30/10/2007

Réforme Balladur: François Bayrou dénonce une confusion aggravée entre exécutif et législatif

François Bayrou a jugé que les propositions du comité Balladur sur la réforme des institutions "aggravent la confusion actuelle" entre les pouvoirs exécutif et législatif.

"La nouvelle cohérence institutionnelle recherchée n'a pas été trouvée", a estimé le président de l'UDF-Mouvement démocrate, interrogé par l'AFP. Alors que "la fonction présidentielle, terriblement renforcée par l'élection au suffrage universel, le quinquennat et la pratique récente, a absolument besoin d'un contrepoids", "les conclusions du comité Balladur, d'une certaine manière, aggravent la confusion actuelle" entre l'exécutif et le législatif, a-t-il estimé.
"Au lieu de faire un équilibre, le texte renforce le pouvoir des mêmes", a-t-il regretté. "Les maux de la Vè République ne sont pas corrigés, ils sont sur bien des sujets aggravés".
En organisant le premier tour des législatives le même jour que le second tour de la présidentielle, "on ne sépare pas le pouvoir législatif du pouvoir exécutif, au contraire on le soumet", a jugé le député des Pyrénées-atlantiques.

"De la même manière, le fait qu'on fasse au Parlement la charité d'avoir moins de 5% des sièges à la proportionnelle veut dire qu'il n'y a pas de proportionnelle du tout", a-t-il regretté. "On va laisser des miettes à ceux qui ne s'alignent pas sur l'exécutif".

"Troisième anomalie régressive et caricaturale", selon lui, la proposition de substituer au système de parrainages des candidatures à la présidentielle un vote de pré-sélection par un collège de 100.000 élus. "Il y aurait un vote des notables, qui classeraient les candidats, et un vote des citoyens. Je suis persuadé que les Français n'accepteront jamais ce qui serait une citoyenneté à deux étages".

Il a également critiqué la proposition de faire approuver les grandes nominations décidées par le président par une commission parlementaire, après audition du candidat pressenti, et non par le Parlement à la majorité qualifiée.

Financement du Nouveau Centre: Sarkozy donne raison à Bayrou

Le chef de l’Etat refuse que le texte polémique qui devait permettre au parti d’Hervé Morin de bénéficier de fonds publics soit réexaminé par l’Assemblée.

C’est un camouflet pour Hervé Morin et les membres du Nouveau Centre. Nicolas Sarkozy a expliqué mardi matin, lors d’un petit déjeuner avec les responsables de la majorité, qu’il refusait que la proposition de loi du parti centriste, qui vise à abaisser les seuils nécessaires pour qu’une formation politique bénéficie d’un financement public, soit de nouveau discutée à l’Assemblée, du moins pour le moment.
«On reposera tout ça dans le cadre d'un grand débat sur le financement des partis, des syndicats et des ONG, plus tard», aurait expliqué le chef de l’Etat aux ténors de sa majorité. Tout en rassurant le NC sur «le fait qu’il voulait qu’il garde toute sa place» dans la majorité. Selon d’autres participants à ce petit-déjeuner, la question de l’éventuelle inconstitutionnalité du texte présenté par le NC a été évoquée, notamment par Pierre Méhaignerie.
«Rendez-vous au printemps»
«Rendez-vous au printemps prochain pour l'évolution des règles de financement des partis politiques», a réagi Hervé Morin, président de la formation centriste. Pour lui, «on n’imagine pas un seul instant qu'au moment où les institutions vont donner au Parlement plus de place et plus de pouvoir, on n'intègre pas dans les conditions de financement de la vie politique le fait que les partis politiques doivent être financés aussi en fonction de la représentation parlementaire».
La semaine dernière, la proposition de loi du Nouveau Centre avait provoqué une belle pagaille à l’Assemblée. Les socialistes et le Modem avaient obligé la présidence de l’Hémicycle à provoquer plusieurs suspensions de séance, les députés UMP se trouvant à plusieurs reprises en minorité. L’examen du texte avait fini par être reporté sine die.

