22/09/2007

Bayrou et "l'Etat en faillite" de Fillon

"aveu estomaquant"

 

et "autocritique"

"C'est un aveu estomaquant et révélateur. Nous savons depuis longtemps quelle est la situation réelle des finances du pays, qui constitue en effet une très grave menace pour la France", a déclaré à l'AFP M. Bayrou, en rappelant qu'il en avait fait un "sujet majeur de la campagne" présidentielle.

Le gouvernement "a décidé, en contradiction absolue avec le bon sens, de creuser le déficit en dépensant 15 milliards d'euros par an pendant la législature au profit de ceux qui avaient déjà beaucoup" dans le cadre du paquet fiscal voté à l'été, a-t-il dit. "Ce trou de quelque 70 milliards supplémentaires, il va falloir le combler et, naturellement, on ne pourra le combler qu'en demandant des sacrifices à ceux qui avaient peu", a estimé le député des Pyrénées-Atlantiques.

 

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25/08/2007

Bayrou salue en Raymond Barre "un Homme d'Etat " qui "tenait le cap"

L'ancien Premier ministre est mort samedi à l'âge de 83 ans. Il apportait "courage et altitude" au monde politique, estime François BAYROU. Raymond Barre était hospitalisé depuis avril à la suite d'un malaise cardiaque.

Raymond Barre (Sipa)

Raymond Barre (Sipa)

L'ancien Premier ministre Raymond Barre est mort dans la nuit de vendredi 24 à samedi 25 août à l'âge de 83 ans à l'hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, où il avait été admis en avril dernier, apprend-on de source familiale.
"M. Raymond Barre est décédé cette nuit samedi 25 août 2007 à l'hôpital du Val-de-Grâce", a fait savoir sa famille.
L'ex-Premier ministre et ancien maire de Lyon avait été hospitalisé le 12 avril à Paris après avoir été victime d'un malaise cardiaque sur la Côte d'Azur.
Il s'était retiré de la vie politique en 2002 pour des raisons de santé.
En février dernier, ses propos sur son ancien ministre Maurice Papon et le "lobby juif" avaient provoqué une vive polémique.

"Meilleur économiste de France"

Né le 12 avril 1924 à Saint-Denis, sur l'île de la Réunion, Raymond Barre, qualifié de "meilleur économiste de France", fut Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing de 1976 à 1981 et a incarné la politique de "rigueur."
Maire de Lyon (1995-2001) et député du Rhône, il avait été en outre candidat malheureux à l'Elysée en 1988, battu au premier tour par François Mitterrand et Jacques Chirac.
Raymond Barre, qui avait eu 83 ans le 12 avril, souffrait depuis plusieurs années de problèmes rénaux et cardiaques.
En 2001, il avait renoncé à se représenter à la mairie de Lyon pour des raisons de santé. L'année suivante, il abandonnait son mandat de député dans sa circonscription du Rhône pour les mêmes raisons.

Gouverner la France au centre

Il avait publié au début de l'année "L'expérience du pouvoir", un livre d'entretien avec le journaliste Jean Bothorel dans lequel il revenait sur sa carrière atypique de professeur d'économie entré sur le tard dans l'arène politique.
Il y réglait des comptes avec Jacques Chirac ("Le Chirac humain, chaleureux, je l'apprécie. Pour le reste, je suis incapable de lui reconnaître la moindre conviction, sauf l'obsession du pouvoir").
Il revenait aussi sur sa candidature à l'élection présidentielle de 1988 et sur la nécessité, à ses yeux, de gouverner la France au centre.
"(...) Je n'aurais eu aucune objection de principe à gouverner avec des socialistes raisonnables, à l'instar de ce que l'on a vu dans d'autres pays européens", y disait-il notamment.
"Je crois que notre pays a besoin de cet équilibre, sinon le débat politique se crispe jusqu'à se caricaturer", ajoutait-il.
"Raymond Barre n'a jamais été, n'a jamais voulu être un homme politique comme les autres. Avant tout grand universitaire de vocation et de tempérament, (...) il a placé au-dessus du reste l'indépendance d'esprit, la compétence et le courage, fût-ce électoralement sacrificiel, fût-ce exprimé avec un brin de provocation", écrivait alors le commentateur Alain Duhamel dans une chronique sur cet ouvrage publié dans l'hebdomadaire Le Point.

