19/06/2007
Petites leçons du deuxième tour des Législatives
Ce sont les électeurs du MoDem qui ont permis d’éviter le raz-de-marée annoncé, une analyse de Daniel Riot
« Doulce France »… Toujours prête, de plus en plus même, à se laisser aller d’une humeur à l’autre. Pour se faire peur, ou plaisir. Pour fuir les réalités, souvent.
Lundi dernier : alerte rouge, raz-de-marée annoncé ! La Chambre « introuvable », « bleue encre », s’inscrit dans les sondages. Un succès à igraver dans le Livre des records pour l’UMP, qui pourtant, a un bilan (passé sous silence) à mettre plus à son passif qu’à son actif. Le premier ministre, vrai chef de guerre, annonce l’objectif : plus de 400 députés. Et le spectre du « parti unique » apparaît.
Huit jours plus tard : « une vaguelette bleue pâle, avec des poissons rouges ». La gauche dans le coma s’est réveillée. Le PC assassiné est ressuscité. Un « Oui mais » titre Le Figaro. Un « avertissement à Sarkozy » lance un éditorialiste. La « fin de l’état de grâce », ose un autre…Les Français sont inconstants, pour les plus pessimistes. Ils sont intelligents, pour les plus optimistes…
En fait, le fait qu’un deuxième tour rectifie le premier dans des élections législatives n’a rien d’exceptionnel. Même si cette "correction" est plus nette que dans de précédents scrutins. Et l’important n’est pas ce qui est mis la plupart du temps en valeur depuis dimanche soir, mais ce qui est caché par ce qui est médiatiquement valorisé.
Un «recul » de l’UMP ? Allons donc. La majorité présidentielle est « absolue ». C’est la réalité. Et Sarkozy tient tous les pouvoirs dans ce beau pays de Montesquieu. La victoire de l’UMP et de ses satellites est incontestable. Pas écrasante (ce qui est mieux pour la majorité), mais ample, large, digne de rester dans les annales.
Un « bon réflexe de pluralisme » ? Oui. Le MoDem y a beaucoup contribué. Mais la bonne moitié des français n’est pas représentée, et notre système reste plus électif que représentatif. Pour les partis, bien sûr : le Modem de Bayrou le sait mieux que personne, mais il n’est pas le seul à être écrasé par les deux rouleaux compresseurs d’un bi-partisme qui s’auto-reproduit. Pour les catégories socio-professionnelles. Pour les jeunes. Et pour les « minorités visibles »…Bien blanche, la Chambre!
Même l’arrivée, (« massive » aie-je entendu), de femmes est à relativiser :la France, machiste, était au 89 ième rang mondial. Elle fait un bond pour se classer … 56 ième ! Que de progrès encore à accomplir pour être dignes de notre autosatisfaction. Vous avez dit "parité"? La prochaine fois, peut-être... Quand on limitera (enfin) le cumul et la succession des mandats!
Le phénomène essentiel du deuxième tour est le même que celui du premier : l’importance historique et périlleuse de l’ABSTENTION. C’est la preuve du bien-fondé des diagnostics de Bayrou. C’est la démonstration que les Français, malgré l’effet loupe, des Présidentielles transformées en festival de politique-spectacle, ne sont pas du tout réconcilier avec la politique telle qu’elle se pratique.
Problèmes d’éducation (dès l’école), d’information (soirée clips sur M6), de structures non démocratiques, d’état d’esprit oligarchique, de culture (plus monarchique que républicaine, malgré les cantiques laïcs des « élites »)…
ll est vraiment impératif que le MoDem ouvre les « voies nouvelles ». J’attends beaucoup des Conférences de citoyens que Chantal Cutajar lance sur Strasbourg, en appliquant concrètement les exhortations de Bayrou : si elles tiennent leurs promesses, il faudra les étendre à d’autres villes. La démocratie doit être une pratique permanente, sans cesse à améliorer, et non un état de fait célébré plus ou moins bien périodiquement…
En termes d’analyse politique, il importe bien sûr d’être prudent. Et ne pas s’en tenir à quelques impressions données par des cas particuliers (défaites de Juppé et de Chevènement, par exemple) ou par des calculs partiels et estimations superficielles. Mais trois lignes de forces valent d’être mise en relief:
>>> L’échec du front national, réjouissant pour tous les démocrates et logique après la déroute de Le Pen aux présidentielles (due en grande partie au siphonage réussi de Sarkozy), ne marque en rien la fin sociologique de l’extrême-droite française. Déboussolés ou récupérés, les électeurs lepénistes se sont réfugiés dans une abstention plus dépitée que résignée. Gare aux réveils !
