce matin que le paquet fiscal allait coûter 14 milliards en 2008 et 17 milliards en année pleine. En outre, un certain nombre d'engagements de dépenses supplémentaires, réitérés avec force tout au long de la campagne électorale, ont également été pris. Permettez-moi d'en citer deux ou trois.
Nicolas Sarkozy s'est ainsi engagé à augmenter de 50% le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui représente actuellement 21 milliards d'euros. Je vous laisse imaginer quel rythme d'augmentation des dépenses il faudra suivre pour atteindre la hausse de 50%.
François Fillon a annoncé de cette tribune, dans son discours de politique générale, qu'il allait lancer un grand plan de désenclavement des cités, notamment en matière de transports en commun. Songez à ce que cela représente comme investissement !
Par ailleurs, nul ici n'oublie les engagements - sans doute politiques mais plus encore moraux - pris au regarde de l'état de nos prisons. On peut parler d'atteinte aux droits de l'homme pour ceux qui sont privés de liberté pour avoir commis des délits et des crimes.
Si donc on ajoute aux 14 à 17 milliards d'euros de cadeaux fiscaux les 5 à 6 milliards d'euros de dépenses supplémentaires, on arrive à plus de 20 milliards. Mais comment va-t-on financer ces dépenses fiscales ou budgétaires nouvelles qui font l'objet essentiel de ce débat d'orientation budgétaire ?
La réponse habituelle, celle qui a encore été faire à cette tribune, notamment par M. Bouvard, c'est la réforme de l'Etat et la baisse du nombre des fonctionnaires liée au non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux?
A ce stade, un minimum d'arithmétique est nécessaire. Après M. de Rugy, qui s'y est appliqué sur plusieurs années, je vais m'y essayer sur un an : 35 000 départs à la retraite non remplacés équivalent grosso modo à cinq cents millions d'euros d'économies. Comme le Gouvernement a assorti le non-remplacement des agents de l'Etat qui partaient à la retraite d'un engagement qui est de rendre aux fonctionnaires la moitié des économies réalisées, ce ne sont plus cinq cents millions d'euros que l'on économise mais deux cent cinquante millions. Puis-je rappeler que, rapporté aux vingt milliards d'euros dépensés, cela représente moins de 2% des besoins de financement ?
J'en viens à ma conclusion. Le choix que vous avez fait et qui est le contraire de ce qui était prévu et annoncé va soumettre à des tensions insupportables des secteurs entiers de l'action publique de notre pays, et ce d'autant plus que nous sommes contraints à une certaines discipline budgétaire en raison de nos engagements européens.
Si encore nous avions la certitude que le paquet fiscal allait dans le bon sens et permettait de relancer l'économie et la compétitivité, peut-être pourrait-on prendre ce risque. Mais les plus grands économistes, comme la plupart des instituts de conjoncture, indiquent qu'au contraire vos choix ne vont pas dans la bonne direction. Et ce n'est un secret pour personne qu'y compris dans les rangs de la majorité des inquiétudes se font jour à ce sujet.
Je voulais donc vous alerter à cette tribune sur les risques que font courir vos choix aux finances publiques de notre pays et, à terme, à l'ensemble de nos équilibres économiques.

François Bayrou : "l'accroissement de la dette est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français"

François Bayrou a dénoncé, à l'Assemblée nationale, le report à 2012 du retour à l'équilibre des finances publiques.

Rappelant que cette décision n'avait jamais été annoncée pendant la campagne, François Bayrou a évoqué un "devoir d'alerte dans le domaine politique".

François Bayrou a estimé que l'accroissement de la dette était "une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français".

