26/10/2007

Du Pacte écologique au Pacte démocratique

Le bulletin de Chantal CUTAJAR

On ne peut pas avoir souscrit au « Pacte écologique » de Nicolas Hulot (comme je l’ai fait personnellement) et se montrer déçue du résultat de ce « Grenelle de l’environnement ». Certes, nombre de décisions restent à prendre, nombre de mesures techniquement complexes restent à affiner et bien des engagements ne valent que s’ils sont partagés par nos partenaires de l’Union européenne. Mais, incontestablement, un virage culturel et psychologique est pris, une prise de conscience collective indispensable a une traduction politique qui dépasse les clivages politiciens, des chantiers d’avenir sont ouverts et (très important !) un suivi est prévu.

C’est sur ce suivi bien sûr que toutes celles et tous ceux qui partagent les idées de « l’éco-économie » et de la « démocratie sociale » développées par François Bayrou et Corinne Lepage devront faire preuve de vigilance. Et c’est sur l’application de cet « esprit de Grenelle » au niveau local qu’il faudra travailler.

L’européenne que je suis se félicite des références faites à l’Union européenne et de la présence (plus que symbolique) de M. Barosso à l’Elysée pendant l’allocution du Président de la république. Nous avons sur le plan national,  mais aussi localement, beaucoup d’efforts à faire pour transcrire et appliquer les directives communautaires en souffrance et pour suivre les recommandations les plus pertinentes faites par les institutions et organisations européennes (Conseil de l’Europe inclus, bien sûr). Nous nous battrons pour tenter d’appliquer à tous les niveaux ce que Corinne Lepage a appelé lors de sa récente visite strasbourgeoise, « la clause du citoyen le plus favorisé ». En ces matières, l’  « l’agir local » est aussi déterminant que le « penser global »

La démocrate que je suis a été très intéressée par le bon fonctionnement de ce « Grenelle ». Cela va tout à fait dans le sens de la concertation (préalable), de la démocratie vivante, de la participation citoyenne et de la confrontation d’idées et d’intérêts différents et de personnalités d’horizons et de disciplines différents qui sont à la base même de la création du MoDem.

Il est évident que j’approuve ce type de démarches qui s’inspirent des meilleurs principes de gouvernances définis par le Conseil de l’Europe et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. C’est dans cet esprit d’ailleurs que nous travaillons à un programme d’approfondissement de la démocratie locale qui se traduit déjà par les travaux informels des « Conférences de Citoyens de Strasbourg » (formule qui, pour l’heure, n’existe que dans l’Europe du Nord)

Le « pacte écologique » ne prendra toute sa force que si les engagements pris lors de ce grenelle sont tenus, bien sûr, mais aussi s’il est complété par des « pactes démocratiques » au niveau local. C’est encore plus vrai à Strasbourg, « ville libre », qu’ailleurs.

Chantal CUTAJAR

 

29/05/2007

L'usage abusif des sigles UDF à Strabourg

L'UDF, c'est le Modem ! Halte aux abus et à la confusion entretenue:!

Chantal Cutajar et Anne Meunier au JT de France 3 Alsace. A VOIR >>>>>>> 

17/03/2007

Jean Peyrelevade: Je me sens parfaitement à l’aise avec le projet de François Bayrou

L’ancien PDG du Crédit Lyonnais, Jean Peyrelevade a rejoint l’équipe de campagne de François Bayrou. Cet homme issu de la "gauche réformiste" se reconnaît dans les valeurs sociales-démocrates du candidat à l’élection présidentielle. Il a exposé sur France Info les deux grandes priorités de la France dans les cinq ans à venir : la réduction des déficits et le développement des forces de création de richesse.

"La gauche et en particulier le PS sont incapables d’assumer de manière cohérente la responsabilité du gouvernement de la France" a déclaré Jean Peyrelevade. L’ancien directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy, a ainsi justifié le fait qu’il ne soutenait pas la candidature de Ségolène Royal. Il s’est néanmoins présenté comme un homme ayant toujours appartenu à "la gauche de gouvernement", à "la gauche réformiste" et "sociale-démocrate".

Jean Peyrelevade fait aujourd’hui partie des conseillers de François Bayrou : selon lui, le candidat à l’élection présidentielle "incarne très bien les valeurs sociales-démocrates". "Dans le travail quotidien avec lui, je peux dire que je n’ai aucun élément de désaccord" a ajouté l’ancien PDG du Crédit Lyonnais, "donc je me sens parfaitement à l’aise".

