17/11/2007

Pétition: AZZA doit rester en France

Auteur : Jean-Paul Fuin, jeanpaul@barlefestival.com
C'est le compagnon d'Azza, expulsable de France après 11 ans passés dans ce pays.

A l'attention de : Préfecture du Bas-Rhin

Azza vit depuis onze ans en France, à Strasbourg. Nous, ses amis, ses connaissances, nous opposons à son expulsion de notre pays. Où irait-elle?
Au long de toutes ces années, Azza a su faire preuve d'une capacité d'intégration inouïe. Elle est engagée dans la vie de sa ville, elle bénéficie d'un réseau de relations sociales... Nous tenons tous à elle. Azza a trouvé, avec Jean-Paul, l'amour en France. Nous ne comprenons pas qu'on sépare un homme et une femme qui s'aiment. Ne vivons-nous plus dans le pays des Droits de l'Homme? Nous demandons la régularisation d'Azza.

SIGNEZ LA PETITION >>>>>


Ou rendez-vous sur le site http://www.mesopinions.com et tapez "azza" dans le moteur de recherche. C'est aussi la "pétition de la semaine" du site.

21/06/2007

Strasbourg: Pour un système européen d'asile

L'Europe face aux mouvements migratoires:Des tragédies humanitaires qui exigent des décisions politiques

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Un immigrant sénégalais, à la recherche d'une vie meilleure
Pour la Journée mondiale des réfugiés, le Parlement européen a choisi de débattre, en plénière, d’un système européen d’asile. Alors que l’Europe se préoccupe des milliers d’immigrants qui débarquent sur ses côtes, au risque de leur vie, le Parlement a récemment envoyé une délégation en Grèce, dans les centres de détention provisoire des demandeurs d’asile et immigrants illégaux. Les députés l'ont constaté : les disparités sont grandes et l'obtention du statut de réfugié reste assez aléatoire.
Ils tentaient de débarquer sur les côtes européennes lorsque leur navire a chaviré : 27 naufragés africains ont récemment passé trois jours, accrochés à des filets de pêche dans les eaux méditerranéennes, avant d’être secourus. D’autres sont moins chanceux.
LIRE LA SUITE SUR RELATIO >>>>>

12/06/2007

Je soutiens le réseau EDUCATION SANS FRONTIERES

medium_RESF.JPGURGENT :
RESF 67 recherche les parrains de l'An II

La création du Ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale et les déclarations récentes du Ministre s'inscrivent dans la plus terrible des continuités.Aujourd'hui, comme hier, des adolescents, des familles, des mineurs, sont menacés d'être reconduits à la frontière au mépris de leur intégration scolaire, de leurs projets de vie, de leurs amitiés...Demain comme hier, les associations et les bénévoles engagés au sein du Réseau Education Sans Frontières ont choisi d'affirmer leur volonté de prendre ces personnes sous leur protection afin de les laisser grandir ici. Pour préparer l'été et éviter que cette période soit celle de tous les dangers pour les familles avec lesquelles nous sommes en relation, nous avons décidé d'organiser pour la deuxième année consécutive une cérémonie de parrainages citoyens destinés à marquer notre engagement à leur côté.

Le parrainage est un acte citoyen par lequel on s'engage à être en contact durant l'été (et au-delà) avec une famille ou un jeune, à les accompagner dans leurs démarches auprès de l'administration, et à servir de relai actif entre le réseau et les familles en cas de difficultés... Souple et humain, le parrainage est un acte fort de solidarité.Cette cérémonie devrait avoir lieu le dernier week end de juin dans un lieu à déterminer. Surtout, nous sommes à la recherche de bénévoles prêts à parrainer les familles et à leur servir de relais en juillet et en août... Si vous êtes prêts à parrainer une famille (à plusieurs, chaque famille aura plusieurs parrains), merci de nous envoyer vos coordonnées à resf.67@laposte.net assez rapidement que nous puissions commencer le travail de mise en relations.

Plusieurs rencontres auront lieu à l'approche de la date du 1er juillet, notamment un grand pique-nique associant les familles et leurs soutiens dans un grand parc strasbourgeois.

Pique-nique de solidarité le 24 juin

Durant  l'été 2006, plus de 60 associations s'étaient engagées auprès des familles et des jeunes menacés d'expulsion

 

Le projet de loi HORTEFEUX devant le Conseil d'Etat

Voir les informations et le commentaire de Patrick Weill sur le site de DpJ, Le droit pour la Justice >>>>>>>>>

17/03/2007

LES VALEURS DE L'EUROPE DE STRASBOURG ET DE LA REPUBLIQUE TRAHIES....

Riche de ses valeurs républicaines et européennes, la FRANCE que j’aime n’a pas "l'identité" du « Sarkoland » : Devrais-je la quitter ?

