12/09/2007

Bayrou veut constitutionnaliser les rapports entre médias et pouvoir


 

"Le pouvoir tout puissant est une tentation perpétuelle pour ceux qui nous gouvernent", a expliqué le leader centriste devant la commission Balladur.

François Bayrou (Reuters)

François Bayrou (Reuters)

 

L'ex-candidat centriste à la présidentielle, François Bayrou, a proposé, mardi 11 septembre, à la commission Balladur que les risques de "concentration excessive des médias" et des "rapports non maîtrisés entre les médias et l'Etat" soient mentionnés dans la Constitution.
"Il est nécessaire que la Constitution s'intéresse aux relations entre le pouvoir politique et le pouvoir médiatique", a déclaré le président du Mouvement démocrate (MoDem) lors de son audition devant la commission présidée par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur sur la réforme des institutions.
"Le pouvoir tout puissant est une tentation perpétuelle pour ceux qui nous gouvernent. Ils se trompent", a souligné François Bayrou, qui a réuni 18,57% des voix au premier tour en s'en prenant tout particulièrement à TF1, lors de sa campagne. "Ceci est un facteur de régression et non pas un facteur de progrès".

Sans "influence directe ou indirecte de l'Etat"

Invité à préciser la rédaction de ce nouvel article de la Constitution, François Bayrou a expliqué qu'il devrait préciser que "les médias doivent développer leur action sans être soumis à l'influence directe ou indirecte de l'Etat".
Lors de son audition devant les 13 membres de la commission Balladur, le leader centriste a, en outre, plaidé pour "un régime présidentiel équilibré", reprenant les propositions qu'il avait développées pendant sa campagne.

20/07/2007

François Bayrou : "l'accroissement de la dette est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français"

François Bayrou a dénoncé, à l'Assemblée nationale, le report à 2012 du retour à l'équilibre des finances publiques.

Rappelant que cette décision n'avait jamais été annoncée pendant la campagne, François Bayrou a évoqué un "devoir d'alerte dans le domaine politique".

François Bayrou a estimé que l'accroissement de la dette était "une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français".

Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues,
en matière sociale, il y a un droit d'alerte. Eh bien, il y a, selon moi, un devoir d'alerte en matière politique.
M. Bouvard vient d'exprimer sa satisfaction de constater que les orientations budgétaires qui ont été arrêtées sont dans le droit fil des propositions annoncées par le candidat Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale. Il me semble au contraire que la disposition la plus importante n'avait nullement été abordée pendant la campagne présidentielle.
Dès que vous avez été nommé, vous avez annoncé une "pause" dans la lutte contre le déficit budgétaire. Vous avez ainsi fait savoir à nos partenaires européens qui nous reportions à l'horizon 2012, et non plus 2010, le retour à l'équilibre des finances publiques en France.
Or il n'en avait jamais été question. C'est même le contraire qui avait été dit pendant la campagne présidentielle. Les Français avaient en effet entendu que le déficit et la dette allaient désormais faire l'objet d'une vigilance générale. Les principaux candidats s'étaient tous prononcés en ce sens, souhaitant que l'effort ne soit pas relâché en la matière et qu'une politique de réduction du déficit enfin sérieuse soit menée. Nul n'ignore en effet que la dette financière constitue un risque très important pour la société française.
C'est une épée de Damoclès au-dessus de la tête des Français. Nous sommes menacés de voir les prélèvements sur l'activité du pays exploser et, au bout du compte, mettre en cause la compétitivité de l'économie française et donc notre niveau de vie. C'est d'autant plus vrai qu'il y a maintenant une circonstance aggravante. Si pendant des années les taux d'intérêt ont été très bas, nous savons que nous allons inéluctablement entrer dans une période où ils vont être plus hauts, ce qui fait planer une menace bien réelle d'explosion du service des intérêts de la dette.

