26/03/2008
Message aux militants et aux sympathisants du MoDem
Chères amies, Chers amis,
Je tiens tout d’abord à remercier tous les militants du Modem qui se sont personnellement et fortement engagés dans la campagne électorale qui vient de s’achever. Personne ne peut contester que le résultat n’est pas à la hauteur de nos attentes et de notre investissement. Ce constat vaut également pour les élections cantonales strasbourgeoises. En tant que tête de liste j’entends pleinement comme je l’ai toujours fait assumer les responsabilités qui sont et qui restent les miennes. Il importe pour l’avenir du Modem à Strasbourg que nous puissions ensemble, sereinement et contradictoirement faire le bilan de l’ensemble des évènements qui se sont déroulés depuis la création officielle du Modem. La transparence démocratique au sein du Modem exige que nous puissions avoir ce moment d’’échange et d’explications auxquelles je suis prête. Je vous indique que j’ai déjà commencé un travail personnel de retour d’expériences de ce que fût cette campagne et la campagne interne qui l’a précédée. Sur aucun des constats objectifs je n’entends éviter une analyse approfondie et suis disposée à en tirer toutes les conséquences.
Si nous voulons que ce retour d’expériences enrichisse par les enseignements que nous pourrons en tirer notre jeune mouvement, il est essentiel qu’il puisse se dérouler dans un cadre et des conditions qui le permettent.
Il importe donc que soit organisée dans les meilleurs délais et sous l’autorité de la seule instance élue à savoir les représentants alsaciens du collège des adhérents au Conseil national du Modem une journée de travail et d’échanges. Je prends d’ores et déjà toutes les initiatives permettant l’organisation de cette journée.
Si certains d’entre vous pensent que ce moment d’échange pourrait se faire dans un cadre différent mais offrant les mêmes garanties de sérénité et de contradiction, je serai bien entendue ouverte à toute suggestion qui iraient dans le même sens. L’important étant que cet échange ait lieu.
Chantal Cutajar
19:09 Publié dans UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23/12/2007
Appel aux militants et sympathisants
Mes chers amis,
Après l’élection de Mercredi 19 décembre qui m’a désignée pour conduire la liste du Mouvement démocrate à la victoire de l’élection municipale de mars 2007, je tenais à remercier celles et ceux qui m’ont apporté leur soutien. A celles et ceux qui ont apporté leur suffrage à Jean-Claude PETITDEMANGE, je voudrais leur dire que l’heure est au rassemblement de toutes nos forces. Notre objectif est de gagner les élections et nous avons besoin de toutes vos forces pour y parvenir.
Mon discours d’investiture était clair quant à la vision que je partage avec Yveline MOEGLEN, représentante départementale de Cap 21, de mettre l’écologie au cœur du développement de notre ville. La présence du Vert Yann WEHRLING à la seconde place de notre liste n’est que la mise en œuvre de cet engagement pris devant vous lors du débat qui a précédé le vote et sur lequel j’ai toujours été dans la plus parfaite transparence.
La troisième place octroyée à Yveline MOEGLEN est la traduction de mon engagement pour une éthique en politique. S’il est d’usage de trahir ses amis en politique, je dis moi, que je ne mange pas de ce pain là.
Je souhaiterais que toutes celles et ceux, qui veulent s’engager à nos côtés soit pour figurer sur la liste, soit pour apporter leur soutien à la campagne se manifestent auprès de moi en m’adressant un mail ou un courrier argumenté. Je vous l’ai dit, chacune et chacun des conseillers municipaux aura une mission à accomplir au service des Strasbourgeois. La liste sera composée au regard des seuls critères de compétence et de capacité à contribuer à faire gagner la liste MODEM à Strasbourg.
Je suis dans l’attente du plaisir de vous rencontrer personnellement dans les 10 jours qui viennent.
Fidèlement à vous
Chantal CUTAJAR
02:42 Publié dans UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, municipales, modem, écologie, démocratie
02/12/2007
MODEM: BAYROU A 100 % ! (96,8 plus précisément)
"Un changement de fond"
Le troisième homme de la présidentielle a recueilli près de 100% des suffrages. Samedi, après presque 30 ans d'existence, l'UDF avait officiellement décidé de se fondre en se métamorphosant dans le Mouvement démocrate.