"Un goût de la liberté"

"Raymond Barre a été soutenu, admiré, aimé, par beaucoup de Français, parce qu'il était un homme d'État, c'est-à-dire quelqu'un qui mettait l'intérêt général de son pays au-dessus des intérêts particuliers des clans, des partis, ou des hommes. Y compris au-dessus de ses intérêts personnels", a estimé François Bayrou, le président du MoDem.
"Et il tenait le cap. Il suffit de rappeler que, Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing, dans une des périodes les plus difficiles de notre histoire récente, la France est en 1981 un pays modernisé et les moins endettés du monde occidental", a souligné le leader centriste.
"Il y avait en lui un goût de la liberté qu'il défendait avec drôlerie, avec jubilation, parfois avec provocation, refusant les compromissions habituelles à un monde politique auquel il apportait courage et altitude", a-t-il ajouté.
Interrogé sur les propos antisémites tenus par Raymond Barre le 1er mars 2007 sur France Culture, François Bayrou prend ses distances: "Que dans la dernière émission que la maladie lui ait permis de faire, il ait eu cette expression, inacceptable, cela a peiné beaucoup de ses amis, beaucoup de ceux qui l'ont suivi. Cela prouve que les hommes, même quand ils sont grands, ont leurs faiblesses, leurs taches noires qu'il faut regarder en face", a-t-il dit.

"Un compagnon de route" de VGE

L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a déclaré samedi matin que "la France vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs". "Son action s'inscrivait dans la grande ligne de ceux qui depuis Colbert ont construit la prospérité de notre pays", a déclaré VGE dans un communiqué.
"Le milieu politique a eu du mal à comprendre sa démarche solitaire et désintéressée qui était trop éloignée de ses habitudes. Et l'opinion publique n'a réalisé que tardivement qu'il travaillait en réalité pour son bien", ajoute VGE.
Valéry Giscard d'Estaing explique que Raymond Barre était pour lui "un compagnon de route".
A LIRE AUSSSI: BARRE, une "certaine idée de l'Europe", par Daniel RIOT >>>>>>>

25/06/2007

Pub et environnement : ça coince ! Création d'un Observatoire indépendant avec Corinne Lepage

Halte aux publicités irresponsables et irrespectueuses


L’Alliance pour la Planète vient d’annoncer la création d’un Observatoire Indépendant de la Publicité (OIP) composé d’associations et de personnalités dont Corinne LEPAGE MoDem). L’OIP se donne pour mission :

d’assurer une veille sur l’activité publicitaire en France et de fournir une réflexion critique sur la publicité ;
de lancer des alertes à l’encontre des publicités irresponsables en matière d’environnement ;
de présenter chaque année un rapport public "Publicité & Environnement » ;
d’utiliser tout recours contre les publicités non conformes à la réglementation ;
de décerner des prix aux campagnes publicitaires les plus irresponsables en matière d’environnement ;

Agissant dans un premier temps sur les questions environnementales, l’OIP pourra rapidement s’étendre à tous les aspects du développement durable.
« Publicité et Environnement » L'alliance pour la Planète

Par ailleurs l’ADEME et le BVP ont présenté jeudi 14 juin une étude démontrant que seuls 6 messages publicitaires sur 10 respectaient les règles que s’est donné la profession en la matière bien que celles-ci soient insuffisantes ou floues.
Télécharger l'étude
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Rappel des propositions de CAP21 en la matière