>>> Le sauvetage du PC n’est pas forcément une bonne nouvelle pour tous ceux qui souhaitent une rénovation ou une refondation de la « gauche ». Marie Georges Buffet revient de très loin. Mais où veut-elle et peut-elle aller ? Et avec qui ? Le conservatisme de gauche se porte mieux qu’on pouvait le penser : ce n’est pas une bonne nouvelle pour ceux qui se veulent d’authentique réformateurs d’une pensée et d’une action adaptées à ce siècle. Cela rend plus ambigu encore le projet de Hollande et de quelques autres de constituer une « UMP de gauche « qui irait du PC au centre ». Le PS va être peut-être encore plus tiraillé par une logique de partition entre deux lignes. L’une, « classique », appuyée sur le flanc gauche du PS et donc des alliances à sa gauche. La seconde partisane d’alliances au centre ou avec le centre….
>>> Le bonheur des socialistes, qui en oublient qu’ils ont perdu et que la droite a gagné, a quelques cotés amusants… Après la vague rose des régionales, le même concert d’auto-satisfaction avait rendu sourd les plus lucides.
Il est vrai qu’au regard de la débâcle qui lui était promise par les sondeurs au soir du premier tour, et de la campagne politiquement nulle que ses dirigeants ont mené entre les deux tours, le PS a fait mieux que se défendre. Le parti socialiste et ses alliés gagnent même une quarantaine de sièges, contre toute attente. Une « divine surprise », pour Hollande. Et une « surprise contrariante » pour Royal…
Mais une « surprise » provoquée par quoi ?
Ne croyons pas que subitement ce deuxième tour a été transformé par l’habileté de Fabius, en un referendum pour ou contre la TVA anti-sociale…
Ne croyons pas non plus à une « mobilisation exceptionnelle » des électeurs PS : Claude Patriat, professeur de sciences politiques à l'Université de Bourgogne, sur la base de 150 circonscriptions clés passées à la loupe peut affirmer le contraire. Et d’autres études sérieuses (dont la mienne, si je peux me permettre) aussi : « Le PS n’a pas été mieux servi par son électorat au deuxième tour qu’au premier »…
Paradoxe ? En fait, le PS a été servi par l’absence de triangulaire. Il n’y en a qu’une , et elle a été gagné par le MoDem…
Il a été surtout servi par l’électorat du MoDem, y compris dans des circonscriptions où il a perdu de peu et où (fait d’exception) la candidate éliminée du MoDem avait appelé à voter contre lui (deuxième circonscription de Strasbourg)
Claude Patriat explique : « Il n’y a pas eu de sursaut du Parti socialiste. Quand on regarde précisément les résultats du 1er tour on constate que sur 150 circonscriptions, les voix du Modem pouvaient lui permettre de faire la différence à condition que se constitue un front anti-UMP. Or c’est exactement ce qui s’est passé. ».
Les éléphants et les aspirants « lions » du PS se sont bien gardés de le souligner, mais le fait est là : le PS a bénéficié massivement des voix du Modem. En dépit de l’absence de consigne de vote de Bayrou. Les électeurs seuls ont décidés.
C’est logique puisque l’électorat de centre droit avait déjà voté UMP, en suivant le « général Morin ». C’est encourageant, non parce que cette fois le PS en bénéficie, mais parce que le MoDem montre ainsi sa puissance d’arbitrage. C’est ce qui fait dire à que les sceptiques ont tort : le phénomène Bayrou va perdurer. La Revolution Orange d’un Centre Indépendant et Libre répond à de vraies aspirations.
Cet appui du moDem est d’ailleurs confirmé par les sondages sorties des urnes : 58% des électeurs du MoDem du premier tour auraient voté pour le PS, 25 pour l’UMP et 17% se seraient abstenus ou auraient voté blanc.
A noter au passage la faible abstention des électeurs du MoDem pourtant en deuil de leurs espérances du premier tour : c’est le signe d’une motivation civique forte chez celle et ceux qui optent pour l’orange. Cela aussi est très encourageant pour le mouvement de Bayrou.
Ces données sont évidemment importantes pour tenter d’imaginer la recomposition en gestation du paysage politique. Revoici des débats en vue entre les champions de la bipolarisation et ceux qui suivent le cap Bayrou : l’émergence d’une troisième force entre l’UMP et la gauche pure et dure. Cela dépendra d’abord de la capacité du moDem à se donner les moyens de ses ambitions. Une affaire de structures et de mentalité.