Jean Peyrelevade a exposé les deux grandes priorités de la France, dans les cinq ans à venir : la réduction des déficits et l’effort à fournir sur les forces de création de richesses – l’entreprise, la recherche, l’investissement, l’innovation. Il a expliqué pourquoi la remise en ordre des finances publiques était primordiale : "Tant qu’on aura un Etat surendetté, on aura un Etat impuissant. Nos capacités d’action seront extrêmement faibles".

C’est vrai pour le budget de l’Etat et des collectivités locales mais aussi pour l’assurance maladie : les dépenses passées sont transmises à nos enfants sous forme de dette. "Nous sommes conscients de passer à nos enfants, un héritage négatif" a ajouté Jean Peyrelevade. 75% des Français pensent d’ailleurs que leurs enfants vivront moins bien qu’eux. Il a estimé qu’il était possible de rétablir la situation en deux-trois ans en affectant la moitié des recettes fiscales supplémentaires dues à la croissance, à la réduction des déficits.

Il s’agit également de réformer l’Etat dans ses secteurs improductifs : il faut se demander quelles sont les missions de l’Etat et regarder administration par administration, où il y a des économies à faire. Jean Peyrelevade a par exemple remarqué que certaines actions de l’Etat avaient été transférées aux régions et aux départements lors des différentes lois de décentralisation mais que le nombre de fonctionnaires avait continué à croître. Jean Peyrelevade a également rappelé que François Bayrou proposait de rationaliser les structures administratives au niveau des collectivités locales en rassemblant les départements et les régions.

S’agissant de la création de richesses, Jean Peyrelevade a expliqué que les PME françaises n’étaient pas assez « grosses » contrairement à nos voisins allemands. Cette caractéristique fait partie des faiblesses de l’économie française alors que les PME sont une force potentielle.

Il est ainsi favorable à l’instauration d’un small business act à la française pour aider les petites entreprises à se développer. Il s’agit de réserver une partie des marchés publics aux PME ; de mettre en œuvre une simplification administrative et de faire en sorte que les délais de paiement assurés par l’Etat soient plus rapides.

Jean Peyrelevade soutient également l’idée de l’ancien directeur général du FMI, Michel Camdessus qui pense qu’il existe en France, une énorme réserve d’emplois qui ne demandent qu’à être créés. François Bayrou propose ainsi de favoriser l’embauche en donnant la possibilité à toute entreprise de créer deux emplois nouveaux sans charges sociales pendant cinq ans. Il ne s’agit pas, selon Jean Peyrelevade, de "cadeaux" faits aux entreprises car la création d’emplois supplémentaires entraînera une augmentation de l’activité et donc une hausse des rentrées fiscales et des cotisations sociales.

"C’est une façon d’encourager le développement et la croissance de l’économie" a déclaré Jean Peyrelevade. Ainsi, il ne comprend pas la position de la gauche qui dit en même temps qu’il faut favoriser les entreprises et qu’il faut les faire payer davantage. "L’entreprise est le lieu où l’on crée de la richesse" a rappelé Jean Peyrelevade.

15/03/2007

« Merci, Lucie AUBRAC », par Chantal CUTAJAR

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Un héritage à cultiver et à transmettre

La mort d’une femme  entrée vivante dans l’Histoire. Sa Mémoire doit rester dans la nôtre avec les tragédies qu’elle a connues, les combats qu’elle a menés, les valeurs qu’elle a illustrées. L’esprit de Résistance qu’il importe de conserver et de cultiver, même en temps de paix. Le refus des idéologies fascistes et fascisantes. Le culte des Droits de l’Homme et de ces mots qui ne valent que par le sens et les muscles qu’on leur donne : liberté, dignité, respect…Et le goût et le devoir de la Transmission, de la pédagogie de l’Histoire au service du civisme, de la civilité et de la citoyenneté.  

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Lucie et Raymond Aubrac

Lucie Aubrac s’est éteinte  à l'âge de 94 ans à l'Hôpital suisse de Paris à Issy-les-Moulineaux. Née en juin 1912 près de Mâcon, Lucie Bernard dite Aubrac avait obtenu l'agrégation d'histoire à la fin des années 1930 et épousé Raymond Samuel en 1939 qu’elle avait rencontré à l’université de STRASBOURG. Après avoir milité contre la montée du fascisme, elle a rejoint les rangs de la résistance à l'occupation allemande dès 1940 en participant à la création du mouvement Libération-Sud, qui publie le journal Libération.