Mettre en œuvre des dispositifs luttant contre les publicités « écologiquement » mensongères ;
Repenser La totalité de la publicité, qui joue dans notre société un rôle majeur, de manière à décourager les comportements incompatibles avec une réponse à l’urgence écologique
Appliquer la loi sur l’air qui prévoit la réglementation de la publicité qui favorise la consommation énergétique ;
Interdire toute publicité pour des produits ou services sur-consommateurs en eau
Interdire la publicité mensongère sur les produits de consommation courante se revendiquant naturels quand ils sont issus de la pétrochimie
Remplacer le Bureau de Vérification de la Publicité par une autorité administrative indépendante de la publicité;
Sensibiliser et former le monde de la publicité au développement durable

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Analyses et critiques de publicités récentes les plus… exemplaires

L’Alliance pour la planète a établis une sélection des publicités qui respectent le moins la déontologie professionnelle que s'est pourtant donné à lui-même le secteur publicitaire. L'objectif est d'expliquer à chacun comment décrypter ces publicités qui usent et abusent de l'argument écologique.
Analyses et critiques de publicité récentes les plus ......exemplaires

 

18/06/2007

Les législatives n'ont vraiment rien à voir avec les municipales...

La Petite chronique strasbourgeoise de Daniel Riot 

Les Législatives ne sont pas les municipales… C’est une évidence que Fabienne Keller et Robert Grossmann qui se sont relayés sur le plateau de France 3 Alsace ont asséné. En faisant sourire tous ceux qui les regardaient… 

C’est une évidence telle que l’on peut se demander, en toute fausse naïveté, bien sûr, pourquoi le « Tandem UMP» qui dirige la Ville a éprouvé le besoin de monopoliser la parole dans les débats qui ont marqué cette soirée électorale à Strasbourg.

Consignée à la maison, la jeune femme lisse Frédérique Loutrel  envoyée au front dans cette circonscription qui avait déjà fait tellement de   peine à  Robert Grossmann !

LIRE LA SUITE >>>>>>>>

14/03/2007

Les raisons de ma candidature à Strasbourg: conférence de presse ce mercredi 14 à 11heures, au "Strissel"

Candidate UDF aux élections législatives dans la première circonscription de Strasbourg, je suis heureuse de vous convier à une rencontre au cours de laquelle j'exposerai les actions de soutien à la candidature de François Bayrou que je conduirai avec mon équipe de campagne. J'expliquerai également les raisons de ma candidature.

Je vous propose de nous retrouver :

Mercredi 14 mars

 à 11 heures

au Restaurant "Le Strissel" 5, Place de la Grande Boucherie 67 000 Strasbourg

Je vous remercie pour votre attention,

Cordialement,

Chantal CUTAJAR

Pour tout complément d'information: Marie Pinatelle 06 12 76 20 79 ou presse@chantal-cutajar.fr

21/01/2007

François BAYROU et la vie des associations

Le bénévolat doit être pris en compte dans le calcul de la retraite

François Bayrou s'est rendu à la Conférence permanente des coordinations associatives qui se tenait au Palais Brongniart à Paris. Le candidat à la présidentielle a plaidé pour "une démocratie de partenariat" où la société civile aurait une vraie légitimité et où le bénévolat serait reconnu et pris en compte dans le calcul de la retraite. je reprends ici l'intégralité de son intervention, riche en proposition, bien construite et interressante pour toutes celles et tous ceux qui "sauvent la france grâce à leurs engagements associatifs"

"Merci à Jacques Henrard pour son accueil. Je suis très heureux qu’il m’ait convié à cette rencontre. Je vais répondre globalement. Je répondrai par écrit à chacune des idées que votre coordination a émises. Mais je voudrais vous donner ma vision et je le ferai sans note afin que vous mesuriez l’importance pour moi du sujet que nous traitons ensemble.

Je voudrais vous raconter ma journée d’hier. J’étais à Clermont-Ferrand et j’avais décidé de centrer la journée autour de ceux qui, dans la société française et plus largement dans l’univers dont nous avons la charge – vous verrez pourquoi - rencontrent le plus de difficultés.