François Bayrou.
(Reuters)
Samedi, François Bayrou a ouvert le congrès fondateur du Mouvement démocrate (MoDem), "mouvement du renouveau de la politique française", samedi 1er décembre devant plusieurs milliers de militants réunis au parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis).
Après presque 30 ans d'existence, l'UDF a officiellement décidé vendredi dans la soirée de se fondre dans le Mouvement démocrate (MoDem), à l'appel de François Bayrou qui estime qu'"il faut changer pour vivre".
"Je n'ai rien oublié de ce que nous avons vécu ensemble. Mais il faut changer pour vivre", a déclaré le "troisième homme" de la présidentielle, qui espère toujours "briser le mur de verre" entre la droite à la gauche.
"J'ai aimé l'UDF"
"J'ai aimé l'UDF. Mais je suis obligé de vous dire ceci: c'est une forme politique du passé", a-t-il poursuivi en évoquant "l'image usée" de l'UDF, associée à "la copie, le décalque, en plus modéré mais aussi en plus fade, du RPR devenu l'UMP".
La naissance du MoDem, qui revendique entre 50.000 et 60.000 adhérents, "n'est pas qu'un changement de forme, c'est un changement de fond", a promis François Bayrou. "Nous portons un autre projet politique et un autre projet de société que celui que défendent l'UMP et le PS".
"Je suis persuadé que les hommes et les femmes qui croient à une société de justice, à la créativité économique, au citoyen responsable, à l'indépendance de notre pays et au besoin d'Europe, sont majoritaires en France", a poursuivi François Bayrou. Ces "démocrates", il faut "qu'il puissent se rassembler".
Une naissance "compliquée"
Déserté par de nombreux élus centristes ayant préféré se rallier à la majorité présidentielle depuis six mois, le député des Pyrénées-Atlantiques a reconnu que la construction de son nouveau parti est compliquée. "Comme toujours dans les naissances, ça se fait avec des contractions, des moments difficiles à vivre", a-t-il reconnu devant la presse.
L'un des quatre députés UDF-MoDem, Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine) a d'ailleurs confirmé qu'il ne rejoindrait pas le MoDem. "Nos chemins se séparent, au moins temporairement", a-t-il dit devant les journalistes. A partir de ce week-end, naissance officielle de la nouvelle formation qui comprend le parti écologiste Cap 21 de Corinne Lepage et d'ex-Verts comme le député européen Jean-Luc Bennahmias, le MoDem assumera toutes les responsabilités politiques.
Ses statuts doivent être adoptés samedi et François Bayrou, seul candidat, être élu à la présidence.
Pendant une période transitoire de trois ans, l'UDF, "membre fondateur" du MoDem, conservera une existence juridique afin de préserver son nom et son patrimoine.
13:15 Publié dans UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, politique, strasbourg, cutajar, municipales
Le congrès du Mouvement Démocrate en direct (ou à la demande)
Sur le site http://www.lesdemocrates.fr !
Vous y trouverez : les videos des principaux discours et débats, le texte de la résolution du congrès de l'UDF, le résultat du vote et la composition du nouveau bureau de l'UDF, les textes statutaires proposés au congrès du Mouvement Démocrate, les textes des amendements sur les chartes et les statuts et leur évolution, les résultats des votes, les textes statutaires définitifs, les videos des tables rondes, le résultat de l'élection du Président du Mouvement Démocrate.