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues,
en matière sociale, il y a un droit d'alerte. Eh bien, il y a, selon moi, un devoir d'alerte en matière politique.
M. Bouvard vient d'exprimer sa satisfaction de constater que les orientations budgétaires qui ont été arrêtées sont dans le droit fil des propositions annoncées par le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale. Il me semble au contraire que la disposition la plus importante n'avait nullement été abordée pendant la campagne présidentielle.
Dès que vous avez été nommé, vous avez annoncé une "pause" dans la lutte contre le déficit budgétaire. Vous avez ainsi fait savoir à nos partenaires européens qui nous reportions à l'horizon 2012, et non plus 2010, le retour à l'équilibre des finances publiques en France.
Or il n'en avait jamais été question. C'est même le contraire qui avait été dit pendant la campagne présidentielle. Les Français avaient en effet entendu que le déficit et la dette allaient désormais faire l'objet d'une vigilance générale. Les principaux candidats s'étaient tous prononcés en ce sens, souhaitant que l'effort ne soit pas relâché en la matière et qu'une politique de réduction du déficit enfin sérieuse soit menée. Nul n'ignore en effet que la dette financière constitue un risque très important pour la société française.
C'est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français. Nous sommes menacés de voir les prélèvements sur l'activité du pays exploser et, au bout du compte, mettre en cause la compétitivité de l'économie française et donc notre niveau de vie. C'est d'autant plus vrai qu'il y a maintenant une circonstance aggravante. Si pendant des années les taux d'intérêt ont été très bas, nous savons que nous allons inéluctablement entrer dans une période où ils vont être plus hauts, ce qui fait planer une menace bien réelle d'explosion du service des intérêts de la dette.

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Le sujet est d'autant plus brûlant - M. le rapporteur général y fait allusion dans son rapport - que, derrière la dette financière, il en existe une autre, moins apparente, mais encore plus inéluctable : je veux parler de la dette démographique. L'augmentation du nombre des personnes âgées, des retraités, le fait que la génération du baby-boom va atteindre l'âge de la retraite dans les années à venir, tout cela constitue une menace de très grands déséquilibres pour la société française, y compris financier. Nicolas Sarkozy a dit dans le débat entre les deux tours des élections que les retraites étaient financées jusqu'en 2020. Des guillemets s'imposent car nous savons tous qu'il n'en est rien et que nous allons, au contraire, vers des rendez-vous inéluctables.
Monsieur le rapport général, vous avez très souvent et fort justement insisté dans votre rapport sur les marges de manoeuvre, les "surplus durables" que vous avez estimés aux alentours de 10 ou 12 milliards d'euros.
Chacun sait ici que le déficit actuel s'établit à quelques 40 milliards d'euros et connaît le rythme obligatoire de baisse du déficit que nous devons respecter si nous voulons tenir le délai de 2010 ou 2012. M. Bouvard l'a rappelé à l'instant : 15 milliards par an pour 2010 et 10 pour 2012. Cette arithmétique-là est familière à chacun d'entre nous.
Voyons maintenant ce qu'il faudra inscrire en face de ces diminutions obligatoires. Un grand institut de conjoncture a indiqué ce matin que le paquet fiscal allait coûter 14 milliards en 2008 et 17 milliards en année pleine. En outre, un certain nombre d'engagements de dépenses supplémentaires, réitérés avec force tout au long de la campagne électorale, ont également été pris. Permettez-moi d'en citer deux ou trois.
Nicolas Sarkozy s'est ainsi engagé à augmenter de 50% le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui représente actuellement 21 milliards d'euros. Je vous laisse imaginer quel rythme d'augmentation des dépenses il faudra suivre pour atteindre la hausse de 50%.
François Fillon a annoncé de cette tribune, dans son discours de politique générale, qu'il allait lancer un grand plan de désenclavement des cités, notamment en matière de transports en commun. Songez à ce que cela représente comme investissement !
Par ailleurs, nul ici n'oublie les engagements - sans doute politiques mais plus encore moraux - pris au regarde de l'état de nos prisons. On peut parler d'atteinte aux droits de l'homme pour ceux qui sont privés de liberté pour avoir commis des délits et des crimes.
Si donc on ajoute aux 14 à 17 milliards d'euros de cadeaux fiscaux les 5 à 6 milliards d'euros de dépenses supplémentaires, on arrive à plus de 20 milliards. Mais comment va-t-on financer ces dépenses fiscales ou budgétaires nouvelles qui font l'objet essentiel de ce débat d'orientation budgétaire ?
La réponse habituelle, celle qui a encore été faire à cette tribune, notamment par M. Bouvard, c'est la réforme de l'Etat et la baisse du nombre des fonctionnaires liée au non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux?
A ce stade, un minimum d'arithmétique est nécessaire. Après M. de Rugy, qui s'y est appliqué sur plusieurs années, je vais m'y essayer sur un an : 35 000 départs à la retraite non remplacés équivalent grosso modo à cinq cents millions d'euros d'économies. Comme le Gouvernement a assorti le non-remplacement des agents de l'Etat qui partaient à la retraite d'un engagement qui est de rendre aux fonctionnaires la moitié des économies réalisées, ce ne sont plus cinq cents millions d'euros que l'on économise mais deux cent cinquante millions. Puis-je rappeler que, rapporté aux vingt milliards d'euros dépensés, cela représente moins de 2% des besoins de financement ?
J'en viens à ma conclusion. Le choix que vous avez fait et qui est le contraire de ce qui était prévu et annoncé va soumettre à des tensions insupportables des secteurs entiers de l'action publique de notre pays, et ce d'autant plus que nous sommes contraints à une certaines discipline budgétaire en raison de nos engagements européens.
Si encore nous avions la certitude que le paquet fiscal allait dans le bon sens et permettait de relancer l'économie et la compétitivité, peut-être pourrait-on prendre ce risque. Mais les plus grands économistes, comme la plupart des instituts de conjoncture, indiquent qu'au contraire vos choix ne vont pas dans la bonne direction. Et ce n'est un secret pour personne qu'y compris dans les rangs de la majorité des inquiétudes se font jour à ce sujet.
Je voulais donc vous alerter à cette tribune sur les risques que font courir vos choix aux finances publiques de notre pays et, à terme, à l'ensemble de nos équilibres économiques.