Trois rencontres et trois leçons

Ma première rencontre était avec une maison d’accueil de jour pour les plus pauvres des plus pauvres. Ceux qui sont à la rue, sans plus de toit, mais le toit n’est qu’un élément du désarroi dans lequel ils sont plongés, c’est-à-dire sans foyer, sans travail, sans rien. Quelquefois n’ayant plus que le ou les deux chiens qui sont avec eux pour les raccrocher à une forme de vie, de rencontre, de lien. Cette maison était animée par une association. La personne qui s’en occupait avait 72 ans et il y a douze ans qu’elle donnait tout son temps, bénévolement, à animer, organiser la main et le regard qui se tendent vers les plus pauvres. C’était une association et ma conviction était que si cette association n’avait pas été là, personne n’aurait été là.

Ma deuxième rencontre était avec des personnes âgées en situation de solitude. Et quelquefois la solitude provient aussi de la maladie, de la perte du sens du réel. Il y avait là tous ceux qui, dans le monde rural, s’occupent d’apporter le soutien élémentaire à la vie et la plupart de ceux-là étaient des associations d’aide à domicile en milieu rural, en particulier. Et si elles n’avaient pas été là, personne n’aurait été là.

La troisième association, et c’est pourquoi cela dépasse les frontières, c’était Pharmaciens sans frontières dont le siège international est à Clermont-Ferrand et qui s’est fixé pour objectif de donner aux plus pauvres de la planète l’accès aux médicaments élémentaires. Et ils me racontaient le travail très difficile qu’ils ont accompli contre un certain nombre de lobbies dont l’objectif, évidemment, est de traiter le médicament comme un produit uniquement marchand et de valoriser au maximum les avancées scientifiques et commerciales qui sont faites autour de cela et la difficulté qu’ils avaient, y compris, avec des Etats sous pression de ces lobbies. Et si cette association n’avait pas été là, je ne sais pas qui aurait été là.

Ces trois problèmes cruciaux, la pauvreté et la misère, la solitude, et la fracture entre le nord et le sud, le monde développé et celui qui ne l’est pas et ces trois associations, ces trois types d’associations ou trois séries d’associations qui permettaient seuls d’apporter une réponse qui autrement n’aurait pas été apportée

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Je voudrais vous dire cette conviction-là : la France, au travers de son histoire, a un réflexe perpétuel que vous connaissez très bien ; c’est, chaque fois qu’une question se pose, de se tourner vers l’Etat et de demander à l’Etat, d’exiger de l’Etat ou de considérer qu’il est normal que l’Etat réponde à la place de la société à tous les problèmes qui se posent. Ma vision est radicalement différente. Je pense que l’Etat n’a pas, n’a sans doute jamais eu ou en tout cas n’a plu, les moyens et la capacité d’être le recours universel. Et qu’il y a même dans cette manière de présenter l’Etat comme le recours universel, une approche qui est une approche inadaptée et que nous avons à construire une société dans laquelle l’Etat assume son rôle de garant, son rôle d’impulsion, celui qui entraîne et assure l’équité.

Mais l’Etat doit trouver en face de lui une société civile organisée, et en particulier organisée par le mouvement associatif. Il y a beaucoup d’historiens dans la salle, alors je ne vais pas refaire le chemin séculaire puisque c’est au moment de la Révolution française en particulier et de la loi Le Chapelier que cette très importante question s’est traitée d’une certaine façon. La Révolution n’aimait pas qu’il y eut en face d’elle une société civile organisée et elle a fait ce qu’il fallait juridiquement, culturellement, politiquement, administrativement pour que la France se représente comme citoyen individuel, isolé, en face de l’Etat qui représenterait le seul interlocuteur légitime, la seule autorité légitime en face de ces citoyens. Cela a été une page de notre histoire. Je ne suis pas de ceux qui disent qu’elle n’a rien apporté. Elle a apporté. Et s’il y a en particulier ce sentiment d’unité très profond dans la société française que personne n’effacera, c’est à cause de ces pages d’histoire-là.