12:30 Publié dans UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, congrès
Congrès:le discours fondateur
| /div> Après plus de quatre heures de débats sur les statuts du Mouvement Démocrate et des profondes discussions sur les amendements, le Congrès fondateur du Mouvement Démocrate a voté ses statuts. François Bayrou a alors pris la parole pour donner les grands axes de sa candidature à la présidence du Mouvement Démocrate : "Je crois à une société dans laquelle naisse des légitimité multiples, qui a l'état comme partenaire, comme fédérateur et s'il le faut comme inspirateur" ajoutant : "Les trois axes du mouvement que nous construisons ensemble : rassemblement, renouvellement, refondation démocratique." | |
11:50 Publié dans UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, politique, strasbourg, cutajar, municipales
01/12/2007
"Rassemblement, renouvellement, refondation démocratique"

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"Rassemblement, renouvellement, refondation démocratique, tel est le programme que je voulais défendre devant vous. Je suis très heureux que nous tenions ensemble ce congrès de fondation", a déclaré samedi le futur président du MoDem - son élection sera confirmée dimanche matin - devant quelque 4.000 personnes réunies au parc des Expositions à Villepinte, en seine-Saint-Denis
"Vous êtes par nature un rassemblement", a lancé le "troisième homme" de la dernière élection présidentielle, dont l'un des principaux slogans de campagne était la fin du clivage droite-gauche."Nous réalisons cette aspiration que nous avons proposée aux Français de faire vivre, penser et travailler ensemble des femmes et des hommes venus d'horizons différents", a-t-il ajouté.
De fait, le MoDem, qui revendique entre 50.000 et 60.000 adhérents, est constitué de militants venus de tous horizons, à commencer par l'UDF, qui a été officiellement dissoute dans le MoDem vendredi. Ecologistes de Cap 21, "déçus" des Verts, du PS et de l'UMP, mais surtout nouveaux venus dans le militantisme politique constituent sa nouvelle base.
"J'en connais beaucoup qui ne viennent de nulle part, qui étaient jusque là dans une sorte d'abstention civique", a souligné François Bayrou. Le député béarnais s'est démarqué de l'ancien président François Mitterrand, qui avait demandé dans les années 1970 aux adhérents de la "deuxième gauche" de "laisser leurs armes et leurs bagages au vestiaire"."Je dis exactement le contraire", a-t-il lancé. "Venez avec votre bagage, avec votre expérience, avec votre histoire (...) Soyez fiers de ce que vous êtes".
Pour illustrer son désir de faire du MoDem un parti de renouvellement, François Bayrou a assuré qu'il présenterait des candidats aux élections, à commencer par les municipales de mars prochain, "dans toutes les villes et tous les villages de France, à de rares exceptions près".
Pour assurer, enfin, une "refondation démocratique", François Bayrou a dit miser sur la formation des adhérents et des citoyens via "une grande université populaire" pour que "ce soit la conscience qui l'emporte, et non pas un suivisme".
Lors de sa première intervention, en début de journée, François Bayrou avait estimé que la création du Mouvement démocrate constituait à ses yeux "le seul élément de nouveauté du paysage politique français".
Le MoDem ne sera "pas un parti à courants parce que dans les partis à courants, la guerre est interne au lieu de voir les combats agir à l'extérieur", avait ajouté François Bayrou, un oeil rivé sur les querelles internes du Parti socialiste. "Tout le monde ici a droit à la parole mais nous récusons le bazar".
A l'approche du congrès, les critiques ont fusé contre le député des Pyrénées-Atlantiques, accusé de s'être isolé et de n'avoir pas su faire fructifier sa troisième place au premier tour de l'élection présidentielle (18,6% des voix).Nombre de ses anciens disciples ont rejoint le Nouveau centre rallié à Nicolas Sarkozy, ou se sont rapprochés de l'UMP.François Bayrou y compris, l'UDF-MoDem n'a fait élire que quatre députés et les observateurs prédisent à sa formation des municipales difficiles."Si nous étions insignifiants, nous ne serions pas critiqués. Nous sommes en plein sarkozisme, c'est-à-dire une espèce d'absolutisme médiatique qui veut tout ramener à la personne du monarque. C'est une régression démocratique grave", a déclaré à Reuters un militant, Philippe Brachet. Pour le député européen Philippe Morillon, un fidèle de François Bayrou, le MoDem "dérange". "Donc on débauche, on agite", a-t-il ajouté.
20:50 Publié dans UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, politique, udf, france, actualié, strasbourg
Face à deux "idéologies régressives"....
François Bayrou :"Quand je pense la France, je dis : société de justice croissante, société de responsabilité partagée, société de partenariat."