UNE ANALYSE DE  Daniel RIOT

Immigration ET identité : Un sondage trompeur qui attise la confusion des mots et des valeurs que Sarkozy pratique en « composant » avec des idéologies contraires à « l’Identité française »  

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Qu’est-ce qui compte dans un sondage ? La qualité du panel, l’honnêteté de la lecture des résultats, la pertinence des correctifs et, d’abord et surtout, en préalable à tout, la FORMULATION DES QUESTIONS et la façon dont elles peuvent être lues.. C’est ce qui rend le sondage Opinionway-Le Figaro trompeur voire mensonger. Une preuve a posteriori : Les titres qu’il suscite dans les journaux : « 55  % des français se disent favorables à un ministère de l’immigration ». Bien sûr. Pourquoi pas ?  Mais là n’est pas la question posée par la proposition de Sarkozy.

Le ministre-candidat lie « immigration ET identité nationale. C’est dans ce ET que se concentrent tous les problème : Qu’est-ce qu’être Français ? Qu’est-ce qui fait l’identité de la France ? Quelle est l’altérité de la France ? Quels sont les Droits de l’Homme en France ? En quoi les Droits de l’Homme sont-ils à distinguer des droits des citoyens ? Qu’est-ce qui définit la nationalité, la citoyenneté, l’étranger résident, le migrant, l’immigré, l’émigré, le Français de l’étranger, l’étranger de France ? Quelle est la part de l’altérité dans le concept d’identité française ? J’en passe…

TOUT EST DANS LE « ET » : UN LIEN SCANDALEUX

Ce ET (ce LIEN) ne rend pas seulement la formule de Sarkozy ambiguë (comme dit Simone Veil dans une litote trop indulgente et de sa part consternante) mais INADMISSIBLE du point de vue du DROIT ,de la MORALE , de la philosophie du droit du sol (et non du sang), donc des meilleures traditions françaises. Et ce qui rend « l’âme de la France » compatible avec l’Esprit de l’Europe.

Sarkozy joue sur les peurs et les réactions de rejet et d’hostilité que provoque le mot IMMIGRATION pour adhérer (mais oui !) à l’idéologie de l’extrême droite « racialiste » ou raciste qui a été mise en œuvre sous Vichy (avec une nationalité « choisie », c’est-à-dire décrétée, sélective, discriminatoire) qui a été repensé intellectuellement par « le Club de l’Horloge » dans les années 70-80 et qui constitue l’un des piliers de la philosophie politique du FN (plus chez Mégret que chez Le PEN d’ailleurs).

L’UN DES FONDEMENTS DE LA RESISTANCE

Quand on met le doigt dans ce type de raisonnement, on va y plonger le bras…et le reste. C’est la porte ouverte à tout ce pourquoi il y a eu une RESISTANCE face au fascisme et surtout face au nazisme. Je pèse mes mots. Ces mots que l’on piège à force de les banaliser ou de les défigurer.

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Un rappel : Le Conseil de l’EUROPE depuis son origine parle des MIGRATIONS, non de l’IMMIGRATION ! Un combat de mots c’est un combat dans les têtes. Sur ces mots là, la bataille est perdue en France depuis longtemps. C’est une défaite de l’intelligence.

Sarkozy s’explique en utilisant des formules empruntées à  d’autres (Bainville, Renan, Max Gallo par exemple) mais en les sortant de leur contexte. Exemple « L’identité française n’est pas réduite à une ethnie ». Evidemment. Pourquoi cette banalité érigée en argument de vente pour une formule empoisonnée ? Une Nation est mieux qu’une race, c’est un  « composé », disait Bainville.

LA FRANCE N’EST PAS UNE NATION MORTE  

Dans Le Monde, l’historien  Tzvetan Todorov écrit justement : « ce n'est pas un hasard si, pour l'instant, aucune démocratie libérale n'a confié sa protection à un ministère. Qu'entend-on par cette formule : " identité nationale " ? Il faut rappeler que, non exceptionnellement, mais partout et toujours, il s'agit d'une identité mouvante, en constante évolution. Seules les nations mortes ont acquis une identité immuable. La société française de 2007 n'a que peu de traits communs avec celle de 1907, et encore moins avec celle de 1707. (…)

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L'identité évolue, d'abord, parce que les intérêts des groupes qui la composent ne coïncident pas entre eux, et que ces intérêts forment des hiérarchies instables. Par exemple, l'octroi du droit de vote aux femmes en 1944 leur a permis de participer activement à la vie publique du pays : l'identité nationale en a été transformée. De même lorsque, vingt-trois ans plus tard, les femmes ont obtenu le droit à la contraception : cela a entraîné une nouvelle mutation de l'identité nationale. »

Un rappel pertinent qui confirme bien que l’identité ne se réduit pas à l’immigration. Comme cette remarque de bon sens : « En proposant un ministère traitant ensemble de l'identité nationale et de l'immigration, le candidat à la présidentielle suggère un rapport négatif entre les deux : l'immigration est ce dont il faut protéger l'identité française. Ce faisant, il oublie que cette identité, comme celle de toutes les grandes nations, est le produit, aussi, des rencontres entre populations, depuis le temps des Gaulois, Francs et Romains jusqu'à aujourd'hui. L'impact qu'ont ces rencontres sur l'identité française est la preuve que celle-ci est toujours vivante »

VERS UN MINISTERE DE L’AMOUR ?

