26/04/2007

Ségolène Royale maintient son offre de débat public avec François Bayrou

Invitée, mercredi 25 avril, sur France 2, Ségolène Royal a de nouveau tendu la main au président de l'UDF."Il a bougé au cours de cette campagne", a-t-elle déclaré lors de l'émission "A vous de juger". Elle a estimé que s'adresser à lui, est "une démarche responsable, respectueuse des électeurs et utile pour la France".  Mme Royal a cité au crédit de M. Bayrou "le constat qu'il fait sans concession de la situation de la France et des propositions de Nicolas Sarkozy". "Je crois qu'il a, au cours de cette campagne, compris un certain nombre de choses", a-t-elle dit, et en particulier "des valeurs inscrites dans mon pacte présidentiel" telles que "l'Etat impartial", "l'efficacité écologique" ou "la priorité éducative". Mme Royal a également cité le co-développement et la proposition d'un plan Marshall pour l'Afrique, proposé par M. Bayrou.

>>>> Mme Royal oublie que le projet Bayrou mettait l'accent bien avant son "pacte présidentiel" sur la réforme des instituions, sur un Etat impartial, sur la modification en profondeur d'un système "à bout de souffle", sur la révitalisation du parlment, sur l'indépendance de la justice, des organismes de contôles et de consultation, sur la démocratie sociale. Bayrou allait plus loin et d'une façon plus précise que  Royal. Comme sur les plans écologique et européen, ainsi que sur  le  co-développement. Ce n'était pas mal pour un programme jugé "creux" par le PS ....

>>>> En quoi Bayrou a-t-il "bougé" au cours de cette campagne? Il est le seul à avoir soutenu les m^mes idées, les mêmes projets, les mêmes valeurs.


"RÉNOVATION PROFONDE DE LA POLITIQUE"

Concernant le débat public avec François Bayrou, elle a réaffirmé qu'elle serait prête à débattre publiquement avec lui. Elle a proposé que les caméras de France 2 viennent filmer, vendredi, la rencontre devant la presse régionale à laquelle elle a convié François Bayrou.  Selon elle, sa proposition de dialogue avec M. Bayrou rélève d'une"rénovation profonde de la politique, c'est très audacieux". "Je veux rassembler tous les républicains de progrès qui pensent que toute décision politique doit être motivée par les valeurs humaines, et non par les valeurs boursières", a-elle ajouté.

>>> Pourquoi pas? Mais pourquoi avoir insulté Rocard qui proposait la même chose avant? ....

Mais elle a également défendu ses points de divergence avec le président de l'UDF, comme la création d'un service public de la petite enfance et d'un service public de la caution, critiqués par François Bayrou dans son discours mercredi après-midi. Elle a récusé le "tout sauf Sarkozy", estimant qu'elle veut "faire adhérer les citoyens à un projet, à une espérance". "Je ne crois pas à un homme providentiel, je n'ai pas la même façon de concevoir le pouvoir que Nicolas Sarkozy", a-t-elle ajouté.

>>>> C'est la multiplication des services publics qu'a critiqué Bayrou. Sur les cautions l'UDF a proposé un système moins étatique et plus efficace. Sur la petite enfance, comme sur le troisième âge, comme pour les handicapés, on pourrait faire les mêmes onstats. Dommage que Mme Royal n'ait pas mieux lu le prjet de Bayrou avant dimanche dernier....

La candidate socialiste s'est aussi montrée offensive sur les thèmes sociaux, en marquant sa différence avec Nicolas Sarkozy. "Ca suffit de considérer que ce sont les salariés qui doivent payer la flexibilité !", s'est-elle exclamée. Elle a de nouveau demandé à Noël Forgeard de rembourser les 6 millions d'euros d'indemnités perçus lors de son départ d'EADS. Elle a également attaqué M. Sarkozy, l'accusant de vouloir diviser les Français."Il y a trop de riches d'un côté et trop de pauvres de l'autre" , a déploré la candidate du Parti socialiste. "Je ne suis pas pour dire qu'il y a des gens qui veulent se lever tôt et d'autres qui aiment se coucher tard, je ne suis pas pour dresser les Français les uns contre les autres", a-t-elle lancé.
>>>> Reste (entre autres) le problème de fond (et de fonds), posé autant par Sarkozy que par Royal: le coût des promesses faites et l'ampleur de la dette de la France. Reste aussi à définir la socile-démocratie par rapport à la social-économie de Bayrou...

23/04/2007

L'inquiétude de Michel Rocard....