22/06/2007

Les consommateurs dénoncent l'"impact négatif historique" de la TVA sociale

L'organisme de défense des consommateurs prévient que deux points de hausse, "c'est six à sept milliards d'euros" par an pour le budget des ménages.

 

 

L'UFC-Que choisir farouchement opposée à toute augmentation de la TVA. L'organisme de défense des consommateurs a prévenu jeudi 21 juin que deux points de hausse, "c'est six à sept milliards d'euros" par an pour le budget des ménages. Le projet de TVA sociale étudié par le gouvernement aurait "un impact négatif historique" pour les consommateurs, a mis en garde Alain Bazot, le président de l'UFC-Que choisir. Une "généralisation" de l'augmentation de la TVA "fait prendre un vrai risque" et constitue une mesure "très inéquitable". Et de citer "des études, y compris des services de Bercy en 2004, (qui) montrent que l'effet inflationniste est là". Une hausse de deux points entraînerait un prélèvement net de plus de six milliards d'euros, alors que les dépenses d'énergies (carburants, électricité et gaz) seraient les plus touchées avec une majoration de "777 millions d'euros par an", selon l'UFC. 

Attention au "piège" 

"Ce n'est pas du dogme, c'est de la réalité", a martelé le président de l'UFC lors d'une conférence de presse, déplorant que les ménages "aient à supporter le poids de la réforme fiscale du gouvernement". Il faut "une remise à plat de la fiscalité dans son ensemble". Rejetant toutes les "contrevérités" des partisans de la TVA sociale, Alain Bazot a écarté l'exemple de l'Allemagne dont le taux de TVA "est passé de 16 à 19%" dans un contexte différent, selon lui. Et à l'échelle de l'Europe, la France se place dans les pays au plus fort taux de TVA. De même, "on ne peut pas considérer que l'augmentation de la TVA sera compensée par une baisse des charges pour les entreprises qui va se répercuter par une baisse des prix", a-t-il ajouté. "Cela ne fonctionne que dans les secteurs à forte main d'oeuvre" et pas dans ceux qui emploient peu de personnels comme l'automobile. Quant à l'"expérimentation" souhaitée mercredi par le président de la République Nicolas Sarkozy, le président de l'UFC prévient qu'"il ne faudrait pas qu'elle soit "un piège", c'est-à-dire "qu'on expérimente une TVA augmentée sur des secteurs où cela pourrait marcher". 