De même, cette France sarko-lepéniste sur « la France tu l’aimes ou tu l’as quitte ». Todorov écrit justement en faisant allusion aux ministères prévues par Orwell dans son pays totalitaire Océania (de la vérité, celui de la paix, de l'amour, de l'abondance). « L'amour n'a rien à faire ici (pas de ministère de l'amour) : la citoyenneté ne se définit pas par des sentiments, seuls les Etats totalitaires rendent l'amour de la patrie obligatoire ». Ou l’amour du « Chef »…

La France de Sarkozy  n’est pas la France que j’aime. Est-ce que Sarkozy va me contraindre à quitter le  « Sarkoland » qu’elle risque de devenir dans sa nouvelle identité? Je ne plaisante qu’à moitié...Avec angoisse et tristesse. Avec une volonté fortifiée de militer contre ces faux clivages et de cette vraie complicité droite-gauche qui sont les vrais responsables du poids de Le Pen, de la force des idées lepénistes banalysées, de ce que barthes nommait "le fascisme langagier"...  

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Une autre remarque  qui fait  pointer du doigt la confusion qui règne dans la tête ambitieuse de Sarkozy et que le ministre-candidat cherche à provoquer dans la tête des autres..Sarkozy dit : " L'identité française est un ensemble de valeurs non négociables ", et il cite à titre d'exemple : " La laïcité, l'égalité homme-femme, la République et la démocratie. " « Ces valeurs sont belles, et l'on doit effectivement les défendre. Mais sont-elles spécifiquement françaises ? Démocratie et République sont revendiquées bien au-delà des frontières hexagonales, égalité et laïcité font partie de la définition même de ces régimes politiques. Au vrai, ces valeurs appartiennent non à l'identité française, mais au pacte républicain auquel sont soumis les citoyens et les résidents du pays.

Ce n'est pas parce qu'elle est contraire à l'identité française que la soumission des femmes est condamnable. C'est parce qu'elle transgresse les lois ou les principes constitutionnels en vigueur. L'identité nationale, elle, échappe aux lois, elle se fait et défait quotidiennement par l'action de millions d'individus habitant ce pays, la France. » D'ailleurs, les droits des femmes et des hommes, les transgressions des droits et des devoirs des citoyens, les trahisons des valeurs françaises et européennes  NE sont pas QUE liés à l'immigration. Que propose Sarkozy pour que l'identite française soit, dans les réalités, plus conforme aux prétentions françaises?

LA LANGUE FRANCAISE : UN ECHEC PARMI D’AUTRES DE L'UMPS 

Encore une confusion entre le droit, la culture, la citoyenneté. Encore une facilité (démagogique) de langage. Comme le fait de dire que « le français est la langue des Français ». Une évidence ! Oui les étrangers qui viennent en France doivent (dans leur propre intérêt d’ailleurs) apprendre le français. Oui tous les Français (y compris les candidats à la présidence de la république) devraient s’exprimer en « bon » français. Oui, la France doit développer sur son territoire et dans le monde l’enseignement de la langue française. Cela dépasse le problème de l’identité. « Ma patrie, c’est ma langue ».

C’est d’ailleurs l’un des échecs culturels les plus cuisants de la droite et de la gauche ces 25 dernières années ! Une affaire de moyens et de volonté. L’Allemagne fait plus  l’allemand que la France pour le français. Dans la francophonie, les Belges et les Canadiens font plus pour le rayonnement de la langue française que la France. Pourtant cela aussi fait partie de l’identité française. Cette identité qui ne se résume pas à la carte du même nom, en un tatouage bureaucratique !

CONTRE LE DROIT EUROPEEN !

On doit ajouter que les conceptions  développées par Sarkozy sont incompatibles avec les principes définis par la Convention européenne des Droits de l’Homme et par la Charte fondamentale des droits de l’Union européenne qui, annexée au traité de Nice, est entrée en vigueur. Je n’y inste pas davantage : Sarkozy n’est européen que pour la forme. Son discours de Strasbourg, brillant mais vide et riche de contradictions, l’avait bien montré. Ses absences dans les Conseils ministériels de l’Union aussi. Lui qui dit « avoir MEME voter Oui au référendum » ne met jamais la dimension européenne qu cœur de ses propositions…

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Conclusions (provisoires)

1) Oui il existe des problèmes liés aux phénomènes migratoires. Mais ils ne sont qu’en partie aux questions relative à l’identité française. Ces problèmes concernent d’ailleurs plus l’intégration des Français d’origine étrangère que la gestion des flux de celles et de ceux qui, par désespoir, cherchent en Europe une planche de salut.

2) Oui l’identité nationale soulève des problèmes. Depuis longtemps et en permanence. Comme dans tous les pays. Comme l’identité et l’altérité individuelles se posent à toute Personne, en permanence : Qui suis-je ? Où vais-je ?