Michel Rocard a avoué aujourd'hui être "un peu inquiet" au lendemain du premier tour de la présidentielle et a estimé qu'une alliance Royal-Bayrou annoncée avant le vote "aurait été efficace"."Je vais naturellement faire campagne pour Ségolène, comme j'ai fait au premier tour, mais je suis un peu inquiet", a déclaré l'ancien Premier ministre socialiste sur France-Inter. "Ségolène Royal peut encore gagner, bien sûr, cela dépend de notre vigueur. Mais les chiffres sont les chiffres".

Miche Rocard a estimé qu'"un désistement réciproque pré-organisé avec François Bayrou", stratégie qu'il avait appelée de ses voeux avant le premier tour, "aurait été efficace"."Je ne suis pas sûr d'avoir eu tort de le proposer, mais ça a déplu à beaucoup de gens. Comme si certains choisissaient la défaite honorable plutôt que la victoire un peu compromettante", a-t-il expliqué. "Ça me paraît dommage, mais je crains que ce ne soit un peu tard pour la faire parce que les mots identitaires de chaque côté, et donc un peu agressifs, ont été prononcés".

18/04/2007

Rocard accuse les "gardiens du dogme socialiste" de faire le jeu de SARKOZY

Dans une tribune publiée par le Nouvel Observateur, Michel Rocard accuse "les gardiens du dogme socialiste, qui considèrent toute alliance autre que communiste comme impure", d'être "d'efficaces alliés de Sarkozy". Il défend de nouveau une alliance entre le PS et l'UDF. L'ancien Premier ministre socialiste souligne que "son seul problème, c'est de vaincre et en tous cas d'empêcher la dangereuse victoire possible de Sarkozy". Dans une "situation incertaine", il faut "regarder à la fois nos voeux - une victoire social-démocrate sur la tête de Ségolène Royal - et les sondages".

"Si je ne crois qu'à moitié à cet outil, la convergence de tous les instituts mérite d'être prise au sérieux", poursuit Michel Rocard. Il souligne que si les instituts donnent Ségolène Royal présente au second tour, "ils disent aussi que Sarkozy gagne au second tour". "J'ai la faiblesse, ajoute-t-il, de trouver cela dangereux comme, je pense, la totalité de mes camarades socialistes. (...) Quand la somme des voix de gauche est donnée à moins de 40%, on cherche des alliés. J'accuse ici les gardiens du dogme socialiste, qui considèrent toute alliance autre que communiste comme impure, d'être d'efficaces alliés de Sarkozy."

Et d'insister: "ce n'est pas ma faute si la gauche est descendue en dessous de 40%. Je n'y vois aucune raison de laisser la place au représentant le plus brutal du grand capitalisme que nous ayons eu à affronter depuis longtemps".

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Commentaire de Chantal Cutajar: Voilà qui a le mérite de la clarté! Nous savons que de nombreux militants et sympatisants PS qui sont venus à nos politoco-dating, à nos débats, à notre redez-vous dominical du Gayot partage l'analyse lucide et courageuse de Michel Rocard. Nous savons aussi que dans les fédérations et les sections du PS  les pressions en tous genres se multiplient contre celles et ceux qui vient en Bayrou une chance de changer non seulmnet de politique mais mais de méthodes et de système politique. C'est étrange tout de même de voir et d'entendre les mêmes dire: "TSS, Tout sauf Sarkozy "et "bayrou, c'est l'homme à abattre"... Moeurs politiques révélateurs d'un système à bout de souffle...

A L'UMP, les mêmes pressions s'exercent pour des raisons à la fois différentes et semblables: voter Bayrou, c'est dire non au système actuel, un système qui a conduit la france où elle est.... Marielle de Sarnez dans un chat au POINT fait état d'une information qui est plus qu'une rumeur: des dirigeants UMP, sûrs que sarkozy arrivera en tête au premier tour appellent certains de leurs militants à voter ...Royal, pour être sûrs que Bayrou qui a déjà constitué "l'EVENEMENT DE LA CAMPAGNE" ne soit pas au deuxième tour pour faire barrage à Sarkozy...