Une démocratie de partenariat

Mais il faut trouver une nouvelle page et comme je vous le disais, cette nouvelle page doit être celle d’une République ou d’une démocratie de partenariat qui considère qu’il y a une légitimité dans l’Etat mais qu’il y a une légitimité semblable, symétrique, dans la société civile. Et qu’on doit conjuguer ces deux légitimités pour que ce que nous devons au citoyen s’exprime et se mette en place. Voilà ma vision.

Voilà pourquoi j’ai approuvé tous les efforts qui ont été conduits notamment par la Charte que vous avez signée avec un gouvernement précédent, toute la réflexion qui est la vôtre. Mais je la replace, non pas dans le cadre d’engagements électoraux, mais dans le cadre d’une vision de la société assez différente de ce qui s’est construit en France depuis des décennies.

Je voudrais traiter maintenant, concrètement, après vous avoir dit cette vision de partenariat entre une société civile organisée et l’Etat garant et chargé d’impulsions, de cinq questions qui sont toutes les cinq abordées dans les dix propositions que avez formulées. (Je retiens ce qui pour moi est essentiel.)

Cinq questions et dix propositions

La première question, très importante, est celle de la représentation des associations . Parce que si l’on veut une société civile organisée, une France qui s’exprime non pas à partir du haut mais à partir du bas, à partir du tissu de la vie, des attentes que, dans les quartiers, les villages, les gens expriment, alors il faut pouvoir avoir un dialogue organisé. Et je suis donc favorable à ce qu’on améliore la représentation des associations.

 Le lieu qui devait être celui du dialogue à l’intérieur de la puissance publique ou dans la préparation des décisions de la puissance publique entre la société civile organisée et l’Etat, et les décideurs politiques, ce lieu existe mais on n’en fait rien. C’est le Conseil économique et social. Le Conseil économique et social, oublié, ignoré, éludé par l’ensemble des pouvoirs politiques depuis des années, depuis des décennies. Il n’y a jamais une minute, dans un journal télévisé, de quelque nature que ce soit à l’égard du Conseil économique et social. Je suis pour qu’on le restaure dans sa légitimité et dans sa force.

Et dans ce Conseil économique et social, comme dans les conseils économiques et sociaux régionaux, comme dans le Conseil économique et social européen, il faut améliorer la représentation des associations. Permettez-moi de mettre une note en bas de page : il faut améliorer la représentation des associations et il faut faire attention à un risque qui est celui de notabilisation. C’est très difficile de représenter la diversité des associations sportives, sociales, culturelles, démocratiques, de toute nature et comme c’est difficile, on a tendance à pérenniser des réseaux de responsabilité. Je pense que c’est un risque auquel il faut réfléchir. Autrement dit l’invention d’un forum démocratique réel, dans lequel la représentation des aspirations des millions d’associations que vous représentez soit prise en compte, est, à mon avis, un défi important.

Deuxièmement. Si on a amélioré la représentation des associations, il y a une question absolument capitale qui est l’organisation de la concertation avant toute décision publique pour la société française . Bien entendu, c’est aux politiques d’assumer la responsabilité des décisions, mais que n’avons-nous l’habitude ou que ne nous sommes-nous pas fixé d’obligation d’organiser auparavant, en amont de la décision publique, une consultation, une concertation, une réflexion partagée avec ceux qui seront les utilisateurs et le vrai tissu vivant qui va assumer les décisions que l’on va prendre. Je suis partisan qu’il y ait un délai incompressible, sauf en cas d’urgence, devant toute décision publique et dans la préparation, en particulier, des décisions législatives et réglementaires, un délai de plusieurs mois. J’ai fixé trois mois incompressibles, pour qu’on puisse se saisir des décisions qui vont venir et que dans le cadre que j’ai indiqué, on puisse les examiner.

Troisième idée. Il y a un problème très important pour les associations, c’est la formation parce que les associations assurent une fonction de formation et ont besoin de la formation des bénévoles et des cadres. Il y a de ce point de vue-là tout un travail à construire, à la fois du point de vue des crédits – vous avez dit 30 millions d’euros – et du caractère pluriannuel de ces crédits.