« NI DE DROITE NI DE GAUCHE : ON NE S’AMUSE PAS AVEC l’IDENTITE »

Le Monde reprend l’une des dernières intervention publique de Braudel :   « le thème de l'identité française s'impose à tout le monde, qu'on soit de gauche, de droite ou du centre, de l'extrême gauche ou de l'extrême droite. C'est un problème qui se pose à tous les Français. D'ailleurs, à chaque instant, la France vivante se retourne vers l'histoire et vers son passé pour avoir des renseignements sur elle-même. Renseignements qu'elle accepte ou qu'elle n'accepte pas, qu'elle transforme ou auxquels elle se résigne. Mais, enfin, c'est une interrogation pour tout le monde.

II ne s'agit donc pas d'une identité de la France qui puisse être opposée à la droite ou à la gauche. Pour un historien, il y a une identité de la France à rechercher avec les erreurs et les succès possibles, mais en dehors de toute position politique partisane. Je ne veux pas qu'on s'amuse avec l'identité ».

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3)Dans ses adieux télévisés, Jacques Chirac a prononcé des mots qu’il faut graver dans les mémoires et que Sarkozy, prisonnier (comme tout le monde) de ses propres problèmes identitaires, devrait prendre le temps de méditer, même s’ils vont à l’encontre de l’une de ses tactiques électoralistes : « Ne composez jamais avec l’extrémisme » Reprendre les idées, les concepts, les mots, les projets de cet « extrémisme », c’est déjà COMPOSER. Avec menaces de décomposition de l’identité nationale au bout de la route, ou en chemin…

SARKOZY LE PYROMANE DE L'IDENTITE FRANCAISE?

Le pompier pyromane des banlieues qui n’est pas accusé sans raison d’encourager indirectement ce « communautarisme » qu’il dénonce verbalement joue les pyromanes de ce qui fait l’un des fondement de la Nation, l’une des poutre de la république, l’une des clefs de voûte de la démocratie.

Le sondage trompeur du Figaro n’y change rien : Sarkozy a tort de le mettre en avant pour se justifier et s’en trouver conforter. Si De Gaulle avait suivi l’opinion dominantesur l'identité française à l'heure de Pétain et de Laval, il ne serait jamais parti à Londres…

Daniel RIOT

16/03/2007

Azouz BEGAG: le ministre soutient officiellement BAYROU

ll est le premier – et pour l'instant le seul publiqement– des ministres du gouvernement de Dominique de Villepin à se ranger derrière François Bayrou. Sur France 2, vendredi 16 mars, Azouz Begag a apporté officiellement son soutien au candidat UDF à l'élection présidentielle, "le seul candidat que je puisse soutenir", a-t-il expliqué.

 

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"On verra les modalités de ce soutien dans quelques jours", a indiqué le ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances. Et d'expliquer : "La démocratie, ce n'est pas la tyrannie de la bipolarisation. Les Français ont envie d'essayer autre chose."  M. Begag s'est félicité de "la rencontre du troisième type" qui est en train de se produire avec les Français, "le troisième type, c'est Bayrou".

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"FAUT PAS PRENDRE LES FRANÇAIS POUR DES AGNEAUX !"

Interrogé sur les récentes propositions de Nicolas Sarkozy, Azouz Begag s'est indigné que l'on prenne les immigrés pour des "boucs émissaires" à chaque élection majeure, et a qualifié l'idée de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale d'"amalgame indécent". "Confronter les immigrés avec le risque d'altérer l'identité française, ça ne me convient pas du tout et je le crie aujourd'hui", s'est-il indigné. "Parler de moutons égorgés dans les baignoires des appartements HLM pour aller chercher les brebis égarées du Front national ? Faut pas prendre les Français pour des agneaux !", a-t-il conclu.

Le seul ministre UDF du gouvernement Villepin, Gilles de Robien, n'a pas encore fait part de sa préférence pour la présidentielle. S'il a dit ne penser "que du bien" de la percée de François Bayrou, il s'est aussi opposé à la stratégie de ce dernier. Attend-il les derniers sondages? De toutes, façons, BATROU l'a dit et redit, il ne compte ni sur les notables de la politique ni sur des appareils de partis, ni sur les sutiens du showbizz (il n'a accepté aucun Comité de soutien)

14/03/2007

"LA FRANCE, C'EST CONSTRUIRE, PAS DETRUIRE"

François Bayrou à Saint-Denis : "La France, c’est réunir et pas diviser."

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Mardi 13 mars, François Bayrou a passé toute la journée en banlieue parisienne, dans le département de la Seine-Saint-Denis. De Saint-Denis à Epinay, de Rosny à Drancy, il a passé de longues heures à rencontrer et écouter les habitants de ces villes et de ces quartiers. Partout, il a reçu un accueil particulièrement chaleureux prenant le temps de répondre à chacune des interrogations, recevant avec émotion les nombreux encouragements des passants. Il était accompagné tout au long de la journée par Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy.

A son arrivée à la Gare du nord, François Bayrou est d’emblée accueilli par une foule de curieux au milieu d’une meute impressionnante de journalistes. Le trajet le conduisant jusqu’au quai du RER – plus d’une demi-heure ! - donne lieu à d’innombrables rencontres spontanées avec les voyageurs qui sont surpris et heureux de découvrir ainsi le candidat dans les transports en commun. En Gare de Saint-Denis, l’accueil est encore plus impressionnant. C’est presque une haie d’honneur spontanée qui se forme pour l’encourager.