Interview de F.Bayrou dans le Nouvel Observateur daté du jeudi 29 novembre
Le Nouvel Observateur. – Plus de six mois après la présidentielle, que reste-t-il de vos ambitions ?
François Bayrou. – Il ne s’agit pas d’ambitions, mais de détermination. Les Français cherchent un choix politique nouveau, une alternative réaliste et humaniste. Et ce choix politique leur est pour l’instant refusé. Je veux construire ce choix nouveau. À la fois un projet de société et un système de valeurs. Au fond, je n’ai cessé d’être frappé – aujourd’hui encore et j’allais dire plus que jamais – par le fait que les deux propositions politiques qui tiennent le haut du pavé et qui verrouillent le régime sont inadaptées aux attentes de nos concitoyens et aux intérêts de la France.
N.O.- Toujours votre dénonciation du duopole UMP-PS!
F.Bayrou. Si ce duopole faisait émerger des idées justes, je m’y inscrirais. Mais les deux idéologies sont régressives.
N.O.- Pourquoi?
F.Bayrou. – Nicolas Sarkozy, pour le première fois dans l’histoire de la République, a conduit la droite française à faire un choix de société qu’elle avait toujours refusé : la glorification du modèle de société américain, celui qui domine actuellement la mondialisation. L’argent-roi, la notoriété comme fausse valeur, les citoyens regardés seulement comme des cibles de communication. Si l’on y ajoute la super-concentration des pouvoirs, on obtient là encore un retour en arrière, la vision d’une France où tout se règle au sommet, à Paris, à l’Elysée. Régression. Enfin l’alignement de la France sur Washington, version Bush tourne la page sur l’indépendance de la France, garante de l’indépendance de l’Europe.
N.O.- Cette critique du sarkozysme n’est–elle pas aussi celle de la gauche?
F.Bayrou. Beaucoup de Français, en leur for intérieur, partagent ces craintes. Les gaullistes, par exemple. Ils le savent, mais ne l’expriment pas. Les réponses de la gauche et plus particulièrement du PS, ne sont pas davantage adaptées puisqu’elles découlent toutes de l’idée que la résolution des problèmes du pays, de la société, passe d’abord, avant tout et toujours par l’État. Et cela n’est ni vrai, ni juste, ni possible. L’État ne peut régir dans tous les aspects de sa vie un pays moderne, et le pourrait-il qu’il n’en a plus les moyens.
N.O.- Mais qui vous dit que ces deux propositions politiques dominantes ne répondent pas aux aspirations profondes des Français?
F.Bayrou.- Près de 20 % des Français ont dit lors du premier tour de l’élection présidentielle qu’ils attendaient un autre choix. De plus en plus nombreux, ils formeront un courant démocrate, nouveau, fort, cohérent et demain j’espère, majoritaire. On ne fera pas adopter à la France républicaine, avec son aspiration à l’égalité réelle, le modèle d’inégalité croissante qui domine le monde. Songez qu’aux Etats-Unis, depuis dix ans, tout le pouvoir d’achat supplémentaire est intégralement capté par le haut de la pyramide sociale. Et dans le même pays, par l’effet de la pression migratoire, le prix du travail réel a baissé pendant le même période. Je ne crois pas davantage que la France puisse avoir comme seul moteur de sa grandeur le besoin d’enrichissement individuel. Je connais les forces vives de notre pays, je connais les enseignants, les chercheurs, les créateurs culturels. Ce modèle-là, ils ne l’accepteront pas. Et personne ne s’en remettra plus à l’État tout puissant ! Quand je pense la France, je dis : société de justice croissante, société de responsabilité partagée, société de partenariat. Tout cela dessine un modèle alternatif et crédible.
N.O.- Depuis six mois, vous avez eu le temps d’observer et de réfléchir. Rien n’est venu troubler ou affiner votre diagnostic de la campagne présidentielle?
F.Bayrou.- Pour l’essentiel, je crois que le diagnostic était juste. Un pouvoir politique, quel qu’il soit, se caractérise par son système de valeurs. Or je conteste celui qui s’est installé le 6 mai dernier avec l’élection de Nicolas Sarkozy. Cela ne signifie pas que ponctuellement – ou accidentellement ! – il n’y ait pas eu telle décision ou telle action que j’approuve. Mais l’essentiel n’est pas là. C’est le modèle de société vers lequel il nous conduit qui est en cause. Je le craignais lorsque j’ai refusé d’appeler à voter pour Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle. C’est pourquoi j’ai pris le risque de le dire, comme un acte fondateur.