 Mettre son bulletin dans l'urne est un acte de conscience, un geste individuel. Nous verrons bien! Rocard a le courage de mettre l'intérêt national, donc l'amour de son pays, au-dessus de ses engagements partisans. merci à lui. Il est de ceux pour qui la politique est aussi et d'abord une morale, une éthique. Et elle ne vaut que par les convictions qui animent celles et ceux qui la font ou en font. CC

14/04/2007

"Assez d'esprit sectaire"!: Bernard Kouchner rallie les idées de Rocard

 Bernard Kouchner rallie l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard dans son appel à une alliance entre l'UDF et le PS pour l'élection présidentielle."Pour la première fois depuis trente ans, le parti de François Bayrou ne récuse pas la gauche réformatrice. Saisissons cette chance", déclare l'ancien ministre de la Santé de Lionel Jospin dans une tribune à paraître dans Le Journal du Dimanche sous le titre : "Assez de l'esprit sectaire!"

"A l'instar de nos voisins européens, capables de réussir là où nous avons échoué, cette gauche-là ne doit pas refuser l'alliance avec un centre rénové", souligne Bernard Kouchner, qui a rejoint l'équipe de campagne de la candidate socialiste Ségolène Royal en février.

"Je ne suis pas dans une manoeuvre politicienne, je ne l'ai jamais été. Et je n'imagine pas que Michel Rocard y soit, lui qui a plus apporté à la France et aux idées que tous ses détracteurs réunis", explique-t-il.

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"J'ai suffisamment soutenu Ségolène Royal et travaillé avec elle pour savoir qu'elle peut orchestrer calmement cette indispensable mutation", poursuit-il.

"Je sais que les alliances ne se noueront qu'après le premier tour. Ce n'est pas ajouter à la confusion que de revenir dès aujourd'hui à l'essentiel, et de préférer aux calculs politiciens des convictions que tant d'entre nous partagent", insiste Bernard Kouchner.

"Les électeurs de dimanche prochain ne sont pas prisonniers des frontières du sectarisme. La France vaut mieux que nos certitudes vieillies et nos crampes partisanes", conclut-il.

13/04/2007

Rocard insiste: La convergence Bayrou-Royal est "nécessaire"

 En plus de son appel publié dans le Monde, Michel Rocard a développé son idée d'un rapprochement entre Royal et Bayrou dans un chat sur nouvelobs.com: 

>>> Interrogé sur l'opportunité d'un accord entre Bayruo et Ségolène Royal, Rocard répond:"Votre question est essentielle mais difficile. D´abord il n´est pas tout à fait joué que Ségolène Royal doive être battue au 2e tour, ses chances demeurent, mais l´essentiel est que pour le 2e tour, comme pour les législatives suivantes, Ségolène Royal et François Bayrou travaillent ensemble, c´est absolument nécessaire, car je crois une victoire de Sarkozy très dangereuse pour la France. Le difficile, est que des 2 côtés, pas seulement les candidats, mais une majorité des forces qui les soutienne, soient résolus à passer cette alliance, et l´annonce. Ca ne commence pas par l´ouverture prématurée d´une crise chez les socialistes, ni même nécessairement par leur affaiblissement. En tant que socialiste, je veux cette convergence et j´y travaille, je ne cherche pas à affaiblir mon camp, mais à le faire gagner. Les non engagés feront la différence. J´ajoute que si l´alliance est annoncée avant, les reports de voix se feront mieux".

 Le DRAME QUI AFFAIBLIT LE PS: LA NON COMPREHENSION DE L'ECONOMIE DE MARCHE

>>> Interrogé par les NON du PS au referendum sur la Constitution européenne, Rocard répond: "Vous avez largement raison, et cette fracture interne crée une situation bien difficile car le PS dans sa globalité n´est plus capable de définir une stratégie homogène et conscensuelle. C´est un peu une bizarrerie dans la mesure où le PS de France est le seul des 35 ou 40 membres du parti des socialistes européens, à n´avoir pas encore franchement reconnu que nous sommes en économie de marché, que nous le voulions ou non, et qu´il n´est pas possible d´en sortir. Pour tous nos partenaires, cette situation est une donnée, et notre objectif est de réguler une économie de marché aujourd´hui débridée, instable, cruelle, et provocant à la fois la précrisation du travail et l´aggravation des inaglités.

Le parti français garde encore de profondes références à l´idée de rejeter l´économie de marché et de répondre aux problèmes concrets par des techniques d´économie administrée qui ont pourtant fait partout la preuve de leur impuissance. Cette situation est un drame qui affaiblit le PS et la France, mais elle est le produit d´une culture collective des Français. L´économie de marché est approuvée favorablement, selon les sondages d´opinion à plus de 60% aux Etats Unis comme en Chine, à plus de 70% dans l´essentiel des pays de ce qu´on appelait autrefois le Tiers-monde, et à 36% seulement en France. C´est ce niveau de compréhension qu´il faudrait améliorer pour commencer à corriger le système, jamais de bons remèdes sans bon diagnostique"

Un appel de Rocard: Pour une alliance Bayrou-Royal

Si Nicolas Sarkozy est élu dans quelques semaines, nous n'aurons aucune excuse. L'UMP gagnera les élections législatives qui suivront; et pendant cinq ans, la France va souffrir.