Pendant plus de deux heures, il va arpenter à pied la rue de la République dans le centre-ville de Saint-Denis, répondant aux innombrables sollicitations des commerçants, des passants à qui ils n’hésitent à répondre sur des sujets aussi divers que l’immigration, le logement, l’emploi. Sensibles à sa vision humaine de la société et déçus de l’alternance droite/gauche, nombreux sont ceux qui souhaitent simplement lui faire part de leur enthousiasme pour sa candidature. Des cris « Bayrou Président ! » émaillent son parcours.

À Epinay, François Bayrou a rendez-vous avec des femmes et des jeunes de la ville, en présence du maire Hervé Chevreau. Ils sont venus lui témoigner leurs difficultés au quotidien et leur malaise quand on habite « en banlieue ». Nicole habite à Epinay depuis quarante ans, malgré les efforts de la municipalité, elle voit sa ville « perdre de la vie et de son identité » : l’activité, les commerces disparaissent. Gaëlle, qui considère appartenir à la classe moyenne, fait part de ses difficultés pour acheter un logement avec son mari. Un jeune, d’origine africaine, s’étonne du traitement qui est réservé aux immigrés alors qu’ils « paient leurs impôts, participent au développement du pays et contribuent à nourrir des villages en Afrique ».

LA FRNCE TOUS ENSEMBLE

Pour François Bayrou, il y a une question fondamentale : « Veut-on vivre ensemble ou vivre séparés ? ». Pour assurer notre avenir, « on va devoir faire la France tous ensemble. » considère le candidat, ce qui implique d’intégrer pleinement les immigrés au développement du pays. Il a également rappelé que la meilleure solution « pour rétablir l’égalité des chances, c’est l’école ! » C’est la meilleure politique de prévention. « Il est moins cher de réparer avant que de réparer après. ».

François Bayrou se rend ensuite au centre commercial de Rosny 2 pour une séance de dédicaces de son livre, Projet d’espoir, paru aux éditions Plon. Il y est accueilli par Claude Pernès, maire de Rosny-sous-Bois. La journée se termine par une cérémonie officielle avec les nouveaux naturalisés de Drancy, organisée par Jean-Christophe Lagarde, et au cours de laquelle chacun se voit remettre une médaille de l’Assemblée nationale et un livret citoyen, pour participer à la vie municipale, par les élus locaux. A l’occasion de cette cérémonie, Jean-Christophe Lagarde regrette le « parcours du combattant, trop long, trop compliqué » pour acquérir la nationalité française.

François Bayrou a rappelé que l’immigration avait toujours suscité des craintes de prime abord. Autrefois, c’étaient les Polonais et les Italiens, puis les Espagnols et les Portugais. Aujourd’hui, ce sont les Africains. Mais « tous, ils ont fait et font la France aussi bien que les autres. » Car « la vraie identité de la France c’est : Liberté, Egalité, Fraternité », ce sont ses valeurs. « Les valeurs de la France, quelquefois, on y croit plus quand on les a choisies que quand on en a héritées. » Pour François Bayrou, « la France c’est construire, et pas détruire, c’est réunir et pas diviser. »

19/02/2007

Bayrou et l'immigration:Le candidat de l'UDF veut des régularisations "sur des critères clairs" et dénonce "l'immigration choisie" défendue par Nicolas Sarkozy.

Le candidat de l'UDF à l'élection présidentielle François Bayrou se prononce, lundi 19 février, dans une lettre à l'association France Terre d'Asile (FTA) pour la régularisation des sans-papiers "au cas par cas" et "sur des critères clairs".
Les régularisations se feraient en fonction de "règles établies", selon la réponse du candidat à FTA qui a interpellé tous les candidats sur leur programme en matière d'immigration, "au terme d'une certaine durée (par exemple cinq ans), s'il y a un contrat de travail, que l'on parle français, que l'on maîtrise le mode de vie, les valeurs et les droits élémentaires (par exemple ce qui touche le droit des femmes)".
"Il est normal et légitime qu'une personne dans ce cas soit régularisée, ce n'est pas une politique généreuse, c'est une politique d'équilibre", ajoute François Bayrou.

Contre l'immigration choisie

D'après le compte-rendu de l'association, le candidat "soutient que la politique d'"immigration choisie", défendue par le gouvernement, est la meilleure façon d'assécher les économies des pays en développement en les privant des ressources humaines fondamentales".
Pour le candidat, la question de l'immigration "ne peut se traiter que par le développement des pays", notamment "garantir aux Africains qu'ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail, comme des hommes debout".
François Bayrou plaide en outre pour une politique d'immigration européenne - "politique commune de circulation, de visas et d'accompagnement des immigrés" - passant selon lui par "la définition d'une procédure unique".

 

31/01/2007

Bayrou en faveur d'une politique européenne de co-développement avec les pays pauvres.