26/10/2007

Du Pacte écologique au Pacte démocratique

Le bulletin de Chantal CUTAJAR

On ne peut pas avoir souscrit au « Pacte écologique » de Nicolas Hulot (comme je l’ai fait personnellement) et se montrer déçue du résultat de ce « Grenelle de l’environnement ». Certes, nombre de décisions restent à prendre, nombre de mesures techniquement complexes restent à affiner et bien des engagements ne valent que s’ils sont partagés par nos partenaires de l’Union européenne. Mais, incontestablement, un virage culturel et psychologique est pris, une prise de conscience collective indispensable a une traduction politique qui dépasse les clivages politiciens, des chantiers d’avenir sont ouverts et (très important !) un suivi est prévu.

C’est sur ce suivi bien sûr que toutes celles et tous ceux qui partagent les idées de « l’éco-économie » et de la « démocratie sociale » développées par François Bayrou et Corinne Lepage devront faire preuve de vigilance. Et c’est sur l’application de cet « esprit de Grenelle » au niveau local qu’il faudra travailler.

L’européenne que je suis se félicite des références faites à l’Union européenne et de la présence (plus que symbolique) de M. Barosso à l’Elysée pendant l’allocution du Président de la république. Nous avons sur le plan national,  mais aussi localement, beaucoup d’efforts à faire pour transcrire et appliquer les directives communautaires en souffrance et pour suivre les recommandations les plus pertinentes faites par les institutions et organisations européennes (Conseil de l’Europe inclus, bien sûr). Nous nous battrons pour tenter d’appliquer à tous les niveaux ce que Corinne Lepage a appelé lors de sa récente visite strasbourgeoise, « la clause du citoyen le plus favorisé ». En ces matières, l’  « l’agir local » est aussi déterminant que le « penser global »

La démocrate que je suis a été très intéressée par le bon fonctionnement de ce « Grenelle ». Cela va tout à fait dans le sens de la concertation (préalable), de la démocratie vivante, de la participation citoyenne et de la confrontation d’idées et d’intérêts différents et de personnalités d’horizons et de disciplines différents qui sont à la base même de la création du MoDem.

Il est évident que j’approuve ce type de démarches qui s’inspirent des meilleurs principes de gouvernances définis par le Conseil de l’Europe et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux. C’est dans cet esprit d’ailleurs que nous travaillons à un programme d’approfondissement de la démocratie locale qui se traduit déjà par les travaux informels des « Conférences de Citoyens de Strasbourg » (formule qui, pour l’heure, n’existe que dans l’Europe du Nord)

Le « pacte écologique » ne prendra toute sa force que si les engagements pris lors de ce grenelle sont tenus, bien sûr, mais aussi s’il est complété par des « pactes démocratiques » au niveau local. C’est encore plus vrai à Strasbourg, « ville libre », qu’ailleurs.

Chantal CUTAJAR

 

25/10/2007

François Bayrou : "La rupture ne va pas dans le bon sens"

Dans un longue entretien accordé au numéro de novembre du magazine l'Expansion, François Bayrou dresse un bilan critique de la "rupture" défendu par le Président de la république.

Le président du Mouvement Démocrate regrette en particulier l'absence de continuité en politique étrangère : "Je souffre de voir la France s'aligner sur l'administration Bush."

L'analyse porte aussi sur la rupture concernant les déficits publics, le paquet fiscal, la réforme de l'université ou encore les institutions.


Nicolas Sarkozy a-t-il tenu sa promesse de rupture ?