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Le sujet est d'autant plus brûlant - M. le rapporteur général y fait allusion dans son rapport - que, derrière la dette financière, il en existe une autre, moins apparente, mais encore plus inéluctable : je veux parler de la dette démographique. L'augmentation du nombre des personnes âgées, des retraités, le fait que la génération du baby-boom va atteindre l'âge de la retraite dans les années à venir, tout cela constitue une menace de très grands déséquilibres pour la société française, y compris financier. Nicolas Sarkozy a dit dans le débat entre les deux tours des élections que les retraites étaient financées jusqu'en 2020. Des guillemets s'imposent car nous savons tous qu'il n'en est rien et que nous allons, au contraire, vers des rendez-vous inéluctables.
Monsieur le rapport général, vous avez très souvent et fort justement insisté dans votre rapport sur les marges de manoeuvre, les "surplus durables" que vous avez estimés aux alentours de 10 ou 12 milliards d'euros.
Chacun sait ici que le déficit actuel s'établit à quelques 40 milliards d'euros et connaît le rythme obligatoire de baisse du déficit que nous devons respecter si nous voulons tenir le délai de 2010 ou 2012. M. Bouvard l'a rappelé à l'instant : 15 milliards par an pour 2010 et 10 pour 2012. Cette arithmétique-là est familière à chacun d'entre nous.
Voyons maintenant ce qu'il faudra inscrire en face de ces diminutions obligatoires. Un grand institut de conjoncture a indiqué ce matin que le paquet fiscal allait coûter 14 milliards en 2008 et 17 milliards en année pleine. En outre, un certain nombre d'engagements de dépenses supplémentaires, réitérés avec force tout au long de la campagne électorale, ont également été pris. Permettez-moi d'en citer deux ou trois.
Nicolas Sarkozy s'est ainsi engagé à augmenter de 50% le budget de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui représente actuellement 21 milliards d'euros. Je vous laisse imaginer quel rythme d'augmentation des dépenses il faudra suivre pour atteindre la hausse de 50%.
François Fillon a annoncé de cette tribune, dans son discours de politique générale, qu'il allait lancer un grand plan de désenclavement des cités, notamment en matière de transports en commun. Songez à ce que cela représente comme investissement !
Par ailleurs, nul ici n'oublie les engagements - sans doute politiques mais plus encore moraux - pris au regarde de l'état de nos prisons. On peut parler d'atteinte aux droits de l'homme pour ceux qui sont privés de liberté pour avoir commis des délits et des crimes.
Si donc on ajoute aux 14 à 17 milliards d'euros de cadeaux fiscaux les 5 à 6 milliards d'euros de dépenses supplémentaires, on arrive à plus de 20 milliards. Mais comment va-t-on financer ces dépenses fiscales ou budgétaires nouvelles qui font l'objet essentiel de ce débat d'orientation budgétaire ?
La réponse habituelle, celle qui a encore été faire à cette tribune, notamment par M. Bouvard, c'est la réforme de l'Etat et la baisse du nombre des fonctionnaires liée au non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux?
A ce stade, un minimum d'arithmétique est nécessaire. Après M. de Rugy, qui s'y est appliqué sur plusieurs années, je vais m'y essayer sur un an : 35 000 départs à la retraite non remplacés équivalent grosso modo à cinq cents millions d'euros d'économies. Comme le Gouvernement a assorti le non-remplacement des agents de l'Etat qui partaient à la retraite d'un engagement qui est de rendre aux fonctionnaires la moitié des économies réalisées, ce ne sont plus cinq cents millions d'euros que l'on économise mais deux cent cinquante millions. Puis-je rappeler que, rapporté aux vingt milliards d'euros dépensés, cela représente moins de 2% des besoins de financement ?
J'en viens à ma conclusion. Le choix que vous avez fait et qui est le contraire de ce qui était prévu et annoncé va soumettre à des tensions insupportables des secteurs entiers de l'action publique de notre pays, et ce d'autant plus que nous sommes contraints à une certaines discipline budgétaire en raison de nos engagements européens.
Si encore nous avions la certitude que le paquet fiscal allait dans le bon sens et permettait de relancer l'économie et la compétitivité, peut-être pourrait-on prendre ce risque. Mais les plus grands économistes, comme la plupart des instituts de conjoncture, indiquent qu'au contraire vos choix ne vont pas dans la bonne direction. Et ce n'est un secret pour personne qu'y compris dans les rangs de la majorité des inquiétudes se font jour à ce sujet.
Je voulais donc vous alerter à cette tribune sur les risques que font courir vos choix aux finances publiques de notre pays et, à terme, à l'ensemble de nos équilibres économiques.

15/05/2007

Les scandales des "parachutes dorés"

Europe : Des affaires trop françaises

Editorial RELATIO par Daniel RIOT

EADS ! Je me souviens de son lancement à Strasbourg. Avec un Jean-Luc Lagardère légitimement fier de son « enfant ». Avec de belles promesses qui seront en grande partie tenues. Un grand événement, pour l’Europe, pour l’industrie européenne : une marque du génie entreprenarial européen, le signe d’une Europe puissance décidée à ne pas laisser aux Américains le monopole de l’industrie du futur. Las…

D’entrée, dans un éditorial du jour, j’affirmais un regret : que cette entreprise ne soit pas vraiment « communautaire » et repose sur un montage public-privé bien complexe, avec des accords de coopération inter-étatiques qui ne s’inscrivaient pas dans une réelle politique industrielle européenne. Vieux réflexe chez moi : je reste un partisan acharné de la « méthode Monnet », de « l’esprit CECA », de cette vision communautaire qui manque tant à la construction européenne.