 

 

François Bayrou

François Bayrou

(Reuters)

 

François Bayrou, candidat de l'UDF à la présidentielle, s'est prononcé mardi 30 janvier pour une politique européenne de co-développement, épinglant la politique traditionnelle de la France en Afrique.
La politique d'aide aux pays pauvres "ne peut être une politique strictement française", a déclaré François Bayrou à l'issue d'un colloque au siège de son parti sur le co-développement.
Il faut "arriver à bâtir, pour des raisons de capacités d'intervention mais aussi pour des raisons d'équilibre politique, une politique européenne de co-développement", où l'UE "ne soit pas seulement un signataire de chèque", mais aussi "un partenaire, à égalité de légitimité avec les nations dans la définition des politiques à conduire", a déclaré François Bayrou.

Contre l'immigration choisie


Le fait que la France ne mène pas une politique "exclusivement française" en ce domaine "détendra un certain nombre de situations politiques" dans les pays concernés, "notamment dans les pays africains", a-t-il estimé.
"Ce n'est plus seulement dans le cadre de la 'Françafrique' que ces questions doivent se traiter", a ajouté François Bayrou.
D'une manière générale, François Bayrou a salué les efforts en matière de commerce équitable, dénoncé les effets des politiques agricoles de l'UE et des USA sur les agricultures locales, et critiqué aussi "l'immigration choisie" prônée par son rival UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy.
"Il y a quelque chose d'injuste à priver les pays" des personnes "qui pourraient être les principaux acteurs de leur développement", a-t-il dit.

10/11/2006

TRIBUNE LIBRE: L’IMMIGRATION par Antoine KARCELES

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La France est une terre d’accueil. Mais il faut préciser, aussi, que depuis 1985, depuis Schengen, le problème de l’immigration concerne l’Europe.D'abord, un rapide survol historique du peuplement de la France. Il faut savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on est et où on veut aller....

Les gaulois (étaient-ils le peuple primitif ?), puis les romains, les francs, les alamans arrêtés à Tolbiac, les goths, les arabes jusqu’à Poitiers.

Depuis 1820 environ, l’immigration est plus pacifique, des hommes et des femmes sont venus de pays d’Europe, d’Allemagne, de Pologne, d’Italie, d’Espagne, du Portugal, d’Afrique du Nord, etc. chercher en France du travail, une vie digne et la liberté.

Sur le plan démographique, l’Europe est et sera une terre d’immigration.

La population de l’UE devrait atteindre son point culminant vers 2022, l’âge moyen qui est de 37,7 ans sera en 2050 de 52,3 ans, on prévoit que la population totale de l’Europe diminuera de 13 % entre aujourd’hui et 2050, à titre d’exemple la population de l’Italie devrait chuter de 1/5e et celle de l’Espagne passer de 40 M environ aujourd’hui à 31 M en 2050.

Aujourd’hui, avec la mondialisation, les entreprises, en France, en Europe, cherchent à recruter des travailleurs immigrés à bon marché pour réduire les coûts de main-d’œuvre et conserver leur compétitivité. Cette immigration est alimentée principalement par les pays du Sud, Maghreb et Afrique.

Les immigrés sont au cœur des multiples interrogations de nos concitoyens, ils acceptent des emplois subalternes mal rémunérés, et de ce fait sont accusés de freiner la hausse générale des salaires, d’étrangler les systèmes d’aide sociale, de profiter des allocations familiales et des services publics, d’éducation notamment, que leur pays d’origine ne leur offre pas ou mal.

Ils sont accusés de constituer une menace pour la sécurité publique.

A titre d’exemple, en Allemagne les étrangers représentent 33% de la population carcérale alors qu’ils ne constituent que 9 % de la population totale, en France ces pourcentages sont de 26 et 8 % (Extraits de « Le rêve européen » de Jeremy Rifkin).

Ce rapide tableau, qui doit être corrigé, précisé et enrichi par les experts, devrait conduire à la définition d’une politique exigeante de l’immigration, un contrôle aux frontières renforcé, une lutte plus soutenue contre le travail clandestin. Ces questions sont d’actualité dans les parlements nationaux et dans les instances européennes, d’autant que les flux migratoires sont de plus en plus importants. Des chiffres relevés dans la documentation française (source INSEE) :

1906 :              2,7% d’étrangers en France          1,05 M de personnes

1921 :              4 %                                         1,53 M

1931 :              6,58 %                                    2,7 M

1946 :              4,32 %                                    1,7 M

1975 :              6,54 %                                    3,44 M

1999 :              5,6 %                                      3,26 M

Cependant la politique actuelle de protection des frontières de l’Europe se révèle être une véritable catastrophe humanitaire, je me réfère notamment à l’intervention des gardes espagnols à Mellila.

Loin d’être une fatalité, cette poussée de la misère sur les frontières de l’Europe doit nous conduire à définir une politique plus humaine et plus volontaire, affirmant les valeurs qui sont les nôtres, valeurs d’humanité, devoirs réciproques, respect de la collectivité qui accueille, droits qui sont reconnus et droits qu’il faut respecter.

Mais s’arrêter là serait ne faire qu’une petite partie du chemin, refuser de subir mais choisir ses immigrés, ce que font d’autres pays, serait traiter de façon sommaire, ponctuelle, inachevée une question qui touche l’humanité toute entière et chaque homme en particulier. Il convient d’inventer tout simplement une nouvelle société internationale, l’Europe a là un combat à sa mesure, elle se trouve au cœur des migrations contemporaines, elle ne peut se dérober à cette vocation.