03:45 Publié dans TRIBUNES LIBRES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, modem, législative, bayrou
05/06/2007
Bayrou au parisien: "la politique, c'est du fond, pas des manoeuvres"
>>> Un Etat Sarkozy? " On dirait qu'il n'y a que Srakozy dans l'Etat"
>>> Le PS? "Un pouvoir contre, et non un contre-pouvoir"
>>> Ségolène? "J'étais en désaccord avec sa politique économique et sa vision du social"
>>> Le Modem? "Un mouvement populaire, une offre politique différente"
Les Français semblent adhérer largement à la méthode et au projet Sarkozy. Est-ce cela, l’état de grâce? François Bayrou. L'état de grâce, c’est naturel et presque systématique lorsqu'un nouveau président est élu, installe son gouvernement, et que ni l'un ni l'autre ne sont encore à l'épreuve des réalités.
Il a commencé pourtant à agir…
On en est davantage aux intentions qu’à l’action. Mais je tiens à dire qu’il est des orientations que j’approuve : par exemple, s’il parvient à la mener à bien, l'idée d'un traité européen simplifié, court, compréhensible. J'approuve aussi la concertation avec les associations écologistes, même si ce n'est encore qu'un symbole. Je suis, en revanche, très hostile à l'instauration d'une franchise pour les soins de santé, qui sera très lourde à porter pour tous ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts et qui ne permettra pas de combler le trou de la sécu. Et je suis vraiment inquiet de la décision de laisser filer le déficit en l’augmentant brutalement de plusieurs milliards d’euros, pour permettre des avantages fiscaux à des personnes déjà favorisées. On va ainsi encore augmenter la dette des Français. Ce n’est pas ce qu’on avait promis pendant la campagne.
Comment jugez-vous le nouveau style présidentiel?
La communication est bonne. C’est à mettre à son crédit. Mais l'idée que le Président de la République, tout seul, gouverne la France et que, sur tous les dossiers, c'est à l'Elysée que ça se passe créera un jour ou l’autre des difficultés. Nous sommes le seul pays démocratique au monde où les pouvoirs sont à ce point concentrés entre les mêmes mains. Si, en plus, toutes les décisions remontent au président, alors on aura de sacrées surprises.
Y a t il un premier Ministre tout de même?
Les ministres sont effacés et on a l’impression que Matignon est effacé lui aussi. C’est sûrement un choix, mais ce choix aura forcément des conséquences, car un État moderne ne peut pas fonctionner sans délégations, c’est-à-dire sans confiance.
Quel est, pour vous, désormais minoritaire, l'enjeu de ces législatives?
L’enjeu, c’est qu’il y ait encore en France, dans les cinq années qui viennent, du pluralisme et du débat. Nous avons besoin d'un Parlement qui représente le peuple dans sa diversité. Cela garantira qu'il existe du débat sur les sujets les plus difficiles. Or on nous annonce un Parlement dominé par un parti qui aura le monopole de la représentation des Français. Et avec, en face, un PS profondément usé. Les uns voteront toujours oui et les débats seront expédiés, sans être approfondis. En face, l’autre camp votera toujours non. Cela n’est pas sain.
Cela ressemblerait, selon vous, à l'avant 1968?
Non. La situation est très différente. Mais lorsque le Parlement est une chambre « introuvable » avec un parti tout puissant qui règne sans partage, au bout de quelques mois, le pays ne s’y retrouve pas. Alors les institutions de la démocratie ne sont plus légitimes et plus respectées.
Vous dites donc, comme le PS, qu'il y a nécessité de contre pouvoirs?
Le PS est déterminé à exercer non pas un contre pouvoir, mais un pouvoir contre. Mon idée au contraire est qu'il y ait de l'indépendance et de la liberté. Pour dire sur tel sujet : « Cela va dans le bon sens » et sur tel autre: « Attention, on se trompe ». J’en reviens à la décision de laisser filer la dette. Ce n'est pas le PS qui va la combattre cela puisque la dette et les déficits, dans sa philosophie de toujours, ce n'est pas grave. Seul un courant indépendant est capable de mettre en garde contre cette dérive, à la tribune, les yeux dans les yeux du gouvernement.
Mais comment ferez-vous si vous n'avez même pas de groupe parlementaire?
Ce sont les électeurs qui en décideront. Je livre les batailles avec l'idée que les électeurs savent ce qu’ils font. Ils ont le moyen, par leur vote, de défendre le pluralisme. Est-il imaginable qu’un mouvement politique qui a fait près de 20 % à l’élection présidentielle soit privé de sa représentation ? Est-ce juste ? Est-ce concevable ?
Diriez-vous qu'il y a un état Sarkozy?
Plus exactement, on en vient à penser qu'il n'y a plus que Sarkozy dans l'Etat !
Comment réagissez vous au départ de vos anciens amis députés?
Les ralliements ne donnent pas une haute idée de l’engagement politique. Ce qu'il y a de terrible dans ces institutions c'est qu'elles ne favorisent ni le courage ni la grandeur. Elles favorisent, au contraire, le renoncement et l'alignement. Puisque le pouvoir est absolu, tout passe fatalement par le ralliement au pouvoir. Mon idée des institutions est exactement inverse. Un pouvoir rassembleur, de vraies alliances, discutées, où personne n’a besoin de se renier, et où un contrat est passé qui permet de travailler ensemble.
