25/06/2007

Réforme des universités : Sarkozy se donne du temps

Reçue à l'Elysée, la Conférence des présidents d'université annonce que le texte, qui devait être examiné mercredi en Conseil des ministres, est repoussé d'une semaine.

 


(c) Reuters

 

La réforme sur l'autonomie des universités ne sera pas à l'ordre du jour du Conseil des ministres de mercredi, a déclaré Jean-Pierre Finance, premier vice-président de la Conférence des présidents d'université, lundi 25 juin, à l'issue d'un entretien avec Nicolas Sarkozy.

Le projet de loi sera examiné "vraisemblablement mercredi prochain" (4 juillet) en Conseil des ministres, a précisé David Martinon, porte-parole de l'Elysée, en expliquant que "le président de la République souhaitait voir les principales parties prenantes à la réforme" et "en tirer les conclusions" avant de présenter le texte au Conseil d'Etat.
Nicolas Sarkozy, accompagné du Premier ministre François Fillon et de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, reçoit lundi et mardi les représentants d'une communauté universitaire qui se cabre contre ce projet de loi.
Elle dénonce notamment la volonté de l'exécutif d'imposer au pas de charge une réforme qu'elle conteste sur le fond.
Mardi, les fédérations de personnels et d'enseignants-chercheurs seront reçues à 17h00 à l'Elysée, les organisations étudiantes suivront à 18h00.

 

24/06/2007

Carte judiciaire: Les risques d'un "désert judiciaire"

Alors que le conflit engagé par les avocats contre la suppression de juridictions s'étend, "Le Figaro" dévoile la liste des tribunaux menacés.

Précisions: Le directeur de cabinet du Garde des Sceaux, Michel Dobkine, a ''formellement'' démenti samedi ''les informations parues dans la presse, selon lesquelles il existerait un schéma préétabli de réforme de la carte judiciaire''. ''Aucun schéma de réorganisation des juridictions ne sera arrêté avant que la concertation n'ait été menée'', précise-t-il dans un communiqué.

Rappel: Le garde des Sceaux, Rachida Dati, a réaffirmé hier à Bobigny, comme elle l'avait indiqué au Figaro, son projet de réorganisation des juridictions : « La réforme de la carte judiciaire se fera de façon progressive à partir du 1er janvier » mais de manière ni « mécanique » ni « géométrique ». Hier, la Conférence des bâtonniers a mis en garde contre les risques de « désert judiciaire. » Les chefs des cours d'appel seront réunis mercredi prochain pour engager la concertation.

Selon le Figaro, les principes retenus sont les suivants :

Les cours d'appel :

La théorie est simple : une cour d'appel par région administrative. En pratique, les cours de Paris et de Versailles, en Ile-de-France, ne sont pas concernées, ni celle de Chambéry, en Rhône-Alpes. La Chancellerie envisage de supprimer quatre cours d'appel : Metz, Bourges, Agen et Nîmes. L'avenir de deux autres est en suspens : Pau et Grenoble qui seraient intégrées à celles de Bordeaux et Lyon.

Concernant celle de Pau se pose le problème d'une très grande distance entre les tribunaux pyrénéens et la capitale de l'Aquitaine. Pour Grenoble, les services du ministère soulignent l'importance du bassin de population et la lourde charge pesant déjà sur la cour d'appel de Lyon. Grenoble a donc, aujourd'hui, toutes les chances de subsister.

La suppression de cours d'appel aura pour conséquence de « verser » les tribunaux de grande instance concernés sur d'autres cours. Concernant par exemple la cour de Nîmes, les tribunaux de Lozère et du Gard appartiendraient désormais à la cour de Montpellier, ceux du Vaucluse à la cour d'Aix-en-Provence et ceux d'Ardèche à la cour de Lyon ou Grenoble.

Les tribunaux :

Le principe est, en théorie, le même : un tribunal de grande instance par département. De très nombreux TGI sont ainsi appelés à disparaître : Belley, Dinan, Mende, Millau et Riom qui rendent moins de 1 000 décisions par an. Mais aussi Libourne, Bergerac, Thionville, Péronne ou encore Alès... Ce principe pourrait toutefois être remis en cause dans certains départements très peuplés. Dans l'Hérault, Montpellier et Béziers seraient ainsi tous deux maintenus.