Après avoir donné, selon le mot d’André Malraux, des leçons à l’enfer, l’Europe peut enfin offrir au monde ce qu’elle a construit depuis quelques décennies, la paix, une relative prospérité et un modèle social, certes fragile et perfectible, mais que de nombreuses nations nous envient.

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I.- Une définition nécessaire des droits et des devoirs des différents acteurs.

1.-La proclamation du droit à l’émigration – immigration.

a)         Le principe. La terre étant destinée à tous les hommes, il en résulte le droit pour tout homme de s’installer là où il l’entend et plus encore si les circonstances l’y obligent.

b)        Ce droit s’étend à ceux dont il a la charge. Il doit avoir la possibilité de migrer avec sa famille, en vertu des « valeurs spirituelles et morales, qui dans l’émigration et l’immigration doivent être sauvées, protégées et développées », de « la dignité et (d)es droits de la personne humaine et de la famille, pour que celle-ci demeure réunie, qu’elle puisse se créer un nouveau chez soi et y trouver le nécessaire, afin de vivre… » (Pie XII).

C’est le regroupement familial, droit relativement récent, qui ne doit être assorti d’aucune limite, d’aucun délai, la dignité de la personne est une notion absolue qui ne saurait être divisée, fractionnée.

2.- Reconnu, ce droit doit être organisé.

L’immigration n’est pas un droit absolu, il est subordonné à certaines conditions.

a)      Les devoirs et les droits du pays d’accueil

L’émigration n’est légitime et ne peut revendiquer certains égards que si elle est justifiée. Le pays d’accueil devrait distinguer pour des raisons de justice :

-          les réfugiés politiques qui ont émigrés car leur vie était en danger (répression policière, guerre civile,…). Normalement ceux-ci doivent être accueillis au nom du droit d’asile et ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays tant que dure cette menace sur leur vie ;

-          Les immigrés économiques, qui ont fui leur pays à cause de la misère. Le pays d’accueil doit pouvoir leur faciliter une réelle insertion dans la société, voire l’intégration. Dans les circonstances actuelles, ce cas est le plus délicat à traiter ;

-          Les immigrés qui souhaitent simplement améliorer leurs conditions de vie. Ces derniers n’ont aucun motif valable de priver leur pays de leur intelligence et de leur travail.

Le pays d’accueil devrait offrir des conditions de vie matérielle digne pour le migrant et sa famille, dans le respect de la législation du pays d’accueil. Cela concerne le logement, le travail et tous les autres domaines dans lesquels les discriminations prennent racines.

b)  Les devoirs de l’immigré envers le pays qui l’accueille. Si ce dernier doit protéger les droits fondamentaux de l’immigré, celui-ci doit respecter les lois du pays où il est accueilli. Il doit notamment avoir soin de la prospérité du pays dans lequel il est accueilli, car c’est de sa prospérité que dépend la sienne.

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Il n’y a rien qui nourrit mieux la xénophobie et le racisme que l’irrespect des règles élémentaires de la vie courante, les agressions envers les personnes et les biens, les incivilités quotidiennes, les manifestations de violence et de haine comme certains pamphlets insultants envers la France. Susciter un tel climat, le justifier ou le laisser se développer est suicide pour les uns, collaboration pour les autres, dans tous les cas indigne du respect que l’on doit à chaque personne.

c)   Le pays d’accueil a en charge la sauvegarde du bien commun. L’immigration ne peut mettre en péril l’identité fondamentale de la nation. Ceci légitime le contrôle et les limitations à l’immigration.

« Il appartient aux pouvoirs publics qui ont la charge du bien commun de déterminer la proportion de réfugiés ou d’immigrés que leur pays peut accueillir compte tenu de ses possibilités d’emploi et de ses perspectives de développement mais aussi de l’urgence du besoin des autres peuples. Et l’Etat veillera à ce que ne se créent pas des situations de déséquilibre social grave, accompagnés de phénomènes sociologiques de rejet, comme cela peut arriver lorsqu’une trop forte concentration de personnes d’une autre culture est perçue comme menaçant directement l’identité et les coutumes de la communauté locale d’accueil. » (Commission Justice et paix de la Curie romaine)

Personnes en danger...

La reconnaissance du droit à l’immigration, son organisation, l’équilibre mutuel des droits et devoirs des uns et des autres, tout ceci ne doit pas masquer que l’immigration est un mal.

Une image pour bien faire comprendre cela : en reconnaissant à l’homme en difficulté, menacé de mort, le droit d’émigrer, nous nous plaçons dans la situation d’assistance à personne en danger. Vous reconnaîtrez que c’est une situation qui doit rester exceptionnelle, marginale, qu’il convient de ne pas laisser perdurer.

En quoi est-ce un mal ? Parce qu’elle est la conséquence de la misère, de la haine, de la guerre et de l’asservissement de l’homme, elle doit être combattue là où elle se trouve.