N.O.- Pour vous, aucune surprise donc aucun regret?
F.Bayrou. – S’il y a surprise, elle est dans l’excès d’un certain nombre de dérives. J’avais analysé par exemple la collusion des pouvoirs politiques, économiques et médiatiques dont Nicolas Sarkozy me semblait être l’organisateur ou l’instrument. J’avoue que, pour autant, je n’avais pas imaginé la nuit du Fouquet’s, le yacht de Bolloré, le jeu de chaises musicales qui organise dans les médias, depuis quelques mois, la main mise d’un réseau de connivences sur une grande part de l’information.
N.O.- Naïveté?
F.Bayrou. Lucidité au contraire. Mais on croit toujours que ces logiques pourront être stoppées…
N.O.- Est-ce durable?
F.Bayrou. Un peuple, c’est une histoire, une mémoire, un inconscient. Cela ne se résume pas à des images que l’on zappe dans un poste de télévision. On croit les Français blasés ou indifférents et puis, on découvre un jour qu’ils ont tout observé, tout analysé, tout retenu. Pour l’instant, tout cela s’accumule et sédimente. Et puis un jour ce peuple, notre peuple, s’éveillera.
N.O.- C’est votre pronostic ? À quel terme ?
F.Bayrou. – En politique comme dans la vie, c’est toujours plus long qu’on ne l’espère et plus court qu’on ne le craint.
N.O – Grèves, manifestations en tout genre, montée du mécontentement : les évènement de ces deniers jours sont-ils annonciateurs d’une crise plus forte?
F.Bayrou. – Les promesses mirobolantes du printemps ne sont pas au rendez-vous de l’automne et ne pouvaient pas y être. C’est aussi simple que ça. Le pouvoir d’achat régresse, la croissance est aux abonnés absents, les déficits se creusent. Il y a dans notre pays un malaise qui chemine à bas bruit et qui trouvera sa vraie portée lorsque les Français découvriront qu’après avoir laissé filer la dette, le pouvoir va être contraint de serrer brutalement la ceinture.
N.O.- Vous ne croyez pas à la capacité du PS de capitaliser cette colère?
F.Bayrou. – Le PS, c’est un remarquable réseau d’élus qu’il faut savoir respecter. Mais ce n’est plus un espoir pour personne. Qui croit encore que le socialisme, au sens propre du mot, soit la solution aux difficultés que traverse la France? Qui imagine qu’on puisse relever notre pays dans une démarche à la fois étatique et collective ? Les trois quarts des dirigeants du PS ne sont plus socialistes et c’est bien là leur drame. Ils récitent un catéchisme qu’ils savent hors d’âge. S’ils osaient dire ce qu’ils pensent vraiment, on aurait bien des surprises. Les fractures idéologiques s’effacent. Beaucoup de leurs électeurs, en tout cas, l’ont parfaitement compris et ce n’est qu’un début.
N.O.- Reste qu’individuellement, ce n’est pas votre parti, le Modem qui attire les ralliements. Beaucoup de vos amis sont restés dans l’orbite de l’UMP et manifestement ce n’est pas terminé. Il suffit de voir le ralliement de Cavada…
F.Bayrou.- Les hommes sont fascinés par le pouvoir, celui qu’on leur donne, ou celui qu’on leur fait miroiter. C’est une faiblesse de plus en plus répandue, on l’a vu ces derniers mois dans nos rangs aussi bien que dans ceux du PS. Il serait pourtant vain de s’arrêter à cette cause superficielle. On croit que c’est le vent qui fait tomber les branches. On se trompe. Les branches tombent parce qu’elles sont mortes. Il faut donc chercher la cause ailleurs, en amont. En vérité, ce sont nos institutions, dans leur dérive, qui poussent à la servilité. On ne peut s’y affirmer que par le fait du prince. C’est lui qui distribue toutes les faveurs. Comment, lorsqu’on est un jeune homme ou une jeune femme politique, s’y faire entendre, se révéler, en-dehors des cercles de pouvoir, ou du premier cercle de l’opposition ? Donc, il faut abdiquer son esprit critique, apprendre à mettre ses billes sur la case d’un futur patron. Tout cela ne pousse pas à l’indépendance d’esprit.