Pour pallier la disparition de certains tribunaux, la Chancellerie envisage « des audiences foraines » avec des magistrats se rendant à intervalles réguliers dans les juridictions disparues. Il est aussi prévu de ne maintenir qu'un seul conseil de prud'hommes par département. Chaque conseil serait ainsi la base d'un « pôle social » qui reste encore à définir.

Plusieurs élus, notamment des maires, sont très attachés à l'activité judiciaire de leurs villes et le sujet risque fort de faire irruption dans la campagne des municipales de 2008.

Les avocats :

Aujourd'hui, les avocats sont organisés par barreaux, rattachés aux différents tribunaux de grande instance. La disparition de certaines juridictions entraînera de facto la disparition des barreaux afférents. En forme de compensation, la Chancellerie envisage de donner aux avocats une compétence élargie : n'importe quel avocat pourrait plaider normalement quel que soit le lieu de la juridiction.

Les avocats soulignent cependant les problèmes d'éloignement que va poser la réforme, certains devant parcourir des dizaines de kilomètres pour assister des clients, parfois en pleine nuit. Quelques-uns évoquent déjà des dangers pour les droits de la défense.

La numérisation :

Elle est l'élément fondamental de la future carte judiciaire. Il s'agit en substance de numériser l'ensemble des procédures judiciaires. L'objet est de mettre à disposition instantanément tous les actes de procédure à l'ensemble des personnes concernées par un dossier.

Le système informatique suppose donc une mise en relation directe entre les magistrats d'un même tribunal et d'une même cour d'appel mais également avec les autres juridictions et avec la Chancellerie. Il suppose également une connexion avec l'ensemble des cabinets d'avocats sur le territoire français.

Ce chantier informatique considérable engagé sous le gouvernement précédent se heurterait déjà à de graves difficultés. Il est pourtant le pilier de la nouvelle géographie judiciaire.

L'immobilier :

Il pose un autre problème majeur. Tout d'abord : comment intégrer les personnels (magistrats, greffiers et agents administratifs) venus de tribunaux supprimés dans des palais de justice déjà surchargés ? La question de la place est d'ores et déjà posée. Ensuite, que faire des bâtiments abandonnés ? La Chancellerie, pour les palais dont elle est propriétaire, envisage clairement une vente sur un modèle qui pourrait s'inspirer des casernes militaires après l'abolition de la conscription.

Les enjeux de la réforme de la carte judiciaire

Voici un résumé des enjeux de la carte judiciaire, que le gouvernement s'apprête à réformer.

Actuelle carte judiciaire
L'organisation géographique de la justice, communément appelée "carte judiciaire", repose actuellement sur la répartition à travers le pays, DOM-TOM inclus, de 35 cours d'appel et 181 tribunaux de grande instance (TGI).
Ce découpage du territoire - qui se décline aussi en 185 tribunaux de commerce, 275 conseils de prud'hommes, 475 tribunaux d'instance et de police, autant de tribunaux de proximité - n'a pas été révisé depuis 1958.

Partisans de la réforme
Les partisans d'une réforme estiment que la carte n'est plus adaptée à l'évolution démographique de la France, certains tribunaux subsistant en l'état dans des zones qui se sont dépeuplées alors que d'autres manquent de moyens avec l'afflux de nouveaux habitants.
L'idée de la réforme, si elle est conforme au programme de l'UMP pendant la campagne présidentielle, serait d'adapter le nombre de cours d'appel à celui des régions administratives (22 en métropole) et de ne maintenir qu'un TGI par département.

Opposants à la réforme
Certains avocats redoutent particulièrement un redécoupage susceptible de supprimer des barreaux et d'obliger les avocats à des déplacements plus longs et plus coûteux pour aller plaider.
Par exemple, les 48 avocats du barreau de Cusset-Vichy (Allier) craignent de faire les frais d'une révision de la carte judiciaire qui pourrait aboutir à la suppression d'un des trois TGI de l'Allier: Moulins, Cusset-Vichy et Montluçon.