"Risque inflationniste" 

"Nous allons être très attentifs aux secteurs choisis", a assuré Alain Bazot, qui a regretté que son organisation n'ait pas été "conviée" par le gouvernement, auquel elle a communiqué son rapport sur les conséquences d'une augmentation de la TVA. "J'ai envoyé depuis trois semaines le dossier au ministre de l'Economie (Jean-Louis Borloo à l'époque) et au Premier ministre" François Fillon, mais "il faut croire que ce n'est pas la bonne porte et que le sujet sera traité en direct par le président de la République", a-t-il ironisé. Jeudi matin, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copé a reconnu que la TVA sociale comporte un "risque inflationniste". Quant à l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, il juge que cette mesure "probablement portera atteinte au pouvoir d'achat des Français" et estime donc "probable qu'il n'y ait pas de majorité parlementaire pour la TVA sociale".

06/06/2007

Les Statistiques qui trompent: De l'impérative nécessité d'une force parlementaire vigilante et sans oeillères. Le bilan désastreux des opposants "sortants " du PS explique le gommage du mauvais bilan de la majorité sortante!

UMP et PS: De la "publicité mensongère" en politique...

Sur le carnet de campagne de Daniel RIOT

 " Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques."
  (Mark Twain)
" Les avantages du mensonge sont d'un moment, et ceux de la vérité sont éternels ; mais les suites fâcheuses de la vérité, quand elle en a, passent vite, et celles du mensonge ne finissent qu'avec lui".
  (Denis Diderot)
 
 

Pierre LARROUTUROU, délégué national à l’Europe du PS et porte-parole d’Urgence sociale , et Eric HALPHEN, président du comité de parrainage d'ANTICOR ,  publient aujourd’hui dans Libération un article documenté qui, à leurs yeux, démontre que François Fillon et son gouvernement « mentent sur le bilan de l’UMP » en matière de réformes des retraites, de création d’emploi et sur la réalité du projet social annoncé.

« Dans ce livre publié en octobre dernier, François Fillon affirme avec force une exigence de vérité comme préalable à toute réforme conséquente de notre système social. Comme beaucoup, nous partageons ce goût de la vérité », écrivent-ils.

medium_fillon_livre.jpgA condition qu'on lui dise....

« Il y a quelques jours, le parquet a requis une amende de 4,8 millions d’euros contre Carrefour pour publicité mensongère. Il y a quelques jours, la Direction de la concurrence a décidé d’attaquer Sofinco en justice pour publicité mensongère. Faut-il sanctionner les publicités mensongères quand elles concernent des pizzas surgelées ou des produits financiers, mais laisser toujours impunis les politiques qui profèrent des mensonges de plus en plus grossiers? »

Bonne question…

Ils poursuivent : « L’article L.97du code électoral punit d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros «ceux qui, à l’aide de fausses nouvelles ou autres manoeuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages». C’est bien ce que tente de faire François Fillon quand il ment sur les chiffres du chômage, quand il ment sur la réforme des retraites et quand il promet le plein emploi à plein-temps d’ici cinq ans.

Le parquet de Paris vient d’être saisi d’une demande de poursuite de M. Fillon pour diffusion de fausses nouvelles en période électorale. Nous invitons tous les citoyens qui aspirent à plus de vérité dans le débat public à faire de même dans leur département. Si, ici ou là, l’action de la justice est trop lente, elle sera plus rapide ailleurs… Sur ce point, François Fillon a raison, la France peut supporter la vérité »

medium_mensonge_la_bouche_de_la_vérité_Rome.jpg
La bouche de la Vérité, à Rome...

Le problème, c’est que ce type de « démonstration » n’a pas d’impact électoral. Et vient bien tard…La vraie fontaine de la vérité, c'est le suffrage universel. Même si le matrage médiatique nourri  plus de propagande que d'informations font oublier aux électeurs qu'une "vérité officielle n'est pas vraie,mais officielle"...

Le PS n’a pas su démonter la machine à gagner de Sarkozy. Parce que durant cinq ans son opposition a été stérile, inefficace, non construite.

>>>Je ne suis pas expert en analyses statistiques, mais je constate que les « thermomètres » de l’activité économique, financière et sociale de la France ne sont pas crédibles. Seul Bayrou l’a mis en relief en étant trop peu relayé durant sa campagne… Le PS n’a guère insisté parce que lui-même quand il était au gouvernement a triché avec bien des chiffres !

>>>Je constate aussi que le programme économique de Ségolène Royal était aussi  peu crédible en termes de chiffrages que celui que Fillon met en application.