Elle a effectué des missions d'information puis a joué, enceinte de son deuxième enfant en 1943, un rôle majeur dans l'évasion de son mari lors d'un transfert, après son arrestation à Caluire avec Jean Moulin et d'autres chefs de la Résistance par la Gestapo dirigée pour la région de Lyon par Klaus Barbie. En février 1944, le couple a gagné Londres pour continuer leur combat.

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Après la guerre, Lucie Aubrac a repris son métier d'enseignante qu'elle avait interrompu en entrant dans la clandestinité après l'évasion de 1943. Elle ne cessa  de militer en faveur de la paix et de livrer, à travers de nombreuses conférences, les témoignages de son engagement dans la Résistance. Elle avait écrit plusieurs livres, dont Ils partiront dans l'ivresse et La résistance expliquée à mes petits enfants.

Sa vie a été adaptée au cinéma par le réalisateur Claude Berri en 1997. Elle était incarnée à l'écran par Carole Bouquet. Elle reste pour moi et pour DpJ, le Droit pour la Justice une inspiratrice. Et une force stimulante  pour des action menées avec ténacité, courage et sens de l’honneur:

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« Résister c’est oser. Oser, c’est créer. », écrivait-elle récemment dans la préface de « l’Autre campagne » un ouvrage collectif publié à La Découverte. Il nous faut Oser pour surmonter les obstacles qui nous privent de vivre selon nos idéaux. 

 Ces obstacles, elle les énumérait ainsi : « Certains sont autour de nous : l’égoïsme, la résignation, la peur du changement, l’implantation solide, dans notre pays, de forces politiques, sociales et financières qui ont le plus grand intérêt à ce que rien ne change. Elles disposent d’un large éventail de moyens matériels et psychologiques.

 D’autres sont le résultat de l’état actuel du monde, le produit de transformations historiques à l’échelle internationale qu’il n’est pas lieu de décrire ici.

Mentionnons seulement l’emprise mondiale des forces financières, avec la constante accumulation d’énormes masses de capitaux, aidées par la révolution des communications, et qui cherchent partout des placements rentables financièrement et/ou politiquement. Ces forces, elles aussi, ont le plus grand intérêt à ce que rien ne change. »

C’est parce qu’il faut que cela change vraiment que je me suis engagée dans l’enseignement, dans la vie associative et dans la voie politique sur un « chemin nouveau ». Merci, Madame Aubrac pour ce que  vous fait pour nous et pour ce que vous nous laisser en héritage

Chantal CUTAJAR

01/03/2007

Les clivages du passé, sont des clivages dépassés

 

Le billet de Chantal CUTAJAR

Décidément les habitudes ont la vie dure et révèlent tant à droite qu’à gauche l’inaptitude de certains à s’émanciper du clivage droite-gauche. Même les journalistes ne sont pas épargnés, ainsi Alain-Gérard Slama dans Le Figaro du 26/02/07, titre : « François Bayrou, la revanche du cabri » et  « réactive » le clivage droite-gauche, le chroniqueur déplore notamment le « ni droite ni gauche » de François Bayrou en écrivant en particulier : « Cette alternative [la république libérale d’un côté, la démocratie sociale ou participative de l’autre] est la clef de notre débat droite-gauche actuel et, entre les deux modèles, il faut choisir. » Depuis qu’il est crédité de 19 % dans les sondages, FB concentre sur lui les feux croisés de l’extrême gauche à l’extrême droite.

La vérité est que la social-économie prônée par François Bayrou est une voie qui concilie la défense d’un modèle social avec les impératifs de la mondialisation. Il est possible de faire marcher les deux ensembles. C’est une question de (bonne) volonté politique et une démarche de réalisme. Mais ce discours semble inaudible pour ceux qui continuent à distribuer des blâmes idéologiques et à renvoyer dos à dos social et économie, sans faire l’effort d’oublier les idées toutes faites au profit d’une réflexion sensée sur les enjeux de notre société économique d’aujourd’hui.

Pour François Copé François Bayrou serait « terriblement ambigu », « son discours ni gauche ni droite mène à l'impasse ». Mais il ne pas confondre l’ambiguïté et la volonté de rassembler. François Bayrou est loin d’être ambigu sur les points de son programme, qu’il a expliqués de façon on ne peut plus claire et pédagogique. Les règles du rassemblement qu’il propose sont nettes : les personnes qui souscrivent à son projet (un projet défini, sans zones d’ombre, sans ambiguïté, justement) seront les bienvenues. 

