06/06/2007

Les Statistiques qui trompent: De l'impérative nécessité d'une force parlementaire vigilante et sans oeillères. Le bilan désastreux des opposants "sortants " du PS explique le gommage du mauvais bilan de la majorité sortante!

UMP et PS: De la "publicité mensongère" en politique...

Sur le carnet de campagne de Daniel RIOT

 " Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques."
  (Mark Twain)
" Les avantages du mensonge sont d'un moment, et ceux de la vérité sont éternels ; mais les suites fâcheuses de la vérité, quand elle en a, passent vite, et celles du mensonge ne finissent qu'avec lui".
  (Denis Diderot)
 
 

Pierre LARROUTUROU, délégué national à l’Europe du PS et porte-parole d’Urgence sociale , et Eric HALPHEN, président du comité de parrainage d'ANTICOR ,  publient aujourd’hui dans Libération un article documenté qui, à leurs yeux, démontre que François Fillon et son gouvernement « mentent sur le bilan de l’UMP » en matière de réformes des retraites, de création d’emploi et sur la réalité du projet social annoncé.

« Dans ce livre publié en octobre dernier, François Fillon affirme avec force une exigence de vérité comme préalable à toute réforme conséquente de notre système social. Comme beaucoup, nous partageons ce goût de la vérité », écrivent-ils.

medium_fillon_livre.jpgA condition qu'on lui dise....

« Il y a quelques jours, le parquet a requis une amende de 4,8 millions d’euros contre Carrefour pour publicité mensongère. Il y a quelques jours, la Direction de la concurrence a décidé d’attaquer Sofinco en justice pour publicité mensongère. Faut-il sanctionner les publicités mensongères quand elles concernent des pizzas surgelées ou des produits financiers, mais laisser toujours impunis les politiques qui profèrent des mensonges de plus en plus grossiers? »

Bonne question…

Ils poursuivent : « L’article L.97du code électoral punit d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros «ceux qui, à l’aide de fausses nouvelles ou autres manoeuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages». C’est bien ce que tente de faire François Fillon quand il ment sur les chiffres du chômage, quand il ment sur la réforme des retraites et quand il promet le plein emploi à plein-temps d’ici cinq ans.

Le parquet de Paris vient d’être saisi d’une demande de poursuite de M. Fillon pour diffusion de fausses nouvelles en période électorale. Nous invitons tous les citoyens qui aspirent à plus de vérité dans le débat public à faire de même dans leur département. Si, ici ou là, l’action de la justice est trop lente, elle sera plus rapide ailleurs… Sur ce point, François Fillon a raison, la France peut supporter la vérité »

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La bouche de la Vérité, à Rome...

Le problème, c’est que ce type de « démonstration » n’a pas d’impact électoral. Et vient bien tard…La vraie fontaine de la vérité, c'est le suffrage universel. Même si le matrage médiatique nourri  plus de propagande que d'informations font oublier aux électeurs qu'une "vérité officielle n'est pas vraie,mais officielle"...

Le PS n’a pas su démonter la machine à gagner de Sarkozy. Parce que durant cinq ans son opposition a été stérile, inefficace, non construite.

>>>Je ne suis pas expert en analyses statistiques, mais je constate que les « thermomètres » de l’activité économique, financière et sociale de la France ne sont pas crédibles. Seul Bayrou l’a mis en relief en étant trop peu relayé durant sa campagne… Le PS n’a guère insisté parce que lui-même quand il était au gouvernement a triché avec bien des chiffres !

>>>Je constate aussi que le programme économique de Ségolène Royal était aussi  peu crédible en termes de chiffrages que celui que Fillon met en application.

>>>Je constate encore que si la majorité sortante, malgré son bilan plus que mauvais, va être réélue dans un fauteuil, c’est parce que le PS préoccupé par ses soucis internes, ses querelles de personnes,son vide idéologique, ses contradictions tactiques et son impuissance critique n’a pas joué son rôle…

« Publicité mensongère », chez Sarkozy et Fillon ? C’est évident. Ce n’est pas même du ressort de la justice : le mensonge en politique est un art que Leo Strauss (inspirateur des néo-conservateurs américains) a conceptualisé et érigé en vertu…

medium_mensonge_fontaine_de_la_vérité.2.jpgLa fontaine de la Vérité...

Mais « Publicité mensongère », il y a aussi au PS. "Un éléphant, çà trompe énormément", dit l'une des chansonnette de notre enfance...

