28/02/2007

Pourquoi la VI ième République de Bayrou ne sera pas un retour à la IV ième...

Quand Sarkozy utilise  mal une Histoire qu’il connaît peu, par  Daniel RIOT

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Sur la IV ième République, quelques remarques oubliées par le « jeune » Sarkozy qui devrait peut-être relire son histoire contemporaine  avant d'accuser Bayrou de vouloir y revenir...

1)   Sous la Ive, le président de la République n’était qu’une « potiche » élu par le Parlement, non par le peuple. Il n'avait donc pas la même légitimité ni les mêmes moyens à sa disposition qu’aujourd’hui. Grâce à De Gaulle si rare dans les références (abondantes) de Sarkozy et chez les héritiers de l’auteur du « Coup d’Etat permanent »

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2) La IV ième a été tuée par l’alliance objective d’un PCF fort (plus à l’est qu’à gauche », comme disait Mollet) et d’un RPF assoiffé d’une crise de régime provoquée  et par les pièges d’une décolonisation mal assumée dans un contexte d’après-guerre qu’on imagine mal et dans un contexte international d’une gravité qu’il ne faut souhaiter à personne, surtout pas à Ségolène la maternante et à Sarko l’impusif…

3) La question posée à Bayrou sur  « avec quelle  majorité ? »  se pose à tou et pour tous  puisque la présidentielle sera OBLIGATOIREMENT suivie de législatives en juin. C'est donc le peuple qui décidera de donner ou non une majorité au nouvel élu et si celui-ci est cohérent il confirmera son vote des présidentielles. C'est ce qui s'est toujours produit jusqu'à maintenant.

Si tel n'était pas le cas, il y aurait une cohabitation,  pour Sarkozy comme Royal. Pourquoi alors ne leur pose-t-on jamais  la question jusqu’à présent?

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4) La V ième République, dont la Constitution est dûe essentiellement à Michel Debré (gaulliste) et à Pierre Pflimlin (centriste et fier de l’être pour qui l'Union avec les gaullistes a toujours été un combat et non une soumission))  a été dénaturée par les cohabitations, par le quinquennat, par un usage abusif du 49-3 (prévu par précautions dans la perspective de crises graves toujours possibles), par l’extension du « domaine réservé » du Président, par le mépris de l’article 20 (le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation), par le dédain avec lequel a été traité le Parlement par les exécutifs successifs depuis Pompidou, par le mélange des genres qui fait des députés les grands absents du processus législatif…De Gaulle trahi!

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Ce ne sont pas les réformettes institutionnelles préconisées par Sarko et Ségo qui vont gommer ces dérives… Au fait, pourquoi Montebourg ne parle-t-il plus de VI ième république ? Et pourquoi « les Rescapés UMP du Marais » ne font-ils pas entendre leurs « différences » pour ne jouer que les « strapontins » du sarkozisme autoritaro-libéraliste et de l’Etat UMPS? Les meilleures valeurs sont solubles dans le carriérisme et l’opportunisme… 

« S’ils ont quitté l’UDF, c’est qu’ils n’étaient pas de vrais UDF », redirait Bayrou. Si Douste-Blazy nous était conté…Si Méhaignerie avait tenu ses promesses de jeunesse… Si… «  Ce n’est pas la girouette qui change, c’est le vent », confessait Edgar Faure qui, lui, avait bien des talents, une vraie culture et un sens de l’Etat dont Sarkozy (qui ose ironiser sur lui) et quelques autres feraient bien de lui envier.

« La IV ième République avait de mauvaises institutions, mais elle a compté de grands hommes », se plaisait à souligner Pierre Pflimlin. Et derrière l’instabilité apparente, il y avait une vraie continuité : Combien de ministres des finances ces 25 dernières années ?  Nous ne sommes pas loin du record du monde. Comme pour la  « dette » multipliée par 600 par l’actuel UMPS…

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Il est vrai que nous sommes aussi la seule démocratie européenne où un élu à moins de 20% croit qu’il a gagné avec plus de 80 % des suffrages. Le rappel de la « faute » de Chirac en 2002 vaut dénonciation de ceux (dont Sarkozy) qui l’ont suivi et de ceux (dont Royal) qui n’ont pas pu bien assumer leur rôle d’opposants par défaut d’analyse de leur propre échec… Bayrou, seul,  a eu le courage d’en tirer leçons : « Une responsabilité lourde ». Comme celles qu'avait su prendre Mendès-France si trahi par la gauche!

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Ces remarques sont plus faites par souci de vérité que par désir de vaincre les réticences   des indécis ou des inquiets face à ce Bayrou transformé en épouvantail par les moineaux d’une République « politichienne » qui n’est ni « moderne » comme le voulait Mendès ni démocratiquement efficace comme le voulait De gaulle ni respectueuse des citoyens comme le veut François Bayrou, ni « participative » comme toute démocratie authentiquement représentative se doit de l’être…

Mais ce type de débats de fond n’a pas encore eu lieu. Cela viendra. Quand les émission politiques parleront moins du « remboursement des lunettes, des dentiers et des sonotones » (des questions à ne pas négliger dans d’autres scrutins) et davantage de cet « intérêt général », de ces « projets de société », de ces moyens d’assurer un vrai « vivre ensemble » qui devraient être au cœur des Présidentielles

Daniel RIOT

19/01/2007

Présidentielles: l'heure de choix fondamentaux.