Quant à Ségolène Royal, elle trouve très dangereux d’entretenir la « confusion » entre droite et gauche, et accuse Bayrou « d’empêcher les Français de choisir entre deux modèles de société » (voir dépêche Reuters, 26/02/07). Voilà encore revenue la vieille rengaine idéologique : « si vous n’êtes pas à gauche, vous êtes à droite », et hors de cette grille de lecture, point de salut !

Crédité de 19 % des intentions de vote selon un sondage (réalisé avant la diffusion de l’émission « J’ai une question à vous poser », regardée par 6,68 millions de téléspectateurs) de l’institut IFOP à paraître jeudi dans Paris-Match,

Qui peut « empêcher les Français de choisir » ? Les Français choisiront, c’est bien pour cela qu’ils sont appelés à voter pour leur Président.

 

 

27/02/2007

L'autre chemin de Bayrou: L'émission de TF1 vue par Daniel RIOT

François Bayrou, crédible et sans langue de bois sur TF1 : « Un rapport de confiance,c’est un rapport de courage »

Nouvelle trouvaille à gauche : « Bayrou, c’est le cache-nez de la droite »

Nouvelle trouvaille à droite : « Bayrou, c’est la cache-sexe de la gauche »

Au PS comme à l’UMP (et chez Gilles de Robien qui ne représente que lui mais envahit les médias dieu sait pourquoi…), la déception a dû être grande, ce soir,  devant le petit écran « j’ai une question à vous poser », sur TF1. Encore plus crédible, Bayrou. Plus convaincant.Plus “emmerdeur” pour les animateurs de l’UMPS et les partisans du “statut quo” qui “ligote” le pays.

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Que celles et ceux qui osent encore caricaturer son propos, son programme, ses propositions revoient leurs copies : les petites phrases qui se veulent assassines ne blessent que ceux qui les lancent.

Que celles et ceux qui, après avoir tenté de gommer le premier tour des présidentielles, jouent à saute-mouton avec le deuxième en se projetant vers les législatives et les municipales, révisent leurs stratégies.

Que celles et ceux qui  ne veulent voir  en Bayrou un imposteur, un illusionniste, voire un démagogue du « rassemblement » réfléchissent un peu plus à leurs arguments, à leurs références et à leurs comparaisons.

Que ceux qui ironisent sur son passé de ministre et de responsable politique de « droite » se posent des questions sur leurs propres évolutions. Bayrou a un triple mérite bien mis en relief ce soir : il sait de quoi il parle, il a réfléchi à ce qu’il a fait et pas fait et il sait pourquoi il a fait le choix (et pas le non-choix) qu’il défend. Le rappel de la faute de Chirac après son élection triomphale (par défaut) de 2002 méritait d’être fait. Et il n’est pas de ceux qui gomment leur bilan, de ministre ces cinq dernières années, ou dans les coulisses du pouvoir socialiste…

Bayrou n’a évidemment pas fait de cette émission (qui conserve ses défauts quels que soient ses invités) une excellente émission politique : un faux réality-show reste un vrai virtuel-débat… Même PPDA n’y peut pas grand’chose.

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Mais le Béarnais a eu le grand mérite d’apparaître tel qu’il est. Sans mettre les habits neufs de la sérénité comme Sarkozy l’avait fait. Sans jouer les Nounous maternantes et compassionnelles comme Ségolène avait excellée dans le rôle. Sans jouer les bonimenteurs comme Le Pen, logiquement, l’avait fait… « Professoral », disent déjà quelques commentateurs. Et alors ? Dans l’ambiance actuelle, c’est un compliment. D’autant plus que le professeur sait écouter…

De l’émotion ? Un peu mais non feinte, sur les harkis notamment. Du sérieux ? Dans toutes les réponses. Ce qui ne l’empêche pas de sourire.  De la rigueur ? Sur tout ce qui concerne la dette. C’est ce qu’on attend d’une bon candidat à la Présidence.

Il a eu raison, Bayrou de citer (sans rien renier de son héritage centriste) De Gaulle et Mendes-France et, dans les circonstances actuelles, ses accents « churchilliens »  sont plutôt opportuns. Pas de sueur et des larmes, mais des choix et des efforts : un « rapport de confiance, c’est un rapport de courage ».