Non, le parti de M. Hollande n’est pas la force d’opposition que la démocratie exige. Il n’a  été ni crédible ni efficace ces cinq dernières années et il n’est pas crédible dans ses exhortations actuelles. Il a été, selon la formule de Bayrou, « un pouvoir contre » et non un « contre pouvoir ».

Le fait que Ségolène Royal (que Sarkozy, il l’a dit!, rêve de voir en « chef de l’opposition ») appelle ses « camarades » éléphants à renoncer à leurs méthodes d’opposants « frontaux » et systématiques n’y change rien. Ce sont les méthodes de travail du PS et pas seulement la tactique de ce parti sclérosé qu’il faut changer.

Si Sarkozy a été élu, bien que « sortant », si l’UMP va connaître un succès législatif digne du livre des records en dépit du mauvais travail fait depuis cinq ans, c’est parce que le PS n’a pas travaillé du tout ces cinq dernières années. Les opposants aussi doivent être jugés sur leur bilan… Celui du PS est catastrophique.

Pourtant bien des « sortants » socialistes espèrent être réélus. Face à la déferlante bleue n’aurons-nous que l’impuissance rose ? Les enjeux de dimanche sont grands. Et cela, ce n’est pas de la « publicité mensongère »...

Daniel RIOT

05/04/2007

François Bayrou s'explique dans Libération:"La vraie rupture, c'est moi"