La rupture, ce peut être la meilleure et la pire des choses ! Dans l’action de Nicolas Sarkozy, il y a rupture sur des sujets où j’aurais aimé que la France choisisse la continuité : par exemple en matière de politique étrangère, je souffre de voir la France s’aligner comme jamais sur l’administration Bush. Il y a rupture dans le choix d’une omniprésence médiatique, mais est-ce vraiment bon ? Enfin, il y a aggravation des défauts de la cinquième république lorsque le président concentre tous les pouvoirs, toutes les décisions. En ce sens, un trouble profond a été créé entre nos partenaires européens et le pouvoir français, en raison de la propension à tirer à soi toutes les couvertures. Sur tous ces sujets, si rupture il y a, elle ne va pas dans le bon sens.

Et en matière de politique économique et sociale ?

On ne doit pas enlever à Nicolas Sarkozy son affirmation réitérée à revaloriser le travail. S’il y parvient, ce sera bien. Mais pour le reste sa politique économique fait naître beaucoup d’interrogations. L’idée d’une simili relance par des cadeaux fiscaux en direction des plus favorisés est, comme il était prévisible, en train de faire long feu. Par ailleurs, on voit bien que l’on a relâché la pression sur le déficit et sur la dette qui vont connaître une nouvelle et forte augmentation. Cela nous affaiblit et nous isole. Que tant de gens avertis aient pu accepter sans broncher l’idée qu’une nouvelle injection d’argent emprunté dans l’économie allait permettre à notre pays déjà si endetté de trouver une nouvelle croissance restera pour moi un mystère. Cette erreur de diagnostic et de traitement se paiera un jour ou l’autre douloureusement. C’est désormais une épée de Damoclès au-dessus de la politique française. Enfin, on n’aperçoit pas, entre les tenants de la rigueur et les défenseurs du laxisme, où est l’inspiration de la politique suivie. En temps de crise, l’illisibilité se paie cher.

Vous ne croyez pas au choc de confiance vertueux du paquet fiscal ?

Je crois à la vertu de la confiance, dès l’instant qu’elle est fondée sur la vérité et sur une analyse économique juste. Or il était faux dès le premier jour de soutenir qu’il suffisait pour relancer le pays de dépenser 15 milliards dont nous n’avions pas le premier centime. S’il suffisait de s’endetter au-delà du raisonnable pour faire fortune, il y aurait beaucoup de riches. La direction à suivre était celle d’une politique de l’offre, qui aide l’entreprise, qui lui facilite la vie. Au lieu de cela, on a créé des usines à gaz, comme celle des heures supplémentaires, dont on découvrira assez vite les limites…

Vous avez d’autres déceptions ?

La réforme de l’université avait été annoncée comme « la plus importante du quinquennat ». Faute de réflexion et de concertation, qu’en reste-t-il à l’arrivée ? Quasiment rien. Par fétichisme de la vitesse, on a choisi la précipitation, les négociations bâclées, les concessions excessives.

Nicolas Sarkozy a-t-il eu raison de lancer toutes les réformes en même temps ?

Lancer les réformes ne veut pas dire les conduire à leur conclusion. Multiplier les « chantiers », c’est chercher à éviter que la contestation se fixe sur l’un ou sur l’autre. Le revers de la médaille, c’est une perte de visibilité de la stratégie économique et sociale. Pour moi, au contraire, les réformes devraient être simples, sereines, assumées et affichées avec une démarche pédagogique profonde. C’est une tout autre gestion du temps et une autre idée stratégique du gouvernement de la France.


L'Expansion, numéro 724, novembre 2007
Propos recueillis par Marc Landré et Emmanuel Lechypre


A lire aussi

Le site de l'Expansion

 

21/10/2007

Chef de l'Etat ou chef de parti?

François Bayrou a critiqué la présence dimanche du président Nicolas Sarkozy à une réunion du bureau politique de l'UMP, jugeant que le chef de l'Etat en France devait rester au-dessus des partis. "C'est une faute contre la fonction", a déclaré à propos de ce déplacement l'ancien candidat centriste à l'élection présidentielle et président du Mouvement démocrate (MoDem) lors du "Grand Rendez-Vous" d'Europe 1, TV5MONDE, Le Parisien."La fonction de président de la République exige quelqu'un qui soit au-dessus des partis et non pas qui considère que c'est devant son parti qu'il doit aller s'expliquer, ou même devant les partis", a ajouté François Bayrou.