>>>Je constate encore que si la majorité sortante, malgré son bilan plus que mauvais, va être réélue dans un fauteuil, c’est parce que le PS préoccupé par ses soucis internes, ses querelles de personnes,son vide idéologique, ses contradictions tactiques et son impuissance critique n’a pas joué son rôle…

« Publicité mensongère », chez Sarkozy et Fillon ? C’est évident. Ce n’est pas même du ressort de la justice : le mensonge en politique est un art que Leo Strauss (inspirateur des néo-conservateurs américains) a conceptualisé et érigé en vertu…

medium_mensonge_fontaine_de_la_vérité.2.jpgLa fontaine de la Vérité...

Mais « Publicité mensongère », il y a aussi au PS. "Un éléphant, çà trompe énormément", dit l'une des chansonnette de notre enfance...

Non, le parti de M. Hollande n’est pas la force d’opposition que la démocratie exige. Il n’a  été ni crédible ni efficace ces cinq dernières années et il n’est pas crédible dans ses exhortations actuelles. Il a été, selon la formule de Bayrou, « un pouvoir contre » et non un « contre pouvoir ».

Le fait que Ségolène Royal (que Sarkozy, il l’a dit!, rêve de voir en « chef de l’opposition ») appelle ses « camarades » éléphants à renoncer à leurs méthodes d’opposants « frontaux » et systématiques n’y change rien. Ce sont les méthodes de travail du PS et pas seulement la tactique de ce parti sclérosé qu’il faut changer.

Si Sarkozy a été élu, bien que « sortant », si l’UMP va connaître un succès législatif digne du livre des records en dépit du mauvais travail fait depuis cinq ans, c’est parce que le PS n’a pas travaillé du tout ces cinq dernières années. Les opposants aussi doivent être jugés sur leur bilan… Celui du PS est catastrophique.

Pourtant bien des « sortants » socialistes espèrent être réélus. Face à la déferlante bleue n’aurons-nous que l’impuissance rose ? Les enjeux de dimanche sont grands. Et cela, ce n’est pas de la « publicité mensongère »...

Daniel RIOT

15/05/2007

Les scandales des "parachutes dorés"

Europe : Des affaires trop françaises

Editorial RELATIO par Daniel RIOT

EADS ! Je me souviens de son lancement à Strasbourg. Avec un Jean-Luc Lagardère légitimement fier de son « enfant ». Avec de belles promesses qui seront en grande partie tenues. Un grand événement, pour l’Europe, pour l’industrie européenne : une marque du génie entreprenarial européen, le signe d’une Europe puissance décidée à ne pas laisser aux Américains le monopole de l’industrie du futur. Las…

D’entrée, dans un éditorial du jour, j’affirmais un regret : que cette entreprise ne soit pas vraiment « communautaire » et repose sur un montage public-privé bien complexe, avec des accords de coopération inter-étatiques qui ne s’inscrivaient pas dans une réelle politique industrielle européenne. Vieux réflexe chez moi : je reste un partisan acharné de la « méthode Monnet », de « l’esprit CECA », de cette vision communautaire qui manque tant à la construction européenne.

Mais comment ne pas se réjouir de cette entreprise « exemplaire » ? D’ailleurs, les résultats spectaculaires ne se sont pas fait attendre. Tant que les industriels misaient plus sur l’industrie que sur les jeux financiers et tant que les Etats concernés jouaient le jeu de l’intérêt général…et supérieur. Las…

Aujourd’hui, bonjour les dégâts. Et les scandales. Celui d’une gestion déplorable. Celui d’un bel instrument cassé. Celui d’un espoir européen brisé. Et ceux des « parachutes dorés » inadmissibles, surtout si on les met en parallèle avec les détresses humaines entraînées par les 10 000 suppressions d’emploi….

Qu’est-ce qu’on fait ? On en rit, ou en pleure ? Le suffrage universel,en France, d’une certaine façon ou plutôt d’une manière certaine, vient  de ratifier ces pratiques, ces mœurs, ces scandales… Alors ? Constats d’impuissance ! Qu’au moins la vérité éclate, au-delà des déclarations officielles, des démentis et des assurances électoralistes.