Après la candidate socialiste Ségolène Royal le mercredi 28 mars, François Bayrou, le candidat de l'UDF, était hier «l'invité spécial» de Libération. Comme elle, il nous a accordé un entretien, puis a participé à la conférence de rédaction pour réagir, dans chaque séquence du journal aux sujets d'actualité.
Vous avez dit récemment que «la campagne est très dure». Plus dure qu'en 2002 ? 
Une campagne à mains nues ou presque, contre les deux appareils qui dominent la vie politique française depuis vingt-cinq ans, appuyés par des groupes de presse très importants, est forcément très dure. Mais cette dureté est l'indice ou la preuve du changement que je porte et que cette élection pourrait imposer. Il est assez rare, et je dois dire assez intéressant, d'avoir à faire campagne sans être soutenu par aucun organe de presse.
Considérez-vous toujours que la télévision est contre vous ? 
Dans la phase où nous sommes, la télévision est devenue moins cruciale, car l'égalité de traitement entre douze candidats la rend moins audible. Dans la dernière ligne droite, c'est le soutien direct des Français qui est crucial.
Vous flirtez avec les 20 %, mais votre électorat potentiel est toujours le plus volatil de tous les électorats... 
Vous mesurerez, au bout du compte, que ce n'est pas vrai. C'est l'électorat le plus neuf et le plus déterminé au contraire, car c'est le seul qui s'apprête à ne pas voter par habitude.
N'en faites-vous pas un peu trop dans votre dénonciation de la connivence ? 
La vérité est que je n'en fais pas assez. Les liens innombrables entre des mondes qui devraient être séparés, le monde de l'économie, de la finance, des médias et le monde de l'Etat, tout cela a créé un univers d'influence et d'obligations réciproques qui ne ressemble ni à la démocratie ni à la République. Comment un jeune garçon ou une jeune fille qui s'intéresse à la chose publique, mais qui n'a pas de relations y comprendrait-il quelque chose ? Et quel moyen un citoyen de bonne foi a-t-il pour agir sur cet univers ?
Comment quelqu'un qui, comme vous, a fait partie du système pendant des années devient-il un candidat antisystème
Sans doute le goût de la liberté. Et la fidélité à des valeurs républicaines. Le premier choc, c'est en 1998, quand des présidents de région se font élire avec des voix du Front national. Je ne l'ai pas accepté. Puis en 1999, je refuse que l'on m'impose une liste menée par Sarkozy aux élections européennes. Lorsque vient 2002, je dis à Chirac, le 22 avril : «Vous allez être élu par 80 % des voix. Dans cet électorat, il y aura plus de gens de gauche que de droite. Vous devez en tenir compte pour le gouvernement.» Il m'a répondu: «Tout cela c'est des bêtises. Je vais faire le parti unique.» Pour moi, c'était un choc. Peu à peu, j'ai mesuré combien avec ce parti unique la France était mal gouvernée, pas mieux en tout cas qu'avant 2002. Et au moment des manipulations de l'affaire Clearstream, j'ai fini par voter la censure au nom des valeurs républicaines élémentaires. C'est ainsi, par fidélité, que j'ai construit mon indépendance.
Est-ce une révolution ? 
En quelque sorte oui. Longtemps, j'ai cru qu'on pouvait défendre des idées différentes dans son camp. Et puis je me suis aperçu que c'était comme siffler dans un violon, que ce qu'il fallait, c'était sortir des camps verrouillés, pour faire naître un espace nouveau.
Peu vous soutiennent dans cette aventure... 
Peu à peu, j'ai mesuré que notre système politique ne poussait pas au courage. Au lieu d'être un système qui pousse à l'affirmation des caractères, à la liberté de ton, à l'indépendance d'esprit, c'est un système qui pousse à l'allégeance, à l'abdication de ce que l'on pense. Il suffit de voir au sein du PS le nombre de ceux, qui aurait l'âge de l'indépendance, dire : «Tu as complètement raison, mais on ne peut pas le dire.» 
Qui par exemple ? 
Peu importent les noms. Je leur dis : «Qu'avez-vous à faire d'un appareil dont vous savez qu'il est dépassé?» Le PS, comme l'UMP, continue à mettre en scène des idéologies d'un autre temps. Ce sont des étoiles qui sont mortes en novembre 1989 dont la lumière nous parvient toujours, de plus en plus pâle. Et les gens de gauche savent que ce que les socialistes racontent n'est plus vrai. Ils se raccrochent à l'appareil. Sauvons le dernier carré. Faisons campagne. Tant pis, «Bouchons-nous les oreilles», disent-ils. C'est une expression d'un député PS après le happening du drapeau...
Le drapeau tricolore a été brandi dans des circonstances historiques où la gauche était héroïque. 
En France, ce n'est pas la nation qui a fait la République, c'est la République qui a fait la nation.
Pour vous, cette élection est un quitte ou double. Si vous n'êtes pas élu président de la République, vous renoncez aussi à la députation, vous quittez le système ? 
J'en connais beaucoup qui feraient brûler des cierges. à Notre-Dame-de-la-Garde pour que cette hypothèse se réalise ! Je n'ai pas l'intention de leur donner satisfaction sur ce point.
Mais pour qui appellerez-vous à voter au second tour si vous n'y êtes pas ? 
Je serai au second tour.
Nicolas Sarkozy est-il dangereux ? 
Je n'emploie pas le mot «dangereux» à tort et à travers. Pour moi, le candidat de l'UMP tire la société française vers des tensions et des affrontements qui sont dangereux.
Le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale est-il «ignoble», comme le dit Ségolène Royal ? 
C'est une atteinte à tout ce à quoi la République française a cru depuis son origine. Mais je n'ai pas l'intention d'employer des expressions insultantes. Le ton de cette campagne n'est pas à la hauteur.
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Donnez-nous une mesure, une orientation de rupture. 
Par exemple, j'ai annoncé que je ferai voter une loi de séparation entre les groupes bénéficiant de commandes publiques et les médias. Je pensais naïvement que le parti socialiste, reprendrait cette thèse qui fut la sienne. Pas du tout ! Je peux en citer beaucoup d'autres. Lorsqu'il s'est agi de défendre l'allocation spécifique de solidarité pour les chômeurs en fin de droit, je suis monté tout seul à la tribune de l'Assemblée. La gauche est restée muette. Lorsqu'il s'est agi de se battre contre la privatisation des autoroutes, j'ai été seul à mener le combat. Je suis allé tout seul au Conseil d'Etat. Sur Airbus, qui a signé la délégation de gestion au groupe Lagardère, même s'il ne conservait que 6 % du capital de l'entreprise ? C'est un gouvernement de gauche ! Et ainsi de suite.
Parlez-vous principalement dans votre campagne aux gens de gauche ? 
Je parle aux citoyens des deux rives et à tous les autres.
Sur l'économique et le social, on perçoit toujours une différence entre une gauche plus interventionniste et une droite plus libérale. Où vous situez-vous ? 
En Allemagne, il se trouve qu'ils sont au gouvernement ensemble. Ils travaillent ensemble et ont obtenu des résultats qui époustouflent la planète. Les résultats de croissance sont montés à 3 %, alors que leur hypothèse budgétaire était de 1,7. En même temps, ils ont réduit leur déficit à 1,2 de PIB. En France, je ne pense pas que l'Etat doive s'ériger en contrôleur perpétuel des entreprises. Je pense qu'il faut des règles qui ne soient pas des règles d'inquisition de l'Etat sur l'entreprise. Il faut des règles équilibrées. Par exemple, on peut penser qu'il y a trop d'aides aux entreprises liées aux 35 heures. Je pense qu'un certain nombre de ces aides, avec le temps, vont décroître. En revanche, je suis pour que l'on permette à toutes les entreprises, les plus petites en particulier, de créer deux emplois sans avoir à créer de charges. Je réorienterai une partie des 30 milliards d'aide, environ 9 milliards, vers la création d'emplois sans charges.
Ce week-end, vous avez parlé de supprimer l'ENA. N'est-ce pas démagogique ? 
C'est pédagogique et symbolique. Je pense que la question de l'ascenseur social est la plus critique de notre société. C'est le noeud du blocage de la société française. Un petit nombre de personnes ayant été cooptées à 20 ans, parce que souvent elles étaient issues des bons milieux, avaient fait les bonnes études, se retrouvent concentrant entre leurs mains pour toute leur vie les situations les plus éminentes de tous les pouvoirs, administratif, politique, économique. Cela n'est pas équitable. Je veux que les postes de haute responsabilité dans l'Etat puissent être ouverts à des femmes et des hommes ayant fait d'autres preuves dans leur vie que la réussite à un concours à 20 ans. Je veux que dans la société française, on puisse retrouver l'espoir, même si on est entré en bas, d'arriver en haut.