Le dirigeant centriste a de même déploré comme "un manquement à cet équilibre, à cette équité" qu'il estime requis de la part du chef de l'Etat le fait que Nicolas Sarkozy ait reçu à l'Elysée le 3 octobre les parlementaires de l'UMP et de sa majorité.Nicolas Sarkozy s'est rendu dimanche dans le VIIIe arrondissement de Paris au siège de l'UMP pour la première fois depuis son élection, une première sous la Ve République pour une telle visite d'un chef de l'Etat au parti majoritaire. Il y a présenté les résultats obtenus vendredi dernier à Lisbonne où le nouveau traité européen a été adopté par les 27 membres de l'Union européenne, ont rapporté des participants."On a voulu que l'UMP donne (à cette décision) la dimension qu'elle mérite, c'est un événement historique", a déclaré à la presse le Premier ministre, François Fillon.

09/10/2007

Affaire EADS: une "affaire d'Etat", "particulièrement grave", selon François Bayrou

Qualifiant l'affaire EADS d'"affaire d'Etat", François Bayrou entend déposer un texte "dès cette semaine" auprès de la commission Balladur sur la réforme des institutions pour "inscrire dans la Constitution l'interdiction d'avoir des groupes de presse appartenant à des puissances économiques en rapport avec l'Etat".

"Je combats depuis des années la connivence en France entre un certains nombre d'entreprises industrielles propriétaires de groupes de presse et l'Etat", rappelle le président du MoDem aujourd'hui dans un entretien au "Parisien/Aujourd'hui en France"."Ces rapports sont profondément malsains" et les soupçons de délits d'initiés à EADS documentés dans un rapport de l'Autorité des marches financiers (AMF) remis à la justice le 3 octobre en sont "une illustration particulièrement grave", juge François Bayrou.

Pour lui, il s'agit même d'"une affaire d'Etat puisque des parts du groupe Lagardère ont en partie été rachetées au prix fort par la Caisse des dépôts, entraînant des centaines de millions d'euros de pertes sèches". C'est pourquoi il faut "réformer d'urgence cette gouvernance d'entreprise", préconise-t-il.

"Je déposerai un texte dès cette semaine auprès de la commission Balladur", annonce le député des Pyrénées-Atlantiques, pour "inscrire dans la Constitution l'interdiction d'avoir des groupes de presse appartenant à des puissances économiques en rapport avec l'Etat".

François Bayrou estime que "les dégâts" de l'affaire EADS, si le délit d'initiés est confirmé, "sont considérables" et que "l'entreprise et les salariés vont en payer le prix".

Quant à savoir s'il est possible que Thierry Breton, ministre des Finances à l'époque des faits -entre novembre 2005 et mars 2006-, ait pu ignorer la situation, le président du MoDem juge que "ce serait l'aveu d'une légèreté inimaginable et d'un dysfonctionnement de l'Etat".

05/10/2007

POUR OU CONTRE la dépénalisation du droit des affaires

Un sondage de DpJ, le Droit pour la Justice

Le grand débat sur

 

 

la dépénalisation

 

du droit des affaires est lancé

 

 

Et vous qu'en pensez-vous?

 

 

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16/09/2007

François Bayrou dénonce "l'absolutisme présidentiel"

Le leader fondateur du MoDem déplore la "fascination" de Nicolas Sarkozy pour l'argent, et "la jubilation des hot-dogs"...