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18/04/2007

Avec la droite progressiste et la gauche réformiste

François Bayrou : "Mon projet est plus social que celui du PS, moins dur que celui de l'UMP !"

François Bayrou était l'invité de Jean-Michel Apathie sur RTL ce matin. L'occasion pour de revenir sur sa candidature d'ouverture. Les contacts avec Michel Rocard. La revalorisation du SMIC. Il a avancé ses mesures sociales qu'il estime valoir largement celles du parti socialiste. Il s'en est pris à Nicolas Sarkozy qui propose une société bien trop dure pour que les Français l'acceptent docilement. C'est pour ces raisons que François Bayrou croit fermement en la victoire le 6 mai après avoir passé l'obstacle du premier tour.

François Bayrou se refuse à toute augmentation brutale du salaire minimum, le SMIC. Une hausse brutale ferait, selon lui, chuter l'emploi. Dans un pays où le chômage est une plaie qui touche toutes les familles, ce n'est certes pas très indiqué. La véritable question qui se pose au pays, c'est la « smicardisation » des emplois. Il est nécessaire de sortir de ce piège. C'est la raison pour laquelle François Bayrou propose à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, l'embauche de deux personnes en contrat à durée déterminée. Des emplois dont les charges ne pèseraient plus sur l'entreprise.

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Le candidat à l'élection présidentielle préconise également un rééchelonnement des salaires. Aujourd'hui, l'échelle des salaires n'est plus valable. La candidate du parti socialiste propose une hausse du salaire minimum à mille cinq cents euros en 2012. Ce qui correspondrait à la hausse naturelle. Il n'y a donc là qu'un effet d'annonce qui ne peut que perturber les électeurs. Cependant, François Bayrou n'a pas de vision fermée. Dans le projet d'espoir qu'il présente aux Français, nombre des mesures qu'il contient sont fermement d'essence sociale. Revaloriser le minimum vieillesse afin de ne plus laisser les personnes âgées dans la situation indigne dans laquelle elles se trouvent.

Il est important que ces gens retrouvent une dignité. Lutter contre l'exclusion, en proposant une activité universelle à destination des bénéficiaires des minimas sociaux est aussi un pas en avant dans cette voie de la dignité retrouvée. Concentrer tous les moyens possibles sur l'éducation et la recherche ressort d'une vision bien plus éminemment sociale que bien des propositions du parti socialiste. Il s'agit en fait de retrouver pour chacun une place dans la société, en dehors de toute question de clivage politicien d'un autre âge.

Pour le député des Pyrénées-Atlantiques, la droite qui se disait républicaine a perdu tout sens de l'équilibre. Avec Jacques Chirac, elle avait su tracer des frontières nettes entre elle et les extrêmes qui la bordaient. Avec Nicolas Sarkozy, ces points de passage visent à s'estomper. On aboutit à un projet de société extrêmement dure, non seulement dangereux pour demain, mais également dans le futur. Nicolas Sarkozy a fait un choix dangereux pour la France. Diviser plutôt que rassembler, voilà l'essence de ce que propose aux Français le candidat de l'UMP. François Bayrou désapprouve fermement ces orientations. Alors qu'il a fondé toute sa propre action sur le rassemblement de toutes les forces du pays.

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François Bayrou prend l'exemple d'une visite de Nicolas Sarkozy chez Jean-François Copé dans sa bonne ville de Meaux. Il était parti rencontrer une centaine de jeunes. Il aura fallu pas moins de trois cent vingt-six policiers, gendarmes, agents de la CRS pour la simple protection d'un candidat en campagne dans une ville qui n'est pas réputée pour sa dangerosité. Voilà à quoi il faut s'attendre si Nicolas Sarkozy est élu. C'est en tous les cas aujourd'hui, avant même le futur qui s'annonce encore plus dur, le signe d'une société qui va mal. Il est urgent, vital, fondamental de sortir de l'affrontement généralisé qui monte jusque dans les plus hautes sphères de l'Etat.