http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/245689.FR.php
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03/03/2007

choisir un "Président européen", par Antoine Spohr,

L’Europe ou un déclin progra mm é !

 

Sur les ondes de France Inter le chroniqueur Bernard Guetta regrettait qu'aucun des  grands candidats à la présidence  ne clame ou ne promeuve une idée pourtant simple  selon laquelle " rien d'essentiel ou d'important dans leur progra mm e respectif ,ne peut se passer d'Europe" . Cela me paraît une évidence que vient corroborer le livre de Sylvie Goulard " Le coq et la plume" qui paraît à point .

La présidente du Mouvement Européen France, mouvement qui réunit pourtant toutes les sensibiltés politiques non hostiles à la construction européenne, y enfonce le clou dans le même esprit.

François Bayrou, porteur  pertinent, sincère et éclairé de la fla mm e européenne est contraint parfois, co mm e les autres d'ailleurs, de la mettre sous l'abat-jour, tenu qu'il est , co mm e les autres aussi, de donner dans la pusillanimité des détails de la vie quotidienne .

Stratégie de proximité, information, image, écho etc.. obligent certes, mais ne doivent pas reléguer trop loin, surtout pour le futur président que nous voulons, une prise de position éclatante chaque fois que cela est possible, en plus haute altitude et de la marteler à chaque opportunité. On sait que c'est un sujet qui n'est pas assez porteur ... raison de plus .

Il y a là un boulevard ouvert car la disparité des  positions au sein du PS et la tiédeur  de l'UMP, permettent à François Bayrou de marquer là encore une différence de plus et même . une spécificité .

L'ho mm e Bayrou fait la quasi-unanimité des Français sur le plan de l'estime, ce qui lui permet ce luxe exaltant . En effet, les Français ne peuvent pas douter de son côté " ho mm e de terrain" puisqu'ils connaissent son cursus, Ils sont de plus en plus nombreux à faire crédit à sa sincérité et à sa compétence que des experts de toutes disciplines et de toutes tendances viennent confirmer.

Quant aux miltants de l'UDF ou les autres " bayrouistes", qu'ils me permettent de leur proposer un atout de plus dans leur argumentaire : une victoire de Ségolène Royal, soutenue au final par une exigeante extrême-gauche, co mm e celle d'un Nicolas Sarkozy, discrédité, diabolisé à outrance, souvent injustement , n'assurerait pas l'harmonie ou la paix sociale post-électorale . On imagine les rancoeurs surtout que les débats risquent encore de se durcir et d'attiser les haines. Osons parler d'une trêve par une politique aussi consensuelle que possible pour un quinquennat apaisé et donc efficace .

De plus , dites aux " nationalistes" que , s'ils aiment leur pays co mm e ils le prétendent, leurs intérêts convergent avec ceux des adeptes d'une Europe plus forte, plus puissante et dès lors plus protectrice .

Antoine Spohr, professeur honoraire.

Strasbourg .