N.O.- Votre raisonnement n’est –il pas un peu fataliste?
F.Bayrou. Je demande simplement des institutions qui poussent au caractère, à l’indépendance d’esprit, au goût de la liberté. Autrement dit, il faut un parlement, il faut pouvoir se faire élire sur ses idées et non pas sur la soumission aux gouvernants. Il faut pouvoir résister aux grandes vagues. Si l’on ne change pas les institutions, rien ne changera. Pour satisfaire le prince dont tout dépend, il y aura toujours des faibles et des opportunistes.
N.O.- Les propositions de la commission Balladur ne desserrent-elles pas le système que vous dénoncez?
F.Bayrou. – Je l’espérais et pour tout dire je le croyais. Mais en-dehors de quelques changements sur le fonctionnement du parlement, pour l’essentiel, c’est-à-dire le lien de dépendance du parlement par rapport à l’exécutif, aucun changement réel n’est proposé.
N.O.- Que pouvez-vous faire dans ce contexte?
F.Bayrou.- Il faut faire lever une génération des responsables politiques au sein d’une formation dotée d’une identité claire, d’une doctrine cohérente, d’un projet de société et d’une ambition durable. C’est cela, le but du Mouvement démocrate.
N.O.- Le Modem, c’est l’UDF en mieux?
F.Bayrou.- L’UDF ne regardait que sur sa droite et c’était son handicap. Le Modem, lui s’installe dans une position d’indépendance donc de liberté. C’est toute la différence. On le verra dès nos premiers combats qui sont municipaux. Ce ne sont pas les plus simples. Mais c’est le début d’une longue marche.
N.O.- Rendez-vous donc à la présidentielle de 2012...
F.Bayrou. – Non, rendez-vous tout au long de ces quatre années. Bien des événements se produiront qui donneront aux esprits libres l’occasion de se faire entendre. Même si, dans le système tel qu’il est, le vrai changement passe en effet par l’élection majeure.
Propos recueillis par François Bazin
03:25 Publié dans UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, politique, strasbourg, cutajar, municipales
Le condrès de l'UDF; la grande mutation
Repris sur Le Figaro
Un article de Judith Waintraub

«Je ne me reconnais pas dans le projet de société de Nicolas Sarkozy, ni dans le projet politique du PS», a expliqué hier François Bayrou, en ouvrant le Congrès extraordinaire de l’UDF.
Mille cinq cents supporteurs de l’ex-candidat à la présidentielle ont participé hier au premier acte de la transformation de l’UDF en MoDem.
Un enterrement ? Non, une naissance. Dans le hall du Parc des expositions de Villepinte, François Bayrou clame son «allégresse». Tout l’enjeu de ce premier acte de la transformation de l’UDF en MoDem se résume pour lui à une formule, répétée à l’envi aux centristes mais aussi aux déçus du PS qui l’ont rejoint depuis la présidentielle : «Mutation ne veut pas dire disparition.»
L’explication a commencé dans le huis clos du bureau politique de l’UDF, en milieu d’après-midi. Bayrou a donné le ton par sa déclaration liminaire : «Le but de ma vie, c’est d’être indépendant et fort. Je défendrai l’identité d’une famille unitaire.» Malgré certaines réserves, l’«unité» s’est réalisée dans cette instance exclusivement composée d’UDF «historiques». Même le sénateur Michel Mercier, pourtant favorable à une alliance avec l’UMP à Lyon, a fait allégeance au fondateur du MoDem : «Si nous sommes tous là aujourd’hui, c’est parce tu nous as guidés et que nous t’avons suivi. Notre fidélité ne te manquera pas. Nous sommes la vieille terre, il y a aujourd’hui de la nouvelle graine. Nous allons tous produire ensemble.»