Qui a osé dire aujourd’hui même sur une chaîne de télé que Bayrou était un « populiste pour intellos » ? Qui ose dire qu’il serait un « Le Pen des bobos » ? Que ceux qui ont trouvé des réponses faites pour séduire plus que pour convaincre me fassent signe. Bayrou a le mérite de résister « à cet air du temps »  qui crée des modes qui, par nature, se démodent. Sur la « discrimination positive »,et pour la défense « du modèle républicain », entre autres… 

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De tous les invités de cette émission qui contribue à l’infantilisation de la société et du développement d’une démocratie de consommateur et non de citoyens, François Bayrou me semble celui qui a  le moins pratiqué la langue de bois. Et qui a le moins pris les télespectateurs-électeurs pour des « gogos » (comme dit Hortefeux) ou des « benêts » (comme dit Jacques Lang). Les citoyens ? Des acteurs appelés à  une vraie « co-responsabilité » et des pions sur un échiquier « politichien », comme disait De Gaulle.

Coïncidence ou non : le jour même où Bayrou plaide en “prime time” pour un « rassemblement », Dominique de  Villepin exhorte les Français à se « rassembler » et  se méfier des promesses qui fleurissent tant à droite et à gauche :  « Oui, les Français veulent que notre pays se modernise, oui, ils veulent qu’il se donne les moyens de faire la course en tête dans la compétition économique mondiale », a déclaré le Premier ministre lors du premier discours sur l’état social de la Nation devant le Conseil économique et social (CES) à Paris.  « Mais, ils veulent que la France avance rassemblée, ils veulent une croissance généreuse qui profite à tous, ils veulent une société unie qui fasse sa place à chacun ».

Je n’en tire aucune conclusion hâtive et me garde de toute comparaison. Sa phrase, responsable, m’est simplement revenue à l’esprit en écoutant celui qui est devenu l’homme à abattre de la droite et de la gauche…mais qui n’a vraiment pas l’air abattu.

Daniel RIOT

08/02/2007

Pour un gouvernement d'Union avec un Président fédérateur

Invité d'Yves Calvi sur France 5, Hervé Morin s'est exprimé sur la bipolarisation excessive exercée par la classe médiatique. Le peu de place laissée à l'expression de la candidature de François Bayrou. Le manque cruel de contre-pouvoirs efficaces. Sur le besoin des Français de se rassembler au sein d'un gouvernement d'union, conduit par un président fédérateur. En prenant exemple sur les démocraties voisines qui ont réussi l'aventure de la cohésion nationale.


medium_herve_morin.4.JPGHervé Morin était l'invité ce soir de l'émission C Dans L'Air sur France 5. Yves Calvi avait titré sur la bipolarisation de la vie politique française. Jean-François Kahn, directeur de l'hebdomadaire Marianne, a dénoncé cette concentration médiatique sur les candidats UMP et PS. Dont Hervé Morin dit que c'est leur rêve absolu : une alternance sans fin entre droite et gauche. "Un peu comme dans la chanson de Jacques Brel, Les Vieux, l'horloge qui va et vient, qui dit oui, qui dit non." Même avec les institutions qui régissent notre vie politique, les Français montrent désormais qu'ils ne veulent plus du bipartisme. La preuve, avance Hervé Morin, c'est que l'addition des scores avoisine à peine les quarante pour cent. Une majorité s'en écarte.

Cette situation trouve son explication dans l'Histoire de la Vème République. Le député de l'Eure avance que 1958 intervint à un moment où deux courants politiques majeurs s'affrontaient : les communistes et les conservateurs. Pour chaque avancée, il fallait une majorité de combat. La décolonisation, par exemple, exigeait une adhésion populaire forte. Aujourd'hui, le Mur de Berlin est tombé. Le parti socialiste est devenu social-démocrate. Ses orientations ne sont plus très éloignées de celles de la droite modérée.

Selon Hervé Morin, nous ne sommes plus sur des majorités verticales, où les décisions viennent d'en haut, doivent être acceptées comme telles. Les Français cherchent désormais d'être convaincus avant de prendre leur décision de vote. Leur adhésion à un projet requiert de la pédagogie et du respect. On peut observer que les ruptures apparaissent au sein même des structures politiques. Le Traité constitutionnel européen a divisé le parti socialiste, il a scindé l'UMP. Les questions de société, l'homo-parentalité par exemple, trouvent là aussi leurs contempteurs dans chaque camp.

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06/02/2007

Le gouvernement d'union nationale : une réalité envisageable pour la France

Direct Soir du 5 février s'est interrogé sur la possibilité qu'un gouvernement de coalition prenne les rênes du pays au lendemain de l'élection présidentielle d'avril-mai 2007.

