20/06/2007
Faites moi part de vos opinions....
Le "paquet fiscal" examiné au Conseil des ministres
Le projet contient les principales mesures promises par le candidat Sarkozy: détaxation des heures supplémentaires, crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunts, suppression des droits de succession, bouclier fiscal à 50%, encadrement des parachutes dorés... Faites-moi part de vos avis, opinions, remarques et suggestions. merci

François Fillon (Reuters)
Le gouvernement a examiné mercredi 20 juin le projet de loi "en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat", dit "paquet fiscal", a annoncé la ministre de l'Economie Christine Lagarde.
Interrogé par les journalistes à la sortie du conseil, Christine Lagarde a indiqué avoir présenté ce texte à l'occasion du premier Conseil des ministres du gouvernement Fillon 2.
Mesure-phare du projet présidentiel de Nicolas Sarkozy, le projet de loi prévoit notamment l'exonération des heures supplémentaires, un crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier, l'instauration d'un bouclier fiscal à 50%, un abattement sur les donations ou de conditionner les parachutes dorés à des conditions de performance.
Ce texte sera le premier soumis à la nouvelle Assemblée nationale lors de la session extraordinaire du mois de juillet.
A travers ces mesures d'application rapide, le Premier ministre François Fillon entend "créer un choc de confiance et de croissance". Objectif: "gagner un point de croissance supplémentaire" pour la porter de 2% à 3%.
Réhabilitation du travail
L'objectif plus général est la "réhabilitation du travail", mis à mal, selon Nicolas Sarkozy, par la loi sur les 35 heures. "Le développement de l'économie passe en priorité par la réhabilitation du travail comme moyen de procurer aux salariés un meilleur confort de vie et de relancer la machine économique", peut-on lire dans l'exposé des motifs du projet de loi.
Le texte met en œuvre une autre promesse de Nicolas Sarkozy, la moralisation du capitalisme financier, à travers les mesures sur les parachutes dorés. Il s'agit notamment de répondre à l'émotion suscitée dans l'opinion par la prime de 8,5 millions d'euros touchée par Noël Forgeard à son départ d'EADS.
Le nouveau président avait parlé pendant la campagne d'interdire ces indemnités de départ touchées par certains patrons. Le projet de loi se contente d'encadrer la pratique des parachutes dorés en les subordonnant à des conditions de performance fixées au préalable et appréciées par le conseil d'administration au moment du versement.
11 à 17 milliards
Le coût de ces mesures est estimé par le Premier ministre à 11 milliards d'euros. Le Parti socialiste les évalue lui à 17 milliards d'euros par an.
La gauche estime que ces "cadeaux fiscaux" aux plus riches vont provoquer, soit un dérapage de la dette, soit une augmentation de la TVA, soit des "reculs aveugles des services publics". "Les Français risquent d'être floués", avait averti Ségolène Royal avant les élections législatives.
En ne changeant rien au calendrier prévu pour ce projet de loi, Nicolas Sarkozy montre sa volonté de ne pas ralentir le rythme des réformes, malgré la victoire en demi-teinte de l'UMP aux élections législatives. Devant des responsables UMP reçus lundi soir à l'Elysée, le chef de l'Etat a rappelé son souhait de "réformer vite et fort", selon Le Monde.
Autonomie des universités
Présenté le 27 juin en conseil des ministres, l'avant-projet de loi sur l'autonomie des universités, lui aussi au menu de la session extraordinaire, a été transmis aux syndicats et représentants de l'Enseignement supérieur mardi après-midi.
Autre illustration de cette volonté, François Fillon a assuré mardi lors d'un déplacement à Tourcoing (Nord) qu'il ne "voulait pas fermer" le dossier de la TVA sociale, qui a manifestement contribué au sursaut de la gauche au second tour, "sous prétexte" qu'il a été mal expliqué.
"Tout le monde reconnaît qu'on ne peut pas financer la protection sociale uniquement sur le travail", a-t-il rappelé. François Fillon a annoncé qu'il ouvrirait "un grand débat" pour "trouver des consensus" sur le sujet
14:05 Publié dans Donnez votre opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, fiscalité, université, travail, sarkozy, fillon
28/02/2007
Sarkozy, la « valeur travail » et Gaston Lagaffe, « le héros sans emploi »
Bayrou l'a dit: "Les Français connaissent assez la valeur et les vertus du travail pour que nous n'en faisions pas un slogan de campagne. C'est même insultant pour celles et ceux qui recherchent un travail ou qui travaillent dans de mauvaises conditions"... Avec un peu d'humour (bon anniversaire, Gaston!), Daniel RIOT décortique la « valeur travail » de Sarkozy : Une « vacance » pathétique de projet, une «moraline» politiquement irresponsable et la marque d’un populisme qui vide de sens les mots « valeur » et « travail » écrit--il dans un article que je reprends ici sur son blog