  

 

Le leader du MoDem François Bayrou a brocardé dimanche 16 septembre "l'absolutisme présidentiel" où "le cirage de pompes est devenu un sport national" et critiqué la "fascination" et la "complaisance" de Nicolas Sarkozy pour le monde de "l'argent".
Le président "décide de tout, tranche sur tous les sujets, le gouvernement a disparu", a-t-il déploré en clôture du Forum des démocrates à Seignosse (Landes), dénonçant "l'absolutisme présidentiel", "handicap et facteur de retour en arrière pour notre pays".
"Le Premier ministre est ravalé publiquement au rang de 'collaborateur'. Je crois d'ailleurs qu'il l'a mal pris", a-t-il moqué. Quant aux ministres, "chacun se précipite dans un concours de lèche permanent. Le cirage de pompes est devenu un sport national".

"Signes multipliés au monde de l'argent"

"Nous sommes une République et nous avons bien l'intention de le rester!", a mis en garde le troisième homme de la présidentielle, qui avait recueilli 18,57% des voix au premier tour du 22 avril.
François Bayrou a ensuite brocardé la "fascination" de Nicolas Sarkozy pour "l'argent". "L'oeuvre entreprise, c'est l'alignement de la France sur le modèle qui domine le monde, (...) le modèle où l'on vénère l'argent", a-t-il craint. "Il ne m'était pas venu à l'esprit que le but d'un gouvernement de mon pays put être de réhabiliter l'argent".
Il a ainsi montré du doigt "les signes multipliés au monde de l'argent, au CAC 40, aux milliardaires, à l'univers du Fouquet's", "la vedettarisation de la politique" ou encore "la jubilation des hot-dogs" en allusion à la rencontre de Nicolas Sarkozy avec George W. Bush en marge de ses vacances aux Etats-Unis en août dernier.

"Pas de contentieux personnel", mais "un conflit de valeurs"

Prédisant une "politique de rigueur", François Bayrou a épinglé le paquet fiscal voté cet été par le Parlement, pas "juste" et "contre-productif". "On a aggravé le déficit du pays alors qu'il fallait le réduire" pour "faire des cadeaux à une clientèle électorale", s'est-il indigné. "Ces largesses vont nous revenir en boomerang".
Pour autant, le père du Mouvement démocrate a assuré ne pas être "en guerre" contre Nicolas Sarkozy "et encore moins en guérilla". "Il est brillant, il ne baisse jamais les bras, il sait communiquer. Il est tous les jours à la télévision, infatigable. C'est plutôt nous qui serions fatigués", a-t-il glissé. "Je n'ai donc pas de contentieux personnel avec lui", mais "un conflit de valeurs"

12/09/2007

Bayrou contre la "société de l'argent roi" incarné par Sarkozy

Invité de l'émission du Grand Journal de Canal + d'hier , le 2d942cde633d82184bfad556a6dd6ba0.jpgprésident de l'UDF-MoDem, François Bayrou, a annoncé qu'il allait rencontrer cette semaine Nicolas Sarkozy, tout en ne mâchant pas les critiques à son sujet.
"Il est président de la République, c'est tout à fait naturel que j'y aille", a expliqué François Bayrou, précisant qu'il l'avait déjà "rencontré plusieurs fois" depuis l'élection.
"Est-ce qu'il a un plan pour cette rencontre, je ne sais pas", s'est interrogé le leader centriste.
La rencontre doit avoir lieu jeudi matin, selon l'entourage de François Bayrou.

L'ouverture, un "débauchage"

Commentant la politique d'ouverture du président de la République, François Bayrou, qui a beaucoup prôné le rassemblement lors de la campagne présidentielle, a évoqué un "débauchage". "Nicolas Sarkozy a cherché à prendre des gens du parti socialiste pour mettre le parti socialiste en difficulté. Ce n'est pas ce que j'aurais fait. Moi j'aurais invité les mouvements politiques démocratiques à s'asseoir autour de la table pour regarder de quelle manière on pouvait ensemble traiter, ou en tout cas discuter, les problèmes qui se posent" au pays, a-t-il dit.
Interrogé sur l'éventualité d'une proposition de Nicolas Sarkozy concernant une commission ou un ministère, François Bayrou a répondu "c'est possible", tout en laissant entendre qu'il n'était pas intéressé.