1.- C’est un drame pour celui qui doit abandonner, provisoirement (?), le pays qui l’a vu naître, et qu’en principe il aime, à l’évocation duquel il y a naturellement un frémissement de toutes les fibres de son être (je recommande la lecture de « l’enracinement » de Simone Weil)

2.- L’émigration représente en général « une perte pour le pays d’où on émigre. C’est l’éloignement d’un homme qui est en même temps membre d’une grande communauté unifiée par son histoire, sa tradition, sa culture, et qui recommence une vie au milieu d’une autre société, unifiée par une autre culture et très souvent aussi par une autre langue. Dans ce cas, vient à manquer un sujet de travail qui, par l’effort de sa pensée ou de ses mains, pourrait contribuer à l’augmentation du bien commun dans son pays, et voici que cet effort, cette contribution sont donnés à une autre société, qui en un certain sens y a moins droit que sa patrie d’origine. »(JP II Laborem exercens)

3.- L’émigration ne peut résoudre les problèmes de la misère et du sous-développement qui la justifient. « Certains phénomènes migratoires du sud vers le nord et de l’est vers l’ouest, non seulement ne résolvent pas les situations de pauvreté d’origine, mais risquent également de créer de nouveaux problèmes dans les nations d’immigration, de sorte que la carte géographique de la pauvreté, se recoupant avec celle des migrations, s’élargit de plus en plus » (JP II 1991)

Je crois profondément, malgré ce que j’ai pu dire en introduction, que l’immigration, dans les proportions que nous connaissons depuis peu de temps, s’inscrit dans une phase transitoire de l’histoire de l’humanité. Il faut aller plus loin.

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II.- L’imagination au pouvoir

Je l’annonçais en introduction, il faut, en même temps que la gestion de l’urgence dans le temps le plus court possible à l’échelle de l’histoire, assurer l’émergence d’une nouvelle société internationale, l’inventer.

Les valeurs occidentales placent la personne au centre de la vie en société. Ceci n’est pas partagé par toutes les cultures, tous les Etats. Nous croyons que la société est au service de l’homme, que celui-ci n’est pas fait pour la société, même s’il a des « devoirs de proximité » envers elle.

L’objectif est donc ambitieux, il est lointain peut-être, il y aura des moments de découragement sûrement, mais il nous faut bâtir une société internationale solidaire et reconnaître que la souveraineté des Etats, cette force matérielle irrésistible, doit être remplacée par ce que j’appelle la souveraineté de l’esprit, la force irrésistible du juste, le sentiment que l’on ne peut faire autrement.

Les Européens d’aujourd’hui, pour donner une image, ont du mal à comprendre les guerres d’autrefois, ont de la compassion pour ces générations sacrifiées et je le crois, je l’espère, sont heureux de la paix et de l’espace social et de prospérité qu’ils ont su construire.

Dans ce domaine l’Europe peut offrir ses services au monde, se gardant de toute néo-colonisation. L’histoire nous a appris que l’on ne fait pas le bonheur des personnes et des peuples contre leur gré.

Les solutions seront donc apportées dans le cadre le plus proche, régional (Europe dans la crise des Balkans) ou interrégional (Europe-Afrique dans la catastrophe de Mellila), sous le regard des Nations Unies.

Il s’agit de créer les conditions favorables, de proche en proche si cela n’était possible autrement, à une solidarité des toutes les nations dans tous les domaines, aide humanitaire, aide économique, développement harmonieux des richesses de la terre au profit de tous.

L’imagination dans cette perspective n’a pas de limite sauf celle que les Etats voudront conserver. Là encore l’Europe est un laboratoire qu’il convient d’étudier (limite de la souveraineté des Etats par attribution de compétences à l’ONU, définition de la carence ou de la faillite d’un Etat et de sa mise sous tutelle internationale confiée à un organisme créé auprès de l’ONU, création d’instances de coopération régionale….

CONCLUSION

Le droit à l’émigration – immigration, un droit en voie d’extinction ? Du fait de son ampleur actuelle, liée à la misère, le droit à l’immigration occupe le devant de la scène, mais il ne peut s’agir que d’un phénomène transitoire dans une société internationale en construction.

Le traitement de cette question réclame la mobilisation de toutes les intelligences, économiques, scientifiques, juridiques et politiques, dans une synergie à la hauteur de l’enjeu.

Mais rien ne se fera sans la reconnaissance de la personne humaine comme principe premier et dernier de toute politique digne de ce nom.

A la loi du plus fort, il faut opposer l'égalité des individus en dignité et le respect fraternel des différences, dans tous les actes sociaux. La fraternité, principe constitutionnel de la France depuis 1848, se traduit par une solidarité affirmée face à toutes les exclusions et constitue la seule attitude digne contre toutes les sortes d’intégrisme, de communautarisme, de racisme, d’intolérance et de violence. C’est un principe que la France, fierté suprême malgré ses inconstances, si souvent oublié pour des objectifs petits qui n’étaient pas à la mesure de sa vocation, que les Français offrent au monde.

Je terminerai là : lorsque chacun se consacre à autrui et travaille pour le bien commun, il œuvre en réalité en faveur de son bien-être.

Antoine KARCELES