14/03/2007

SANTE: REPENSER LES RAPPORTS MEDECINS-SOCIETE

François Bayrou le seul candidat au Medec !

François Bayrou s'est rendu au salon du MEDEC au Palais des Congrès de Paris où il a pu répondre devant 800 praticiens et représentants du monde médical à des questions sur la politique de santé qu'il propose.

Seul candidat a être venu en personne expliqué sa politique devant les professionnels de la santé, François Bayrou a décrit le sentiment d'abandon qu'éprouvent les médecins aujourd'hui en France en rappelant les réponses qu'il avait reçu lorsqu'il avait envoyé un questionnaire à l'ensemble des médecins il y a 18 mois. Ce sentiment d'abandon requiert que les politiques repensent repensent le rapport de la société à la médecine. Cela passe notamment par une réorganisation de la profession qui aura pour objectif de relégitimer le terrain.

"Il faut considérer la santé non pas seulement comme une dépense mais aussi comme une source unique de progrès social et économique et d'innovation." a-t-il préconisé. François Bayrou est ensuite revenu sur la nécessité de régionaliser le système de santé et de rapprocher la médecine de ville et l'hôpital d'une part et le curatif et le préventif d'autre part.

27/01/2007

Redynamiser la médecine en milieu rural

François Bayrou avait choisi les difficultés de la médecine en milieu rural comme thème de son déplacement dans le Loiret. "On ne trouve plus de médecins alors qu'il y a plus de dix ans, nombre d'entre eux ont été envoyés à la retraite d'office", a déploré François Bayrou lors d'une réunion publique à Orléans.

Il s’est ainsi indigné contre "un pays incapable d'avoir une vision de long terme". François Bayrou a visité le jour même la maison de retraite d'Outarville et rencontré des médecins et infirmiers des environs.

Il a dit avoir senti auprès de ces professionnels de santé un "sentiment de fatigue, l'impression d'être au bout du rouleau, de ne pas voir d'issue". Le candidat à la présidentielle a proposé plusieurs mesures pour redynamiser la médecine en milieu rural : le développement de "cabinets de groupe" et "des bourses d'implantation", le financement des études sur le modèle des anciens IPES dans l'Education nationale.

Cette dernière solution garantissait aux étudiants, un revenu pendant une partie de leurs études, en échange de l'engagement de servir pendant dix ans dans la fonction publique.

19/01/2007

Bayrou et les réformes de la politique de santé: Une vraie stratégie cohérente

Il faut régionaliser les politiques de santé

François Bayrou explique dans "LE GENERALISTE" que la réforme de l’assurance maladie a aggravé la crise dans tous les secteurs de la santé. Il prône une régionalisation de la politique de santé et prend l’exemple de la caisse d’Alsace-Moselle qui est à l’équilibre : à ses yeux, "on ne gère bien que de près, et la proximité est un principe de légitimité".

FRANÇOIS BAYROU CANDIDAT UDF À LA PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE - Depuis quelques mois, c’est l’homme qui monte dans les sondages. Notre dernier baromètre Stethos montrait, par ailleurs, qu’un quart des généralistes étaient séduits par son positionnement. Dans un entretien exclusif, le président de l’UDF dresse un constat pessimiste sur la crise du système de santé et préconise de nouvelles solutions de financement. Le glissement vers une "médecine à deux vitesses" le préoccupe.De même que la désertification médicale pour laquelle il propose des mesures volontaristes.


LE GÉNÉRALISTE : Au cours de la dernière législature, l’UDF n’a pas ménagé ses critiques concernant la réforme de l’Assurance maladie et cela a même conduit une majorité de ses députés à voter contre les derniers Plfss. Dans les cinq années à venir, faut-il prévoir des retouches ou une révision complète du dispositif mis en place en 2004 ? Que reprochez-vous
à cette réforme ?

François Bayrou : Avant tout, le manque de vision stratégique et de crédibilité de cette réforme. L’autre raison est l’aggravation de la crise dans tout le secteur de la santé : à l’hôpital, où trois quarts des établissements sont dans le rouge, comme chez les médecins. L’urgence est de mettre fin aux mesures de court terme pour privilégier le long terme, en cessant de considérer que chaque alternance impose de tout reprendre à zéro. Sur la méthode, il convient d’associer les acteurs qui doivent être acteurs de la décision en amont et responsabilisés. Cette méthode entraînera une réflexion sur l’organisation du système lui-même. Je plaide pour la régionalisation de la politique de santé, parce que certaines démarches et projets peuvent être très différents selon les secteurs géographiques. Mais la voie cruciale à choisir est celle de la prise en charge globale du patient et de la prévention. C’est la stratégie la plus déterminante pour améliorer le niveau de santé de la nation et obtenir, dans le même temps, des économies.

Point central de cette réforme, le dispositif du «médecin traitant » vous paraît-il un succès ou un échec ?
F. B. :
Je crois peu au médecin traitant comme distributeur de ticket d’accès gratuit au spécialiste, mais je crois beaucoup au médecin traitant comme acteur et responsable de la prévention. Mais ce qui me gêne, c’est que ce système crée une médecine à deux vitesses. Il y a, d’un côté, ceux qui sont prêts à payer plus pour aller voir directement le spécialiste dans des délais raisonnables, en étant moins bien remboursés et, de l’autre, ceux qui ne pourront pas se le permettre.