Les Français n'ont pas eu depuis longtemps un moral aussi élevé. Cela ne vous trouble t il pas?
Tant mieux ! Comme cela arrive souvent, les élections ont eu un effet euphorisant. On a l’impression que les problèmes ont disparu. Mais ce n’est pas le cas. La réalité se chargera assez tôt de nous le rappeler.
L'UMP exclut de vous faire le moindre cadeau aux législatives…
Je ne recherche pas les cadeaux. Simplement, il est anormal qu'un courant politique qui a réuni 7 millions de Français à la présidentielle soit menacé d'être écarté de la représentation nationale. Vous verrez que de telles injustices rendront inéluctable un changement en profondeur de nos institutions.
Sans élus, le Modem que vous venez de créer ne serait-il pas un mouvement populiste?
Non, un mouvement populaire, avec de nombreux élus locaux. 78000 demandes d'adhésions spontanées nous sont parvenues en 3 semaines, sans aucune campagne. Chacun fixe son niveau de cotisation en fonction de ses possibilités : 5 euros si l'on est au RMI. Cotisation libre à partir de 20 euros autrement. C'est un très grand courant, jeune, actif, habitué à Internet. C’est révélateur du besoin en France d'une offre politique différente. Tout le monde voit bien que le PS avec son archaïsme, est devant son heure de vérité et que l'UMP n'est pas une vision de la société mais la courroie de transmission du pouvoir.
Envisagez-vous des accords avec la gauche?
Au soir du 1er tour, nous verrons quels moyens nous avons de défendre le pluralisme. Mon idée est de faire naître une génération nouvelle qui va s'ancrer sur le terrain à partir des législatives et aux municipales s'enracinera. On verra sous quelle forme et de quelle manière.
Ségolène Royal vient de dire que vous n'avez pas été, à la présidentielle, au bout de votre logique en ne devenant pas son Premier ministre?
Je n’approuvais pas son programme économique. Je ne croyais pas à sa vision du social, assisté par l’État. Comment aurais-je pu la rallier ? Pour moi, la politique c’est du fond, pas des manœuvres.
15:40 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, politique, legislative, sarkozy, Royal
31/05/2007
L'état de grâce ne durera pas...
Marielle de Sarnez participait à l'émission « Elections 2007 » d'Olivier Mazerolles sur BFM TV. Marielle de Sarnez est vice-présidente de l'UDF, force constitutante du Mouvement démocrate né après l'élection présidentielle.
La députée européenne, candidate dans la XIème circonscription de Paris, a commenté les débuts du nouveau président de la République. Elle est revenue sur la nécessité d’un Etat impartial, une des mesures phare de François Bayrou.
Elle a rendu un hommage appuyé à Anne-Marie Comparini, candidate dans le Rhône, en position difficile, qui a « su résister aux sirènes. » La scission au sein de l’UDF a été une douleur pour Marielle de Sarnez qui insiste sur l’impérieuse nécessité du pluralisme à l’Assemblée nationale. Une autre voix doit se faire entendre. Celle du centre. "Il faut de l'Oarnge à l'Assemblée"
L’état de grâce ne durera pas, selon Marielle de Sarnez. Viendront les travaux auxquels seront confrontés le nouveau président de la République et son gouvernement. C’est à ce moment-là qu’on verra le maçon à l’œuvre. Et que des députés libres pourront vraiment agir dans l'intérêt général
A propos du positionnement idéologique de François Bayrou et du Mouvement démocrate, Marielle de Sarnez rétorque à Olivier Mazerolle qu’il n’y a plus simplement une droite et une gauche en France. Il y a une gauche, c’est vrai, une droite, c’est vrai, mais également un centre. Sept millions de Français l’ont dit en votant pour François Bayrou à l’élection présidentielle. Et ce pour deux raisons simples. La première, c’est le pluralisme. Il n’y a pas de démocratie vivante sans pluralisme. Il serait absolument normal qu’un courant politique qui a réuni plus de 19% des voix au premier tour de l’élection présidentielle fasse entrer des représentants à l’Assemblée nationale. Marielle de Sarnez en veut pour preuve la plupart des pays européens. La deuxième raison, c’est la manière dont fonctionne l’Assemblée nationale avec une majorité qui sera dans le systématisme absolu : elle votera oui à toutes les lois qui lui seront proposées. LIRE LE RESUME DE L'ITW >>>
17:55 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, legislative, politique, modem, sarkozy
26/05/2007
Strasbourg: Mes démélés avec le "tandem UMP" ...