Jean-Christophe Lagarde à l’émission Le club Europe 1 France 2007 sur Europe 1
« ce n'est pas de défiler dans les rues qui permet de changer la société française, c'est de défiler dans les urnes » - Jean-Christophe Lagarde, Député de Seine-Saint-Denis, Maire de Drancy, lui-même confronté tous les jours aux difficultés d'une population citoyenne et de plus en plus impliquée, donne son sentiment sur la pauvreté du débat actuel sur l'antenne d 'Europe1. Il évoque notamment le ridicule de ce qu'on appelle « l'affaire Montebourg ». Il réclame un travail de fond sur la mixité sociale, plutôt que d'assouplir la carte scolaire. Cela permettra de régler les difficultés liées à l'éducation, plutôt que de déplacer et d'aggraver les problèmes.

« Moi je trouve hallucinant qu'on ait tellement zappé le premier tour qu'on refuse, au second tour, de tester d'autres candidats que M. Sarkozy et Mme Royal [...] en réalité ce qu'on veut savoir c'est ce qu'elle veut dire et ce qu'elle veut faire. Si elle ne supporte pas qu'on critique son conjoint, tout le monde s'en fou, qu'elle suspende Arnaud de Montebourg, tout le monde s'en fou...La réalité qu'on observe sur le terrain, peut-être moins dans les enquêtes d'opinion..., c'est tout simplement que personne ne sais ce que cette dame veut faire ».

Jean-Christophe Lagarde évoque même un débat qu'il a eu avec Mme Royal au sujet de l'amnistie présidentielle concernant les P.V : « sa réflexion n'est pas terminée sur un sujet aussi simple ! Il serait bon que la réflexion soit terminée avant le mois de mai prochain, parce que, sinon, on risque d'avoir un vrai souci ! ». Le maire de Drancy nous ramène à l'essentiel de cette présidentielle : « très franchement, moi je trouve quand même que la campagne devrait s'orienter vers les trois au quatre grandes questions que les Français attendent que l'on tranche...

Il y a des dizaines de milliers de gens qui se sont inscrits sur les listes électorales, pour deux raisons : la première, c'est qu'ils ne veulent pas revoir émerger l'extrême-droite au second tour, c'est-à-dire qu'on se trouve privé de choix au moment de désigner le président de la République. La deuxième raison, c'est qu'en France on sent bien que l'on est à une période où on a des choix importants à faire. Et ça fait une vingtaine d'années qu'on nous raconte la même chose alternativement à droite et à gauche... », précise-t-il.

La concertation pour réformer l'éducation

Sur la question de l'éducation, Jean-Christophe Lagarde démontre par des exemples concrets le travail que François Bayrou a pu accomplir au ministère de l'Éducation après concertations avec les acteurs concernés sur le terrain, sans que de virulentes oppositions aux réformes se soient exprimées à l'époque :
- La réforme du Baccalauréat (série L-ES-S)
- l'introduction du premier semestre d'orientation à l'Université et la semestrialisation qui permet d'aller à l'étranger pendant un semestre.
- l'indroduction des langues étrangères à l'école primaire.
Il poursuit : « Sans que cela se voit, quand on met des gens autour de la table, et quand on discute, ça fait avancer les choses. Il y avait même une chose très intelligente, c'était de pouvoir garder un certain nombre d'élèves en difficulté le soir au collège. Ça a été annulé par la gauche dès qu'il n'a plus été ministre. C'est bien dommage parce qu'aujourd'hui on est en train de redonner des crédits à travers les « contrats de réussite éducative » pour qu'on puisse accueillir des élèves le soir, mais on les donne aux communes ! Ça prouve que si on se mettait autour de la table sur les grand enjeux comme l'éducation, la recherche... On serait capable de passer un contrat avec les Français, que l'on soit capable de tenir sur la durée ».

« faire de la mixité sociale »

« On concentre les jeunes dans les ZEP et on dit que l'on va changer la carte scolaire... C'est scandaleux ! En réalité, si on a concentré les gens les plus en difficulté c'est parce qu'on les a concentrés dans des quartiers ». Et « il n'est pas acceptable, pour le projet national français, que l'on puisse avoir concentré la misère sociale dans les mêmes quartiers. Ce n'est pas la carte scolaire qu'il faut assouplir, il faut faire de la mixité sociale. Et cela a été refusé pendant des années de part et d'autre alternativement. Ça prendra du temps (de faire de la mixité), mais ce sera beaucoup plus efficace que l'assouplissement de la carte scolaire ».

Un renouveau électoral dans les quartiers

Dans la ville de Drancy, il y a eu environ 3 600 nouveaux électeurs (enregistrés pour la prochaine présidentielle), et plus de 91 000 dans le département de Seine-Saint-Denis (93).
Les gens ont compris que « ce n'est pas de défiler dans les rues qui permet de changer la société française, c'est de défiler dans les urnes », martèle le député maire de Drancy. Et il faut ensuite suivre ce que font ces élus. « C'est tout le long qu'il faut juger, pas juste quelques semaines avant les élections », dit-il, se souvenant avoir observé des députés voter le contraire de ce qu'ils défendaient avant leur élection.