« Je veux être le Président de la valeur travail »… Sarkozy s’y accroche, martèle la formule, la chante, en fait un hymne. Le jour du 50 ième anniversaire de Gaston Lagaffe, « le héros sans emploi », cela mérite réflexion. Sans rire. En prenant très au sérieux ce qui chez Sarkozy n’a rien d’une gaffe et ne s’inscrit en rien dans une bande dessinée…
« Valeur travail »…Un souvenir d’une des chansons de son enfance, celle de Salvador sur « Le travail c’est la santé » ? Une réminiscence de ses souvenirs scolaires, « Travail, famille, patrie » ou « Arbeit ist frei » ? Une pêche dans le vocabulaire classique du populisme le plus éculé, celui qui nourrit la bonne conscience de ceux qui pensent qu’ils sont les seuls à travailler et que « si tout le monde travaillait autant tout irait mieux » ? Après la « France d’en bas et celle d’en haut », voici la grande cassure entre « ceux qui se lèvent tôt » et ceux qui « se lèvent tard »…
Pathétique, ce besoin de diviser, de dresser une partie de la Nation contre d’autres, de jouer les uns contre les autres ! Irresponsable et irrespectueux cette posture ( imposture) qui consiste à séduire ceux qui pensent « travailler » en considérant une partie des Français (non définie, bien sûr) comme des paresseux, des fainéants, des inactifs, des oisifs, des cagnards, des flemmards, des désoeuvrés !

Prétentieuse, cette façon de donner des leçons en se donnant en exemple, en étalant sans pudeur les « blessures de son enfance » ! Comme si le petit Nicolas avait été le seul à « vendre des glaces » et « à livrer des fleurs » dans son adolescence pour gagner un peu d’argent dit de poche… Comme si le « grand ministre » était le seul à se lever tôt et à se coucher tard et à considérer son bureau comme une « pièce à vivre »… Comme si ce grand travailleur était le seul à se dépenser sans compter pour s’épanouir et satisfaire ses ambitions.
Irresponsable, cette manière de mêler morale et politique, de confondre exhortations et projet, de chercher des suffrages pour des responsabilités suprêmes en esquivant tout ce qui relève vraiment de l’action et du pouvoir politique. Fourier (qui en son temps déjà condamnait la « discrimination positive ») l’a fort bien écrit : « Aimer le travail nous dit la morale. C’est un conseil ironique et ridicule. Qu’elle donne du travail à ceux qui en demandent, et qu’elle sache le rendre aimable »…

Au niveau de la morale, ou plutôt de la « moraline », l’exhortation au « TRAVAIL » est aussi vieille que le monde… « L’homme est né pour le travail comme l’oiseau est né pour voler », trouve-t-on ans le « Livre de Job ». Pour cause : qui peut nier les grandes vertus du « travail » ?
Pour la Personne, « la vie fleurit par le travail », écrivait Rimbaud. « C’est par le travail que le l’Homme se transforme », notait Aragon. « Le travail éloigne de nous trois grands maux, l’ennui, le vice et le besoin », constatait Voltaire. « Le travail est beau et noble. Il donne une fierté et une confiance en soi que ne peut donner la richesse héréditaire », chantait de Vigny… « Le Travail est bon à l’Homme. Il le distrait de sa propre vie, il le détourne de la vue effrayante de lui-même. Il l’empêche de regarder cet Autre en lui qui lui rend la solitude horrible », notait avec profondeur Anatole France. « L’oisiveté est comme la rouille. Elle use plus que le travail », constatait Benjamin Franklin

Pour toute collectivité, le Travail est, selon la formule de Mirabeau, « le pain nourricier des grandes nations « (et des petites d’ailleurs). Quels sont les régimes, y compris les plus totalitaires et les plus inhumains qui ne pratiquent pas le culte du Travail ? Quelle est la famille, l’association, l’entreprise, la société, qui méconnaît les vertus et le besoin du Travail ?
Même les humoristes manque d’inspiration quand ils veulent s’attaquer à la « valeur travail »… « Si le travail est l’opium du peuple, je ne veux pas finir drogué », chantait Boris Vian. » Si le travail c’est la santé, à quoi bon la médecine du travail », souriait Pierre Dac. « L’homme n’est pas fait pour le travail. La preuve, ça le fatigue », soulignait Tristan Bernard.