De leur coté, la plupart des élus locaux des villes concernées sont évidemment hostiles. Pour des raisons économiques évidentes, par peur d'un affaiblissement d'autres services et orrganismes  publics qui obéiraient aux mêmes critères.

Cette question est à resituer dans le cadre d'un aménagement et de la vitalité des territoires. Dans une France de plus en plus urbanisée, faut-il favoriser le développement des grandes villes au détriment des villes moyennes, avec toutes les conséquences (sécurité, transports, prix de l'immobilier, environnement....)

Remarque annexe: n'y a-t-il pas d'autres priorités pour améliorer le fonctionnement de la Justice?

22/06/2007

Repenser l'art de gouverner

Sur le Blog des Conférences de Citoyens de Strasbourg, une analyse du journaliste suisse, Jacques PILET:les paradoxes du neo-bonapartisme à la française....>>>>>>>>>

L'épreuve des faits...

Le billet de Chantal Cutajar

On peut apprécier les qualités de tacticien de  Sarkozy, éclatantes  dans son art de piller  quelques idées du Modem, (partiellement et sans en respecter l'esprit), dans son "casting" gouvernemental, (même si la parité promise entre femmes et hommes n'est pas au rendez-vous et si le cabinet n'est pas aussi restreint qu'annoncé) ou dans sa manière de "secouer" sa propre majorité (surtout en Alsace où elle se sent "cocufiée" par la nomination de Jean-Marie Bockel)

"Chapeau Sarko!", ironise Daniel Riot sur son blog-notes ...pendant que le très sarkozyste Président de la CUS, sur le sien, écrit gravement:"Et si Nicolas faisait une erreur?"...

On peut aussi espérer (c'est mon cas) que le premier Conseil européen de Sarkozy se traduise par un déblocage de la crise européenne: Mme Merclel y serait pour beaucoup.

Mais je dois dire qu'en cette fin de soirée, ce n'est pas la fête de la musique pour tout le monde...  Etudiants et universitaires, avocats et magistrats, consommateurs, syndicats de fonctionnaires:toutes les informations reprises sur ce blog ce soir semblent montrer que si l'été est arrivé, l'état de grâce semble déjà se terminer. Malgré les excellentes prestations télévisées de ce "Président-premier ministre-ministre-chef de la majorité et... commentateur de ses propres actions! ", comme ironisent quelques éditorialistes.

N'entonnons surtout pas le refrain trop connu qui veut que "les Français n'acceptent les réformes qui ne les concernent pas" ou que dans ce pays "les réformes sont  impossibles"...

Oui, il faut des réformes, profondes.

Mais des réformes soigneusement préparées, lancées après des concertations dignes de ce nom et une pédagogie gouvernementale soignée. Or que voit-on? Des réformes bouclées en vitesse que l'on veut  faire "passer en force", imposer d'en haut. Comme par oukase présidentiel.
Bien sûr, le Président Sarkozy a été élu pour appliquer son programme.
Bien sûr, les Français lui ont donné une majorité parlentaire absolue pour qu'il puisse tenir ses engagements.
Mais la légitimité démocratique n'autorise pas tout... Voter pour un Président ne signifie pas adhérer à toutes ses propositions, surtout sur des sujets où les finalités ne sont pas toujours bien énoncées et  les modalités pas suffisamment expliquées.

Je ne dis pas cela pour regretter que les méthodes de "démocratie sociale" portées par François Bayrou n'aient pas été suffisamment approuvées  par les électeurs français.  C'est l'avenir qui m'intéresse, non le passé, même récent…
J'écris cela parce que j'espère que les méthodes en vigueur seront révisées, amendées, améliorées. Dans l’intérêt général, pour cet « utile » et ce « juste » qui motivent mes engagements politiques.

Les décisions d'un Seul imposées d'en haut ne sont pas adaptées aux exigences de notre époque. Et la situation française est trop grave pour que les mesures annoncées n'aient pas les effets escomptés sur la réduction de la dette, sur la stimulation de la croissance et sur plus de justice sociale.