Vous avez parlé de l’emploi des associations. Je voudrai élargir ce sujet parce qu’il me semble qu’il y a dans l’emploi associatif des spécificités, des caractères qui ne ressemblent pas, toujours, à l’organisation de l’emploi dans les organisations privées. Et il me semble qu’on va devoir faire appel aux associations pour quelque chose qui n’est pas exactement de l’emploi que j’appelle activité universelle et qui est, à mon sens, un très grand enjeu.

Je voudrai vous expliquer mon idée. Il y a des centaines de milliers, millions peut-être de personnes qui s’enfoncent dans l’exclusion simplement parce qu’elles sont condamnées ou se sentent condamnées à l’inactivité et peut-être – je vous demande pardon d’utiliser ce terme – à l’inutilité sociale. Ces personnes ce sont tous ceux, ce ne sont pas les seuls, mais je pense en particulier à ceux qui relèvent du RMI qui y restent très longtemps, qui y sont piégé pour des raisons qui dépendent de l’organisation de notre société ou des aides qui sont les leurs.

Il y a, aujourd’hui, 1 300 000 personnes au RMI. Si on veut vraiment appliquer le I de RMI, c’est-à-dire traiter de la question de l’insertion, il ne faut pas se contenter de leur faire un chèque à la fin du mois, il faut leur offrir la chance d’un engagement dans la société où ils valoriseront leurs compétences et leurs aptitudes.

 Au lieu d’être écartés et marginalisés, qu’ils soient au contraire en situation d’utilité et d’engagement. Cela ne peut se faire que par le tissu très dense des associations et des collectivités locales. C’est donc un très grand engagement. Celui-là n’est pas dans les dix points que vous avez indiqués, mais je veux vous dire que c’est présent à mon esprit. Ce n’est pas seulement de l’emploi, c’est de la valorisation humaine. C’est un très grand enjeu pour sortir des centaines de milliers de personnes de l’exclusion et en même temps pour enrichir le tissu sur lequel repose l’action associative.

Je voudrai vous parler du bénévolat. C’est un sujet que vous avez abordé et je voudrai vous dire ce que j’en pense, ce n’est d’ailleurs pas très différent de ce que vous avez écrit. On demande très souvent de s’intéresser au statut du bénévole , je n’aime pas cette rencontre de mots parce que le bénévolat, par nature, est engagement, est le don, est gratuit. En revanche, je pense qu’il faut nous allions plus loin que nous ne sommes allés aujourd’hui dans la considération que la société apporte aux bénévoles et considération sur deux points. Le premier, ce que vous avez fait et ce que vous avez appris, on doit le reconnaître.

C’est toute la réflexion autour de la validation des acquis que nous avons traitée en d’autres temps dans le cadre de l’université et de l’Education nationale. Et tout ce qui sera un jour de la reconnaissance de cet engagement notamment en matière de retraite . La question des retraites est devant nous. Pour moi, le jour viendra, où lorsqu’on regardera les droits acquis à la retraite dans la vie d’une femme ou d’un homme, on devra prendre en compte non seulement les droits professionnels mais les droits qu’on acquiert d’une certaine manière par l’engagement au service des autres. Cela sera un des aspects de la réflexion que nous aurons à conduire sur la retraite. Je pense que l’engagement de toute une vie notamment bénévole, doit aussi être pris en compte lorsque les décisions sur la retraite devront être prises.

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Dernier sujet. Je voudrai traiter du financement pour dire que j’approuve la demande que vous faites d’ une définition législative de ce qu’est la subvention et je pense que la subvention doit cesser d’être annuelle pour entrer dans un cadre pluriannuel . Il faut pour les associations une visibilité, une lisibilité de leur avenir et cela ne peut se faire que dans le cadre de conventions pluriannuelles, évaluées et que je propose glissantes. C’est-à-dire, au lieu d’avoir une période de trois ans, au bout de laquelle tombera un couperet, qu’on ait une visibilité et une lisibilité avec l’expression d’exigences et une évaluation. Comme vous le voyez, c’est un grand changement pour la définition des relations entre associations et Etat et cela correspond pleinement à cette vision d’un Etat qui cherche un partenariat équilibré avec la société civile et non pas qui garde l’épée de Damoclès qui si, on coupe le fil, tombe sur des gens dont on ne serait pas satisfait.