L'envie répétée des Français de rompre les clivages politiques stériles, montre bien que François Bayrou est en adéquation avec les aspirations des citoyens.

Le quotidien gratuit fait état de la volonté de François Bayrou et de son équipe de former un gouvernement composé de femmes et d'hommes de tous bords en cas de victoire le 6 mai prochain. Le gouvernement d'union nationale est un modèle de gouvernement qui n'existe pas seulement en Allemagne actuellement, ou ailleurs, mais il a aussi existé en France lors de la Première Guerre mondiale.

Cette "union sacrée" qu'exigeait l'agrégation d'intérêts religieux et politiques divers durant la Première Guerre mondiale pourrait se matérialiser à nouveau au lendemain d'un 6 mai 2007. L'article s'appuie d'ailleurs sur un sondage CSA datant de fin 2005 et qui révélait, à l'époque, que 55% des Français étaient favorables à un gouvernement d'union nationale.

Ce type de modèle politique n'est pas moins ancré, en France, que le système de partis, au regard de la défiance du général de Gaulle envers celui-ci, et auquel s'ajoute la volonté des Français de modifier les usages de la Ve République en créant, par leurs votes, une succession de cohabitations gouvernementales depuis 1981. L'idée d'une coalition plurielle avait déjà été proposée par François Bayrou à Jacques Chirac suite à l'entre-deux tour en avril 2002. François Bayrou et son gouvernement d'union nationale, si les Français le désigne, répondra à des défis d'envergure, comme lorsque les contextes passés l'ont exigés.

 

Direct Soir

30/01/2007

Sortir de "la France des deux poids deux mesures"

Au cours de l’émission "l’Invité de RTL", interrogé par Jean-Michel Aphatie, François Bayrou, réagit à l’actualité de la campagne et en profite pour développer les axes de son programme qui permettront de sortir de "la France des deux poids deux mesures".

 

Concernant la montée dans les sondages, le dernier en date le créditant de 14 % des intentions de vote au premier tour, François Bayrou se félicite de la lucidité des Français qui ne veulent pas se laisser enfermer dans un choix prédéfini. Il s’insurge contre le jeu d’illusionniste proposé par les deux principaux candidats. L’un propose une baisse d’impôts de 70 milliards d’euros, combiné à une hausse annoncée de 60 milliards d’euros de dépenses. L’autre camp veut augmenter massivement les impôts, "et ceci n’aura pas lieu non plus car nous sommes déjà dans un pays où les prélèvements obligatoires sont les plus hauts. Donc ces deux voies sont deux impasses", comme le confirme le candidat à la présidentielle.

Cette hausse dans les sondages confirme que les électeurs adhèrent à l’idée d’une agrégation des compétences venant des deux camps, qui formeront "un gouvernement d’union" afin que toutes les décisions soient prises en fonction de l'intérêt général et non plus en vue des seuls intérêts d’un camp ou d’un autre.

Sa présence cet après-midi à l’Assemblée nationale, dans le cadre du projet de loi sur l’élargissement de l’offre concernant la télévision numérique terrestre (TNT), lui permettra de défendre les principes républicains, tels que le principe d’égalité, puisque des chaînes plus populaires et plus riches seront davantage favorisées par ce projet de loi tel qu’il est pensé, dans un nouvel espace audiovisuel. "Entre 1986 et 2022, la chaîne [TF1] n’aura pas de compte à rendre", contrairement à ce qui était prévu précédemment, un contrôle devant avoir lieu régulièrement selon un cahier des charges précis.

Durant les interventions des auditeurs, François Bayrou rappelle que l’on ne « donne pas de voix », puisqu’elles appartiennent à ceux qui votent. Il refuse donc de répondre à cette question qui porte en elle-même sa propre contradiction et qui l’obligerait à se prononcer sur le choix d’un autre candidat au deuxième tour, alors même que sa conviction le conduit à affirmer que la seule solution pour le pays est un gouvernement d’union.

Après avoir souligné le courage de Jean Lassalle, actuellement au Japon, il se prononce au sujet de la politique d’immigration qui ne pourra être une politique d’immigration « choisie », tant que l’on ne mettra pas en place un développement de l’Afrique rapidement. Il faut une sorte de plan "Marshall" (comme ce fut le cas après 1945, lorsqu'il a fallu aider à reconstruire l'Europe) et agir rapidement car nous n’empêcherons pas des gens de fuir une misère certaine et d'aller vers un espoir de survie.