L'épreuve des faits ne relève pas du  même ordre que les épreuves (réussies) des images. Après le virtuel, le réel.
Chantal Cutajar

20/06/2007

UNIVERSITES: Où les réactions sont plus que critiques...

Une réforme de l’Université ? OUI, bien sûr. Il le faut. Elle s’impose, en profondeur. Mais laquelle et comment ? Visiblement, Valérie Pecresse va rencontrer bien des difficultés. Et les trop habituelles rengaines sur la « difficulté de réformer », sur le corporatisme du « mammouth », sur les « réflexes de gauche » de quelques syndicats n’expliquent pas tout. Les passages en force, dans l'urgence, et pendant...les vacances ne sont pas les plus prometteurs! Et vous, qu’en pensez-vous ? Vos réflexions sont bien venues. Résumé des réactions enregistrées par Le Monde :

Organisations étudiantes et syndicats d'enseignants ont accueilli avec inquiétude la version de travail du projet de loi sur l'autonomie des universités. "On est profondément déçus par ce texte parce qu'on se rend compte que les trois semaines de concertation n'ont servi à rien", a déclaré Thiébaut Weber, président de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE). "Certains consensus qui ont pu avoir lieu dans les groupes de travail ne se retrouvent pas dans le projet de loi", a-t-il poursuivi.

Même tonalité du côté de l'UNEF, qui, par la voix de son président Bruno Julliard, a qualifié de "douche froide" le contenu du texte. "Ce projet nous fournit l'argumentaire pour mobiliser nos étudiants s'il reste en l'état", a expliqué le leader étudiant. Dans sa ligne de mire, l'inscription dans le texte d'une possibilité de sélection à l'entrée en master et la diminution de la représentativité des étudiants au sein des conseils d'administration des universités. "De 20 % à 25 % aujourd'hui, nous passeront à 15 %", s'insurge M.Julliard.

La Confédération étudiante (CÉ) s'est félicitée que le projet assigne pour mission à l'Université l'insertion professionnelle des étudiants. "Sur ce point, la CÉ a obtenu satisfaction, a déclaré Julie Coudry, sa présidente. Mais au-delà de cette avancée majeure, la loi, telle qu'elle vient d'être transmise aux organisations, nécessite de nombreuses clarifications qui devront, dès la rentrée, être apportées."

 "FORMES DE SÉLECTION"

Côté syndicats d'enseignants, le ton était encore plus vif. L'UNSA-éducation a jugé "inacceptable en l'état" l'avant-projet : "La fédération UNSA-éducation emploiera tous les moyens à sa disposition pour faire évoluer, dans le temps qui lui reste, ce projet." "C'est un projet qui risque d'aboutir à des universités concurrentes, à plusieurs vitesses", a aussi réagi Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU.

Pour lui, ce texte "non seulement n'améliorera pas, mais risque de dégrader la démocratie dans le fonctionnement des universités avec un conseil d'administration réduit et un président qui a beaucoup de pouvoirs et dont il n'est même pas sûr qu'il soit président de l'université". Il a aussi critiqué la sélection à l'entrée en master et un projet qui "laisse supposer des formes de sélection à l'entrée même des universités".Tout en reconnaissant que le gouvernement avait la possibilité de passer en force "compte tenu du calendrier", M.Aschieri a mis en garde "le premier ministreet le président de la République sur l'image qu'ils peuvent donner aujourd'hui de leur volonté de dialogue".

Mardi matin, c'était au tour de la Conférence des présidents d'université (CPU) d'émettre quelques réserves. "Nous sommes en accord sur la démarche générale qui donne plus d'autonomie aux universités mais nous allons intervenir auprès du gouvernement sur deux points", a déclaré Michel Lussault, porte-parole de la CPU.

La CPU réitérera dans les prochains jours sa demande que la loi s'applique à toutes les universités. "Nous souhaitons que les compétences générales soient obligatoires pour toutes les universités", explique M. Lussault. La CPU estime que la composition d'administration est trop "bouclée" par la loi : "Nous sommes pour un conseil d'administration resserré mais avec une marge de vingt à trente membres. Si on considère que les universités doivent être autonomes, il faut que la loi soit un peu souple."