"Il aime la société de l'argent roi"

Jugeant Nicolas Sarkozy "très actif" et sachant "très bien mettre en scène son action", François Bayrou s'est néanmoins déclaré "beaucoup plus éloigné" des "valeurs et choix qui sont les siens". "Il aime la société de l'argent roi", a-t-il dit. Et d'ajouter : "Il est fasciné par l'Amérique".
En référence au "paquet fiscal", il a aussi désapprouvé "le fait que la première décision du gouvernement soit d'aller apporter 15 milliards d'euros aux plus favorisés dans notre pays".
"Le jour va venir où on va demander des sacrifices à tout le monde, et ce jour-là, les gens répondront que les sacrifices, il faudrait qu'ils soient équitablement répartis", a-t-il dit.

"Il y a un problème de justice, d'équité"

Sur la réforme des régimes spéciaux, François Bayrou a estimé qu'il fallait des "négociations", tout en souhaitant "qu'on mette tout sur la table en matière de retraites".
"On a un problème parce que les retraites, bientôt, ne vont plus être financées, et pas seulement les retraites des régimes spéciaux, c'est même une petite part de ce déficit énorme qu'on va avoir", a-t-il déclaré.
"Deuxièmement, il y a un problème de justice, d'équité", a-t-il ajouté.
Concernant les régimes spéciaux, "il faudra bien qu'il y ait des négociations sur ce sujet, et une négociation ne peut pas être bouclée à l'avance", a ajouté le leader centriste.
"Deuxième chose, si vraiment c'est l'équité et la justice qu'on cherche, pourquoi on s'arrête aux entreprises publiques et à la fonction publique?", a-t-il demandé.
"Je suis pour qu'on mette tout sur la table en matière de retraites et qu'on regarde ce qui est juste dans tout ça, et notamment comment on peut faire pour ceux qui ont les métiers les plus pénibles, ceux qui sont dans le bâtiment, sur les toits", a-t-il ajouté.
"Je suis pour une remise à plat du sujet, pour qu'on regarde comment on peut le financer et comment ça peut être juste", a-t-il conclu.

25/08/2007

Ces faiblesses françaises qui inquiètent l’Europe…

EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT : Belle cote de popularité ! La « Sarko-attitude » plait toujours aux Français. La « sarkomania » ambiante a bien résisté au creux de l’été…

Son style direct, « décomplexé », son toupet (« les vacances de Monsieur Culot », titrait, sobrement le Canard Enchaîné), son habileté à tirer médiatiquement parti de toutes les situations, son aptitude à bousculer bien des habitudes, y compris dans sa famille politique, son génie politique qui, pour l’heure, accentue le coup de vieux du PS et le désarroi de Bayrou…

Tout cela est bon pour lui. Le coq français aime son coté « Sarkonapoléon » élève de Machiavel et enfant de la télé. Même ses goûts de luxe, sa fascination du « Gotha », son coté People (pipôle) séduit.

Il n’y en a qu’un qui, dans le concert des chef d’Etat et de gouvernement, rivalise avec lui et sait se montrer à ce point omniprésent dans les médias  de son pays : Poutine, super star et super tsar !

Dans les milieux européens, on préfère ce « dynamisme » et ce « volontarisme » à l’effacement français des « années Chirac ». Et l’on est surtout satisfait de voir que, pour l’heure, son idée de traité « modificateur » est susceptible de sortir l’Union de son impasse institutionnelle. Même si cette bataille du « nouveau traité » n’est en rien gagnée…

Mais  les meilleurs amis de la France ne manquent pas une occasion de  mettre en garde ce « SuperPrésident omniprésent »  contre les effets pervers  de son hyperactivité presque maladive et son égotisme pathologique… « Arrêtes de faire des misères à Angela », lui glisse Junker, le solide luxembourgeois… « L’Europe, c’est une équipe. On n’est efficace que si l’on sait jouer collectif », lui rappelle-t-on avec ménagement ici et là.