Dans son papier d'humeur et d'humour sur son "gommage" des "Entretiens du Conseil de l'Europe", Daniel RIOT aborde, à sa façon, mes relations avec le "Tandem UMP" qui dirige la Ville.
Je reviendrai sur ce sujet (qui me vaut bien des questions légitimes de la part de citoyens qui n'ont pas toujours compris pourquoi élue en numéro 3 sur sa liste au titre des "personnalités de la société civile" j'ai été amenée à prendre mes distance avec lui).
En attendant, je reproduis la fin de l'article de Daniel. C'est aussi pour moi l'occasion de le remercier, comme je remercie toutes celles et tous ceux qui, dans mes combats politiques, m'apportent soutiens, conseils, aides, encouragements. Leur confiance se traduit pour moi par un devoir de ne pas les décevoir et par une détermination accrue de tout faire pour que "politique" rime en permanence avec "éthique".
Chantal Cutajar

"« Pourquoi tant de haine ? » redirait le « vrai » Sarkozy…
Je sais que mon indépendance d’esprit et l’honnêteté intellectuelle qui la sous-entend gênent le « Tandem » : Robert Grossmann me l’a dit, avec plus ou moins d’élégance, à plusieurs reprises.
Je sais que le même « Tandem » est surtout très gêné (dieu sait sans doute pourquoi) que je puisse depuis des années soutenir intellectuellement, amicalement et politiquement, Chantal CUTAJAR, candidate UDF-MoDem dans la première circonscription de Strasbourg, que le tandem tente de "démolir" et traite par le mépris depuis des années.Bel esprit de résistance, Chantal!
Pour cause : celle qui leur a servi de caution intellectuelle pendant la campagne des municipales a osé défier l’ « autorité » de la « Reine » et du « Roi » de la République de Strasbourg en marquant ses désaccords de forme et de fond avec les méthodes de gouvernement du couple royal, nombre de décisions mal préparées et surtout peut-être de l’ état d’esprit qui régnait (et règne toujours) à la Cour…

Chantal Cutajar: Des qualités d'intelligence et de caractère qui font trop de lumière pour celles et ceux qui détestent qu'on leur fasse de l'ombre...
Ils l’ont virée, Chantal. En réussissant l’exploit (sarkozyen) de faire croire que c’est elle qui était entrée en « dissidence ». C’est cela d’abord une communication réussie : une bataille rhétorique gagnée avec des mots trahis…et une mauvaise foi masquée.
"Comment un homme comme toi peut-il supporter une femme telle que Cutajar?" m'a demandé un jour, en privé, mais sérieusement Robert Grossmann. Mais parce qu'elle est intelligente, courageuse, forte de vraies convictions, habitée par un vrai sens du service public et de l'intérêt général, nourrie non d'une ambition de pouvoir paraître mais de pouvoir faire, inspirée par des valeurs authentiquement humanistes.
Des qualités dangereuses en effet pour celles et ceux qui ont de l'action politique une conception plus carriériste qu'éthique, plus clanique que républicaine, plus partisane que démocratique.

"Le tandem a fait une sacrée connerie en se fachant avec Chantal Cutajar. Je leur ai dit d'ailleurs", m'a dit un de mes anciens prof de Droit toujours en politique par "sens du devoir". C'est toujours une "connerie" de sous-estimer la force de convictions d'hommes et de femmes de qualité.
Mais dans puis contre (ou plutôt en dehors de) la sphère du Tandem, Chantal Cutajar, néophyte en politique, a beaucoup appris. Appris à subir des attaques injustes, des rumeurs indignes, des manoeuvres basses. Appris à éviter les peaux de bananes et à avaler des clous rouilles. Appris,surtout, à voir ce qu'il ne faut pas faire quand on veut avoir une action politique conforme à ses propres idéaux, fusse-t-elle électoralement risquée.
Le « tandem » strasbourgeois, a , entre autres défauts, l’énorme faiblesse de transformer tout désaccord de quelqu’un en « affaire personnelle ». Toute critique en remise en cause. Et en « trahison ». Et les amis de leurs "ennemis" (ou vus comme tels, plutôt) sont leurs "ennemis."
C’est, paraît-il, un réflexe normal chez des individus mal à l’aise dans leurs fonctions (donc forcément paranos) qui rêvent d’être aimés… même quand ils ne se montrent guère aimables, sauf par intérêt.
Mais peut-être, un jour, organisera-t-on des "Entretiens" sur un thème qu'il devient urgent d'aborder: : « La diversité politique : une richesse et un défi pour Strasbourg».
Celui-là, je ne l’animerai pas : j’y participerai…"
13:30 Publié dans CUTAJAR A LA "UNE" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, cutajar, législative, modem, udf, alsace, politique
17/03/2007
Questions-Réponses : Quelle fiscalité demain ?