Faites moi part de vos opinions....

Le "paquet fiscal" examiné au Conseil des ministres

Le projet contient les principales mesures promises par le candidat Sarkozy: détaxation des heures supplémentaires, crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunts, suppression des droits de succession, bouclier fiscal à 50%, encadrement des parachutes dorés... Faites-moi part de vos avis, opinions, remarques et suggestions. merci

 

François Fillon (Reuters)

François Fillon (Reuters)

 

Le gouvernement a examiné mercredi 20 juin le projet de loi "en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat", dit "paquet fiscal", a annoncé la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
Interrogé par les journalistes à la sortie du conseil, Christine Lagarde a indiqué avoir présenté ce texte à l'occasion du premier Conseil des ministres du gouvernement Fillon 2.
Mesure-phare du projet présidentiel de Nicolas Sarkozy, le projet de loi prévoit notamment l'exonération des heures supplémentaires, un crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier, l'instauration d'un bouclier fiscal à 50%, un abattement sur les donations ou de conditionner les parachutes dorés à des conditions de performance.

Ce texte sera le premier soumis à la nouvelle Assemblée nationale lors de la session extraordinaire du mois de juillet.
A travers ces mesures d'application rapide, le Premier ministre François Fillon entend "créer un choc de confiance et de croissance". Objectif: "gagner un point de croissance supplémentaire" pour la porter de 2% à 3%.

Réhabilitation du travail

L'objectif plus général est la "réhabilitation du travail", mis à mal, selon Nicolas Sarkozy, par la loi sur les 35 heures. "Le développement de l'économie passe en priorité par la réhabilitation du travail comme moyen de procurer aux salariés un meilleur confort de vie et de relancer la machine économique", peut-on lire dans l'exposé des motifs du projet de loi.
Le texte met en œuvre une autre promesse de Nicolas Sarkozy, la moralisation du capitalisme financier, à travers les mesures sur les parachutes dorés. Il s'agit notamment de répondre à l'émotion suscitée dans l'opinion par la prime de 8,5 millions d'euros touchée par Noël Forgeard à son départ d'EADS.
Le nouveau président avait parlé pendant la campagne d'interdire ces indemnités de départ touchées par certains patrons. Le projet de loi se contente d'encadrer la pratique des parachutes dorés en les subordonnant à des conditions de performance fixées au préalable et appréciées par le conseil d'administration au moment du versement.

11 à 17 milliards
Le coût de ces mesures est estimé par le Premier ministre à 11 milliards d'euros. Le Parti socialiste les évalue lui à 17 milliards d'euros par an.
La gauche estime que ces "cadeaux fiscaux" aux plus riches vont provoquer, soit un dérapage de la dette, soit une augmentation de la TVA, soit des "reculs aveugles des services publics". "Les Français risquent d'être floués", avait averti Ségolène Royal avant les élections législatives.
En ne changeant rien au calendrier prévu pour ce projet de loi, Nicolas Sarkozy montre sa volonté de ne pas ralentir le rythme des réformes, malgré la victoire en demi-teinte de l'UMP aux élections législatives. Devant des responsables UMP reçus lundi soir à l'Elysée, le chef de l'Etat a rappelé son souhait de "réformer vite et fort", selon Le Monde.

Autonomie des universités

Présenté le 27 juin en conseil des ministres, l'avant-projet de loi sur l'autonomie des universités, lui aussi au menu de la session extraordinaire, a été transmis aux syndicats et représentants de l'Enseignement supérieur mardi après-midi.
Autre illustration de cette volonté, François Fillon a assuré mardi lors d'un déplacement à Tourcoing (Nord) qu'il ne "voulait pas fermer" le dossier de la TVA sociale, qui a manifestement contribué au sursaut de la gauche au second tour, "sous prétexte" qu'il a été mal expliqué.
"Tout le monde reconnaît qu'on ne peut pas financer la protection sociale uniquement sur le travail", a-t-il rappelé. François Fillon a annoncé qu'il ouvrirait "un grand débat" pour "trouver des consensus" sur le sujet