Mais comment ne pas se réjouir de cette entreprise « exemplaire » ? D’ailleurs, les résultats spectaculaires ne se sont pas fait attendre. Tant que les industriels misaient plus sur l’industrie que sur les jeux financiers et tant que les Etats concernés jouaient le jeu de l’intérêt général…et supérieur. Las…

Aujourd’hui, bonjour les dégâts. Et les scandales. Celui d’une gestion déplorable. Celui d’un bel instrument cassé. Celui d’un espoir européen brisé. Et ceux des « parachutes dorés » inadmissibles, surtout si on les met en parallèle avec les détresses humaines entraînées par les 10 000 suppressions d’emploi….

Qu’est-ce qu’on fait ? On en rit, ou en pleure ? Le suffrage universel,en France, d’une certaine façon ou plutôt d’une manière certaine, vient  de ratifier ces pratiques, ces mœurs, ces scandales… Alors ? Constats d’impuissance ! Qu’au moins la vérité éclate, au-delà des déclarations officielles, des démentis et des assurances électoralistes.

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05/04/2007

LE POINT SUR LE PROGRAMME FISCAL ET SOCIAL-ECONOMIQUE

Bayrou : "Pour une

  

réforme de fond

  

sur les retraites"

 

UN ARTICLE DE JOAN CHEMLA ET MARIE-CHRISTINE SONKIN (Le Journal des Finances) .
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Photo François Bouchon / Le Figaro
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Dans une interview accordée au "Journal des Finances" à paraître ce vendredi, le candidat de l'UDF expose les grandes lignes de son programme fiscal et économique. Extraits.
Quelles mesures envisagez-vous pour assurer le financement des retraites par répartition ?
François Bayrou : La réforme des retraites est obligatoire quel que soit le gouvernement. Je suis pour une réforme de fond et je la soumettrai au référendum des Français. Je le dis à l’avance : tout le monde aura la possibilité de s’exprimer sur ce grand sujet. Voici les principes de la réforme. Premièrement, une retraite qui adapte à la retraite actuelle les principes d’une retraite complémentaire à points. Ainsi, chacun des Français, à partir de l’âge légal qui ouvre le droit au départ à la retraite, pourra connaître exactement le montant de ses pensions et leur évolution et choisir si la pension est suffisante ou s’il doit prolonger son activité. Je demanderai qu’on prenne en compte la réalité de la vie, c’est-à-dire la pénibilité du travail, ou la prise en compte du temps passé à élever ses enfants.
Faut-il réformer le régime des stock-options ?
L’existence d’un régime fiscal dérogatoire applicable aux stock-options semble de plus en plus difficilement défendable : il est de plus en plus difficile d’expliquer aux Français pourquoi les stock-options ne sont pas assujetties aux cotisations sociales, à la CSG ou à la CRDS selon les mêmes règles que les autres revenus. Sur un plan plus technique, je suis convaincu que les opérations relatives aux stock-options doivent être plus clairement retracées dans les documents comptables. Les actionnaires doivent pouvoir suivre en toute transparence les distributions d’actions ; sur ce point, nous devons regarder de très près les évolutions qui ont été conduites aux Etats-Unis.
Faut-il modifier l’ISF et comment ? Comptez-vous notamment alléger l’imposition de la résidence principale ?
Ma philosophie sur ce sujet est assez simple : je suis favorable à une assiette large mais à taux très réduit, de l’ordre de 1 pour 1.000. Après avoir beaucoup consulté et beaucoup lu d’observations sur le champ de l’assiette, j’estime qu’il ne faut pas y intégrer l’outil de travail et les oeuvres d’art. Enfin, pour inciter les contribuables à ne pas sous-évaluer leur patrimoine et à le déclarer, ils pourraient voir l’impôt sur leurs plusvalues ou leurs droits de succession être allégé en contrepartie d’une déclaration sincère. Nous n’aurions alors plus besoin de ces hypocrisies et de ces manoeuvres que sont, par exemple, le bouclier fiscal, qui consiste à exonérer les plus riches de l’impôt sur la fortune et à maintenir cet impôt sur la fortune pour les catégories intermédiaires.