Il évoque enfin la réforme des retraites, qu’il soumettra au Français par voie de référendum. Ils seront responsables ensemble de cette politique de changement et resteront ensuite libres, personnellement, de leur choix de l’âge de départ en retraite. Mais avant, il faudra régler d’autres problèmes liés au marché du travail, puisque "plus d’une personne sur deux n’a plus d’emploi avant de partir à la retraite", précise-t-il. S’ils veulent, pour certains, continuer à travailler plus tard que ce qu’ils avaient prévu dans un premier temps, une place doit leur être faite, pour ne pas les obliger à interrompre leur emploi.

 

RTL

09/11/2006

BAYROU: STIMULER L'ESPRIT D'ENTREPRISE EN FRANCE

« Nous sommes un pays où l’on oublie trop souvent que l’essentiel de ce qui fait la santé, la vigueur, la richesse, l’emploi du pays, c’est l’entreprise. Et si l’on cherche le point faible de l’économie française depuis longtemps, c’est dans le manque de considération pour l’entreprise qu’on trouvera ce point faible.

Parce que l’entreprise, l’esprit d’entreprise, il faut l’aider, et pour l’aider il faut l’aimer.

C’est donc l’entreprise, et l’esprit d’entreprise, qu’il faut rétablir dans sa force et dans sa dignité.

Faire de la France, un pays pro-entreprise

Et pour nous la politique économique, la stratégie économique, c’est de faire de la France, de toute la France, un pays pro-entreprise :

  1. une stabilité juridique et fiscale ;
  2. un environnement fiscal amical au lieu de sacrifier à la culture d’inquisition ;
  3. un « small business act » à la française fondé sur la simplification des contraintes administratives et fiscales, du droit et des procédures sociales ; une protection fiscale pour les jeunes pousses ; un accès aux marchés public
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Un plan de long terme pour la Recherche

Nous formons les meilleurs chercheurs du monde. (…) Mais nous les formons pour les autres, et notamment au bénéfice de l’appareil de recherche américain.
Il faut inverser ce processus ! Et il faut l’inverser définitivement.
Je propose que la France décide d’exempter d’impôt les revenus des brevets déposés par des chercheurs français ou résidents en France.

Il faut un plan de long terme, qui engage les grandes formations démocratiques françaises, pour la recherche publique dans notre pays. J’ai proposé devant les assises de Sauvons la Recherche, un plan de 10 ans qui s’engage sur une augmentation de 5 % par an.

Les 35 heures

Je propose une augmentation généralisée de la prime pour heure supplémentaire. Je propose qu’elle passe à 35 % pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Et je propose que le coût de cette prime soit neutralisé en le défalquant des charges sociales.

Les charges sociales qui pèsent sur le travail

Nous avons un problème de concentration des charges sociales sur le travail (…)Quand vous concentrez un prélèvement sur une seule base, elle a tendance à s’enfuir.

Nous avions donc proposé cinq pistes différentes : une taxe sur la valeur ajoutée des entreprises, la CSG, la TVA sociale, un taxe sur la consommation de carburant fossile, une taxe sur les mouvements financiers.

L’ISF

Une nation qui organise ou accepte l’exil des plus riches, de ceux qui ont le mieux réussi matériellement parmi ses citoyens, est une nation qui accepte de s’appauvrir. (…) Puisque tout l’argent qui aurait été réinvesti dans la société française, dans la création d’emplois, dans le commerce, tout cet argent va s’investir chez nos voisins.

Je suis partisan d’une réforme de l’ISF, d’une imposition sur le patrimoine à base large, à partir de 750 000 €, sans plus aucune niche défiscalisée, sans exemptions, mais à taux léger.

Une politique économique pour l’Europe

Lorsque nous aurons remis de l’ordre dans nos finances publiques, lorsque nous aurons créé les conditions favorables à l’entreprise, lorsque nous aurons assuré ses investissements et sa recherche, c’est d’Europe que nous aurons besoin.
Parce que c’est notre marché intérieur, parce que c’est notre monnaie, et parce que le dumping fiscal, la guerre fiscale entre pays européens, limite nos marges de manœuvre.
Et parce qu’il n’y a qu’à l’échelle européenne que nous pouvons espérer traiter les grandes questions du développement durable, du climat, du dumping écologique et du modèle économique de la planète.