J’ouvre cette rubrique qui sera alimentée par les questions des internautes, de celles et de ceux qui m’interrogent par courriel, par courrier ou directement dans les rencontres publiques prévues, dans les réunions thématiques ou dans les « politico-dating » que nous avons lancés ce samedi à Strasbourg.
Aucune question internationale, européenne, régionale ou locale, concernant ma campagne en faveur de « Bayrou Président ! » et mon engagement dans la première circonscription de Strasbourg ne restera sans réponses.Merci d’être les acteurs premiers de cette rubrique, sous votre nom, sous votre pseudo ou dans le respect de votre anonymat, selon vos souhaits. CC
De D.L. (Strasbourg) lors du premier « politique dating » organisé par Chantal CUTAJAR et son équipe de campagne (au café « La Place » 3 place des Tripiers, à Strasbourg) : « Quel est le programme de Bayrou en termes de fiscalité ? »
LE REFUS DE LA DEMAGOGIE: PAS DE VAINES PROMESSES
CC : « Quel Français ne souhaiterait-il pas payer moins d’impôt ? Il importe de redonner à l’impôt toute sa signification citoyenne : une contribution individuelle ou familiale aux services publics donc au bien commun,un outil de redistribution dons de solidarité, une concrétisation de la citoyenneté active.
Si l’impôt est impopulaire c’est d’abord parce que ce sens du bien commun a été dévalorisé par un Etat mal géré, voir confisqué, et par notre système fiscal est perçu comme injuste et opaque. D’ailleurs les recettes fiscales servent à peine à payer les intérêts de la Dette (intérêts qui seraient plus élevés encore avec un euro plus faible !)
Notre programme législatif détaillera nos propositions qui concerneront à la fois les taux et les assiettes des impôts, les contributions directes et indirecte, les impôts nationaux, régionaux et locaux…L’habitude a trop été prise ces dernières années de ne parler que des taux ! Et de tirer parti de la décentralisation inachevée et mal faite pour faire des transferts de charges et de responsabilités… C’est trop l’application du « Passe-lui le singe », un mot que les cadres fuyant leurs responsabilités connaissent bien…
Dans le projet de Bayrou, pas de promesses non tenables, pas de démagogie. Nulle part et surtout pas en matière fiscale ! Ce n’est pas forcément populaire, cela fait sans doute perdre des voix, mais une élection , c’est un contrat de confiance entre des électeurs et un candidat. Pas de confiance sans franchise et sans prise en compte des réalités ! François Bayrou veut simplifier et stabiliser la fiscalité, locale et nationale, dans une perspective de développement durable. Il s’agit à la fois d’assainir les finances publiques, et d’encourager l’innovation et la recherche, l’esprit d’entreprise et l’emploi.
J'aouterai un point qui me tient à coeur, professionnellement et par réalisme:une fiscalité plus juste passe par une lutte plus efficace contre l'économie souterraine, les marchés noirs, les trafics en tous genres, les fraudes en T-shirts ou en cols blancs, toutes les évasions liées à l'argent sale et à son blanchiment. Des combats à mener à tous les niveaux du local au global avec des méthodes nouvelles et des moyens nouveaux. Dans les administrations fiscales et en matière de Justice"
Chantal CUTAJAR
L’IMPERATIF : REDUIRE LA DETTE
François Bayrou : « Je propose un principe de stabilité fiscale, afin que les particuliers comme les entreprises puisse penser leur avenir dans le long terme.
Second principe, la simplification, pour que la fiscalité devienne enfin lisible. La multiplication des niches et des dérogations, la survivance d’impôts archaïques — de certains impôts locaux notamment — rend notre fiscalité illisible, complexe et injuste.
>>>La monnaie commune européenne appelle une harmonisation fiscale et sociale : je souhaite obtenir une harmonisation de l'impôt sur les sociétés, qui est une source de dumping fiscal. Cela ne pourra être obtenue que par une France ayant recouvrée sa crédibilité européenne
>>>La TVA, elle, devrait rester de compétence nationale car elle ne fausse pas la concurrence entre pays. Encore une reforme qui exige une crédibilité européenne que la France n’a plus et ne retrouvera qu’avec un Président qui a une pleine consciencede l’impératif européen !
>>>L'impôt sur la fortune tel qu'il est conçu a fait beaucoup de dégâts. L’ISF, tout le monde fuit cette question! Je n’ai pas l’intention de l’éluder ! J’ai combattu les baisses d’impôt indues, et je considère que la solidarité est la condition de notre survie comme nation ; mais une nation qui accepte l’exil de ses citoyens les plus riches, accepte de s’appauvrir : l’argent qui aurait été réinvesti dans la société française, dans la création d’emplois, dans le commerce, cet argent va s’investir chez nos voisins.