01/06/2007

Déjà des petits et de grands dysfonctionnements dans la « France d’après »

Le Carnet de campagne, par Daniel Riot

  L'ETAT DOIT DES HEURES SUPPLEMENTAIRES A LA POLICE

>>>> L'administration du ministère de l'intérieur a une épine dans le pied depuis des années : les heures supplémentaires effectuées par les policiers. Aucun recensement précis et incontestable n'existe, mais on estime que le volume global, en sécurité publique, s'élèverait à 12 millions d'heures. Ce problème se pose de façon plus aiguë pour les officiers. A la suite de la réforme des corps et carrières, signée en juin 2004, ces derniers vont intégrer la catégorie A (cadres) de la fonction publique à compter du 1er janvier 2008. Mais avant cette date butoir, l'administration doit régler le passif accumulé ces dernières années. Excusez-moi : qui déjà était ministre de l’intérieur ? Ah ! Le premier flic de France qui faisait des heures supplémentaires pour faire une campagne présidentielle pleinement réussie

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Les deux syndicats des officiers, Synergie et le SNOP, dénoncent dès à présent les manoeuvres du ministère, qui n'aurait pas attendu le cycle de négociation - sur le point de s'ouvrir - pour avancer. "Régler le seul problème des heures supplémentaires ne m'intéresse pas, car il est posé de façon injuste, affirme Bruno Beschizza, secrétaire général de Synergie. Dans certains services, comme à la préfecture de police de Paris, beaucoup de fonctionnaires n'ont pas marqué leurs heures. Il faut aborder cette question dans le cadre d'une négociation globale, sur le régime indemnitaire. Mettons tout sur la table !". Il est temps : Sarko a mis ses copains à la tête de la police. Et MAM est une femme d’action tellement irremplaçable que même Morin a pu prendre sa place à la défense.

L'ETAT DOIT PLUS DE CINQ MILLIARDS D'EUROS A LA SECU

>>>>Un détail : La  dette de l'Etat à l'égard des organismes de Sécurité sociale s'élève à 5,257 milliards d'euros fin 2006. Selon le compte général 2006 de l'Etat, qui a été détaillé, le 30 mai à Bercy, l'Etat doit en effet 412 millions d'euros à la Caisse nationale d'allocations familiales au titre de l'allocation adulte handicapé et 255 millions au titre de l'allocation de parent isolé ; 373 millions à la Caisse nationale d'assurance-maladie des travailleurs salariés au titre de l'aide médicale d'Etat et 118 millions au titre de l'allocation spéciale d'invalidité.

Les exonérations de cotisations sociales, dont l'ampleur a été critiquée pendant la campagne, représentent un total de charges à payer de 3,22 milliards d'euros, le reste - 875 millions - étant constitué de dettes de fonctionnement.

Que de chiffres ! Des nombres plutôt…. Mais tout cela est à mettre au passif du bilan des « sortants », c’est-à-dire de ceux qui reviennent. Après « rupture » avec leur passé. Vive la France ! D’ailleurs, selon l’INSEE, le moral des ménages français s’est considérablement amélioré en mai. Avec Sarkozy Président, tout est vraiment possible. La preuve.

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25/05/2007

MoDem: Juger le gouvernement sur ses actes

Jean-Marie Cavada était l’invité de l’émission Les 4 vérités sur France 2. Le député européen, candidat aux législatives dans le Val-de-Marne, a rappelé que le Mouvement Démocrate jugerait le gouvernement sur son action. Jean-Marie Cavada a estimé que la nomination d’un proche de Nicolas Sarkozy à TF1, jetait une suspicion sur l’indépendance des médias vis-à-vis du pouvoir.

Jean-Marie Cavada a expliqué que la création du Mouvement Démocrate (MoDem) avait pour but de répondre à l’attente des 7 millions d’électeurs de François Bayrou. Au lendemain du lancement de la campagne des législatives du MoDem, le député européen considère qu’il faut avoir le courage de mettre ses passions et ses rancunes à la rivière : il a rappelé que le MoDem s’était donné pour principe de soutenir le gouvernement à chaque fois que celui-ci présentera un bon texte au Parlement et de dire « non » quand le mouvement jugera le projet de loi, mauvais.