Toutes ces raisons expliquent pourquoi François Bayrou propose un rassemblement de tout le peuple français. Il l'a redit hier à Lille sur les terres du Général de Gaulle, devant plus de six mille personnes. Il ne veut plus se contenter d'être spectateur des dérives de la société française. Il souhaite agir pour qu'enfin, toutes ces clefs que chacun détient en soi déverrouille le système mis en place par l'UMP et le PS. Cependant qu'il ne veut exclure personne de ces partis. Ainsi François Goulard, ancien ministre de la Recherche l'a rejoint. Michel Rocard, ancien premier Ministre, a dîné avec François Bayrou, dans le cadre de relations politiques et d'amitié longue. Michel Rocard était déjà présent aux Universités d'Eté du mouvement en septembre dernier.

Dans une démocratie apaisée, celle que souhaite François Bayrou, il n'y a rien que de très normal de rencontrer les grandes consciences de ce pays pour se préparer au mieux à la tâche difficile de gérer les affaires de ce pays. Le mur se fissure, ce mur qu'on disait infranchissable entre droite et gauche. Enfin la gauche réformiste rejoint la droite modérée avec le centre pour former une plateforme de gouvernement stable et homogène. Des millions de Français veulent que cela change. Comme jamais personne n'a réussi quelque chose tout seul, il est indispensable de réunir toutes les bonnes volontés pour relever les défis qui sont devant nous.

RTL

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17/04/2007

Michel Camdessus apporte son soutien à François Bayrou

L'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Michel Camdessus, apporte son soutien à François Bayrou.

"N'engageant que moi-même, j'estime que François Bayrou est le mieux en mesure de pouvoir dire aux Français et aux Européens qui attendent cela avec impatience : la France réunie est de retour ! ", écrit le gouverneur honoraire de la Banque de France.

Il estime que les positions des trois principaux candidats "sont plus proches que jamais sur les principaux sujets". "C'est heureux car pour repartir de l'avant, la France a un impérieux besoin de réformes. Celles-ci sont trop fondamentales pour pouvoir être réussies droite contre gauche, gauche contre droite. Elles exigent un véritable "sursaut" de tout le pays rassemblé", ajoute-t-il.

"Les études d'opinion indiquent cependant qu'aucun des candidats ne pourra gouverner et réformer sans le soutien au moins de l'un des deux autres", dit-il, regrettant que "la principale candidate de gauche et le principal candidat de droite fassent mine de l'ignorer".

"François Bayrou, en revanche, se dit prêt à saisir cette chance et à s'attacher à effacer cette ligne de démarcation, ce mur, entre la droite et la gauche dont les Français ne veulent plus", relève M. Camdessus.

11/04/2007

Pour redonner le moral aux Français, il faut moraliser la vie publique

 Politique et justice, indemnités des patrons déchus, lutte contre les patrons voyous » et les « grands fraudeurs » ...

Des engagements précis de François Bayrou qui tranchent avec les pratiques  menées ou encouragées ces dernières années par la droite et par la gauche…

De deux choses l’une…

Soit les infos du Canard enchaîné sur un accord secret Sarkozy-Chirac sur une amnistie déguisée pour le Président sortants sont vraies, complètement ou partiellement, et c’est grave. Les démentis donnés sur le ton de la haine, du mépris ou de l’ironie ajoutent même à la gravité des choses…

Soit elles sont fausses. Et dans ce cas ce ne sont pas des démentis que l’on doit attendre mais des poursuites judiciaires. Le droit de la presse implique des obligations pour tous les journaux, y compris ceux dites « humoristiques »…Et la liberté d’expression a des limites. La gravité des choses exige des clarifications plus nettes que les phrases du style « C’est grotesque, blessant, mensonger »…

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« QUE L’ON SOIT PUISSANT OU MISERABLE »

Dans ces conditions, François Bayrou a raison de réagir comme il a réagi (contrairement à Ségolène Royal toujours très distraite sur ce qui fait remettre en cause un système dont le PS est co-profiteur depuis 25 ans…)

"Si c'est vrai, c'est évidemment inacceptable. Si les puissants s'entendent entre eux pour qu'il n'y ait pas de suite à des dossiers dont tout le monde sait qu'ils sont engagés depuis longtemps, et dont on connaît la gravité, c'est quelque chose que les Français n'accepteront pas.

Moi élu Président, les procédures seront organisées normalement et elles iront à leur terme.