En fait, bien des faiblesses françaises inquiètent nos partenaires. Certaines sont liées au « tempérament du manager de la France SA » : son « bougisme » extrême et sa boulimie de « résultats »  sont parfois contreproductifs.

Trop de précipitations par exemple dans le lancement de son « Euro-Méditerranée ». Euromed est à revoir, l’idée (ou plutôt le vieux rêve) d’une Union qui transformerait la Mer des mers en lac est excellentes,  mais des structures existent, des gens travaillent et, surtout, les normes européennes en matière de droits de l’homme ne doivent pas être oubliées…

N’insistons pas sur le dénouement de l’affaire des otages de la Libye… La vie sauve pour les soignants, c’est bien. Oublier qu’ils étaient victimes d’un terrorisme d’Etat, c’est moins bien. Que se passera-t-il demain si d’autres chantages odieux de ce type s’exerçaient ?

La dernière en date des « bavures médiatiques » de Super Sarko est la plus inquiétante pour la crédibilité du « sommet » français. Pourquoi avoir éprouver le besoin d’écrire à Angela Merkel pour lui suggérer de  secouer le G7 ? Comme si les deux hauts responsables ne pouvaient pas se concerter plus discrètement. Comme Si Angela faisait montre d’inconscience devant ces tempêtes boursières. Comme si pendant une telle tourmente le premier rôle des vrais responsable politiques n’était pas de tenter de calmer le jeu ». Mais Sarkozy sait plus clamer que calmer. Quel besoin  de montrer en permanence qu’il est là, à l’écoute, en Docteur miracle de la planète, en Vigie du monde… A force de privilégier le faire savoir sur le savoir faire, Sarkozy prend de sérieux risques et prête le flanc à tous les procès d’arrières pensées. 

« S’il est aussi berlusconien, c’est qu’en fait, il n’a guère confiance en lui… »,  lâche un fin connaisseur des labyrinthes  politiques et diplomatiques européens. « Mais peut-être a-t-il raison de ne pas avoir confiance… Il doit tout de même avoir conscience des faiblesses structurelles qui font que le coq français a un plumage bien terne et un chant bien trompeur. Elles viennent quand les vraies réformes structurelles, celles qui peuvent redonner à la France cette santé économique et sociale qu’elle n’a plus? »

Pour l’heure, il est vrai, la session extraordinaire du parlement a servi à mettre sur rails  des réformettes « sociétales » plus faites pour caresser dans le sens du poil l’opinion que  pour   assainir ce qui doit l’être et moderniser en profondeur des mécanismes bloqués ou enrayés.

Ici, l’on retrouve la dette, bien sûr, ou plutôt les dettes. « C’est toute la France qui est dans l’état des petits propriétaires américains dans l’incapacité de faire face à leurs créances…Le subprime d’Etat provoque un « crédit crunch » politique… Et l’optimisme officiellement affiché n’est guère justifié par les clignotants du tableau de bord de l’économie national. La « rentrée » ? Un retour obligé à quelques réalités. Les exhortations à la Guizot, (« Enrichissez vous », « travaillez plus pour gagner plus ») semblent bien illusoires...Résumons les mauvaise nouvelles d’août

>>>> Le commerce extérieur est encore plus déficitaire au premier semestre 2007 qu'il ne l'avait été un an auparavant (15,3 milliards d'euros contre 12,9),

>>>> La production industrielle a chuté de 0,3 % au deuxième trimestre.

>>>> La croissance  n'a atteint durant ce deuxième trimestre que 0,3 %. C’est  moins qu'au premier trimestre (0,5 %). C’est surtout deux fois moins que prévu. Résultat : il y a peu de chance que la croissance économique atteigne l'objectif fixé par le gouvernement : entre 2,25 % et 2,5 % sur l'ensemble de l'année.