UN ISF A REVOIR COMPLETEMENT
Pire encore : les plus riches, en multipliant les décisions ciblées sur la défiscalisation, y échappent aisément. Ceux qui l’assument « plein pot », ce sont les classes moyennes supérieures, frappées par l’explosion de l’immobilier, puisqu’on n’a pas eu le courage de faire bouger les seuils suivant le coût du logement.
Je suis partisan d’une imposition sur le patrimoine à base large, à partir de 750 000 euros, sans plus aucune niche défiscalisée ni exemptions, mais à taux léger. Nous avons fait le calcul avec Charles de Courson : le patrimoine des Français au-dessus de 750 000 € par ménage dépasse les 3 000 milliards d’euros. Un prélèvement de 1 pour 1000, facile à assumer par tous, rapporterait 3 milliards par an, c’est-à-dire l’équivalent de l’ISF aujourd’hui.
Et nous y gagnerions énormément en impôts sur la consommation, en investissements, en créations d’entreprises.
REFORMER LES FISCALITES LOCALES
>>>Une réforme de la fiscalité locale est d’autant plus nécessaire que 75 % des investissements civils sont pris en charge par les collectivités. La décentralisation ne signifie pas que l’Etat se désengage : les transferts de compétence doivent être entièrement compensés par l’Etat.
>>>Je m’engage pour une fiscalité écologique, menée- c’est le plus souhaitable - en concertation avec nos partenaires européens. La seule manière d’obtenir un changement complet de comportement à l’égard de l’environnement, c’est que cela coûte plus cher de polluer que de ne pas polluer. Une ‘fiscalité carbone’ permettra de planifier, sur le long terme, une régulation des prix des énergies fossiles. Et ce sera l’un des moyens d’alléger les charges sociales qui pèsent sur le travail.
>>>Et je veux qu’on étudie (au moins pour en avoir le cœur net !) l’idée d’une contribution "Tobin" sociale : le prélèvement direct d’une fraction extrêmement faible, un millième ou une fraction de millième, des sommes qui circulent dans les échanges bancaires.
En tout état de cause, tant qu’une dette aussi lourde pèsera sur les générations futures, je veux donner la priorité à la réduction du déficit public plutôt qu’à la baisse des impôts. »
François BAYROU
18:45 Publié dans QUESTIONS -REPONSES | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, bayrou, présientielles, législative, impôts
20/11/2006
L'Avant-Projet de l'UDF (III) Une révolution civique
Le Billet de Chantal CUTAJAR
Civisme. Un beau mot. Pourquoi a-t-on supprimé les cours « d’instruction civique » ? Mauvaise idée. Un bel exemple (à ne pas suivre) d’une modernité mal comprise… « Civisme » a la même racine que « civilité » (comme politique plonge dans les mêmes origines que police, policé et…politesse). Mais les deux termes ne sont pas synonymes. Le « Civisme », c’est d’abord une conscience. Celle de l’appartenance à une Cité (au sens large du terme), avec tout ce que cela comporte en droits et en devoirs. De liberté et de responsabilité. Le « Civisme », c’est une « vertu » (dans le sens que Montesquieu donnait à ce mot) qui est le préalable à une bonne démocratie. Le « Civisme », c’est l’une des conditions essentielles à un « vivre ensemble » harmonieux.