La justice doit être indépendante et tous doivent être égaux devant la justice, qu'ils soient puissants ou misérables. Il faut avoir ce respect pour les humbles, que les puissants soient eux aussi soumis à la loi. Les petits fraudeurs, on les poursuit avec sévérité, mais les gros fraudeurs, il y a pour eux un traitement spécial, y compris amical. Bernard Tapie soutient Nicolas Sarkozy, tout va bien et personne ne s'en étonne!"

QUELQUE 12 MILLIONS D’€ DE PRIME DE DEPART !

Autre affaire, autre « sale affaire », autre scandale révélateur de dysfonctionnements inadmissibles et d’injustices qui font devraient faire hurler : les indemnités (légales !) reçues par les dirigeants de grosses entreprises (nommés souvent sous influences politiques)… Les PDG justifient toujours les sommes qu'ils touchent par les risques qu'ils prennent. Or, dans le cas de Noël Forgeart, son départ est lié à son échec dans la gestion d'Airbus. Il est, en plus, soupçonné de délit d'initié lorsqu'il a réalisé une plus-value de 2,5 millions d'euros en levant ses stock-options. Au total, il a touché 11à 12 millions d'euros. Forgeart donne l'impression d'être au-dessus des lois. Aucune sanction, aucune mesure ne pourront être prises à son égard parce que tout cela est légal.

Noël Forgeart (il est ni le premier et ni le dernier si rien ne change) illustre de façon paroxystique plus que scandaleuse le contraste  entre les sorts  des PDG, forts de privilèges indécents,  et leurs salariés, traités avec cynisme et légèreté, avec inhumanité et indignité. En pleine crise, aucun salarié d'Airbus n'aurait pu bénéficier des avantages qui lui ont été accordés. Il a obtenu un préavis de six mois et conserve ses stock-options. Si l'action EADS grimpe, il pourra les encaisser…

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Aux Etats-Unis, un patron qui doit quitter ses fonctions à la suite d’une mauvaise gestion ou d’erreur de stratégie part avec zéro dollars en poche. Et quand il y a manque de transparence ou soupçons de malversations, la justice est saisie…

Nos hyper-capitalistes hexagonaux voudraient donc les avantages du système américains sans en subir les contre parties !

Oui à la loi proposée par Bayrou : il est plus que  temps…La droite ne l’a pas fait. La gauche non plus.

Il ne s’agit pas de crier au scandale et de verser des larmes de circonstances, comme le fait aujourd’hui Ségolène Royal, sur le contraste entre les hyper-nantis et les malheurs des salariés malmenés. Il s’agit de prendre des mesures efficaces : en l’occurrence cela passe par une loi !

NON AU CAPITALISME DE CONNIVENCE ET D’OPACITE

« Il n'y a pas un jour sans qu'on apprenne des informations troublantes sur la manière dont les hauts dirigeants d'entreprise se voient attribuer des sommes incroyables, qu'aucun salarié ne peut même imaginer dans ses rêves les plus fous. Il n'est plus possible de voir se multiplier les scandales, les indemnités qui peuvent atteindre des millions d'euros. Cela choque infiniment et nuit à l'image de l'entreprise », a précisé François Bayrou

« Cette loi obligera à la transparence dans la vie économique, à la prise de décision en assemblée générale, au lieu d'avoir ce capitalisme de connivence, d'opacité où tout se décide au sein d'un petit groupe", a-t-il ajouté en estimant : « Nombre de grands chefs d'entreprise n'acceptent pas cette idée(…) mais ils se trompent car ce qui est en train de se passer nuit considérablement à l'image de l'entreprise ». « Il faut que l'Etat fasse ce qu'il faut pour que la vie économique de notre pays ne soit plus ainsi constamment soupçonnée »

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Ces déclarations de François Bayrou ne sont pas dictées par l’actualité du moment… Elle relève de ce qu’il appelle la social-économie et la démocratie sociale. Elles sont à mettre en convergence avec, entre autres, les engagements pris dans le Nord, mardi, par le candidat de « l’extrême centre » pour pénaliser les entreprises qui jouent à l’accordéon avec les emplois non le bien de leur entreprise ou pour faire face aux aléas de la conjoncture mais pour leur seul profit.

Pour redonner le moral aux français, il faut moraliser la vie publique : c’est un IMPERATIF et un préalable au redressement da la France.

DR

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