>>> Dire que cette croissance en panne se manifeste  dans toute la zone euro ne constitue en rien une excuse : le commerce extérieur allemand s'apprête à afficher en 2007 un excédent record de 150 milliards d'euros, alors que la France risque, elle, de connaître un déficit record de 30 milliards ? Dénoncer « l’euro fort » (alors que ce sont les autres devises qui sont trop faibles, la chinois, notamment) relève de la propagande politique et de la malhonnêteté intellectuelle. D’ailleurs, c’et l’euro fort qui nous permet de ne pas avoir une factuere énergétique trop lourde…

>>> Les faits sont têtus, comme disait Lénine. Et il des constats qui sont sans appel.  Je reprends ici Le Monde : « « La  France exporte deux fois moins en Chine que l'Allemagne. C'est une des faiblesses françaises : nos exportations en dehors de la zone euro (en parts de marché détenues par les pays de l'eurozone) sont inférieures de 16 % par rapport à ce qu'elles étaient au moment de la constitution de l'Union monétaire (1999), alors que celles de l'Allemagne ont progressé de 11 %, a calculé l'économiste Eric Chaney. »

>>> Le comble, c’est que la seule réforme économique lancée cet été (rognée en partie par le conseil constitutionnel) vise à stimuler une consommation… Qui se porte plutôt bien et qui alourdit nos importations…. Il y a comme un erreur de diagnostic provoquée par un souci de « plaire »

Voilà quelques illustrations (parmi d’autres) de faiblesses structurelles qui rendent bien illusoires les belles déclarations de Christine Lagarde : « Les fondamentaux sont bons: le chômage baisse, l'inflation est totalement maîtrisée et on est sur des perspectives de croissance, si on s'en tient au moral des investisseurs et des ménages, qui devraient nous permettre d'avoir un bon troisième et quatrième trimestre ». C’est bon la « zen attitude », mais qui ne connaît pas les limites de la « méthode Coué » ?

La seule vraie question, c’est de savoir si, politiquement, cette « gouvernance par la séduction » peut engendrer les réformes structurelles qui s’imposent. Des réformes que Bayrou avait mis en avant durant la campagne des Présidentielles et que nombre d’experts proposent jusqu’ici sans succès. Selon Frédéric Lemaître, du Monde, « dans un rapport confidentiel remis à François Fillon le 29 mai, le Conseil d'analyse économique liste "les atouts de la France dans la mondialisation". Pour eux, "c'est surtout sa capacité à investir et à ainsi se maintenir dans le haut de gamme qui explique le succès relatif de l'Allemagne par rapport à la France". S'ils mettent en avant la nécessité de mener des réformes structurelles (fiscalité, marché du travail...), ils jugent plus fondamental de favoriser l'éducation supérieure (l'autonomie accrue des universités va dans le bon sens), la recherche & développement et l'innovation ».

Nous en revenons à la rédéfinition de cette politique industrielle qui a été tellement négligée sous les mandats de Chirac, donc par la majorité sortante et…revenante ! Nous payons notre manque d'audace et d'efficaité en matière de recherche et d'innovation... Même la définition des pôles de compétitivité si bien chantés font sourire nos partenaires : 66 sont retenus.  « C’est de l’excellence généralisée… » C’est peut-être électoralement payant, mais structurellement voué à l’échec… Qu’en pense Sarkozy ? Il va nous le dire, sans doute. Mais ce n’est pas médiatiquement très payant. « On ne gouverne pas dans l’impopularité, mais on n’exerce pas le pouvoir pour se faire aimer », souligne un parlementaire de la majorité présidentielle. « C’est la cote de crédibilité qui compte, non la cote d’amour ». Une devise pour cette rentrée élyséenne ?

Daniel RIOT

 

 

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