Tous les Français ne souffriront pas de la même façon : les plus riches vivront encore mieux. Les classes moyennes et les petits salariés vivront plus mal. Les exclus seront plus seuls que jamais.

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Nous pouvons éviter ce gâchis social dont la majorité des Français ne veut pas. Comment? Simplement, en unissant nos forces avec ceux qui sont les plus proches de nous. Ceux qui pensent comme nous que le marché doit être régulé, que l'Etat doit défendre la solidarité, que l'égalité des chances doit être assurée pour tous et entre toutes les générations.

Socialiste et européen depuis toujours, j'affirme que sur les urgences d'aujourd'hui rien d'essentiel ne sépare plus en France les sociaux-démocrates et les démocrates-sociaux, c'est-à-dire les socialistes et les centristes. Sur l'emploi, sur le logement, sur la dette, sur l'éducation, sur l'Europe, nos priorités sont largement les leurs. Sur la société, sur la démocratie, sur les femmes, sur l'intégration, sur la nation, nous partageons les mêmes valeurs. Isolés, ni eux ni nous, n'avons aucune chance de battre la coalition de Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen. Mais rassemblés avec les Verts, la gauche sociale-démocrate et le centre démocrate-social constituent une majorité dans le pays. Et dans deux semaines elle peut devenir la majorité réelle. C'est la chance de la France.

Il ne faut pas attendre l'après-second-tour pour créer la dynamique de l'alliance. Dans quelques jours, les Français décideront qui, de François Bayrou ou de Ségolène Royal, sera le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy. Et ils le feront d'autant mieux qu'ils sauront que, dans tous les cas, une alliance sincère et constructive défendra au second tour puis aux législatives un projet commun d'espoir pour la France.

J'appelle donc François Bayrou et Ségolène Royal, avant le premier tour, à s'exprimer devant les Français pour s'engager dans la voie de cette alliance. Qu'ils fassent confiance aux Français pour que les Français leur fassent confiance.

Je ne me prononce qu'au nom d'une seule ambition : l'amour de mon pays. L'envie que la France retrouve confiance en elle; que nos jeunes portent l'espoir d'une vie meilleure; que notre Etat se modernise dans le respect de chacun; et que triomphent nos idéaux démocratiques dans un monde en mouvement.

Pour la première fois depuis longtemps, j'atteste que ce chemin nous est ouvert. Nous pouvons déplacer les lignes politiques pour qu'elles soient fidèles à nos convictions. Nous pouvons faire repartir la France sur les rails du progrès économique, de la justice sociale, d'une démocratie impartiale et apaisée. Offrons ce choix aux Français et je suis sûr qu'ils l'approuveront.

Si nous ne saisissons pas cette chance, oui nous n'aurons aucune excuse…


Michel Rocard, premier ministre de 1988 à 1991, député européen

Commentaire Chantal Cutajar: je reprends ici cette "tribune" de Michel Rocard parce qu'elle me semble utile à la réflexion et au débat.

Je ne crois pas qu'un accord tel que Michel Rocard le prône soit en l'état actuel des choses possible.Ne serait-ce que pour trois raisons: le conservatisme et les contradictions internes du PS, le "flou" du programme et les propositions en dents de scie de Mm Royal, et le fait que les états-majors du PS et de l'UMp soient d'accord et en faig complices pour conserver le système en l'état et concentrent toutes les attaques contre le candidat de l'extême centre, présenté comme un empêcheur de pratiquer des fausses alternances en duo...

Mais cet appel courageux de Michel Rocard devrait conforter ceux qui au centre, dans la droite éclairée et dans la famille social-démocrate  ont conscinece que seul Bayrou peut battre Sarkozy dans un deuxième tour. L'extrême-droitisation du candidat de l'UMP qui ose se réclamer de Jaurès en tenant les discours des idéologues des néo-consevateurs américains et des archéo-nationalistes français donne raison à la démarche de Barou qui répose sur une volonté d'agir à partir des réalités avec une vision d'avenir qui garantisse les valeurs de la République et des fondements des démocraties européennes. CC