Sarkozy, lui, ne plaisante pas : « Depuis 25 ans, tout a été fait dans notre pays pour dévaloriser le travail, décourager le mérite, discréditer la réussite ». Sans doute. Sûrement même. Mais qui en sont les responsables ? Les promoteurs des « 35 heures », accuse Sarkozy su le ton de ceux qui critiquait la conquête des congés payés en 1936. Peut-être, mais ces cinq dernières années, pourquoi Sarko-le prédicateur n’a-t-il rien fait pour rectifier ce qui aurait dû l’être et améliorer ce qui aurait pu l’être ?

« L’esprit d’assistanat », dénonce Sarko-le-procureur. Mais qui a développé ce mauvais esprit ?
Ceux qui depuis 1981 se sont résignés au développement vertigineux du chômage, à l’accroissement des inégalités, la hausse des précarités, la multiplication des stages pour les jeunes non rémunérés, la mise en mode du « coup du cocotier » dans le travail dès les 50 ans, les pompages fiscaux des « classes moyennes » ne sont-ils pas pleinement responsables, qu’ils soient de droite ou de gauche ?
Quand le travail du capital est mieux rétribué que le travail des Hommes, ne dévalorise-t-on pas le travail ?
Quand les façons de travailler des fonctionnaires, des policiers, des magistrats, des enseignants sont successivement ou simultanément critiqués, dévalorisés, mis en cause n’est-ce pas Le travail qui est dévalorisé ?

Quand les travailleurs sont plus taxés que les robots et des automates, ne dévalorise-t-on pas le travail ?
Quand le système que le gouvernement toujours en place favorise l’absentéisme des députés et des sénateurs, un clientélisme électoral qui fortifie l’état d’esprit d’ « assistés », un cumul et une polyvalence de fonctions ministérielles ne dévalorise-t-on pas le travail ? Quand l’un des slogans-clefs d’une campagne présidentielle se formule en une exhortation du type « Que ceux qui veulent gagner plus travaillent plus », et non « mieux », dans de « meilleures conditions », moins sous pression, ne dévalorise-t-on pas le travail ?

Quand on parle DU travail sans distinguer le travail-corvée du travail-plaisir, le travail-gagne-pain du travail-épanouissement, le travail-forcé du travail-liberté, ne dévalorise-t-on pas ce que l’on prétend valoriser ?
Quand on parle de la « valeur travail » sans faire une allusion aux valeurs des travailleurs et aux valeurs qui sont supérieures au travail lequel est plus un moyen qu’une fin, quand on se fait le champion d’un économisme qui tue l’humanisme, quand on parle « d’immigration choisie » comme si la personne se définissait d’abord par son utilité éventuelle, ne dévalorise-t-on pas et le mot « valeur » et le mot « travail » dont il ne faut oublier le sens premier de « douleur », de « souffrance » ? …
Il oublie Cioran : « Le travail est une malédiction transformée en volupté » (quand il est source d’épanouissement et non objet d’exploitation, quand il permet de SE réaliser et non seulement de faire, de produire). Il oublie Henri Jeanson qui constate que dans l’ordre social auquel Sarkozy est si attaché idéologiquement, « Le travail est un Trésor…quand il s’agit du travail des autres ». Il oublie même De Gaulle : « La vie n’est pas le travail : travailler sans cesse rend fou ».

Dans ce procès en responsabilités qu’intente Sarko-le-moraliste face à la dévalorisation de « la valeur travail », le ministre-candidat, aussi peu sociologue que psychologue, oublie évidemment les promoteurs de la civilisation des loisirs, des vols charters, de l’ère des « vacances » (vacant =vide), du « divertissement » en tout et pour tout (et pas seulement au sens pascalien du terme)… La culture des loisirs si stimulée est aussi une industrie où la rentabilité des capitaux compte davantage que le bonheur (ou simplement l’équilibre) des humains.
Quand un politique joue les pseudo-moralistes pour masquer le vide (la vacance) de sa pensée et de ses propositions, il dévalorise deux travaux : celui des vrais moralistes et celui des politiques…

Il est vrai que Sarkozy a quelques excuses. Celle d’une mémoire trop courte, entre autres. Savez-vous, par exemple, qui a déclaré : « Le travail est dans notre société au cœur du lien social. Nous ne voulons pas une société d’assistance, mais une société fondée sur le travail et l’activité productrice » ? Lionel Jospin pendant la campagne de 2002… La campagne d’un travail mal récompensé parce que mal fait. Et qui pourrait inspirer Gaston Lagaffe.
15:35 Publié dans TRIBUNES LIBRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, culture, BD, travail, politique, bayrou