Quand le civisme disparaît, c’est la démocratie et la république qui se dissolvent. Avec deux risques majeurs, qui se manifestent ensemble ou successivement : des explosions d’égoïsme mal compris, d’individualisme ravageur qui conduisent à des troubles sociaux, à un climat de guerre civile et l’avènement de régimes dictatoriaux ou totalitaires. Que d’exemples dans l’Histoire ! Le manque de civisme commence par le crime d’indifférence qui s’appelle « bouder les urnes », « s’abstenir », ne pas voter. Car le vote est (avec les impôts et la participation aux débats publics) la marque et la manifestation première de cette « appartenance ».Or, partout, y compris aux Etats-Unis, « l’abstention » s’accroît. Le symptôme d’un mal profond…et dangereux. Aux élections législatives de juin 2002 en France, 40% des électeurs se sont abstenus de voter. Au premier tour des présidentielles, quelques mois auparavant, c’est dans l’importance du taux d’abstention que se trouve l’une des raisons de ce qui est arrivé. La politique n’est ni un spectacle, ni un jeu. L’esprit civique c’est la conscience que « chaque voie compte » et que la voix de chacune et de chacun est entendue… même si « l’intérêt général est plus que la somme des intérêts particuliers » Cet « esprit civique » n’exclut évidement pas l’esprit critique. Il l’implique même. Le célèbre « Ne te demande pas ce que l’Etat peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour lui » que se plaisait à répéter J-F Kennedy » a un corollaire : « Mes devoirs envers l’Etat implique un droit fondamental : exiger de l’Etat qu’il remplisse pleinement son rôle envers tous…et que celles et ceux qui le dirigent excellent et montrent l’exemple en matière de civisme ». Dans tous les domaines qui dépendent de sa compétence et notamment dans le respect de ses lois fondamentales et de ses devises. « Liberté, égalité, fraternité » : ce triangle d’or ne sera jamais parfait, mais c’est quand il se vide de sens quand l’incivisme fait des ravages… au « sommet ». Le civisme n’est pas un « suivisme » docile, ou une obéissance « conservatrice » : il est une force constructrice, dynamique, « instituante » de ce que l’on peut appeler « la justice politique » ou une « politique juste » (le seul cas où ces mots peuvent être accolés !) Il ne suffit pas, en effet, de se lamenter sur les évolutions qui engendrent un « désenchantement » de la Politique et une crise du politique. Le « réenchantement » passe par des remises en causes. Le civisme c’est une arme contre tous les cynismes. Et tous les « détournements de démocratie » Il implique une « éthique d’action » dans la « sphère publique »… pour les élus et pas seulement pour les citoyens. C’est précisément ce que propose l’UDF avec la « révolution civique » qu’il prône dans son Avant-Projet pour les Législatives de 2007. C’est ce que souhaite déclencher Bayrou aux prochaines Présidentielles. Le texte ci-dessous l’atteste Chantal CUTAJAR
« UNE REVOLUTION CIVIQUE La société française a beaucoup changé. Dans sa structure sociologique et démographique, dans ses rythmes et dans ses modes de vie, dans son ouverture aux technologies de la communication, dans le niveau d’informations dont elle dispose désormais. Elle l’a fait bien plus vite et profondément que son paysage administratif. C’est là l’une des causes du « mal français ». Il est vrai que c’est l’Etat qui a fait l’unité de la France, par un effort multiséculaire de centralisation et de lutte contre les féodalités et les particularismes : il y a là une singulière continuité, de l’Ancien Régime à l’Empire et à la 3ème République. Ce lien indissoluble entre l’Etat et la Nation ne saurait disparaître. Mais il doit évoluer, sous peine de nous condamner à l’immobilisme et au repliement. C’est toute la question des missions de l’Etat et de son rapport avec la société civile qu’il faut poser, dans une vision modernisée de l’un et de l’autre.
UN ETAT GARANT
La question du rôle et du périmètre de l’Etat est souvent évoquée mais jamais tranchée de manière claire. Cette indécision est doublement nuisible : à son efficacité mais aussi aux conditions de travail de ses agents, ballottés entre la critique et le doute. L’Etat est nécessaire mais il ne doit ni ne peut tout faire. Comme l’écrivait déjà Durkheim, « si l’Etat est partout, l’Etat est nulle part ».
- La crise de l’Etat-providence : dans tous les pays occidentaux, le rôle, le périmètre, les méthodes de l’Etat ont évolué : partout, cette modernisation a été considérée comme souhaitable pour accompagner la mutation de la société. En France au contraire, cet aggiornamento s’accompagne d’une crispation douloureuse. Il est vrai que les vagues de décentralisation (1982, 2004) ont été ressenties comme une amputation plus que comme la recherche d’une nouvelle raison d’être, d’un équilibre différent : le discours sur l’Etat est trop souvent négatif (compression du budget et des effectifs) et le management est tout sauf participatif. L’Etat employeur n’a pas la réputation de bien traiter ses propres agents !
Les conséquences de cette inadaptation sont funestes. L’Etat, occupé sur tous les fronts, a du mal à remplir ses missions essentielles, il sacrifie, par l'endettement et le déficit, le long terme au court terme.
Dans ces conditions, comment agir de manière cohérente et juste, comment identifier les responsabilités de chacun des services ? Paradoxalement, cette présence dispersée alimente une demande sociale à l’égard de l’Etat. Pour nos concitoyens, celui-ci devrait prémunir contre tous les risques, assurer l’exercice de toutes les formes de solidarité, amortir les chocs du futur et réparer la casse sociale de la mondialisation. La solution n’est plus dans cette polyvalence trompeuse mais dans une présence forte dans ce qu’il a de plus utile.
- Un Etat moderne : ce n’est pas un Etat modeste mais un Etat déterminé à exercer ses responsabilités avec efficacité et au service des citoyens :(A suivre)
11:15 Publié dans Le billet de Chantal CUTAJAR, L'Avant-projet législatif de l'UDF, UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : udf, bayrou, politique, strasbourg, présidentielles, législative, civisme