"Nous allons nous placer en observateur extérieur à la vie de l’exécutif français" a déclaré Jean-Marie Cavada qui est candidat dans le Val-de-Marne. Il considère d’ailleurs qu’il n’est pas normal que les 7 millions d’électeurs de François Bayrou risquent de ne pas avoir de représentation à l’Assemblée nationale en raison du mode de scrutin. Il a demandé au président de la République de faire introduire la proportionnelle après les élections législatives : Nous avons "besoin de pacifier le fonctionnement démocratique" de nos institutions.

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 Jean-Marie Cavada a indiqué qu’il laissait à François Bayrou le soin de dire au soir du premier tour s’il y aura des accords électoraux. A titre personnel, il n’a pas dit s’il avait l’intention de conclure des alliances dans sa circonscription du Val-de-Marne. Jean-Marie Cavada s’est présenté comme un candidat indépendant, libre de toute ambition et attache à cocarde : "Je suis quelqu’un de tranquille qui se met tranquillement au service des gens". Il a ainsi indiqué qu’il ne se plaçait pas en opposant irréductible de l’exécutif. Il a jugé que le nouveau pouvoir n’était pas exempt de critiques mais qu’il avait fait "un bon démarrage" dans plusieurs domaines : il a notamment cité la politique étrangère avec le déplacement de Bernard Kouchner au Liban et celui du président de la République à Bruxelles. 

Jean-Marie Cavada a dit ne pas vouloir accabler les députés UDF qui ont rejoint la majorité présidentielle : "J’ai assez d’expérience de la vie pour savoir ce que sont les petites faiblesses et maniaqueries humaines". Cependant il a jugé que ce n’était pas du meilleur effet de quitter François Bayrou du jour au lendemain après avoir défendu avec autant d’ardeur sa candidature. Il a constaté que « peu de gens résistent à une voiture, un chauffeur et un maroquin ».

Pour lui, "Nicolas Sarkozy a très bien spéculé sur l’envie des honneurs" en faisant des "débauchages de noms et de sensibilités que ces noms portaient". Jean-Marie Cavada a en outre fait remarquer que ces députés avaient un électorat de centre droit et qu’ils ont donc suivi le cours normal de leurs électeurs… Il a ainsi repris la formule : "Je suis votre chef, je dois vous suivre". 

Interrogé sur la mainmise du pouvoir sur les médias privés dénoncée par François Bayrou, Jean-Marie Cavada considère que des connivences affichées sans complexe jettent une suspicion . Il s’est dit désagréablement surpris de l’annonce par l’Elysée, de la nomination d’un proche collaborateur de Nicolas Sarkozy à TF1. Selon lui, même sous De Gaulle, on se montrait plus prudent et même sous Valery Giscard d’Estaing, on était plus rusé : "Ce n’est pas parce qu’on est un bon praticien de la communication, qu’on doit s’octroyer tous les droits".

 

France 2

23/05/2007

EDUCATION: BROUILLARD AUTOUR DES DECRETS DE ROBIEN....

Les décrets de Robien sur le temps de travail des enseignants seront-ils appliqués ou anulés ou modifiés? Mystères, controverses et mobilisation... Synthèse du jour, selon les dépèches d'agences. Trois constats:i; 1) ce n'est pas par décret que ce type de problèmes peut êtrerèglés, surtout quand on songe à la majorité dont disposait déjà l'UMP dans l'Assemblées précdentes. 2) C'est pour le moins curieux de voir de telles décisions contradictoires entre des majorités qui se suivent en se ressemblant; 3)il y a urgence:la rentrée de septembre se prépare aujourd'hui, non?