Le modèle économique de la planète

La question du néo-protectionnisme ne concerne pas seulement les pays à haut niveau de protection sociale, menacés par le vaste mouvement de délocalisations et de concurrence sans règle sociale ou écologique. Elle concerne d’abord, et au premier chef, et de manière urgente, les plus pauvres de la planète, les pays d’où l’on s’en va, les pays menacés de destruction intérieure, et je pense évidemment au continent africain.

Toute réponse nationale, dans un monde ouvert, est vouée à l’échec.
Nous ne pouvons poser ces questions qu’à l’échelle européenne.
C’est la vraie vocation de l’Europe : nous rendre la souveraineté que nous avons perdue, la souveraineté que l’échelon national ne peut plus garantir.

Cette question du modèle de société à défendre se pose et se posera dans tous les pays européens. Nous avons un modèle de société à défendre, et ce modèle n’est pas un handicap. Si nous décidons de poser la question du développement de notre pays comme je viens de le faire devant vous, notre modèle sera un avantage dans la compétition internationale (…) Nous serons un pays qui aura recréé chez lui les conditions du développement, de la croissance, de l’avenir, et qui en même temps aura promu un modèle de société préservé, qui ne sera pas fait uniquement de régression, et qui s’adressera à nos partenaires européens et au reste du monde, dans le siècle qui vient ».

La synthèse des contributions des militants UDF

Gilles Artigues a présenté une synthèse des contributions envoyées par les militants et sympathisants UDF sur l’économie. Plusieurs d’entre elles reprennent l’idée de François Bayrou de ne plus faire reposer le financement de notre protection sociale sur les salaires. De même, certains mettent l’accent, comme le président de l’UDF, sur la nécessité de soutenir les PME. Des contributions plaident en faveur d’une harmonisation fiscale européenne afin d’éviter toute distorsion de concurrence au sein de l’Union. Le gouvernance éthique des entreprises est également abordée : l’investissement socialement responsable, le développement de la notation sociale et environnementale sont plébiscités. Enfin, une contribution souhaite que la personne soit mise au centre de l’économie estimant que le travail est la seule richesse. (08/11/06)
>>> Lire la synthèse des contributions des militants UDF par Gilles Artigues

 

François Bayrou à l’émission Good Morning Business sur Radio BFM
Pour un « small business act »
à la française

François Bayrou a indiqué qu’il visitait plusieurs fois par semaine des entreprises. Il a constaté que nos entreprises ont des forces et des atouts dans la mondialisation. Cependant, il n’a pas le sentiment que les décisions publiques soient toujours prises dans l’optique d’aider les entreprises et de soutenir la création. C’est pourquoi il propose de mettre en place un « small business act » à la française sur le modèle du système américain qui existe depuis 1953, car les petites entreprises d’aujourd’hui feront les entreprises moyennes de demain : il s’agit de simplifier et d’adapter la réglementation et les contrôles aux PME et de leur réserver une partie des marchés publics.

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François Bayrou espère que le « small business act » sera étendu à l’ensemble de l’Europe. Il a jugé la multiplication des contrats de travail, « ridicule » et « improductive ». Pour lui, seuls deux contrats de travail, le CDI et le CDD, sont nécessaires mais il souhaite que le CDI soit davantage répandu qu’aujourd’hui c’est pourquoi il propose que les partenaires sociaux se mettent d’accord à l’avance sur les modalités de la rupture du contrat de travail et les indemnités de licenciement afin que les deux parties ne soient plus réticentes à s’engager dans un CDI. François Bayrou a réaffirmé que dès le premier jour, il avait été opposé aux 35 heures.

Il s’est dit « scandalisé » et « choqué » par le fait que les heures supplémentaires soient davantage payées dans les entreprises de plus de vingt salariés, 25% contre 10%. Il propose que les heures supplémentaire soit « ouvertes, contractuelles et neutres » pour les entreprises et que les primes soient plus importantes pour les salariés et payées le même prix quelle que soit la taille de l’entreprise.

Concrètement, une heure de travail qui rapporte 100, coûte environ 200 à l’entreprise, une heure supplémentaire serait payée 135 et coûterait toujours 200 à l’entreprise. François Bayrou considère qu’un salarié qui a déjà cotisé 35 heures, a payé sa part de la solidarité nationale et que les heures supplémentaires représenteront de toute façon des rentrées de cotisations en plus. Il ne souscrit pas à la vision de ceux qui veulent partager la pénurie, il pense au contraire que « le travail ne se divise pas, il se multiplie. C’est de la dynamique, pas de l’arithmétique ». (08/11/06)
>>> Ecouter l'intégralité de l'interview de François Bayrou