Face à l’importance du déficit des comptes sociaux, jugez-vous indispensable une réforme du financement de l’Assurance maladie. Et, si oui, quelles solutions préconisez-vous ?
F. B. : Rien ne justifie que l’emploi salarié, doive supporter à lui seul la solidarité nationale dans tous les domaines de la santé et de la protection sociale. Certains défendent l’idée de la TVA sociale, comme au Danemark, mais soyons conscients que la TVA sociale ne pourra soutenir, à elle seule, de tels transferts ; d’autres évoquent la CSG, dont le taux est déjà élevé. Je soumets au débat l’idée d’une « cotisation sociale universelle », fondée pour l’entreprise sur la valeur ajoutée. Je demande, par ailleurs, qu’il soit mis à l’étude l’idée d’un prélèvement direct d’une fraction extrêmement faible, de l’ordre d’un millième ou d’une fraction de millième, des sommes qui circulent dans les échanges bancaires, dans un cadre européen.

Au cours de cette dernière mandature, votre parti a entrepris de sonder et de rencontrer les acteurs de santé. Les médecins libéraux vous semblent-ils "avoir le moral" ? Quels enseignements tirez-vous de cette consultation pour l’avenir de la médecine libérale ?
F. B. : Le premier élément de cette consultation qui m’a frappé, c’est le taux exceptionnel de réponses : 14 000 réponses pour une profession aussi surchargée de tâches, médicales et
extra-médicales. C’est un cri et c’est une mise en cause. Cette enquête a révélé la profondeur du désarroi du monde médical, dont les causes sont nombreuses : les changements brutaux induits par les multiples réformes mises en œuvre sans concertation préalable ; le poids de l’administratif qui rend la charge de travail des praticiens insupportable et nuit à la qualité des soins ; l’instauration d’une médecine à deux vitesses, l’irréalisme de certaines réformes… J’en tire principalement l’enseignement de l’envie des médecins de participer à une réflexion sur leur métier ; de leur souhait que l’on éduque les assurés et, en particulier, ceux qui pratiquent le nomadisme médical et de leur déception de ne pas avoir le temps de faire davantage de prévention.

Dans la profession, beaucoup s’inquiètent des difficultés démographiques. Quoique nombreux à s’inscrire en faculté de médecine, les jeunes semblent réticents à choisir la médecine générale. Comment faire pour que cette discipline redevienne attractive ?
F. B. : On est au bord de la désertification médicale dans de nombreuses régions et dans plusieurs spécialités. Il faut une politique active de restauration du tissu médical. Au temps lointain où il fallait restaurer le tissu des professeurs, on inventa les Instituts préparatoires à l’enseignement secondaire (Ipes), qui garantissaient à certains étudiants un revenu pendant une partie de leurs études, pourvu qu’ils souscrivent l’engagement de servir dix ans dans la fonction publique : une politique du même ordre, incitative, peut être imaginée pour le
tissu médical français.

On fait souvent le reproche au système de soins français d’être excessivement cloisonné et, notamment, de ne pas aménager suffisamment de passerelles, de réseaux et de souplesses statutaires entre la ville et l’hôpital. Partagez-vous cette analyse ?

F. B. : La permanence des prises en charge, de jour et de nuit, est une demande croissante qui ne peut pas être éludée. La concentration à l’hôpital de cette demande d’urgence pose des problèmes qui iront croissant. Tout le monde voit bien que la participation des médecins généralistes est nécessaire. Mais cela impose l’organisation de maisons médicales, qu’on a pourtant financièrement récemment abandonnées. Plus largement, cela impose un mouvement vers l’organisation de groupes médicaux, en réseaux, alliant des médecins, des personnels paramédicaux, d’autres personnels administratifs, avec des moyens techniques et des rémunérations adaptées. À l’autre extrémité de la pathologie, les urgences thérapeutiques réelles sont rares et rélèvent de la compétence technique des établissements hospitaliers qui devraient pouvoir s’y consacrer. Il n’est pas raisonnable qu’un service hospitalier doté d’un plateau technique et d’un personnel de très haut niveau, très spécialisé, onéreux, soit utilisé pour recevoir des pathologies ressenties comme urgentes par les patients, mais que le médecin généraliste peut diagnostiquer et traiter plus vite et avec moins d’angoisse.

Par rapport aux autres candidats, vous mettez volontiers l’accent sur la nécessité de régionaliser davantage la prise de décision et sur la dimension européenne. Qu’est-ce que le système de santé peut attendre de l’Europe ou de la région ?
F. B. : Mise à part la lutte contre les grands fléaux, l’échelon national semble plus approprié pour les questions relatives à la santé. Ce cadre national est indispensable dans un pays comme
la France qui se vit comme une unité et dont le principe majeur est le principe d’égalité. Mais on ne gère bien que de près, et la proximité est un principe de légitimité. L’exemple de la caisse d’Alsace-Moselle doit être médité, elle qui a pu construire à la fois un équilibre financier et une légitimité enviables. Nous pensons qu’il faut donner à la gestion de nos politiques de santé une dimension régionale. Pour que les besoins de santé soient identifiés, qu’ils obtiennent une réponse adaptée au terrain, que puissent y participer des partenaires légitimement représentés, élus sans doute un jour, chacun selon son collège, praticiens, patients, gestionnaires – et, certes, il faudra définir un juste mode de représentation –, il faut un périmètre à taille humaine. On ne gère bien qu’au plus près. Et comme l’existence d’un CHU est requise au coeur de ce périmètre, cela conduit à définir une circonscription régionale. Ainsi, les autorités administratives devront-elles avoir pour dialoguer avec elles une démocratie de la santé qui éviterait bien des erreurs et quelques injustices.

Propos recueillis par Véronique Hunsinger et Jean Paillard

Le Généraliste