Le secrétaire général du Sgen-CFDT Jean-Luc Villeneuve, reçu mercredi après-midi par le ministre de l'Education Xavier Darcos, a déclaré que le ministre avait "clairement laissé entendre" que les décrets Robien touchant au temps de travail des enseignants seraient suspendus."Nous avons eu une réunion cordiale avec un ministre qui connaît le système éducatif. M. Darcos nous a dit qu'il fera une déclaration la semaine prochaine sur les décrets Robien mais il a clairement laissé entendre qu'ils seront probablement suspendus", a déclaré à l'AFP Jean-Luc Villeneuve.
"M. Darcos a cependant dit qu'une suppression (pure et simple) de ces décrets n'avait pas lieu d'être sans concertations et il nous a dit que les 3.058 équivalents temps pleins supprimés par ces décrets seront compensés par des heures supplémentaires", a ajouté Jean-Luc Villeneuve.
Selon Jean-Luc Villeneuve, le ministre ne veut pas de collectif budgétaire pour recréditer ces 3.058 ETP, alors que c'est une demande pressante de plusieurs syndicats.

Par ailleurs, le Sgen-CFDT a eu la quasi assurance du ministre que l'apprentissage à 14 ans --mis en place par son prédécesseur Gilles de Robien-- "n'aura plus lieu d'être". Avant d'être élu président de la République, Nicolas Sarkozy s'était déjà exprimé contre cet apprentissage précoce (pendant la campagne présidentielle).
Enfin, toujours selon le Sgen-CFDT, les emplois vie scolaire (EVS), des personnels précaires effectuant diverses missions à l'Ecole qui verront leurs contrats se terminer en juin, devraient être reconduits à la rentrée.
Le ministre de l'Education continuait mercredi après-midi de recevoir les syndicats de l'Education. Ces "premières prises de contact" continueront la semaine prochaine.

Cette annonce intervient alors que le principal syndicat des collèges et lycées, le Snes-FSU, organisait ce mercredi une "journée d'actions", sous forme de "forum national des établissements", dans le but d'obtenir l'"abrogation" des décrets Robien par le nouveau ministre, Xavier Darcos.
A Paris, ce forum devait s'ouvrir à 10 heures devant la gare des Invalides. Le Snep-FSU (éducation physique et sportive) ainsi que le Snuep-FSU (enseignement professionnel) se sont associé à l'événement.

Les enseignants s'opposent aux décrets Robien, qui allongent le temps de travail de certains enseignants, sans contrepartie financière. Les décrets donnent en outre la possibilité aux chefs d'établissement de leur faire enseigner deux matières. Le gouvernement comptait ainsi supprimer 3.058 postes équivalents temps plein à la rentrée prochaine.
Le Snes-FSU affirme dans un communiqué que "ce décret a cristallisé contre lui toutes les oppositions de la profession", depuis la mi-novembre 2006. Il souligne que le nouveau président Nicolas Sarkozy s'était "exprimé très clairement" contre ce texte.
Le syndicat a jugé "indispensable que le ministre prenne sans plus tarder la décision d'abroger ce décret pour mettre fin à une crise qui a que trop duré". Pour le Snes, il y a urgence, car "il est nécessaire de rétablir les postes supprimés à la rentrée 2007".

19/05/2007

Gilles Artigues : des débauchages en guise d'ouverture


medium_artigues3.jpg"L'ouverture à la gauche est limitée et ne correspond en rien à ce que prônait François Bayrou, qui fut pourtant très critiqué pour sa volonté de faire travailler ensemble des personnalités de sensibilités différentes, sur la base d'un projet commun" a estimé Gilles Artigues, député UDF de la Loire, dans un communiqué : "Il ne s'agit là, en fait que d'un débauchage". S’agissant du député UDF Hervé Morin rallié à Nicolas Sarkozy qui est nommé ministre de la Défense, Gilles Artigues considère qu’il "trouve là la récompense de son lâchage". "L'UDF Mouvement Démocrate souhaite dans l'intérêt du pays que ce gouvernement réussisse, tout en estimant que pour la démocratie, il ne serait pas sain de lui donner tous les pouvoirs" a ajouté le député UDF de la Loire,"C'est la raison pour laquelle, il est vital qu'existe à l'Assemblée Nationale un groupe de députés qui ne feront pas d'opposition systématique comme les socialistes l'envisagent, mais qui ne seront pas non plus béats, d'accord sur tout comme les députés UMP".