Voilà la vision que je voulais défendre devant vous. Je pose une dernière question : celle d’une évolution du statut d’un certain nombre d’associations . Il y a un certain nombre d’associations qui sont les supports de politiques publiques, en réalité, et pas seulement issues de la vie associative spontanée. Elles se plaignent souvent de ce que elles n’ont pas les dispositions statutaires et juridiques qui leur permettent d’exercer pleinement leur action. Ce n’est pas dans les dix points de votre demande, mais je pense que c’est une question à prendre en compte dans cette évolution que je souhaite de rapports complètement différents entre le monde de la société civile organisée, celui des associations, et un Etat qui aurait compris qu’il n’est pas le patron de la société civile mais qu’il est un garant de l’expression et de l’impulsion que le monde des citoyens demande dans une démocratie qui sera nécessairement nouvelle et dans une République qui trouvera nécessairement un nouvel équilibre".

François BAYROU

30/11/2006

Tribune Libre: L'éditorial de France Forum

  "Le monde est branloire pérenne » écrivait Montaigne. De nos jours cette constatation a envahi les esprits. Il s'y ajoute la conscience, aussi brumeuse que malheureuse, qu'ont les Européens du renversement en leur défaveur du déséquilibre dynamique d'autrefois.

Il en résulte une appréhension du déclin. Celle-ci se transforme de plus en plus en méfiance à l'égard des puissances émergentes et en hostilité envers les prolétaires des pays qui ont raté leur développement. Le "mondialisme", prolongement accéléré des « grandes découvertes » de la Renaissance, est devenu le mythe du XXIè siècle, en France en particulier. Il expliquerait les infortunes d'une majorité de citoyens alors que s’accroît la fortune des PDG .

Le remède à cette « grande peur » consiste à prendre conscience des réalités nouvelles. Notre ambition ici est de contribuer à dissiper les préjugés, à en décrasser les esprits. Nous en avons appelé à d'éminents acteurs du « grand jeu » planétaire, tels que le président de la République du Sénégal. A son exemple nos lecteurs comprendront qu'il ne faut pas se recroqueviller sur le passé. Tous les hommes sont frères. A la table de la Nature chacun est invité à prendre place. Plus nombreux seront nous, plus riches seront les mets qui nous seront servis. A condition de nous traiter les uns les autres avec la courtoisie due à des égaux. Optimisme naïf, diront les sceptiques ? Non ! Mais le nouvel équilibre du monde requiert un nouvel équilibre des esprits.

C’est un combat sans cesse renouvelé. Au nom d’une ambition issue d’une doctrine où l’homme essaie de devenir toujours plus humain."

VOIR Le sommaire de France Forum n°23 >>>>>>>>>>>>

10/11/2006

Le Projet de loi pour le développement de la participation et de l’actionnariat salarié (au Sénat)

Le groupe UC-UDF a obtenu satisfaction sur plusieurs points du texte sur le développement de la participation et de l’actionnariat salarié. Michel Mercier, notamment, a défendu avec succès le rétablissement d’un article supprimé à l’Assemblée, il s’agissait d’aligner les conditions de récupération des indus de l’allocation temporaire d’attente (ATA) et de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) sur celles du RMI. De son côté, Jean-Léonce Dupont a obtenu le rétablissement de l’égalité entre les salariés, le trajet entre le domicile et le lieu de travail des salariés agricoles n’est plus considéré comme un temps de travail à l’instar des salariés des entreprises de l’industrie et du commerce. En conséquence, le groupe UC-UDF a voté le projet de loi. (10/11/06)
>>> Lire le communiqué du groupe UC-UDF