«Des débats bouillants»
François Bayrou n’en demandait pas plus. Persuadé que «la mayonnaise va prendre», il se dit «ravi» de «voir arriver les nouveaux adhérents, même si ça annonce des débats bouillants». La rédaction des statuts du MoDem, qui doivent être adoptés aujourd’hui, a déjà provoqué une minirévolution culturelle chez les centristes. «Nous avons intégré plus de mille amendements», assure le futur président du MoDem.
Mais les questions politiques de fond n’ont pas encore été abordées. François Bayrou s’est contenté d’adapter son «ni droite ni gauche» de la campagne présidentielle aux circonstances en proclamant : «Je ne me reconnais pas dans le projet de société de Nicolas Sarkozy, ni dans le projet politique du PS.» Ce qui ne l’a pas empêché d’ajouter, sans doute dans la perspective plus prosaïque des municipales, qu’«être centriste, c’est être capable de regarder à la fois à droite et à gauche».
En attendant ces échéances électorales, quand François Bayrou « regarde à droite », il ne voit rien qui lui plaise. La prestation télévisée de Nicolas Sarkozy ne l’a pas convaincu. Il y a relevé une «grande incohérence» : «Comment peut-on présenter les heures supplémentaires comme la panacée pour redonner du pouvoir d’achat et vouloir en même temps supprimer les 35 heures ?» Autre reproche : le président n’a «pas du tout parlé des petites retraites dont le candidat de l’UMP avait fait un thème de campagne». Son ancien rival a concédé du bout des lèvres un «progrès» dans le discours de Sarkozy : «Il ne fait plus de promesses intenables, il reconnaît qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’État.» Compliment aussitôt tempéré par une précision : «C’est en grande partie à cause des cadeaux fiscaux qu’il a distribués.»
"Etre du centre, cela veut dire être indépendant"
Quant aux centristes ralliés à la majorité présidentielle, Bayrou ne veut même pas en entendre parler : «Au centre, il n’y a que nous. Être au centre, ça veut dire être indépendant. Ailleurs, autour de l’UMP, il y a des poussières d’étoiles qui acceptent d’être des satellites.» De quoi alimenter le procès en «sectarisme» que les membres du Nouveau Centre font à leur ancien leader.
Le MoDem ne sera officiellement créé qu’aujourd’hui, avec le vote de ses statuts et l’élection de ses dirigeants. La «nouvelle architecture» que François Bayrou entend inventer a au moins un point commun avec l’UDF : il sera le seul candidat à la présidence du parti. Ce qui l’amuse mais ne le trouble pas un instant : «Eh oui, c’est normal que le fondateur d’un mouvement soit aussi son président.»
02:25 Publié dans UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, udf, modem, bayrou
27/11/2007
François Bayrou : «La majorité ne défend aucun projet social»
itw à La Croix À la veille du congrès fondateur du Mouvement démocrate, son président François Bayrou réaffirme sa volonté de créer un parti indépendant et réitère ses critiques contre le gouvernement
La Croix : Que restera-t-il de l’UDF au sein du Mouvement démocrate ?
FRANÇOIS BAYROU : L’UDF a décidé de créer le Mouvement démocrate. Ses adhérents en seront membres et son organisation en fournira la colonne vertébrale. Mais il y a bien entendu une différence de fond entre les deux partis. Dans son histoire, l’UDF n’a regardé que vers la droite. Or le centre ne peut pas être le centre s’il ne regarde que d’un seul côté. Vouloir le centre, c’est forcément le vouloir autonome, indépendant, capable de regarder comme des partenaires les grandes forces démocratiques du pays, qu’elles soient à sa droite ou à sa gauche.![]()
Quelle est la différence entre le MoDem et le Nouveau Centre ?
Le Nouveau Centre s’est rallié purement et simplement à la majorité de Nicolas Sarkozy sans y exercer aucune influence. Or tous ceux qui abandonnent leurs convictions pour rallier le pouvoir abandonnent en fait leur raison d’être et finissent par disparaître.![]()
Qu’est-ce qui vous différencie, au fond, de Nicolas Sarkozy ?
Le projet de société. Aujourd’hui, dans la mondialisation, il y a un modèle qui domine tous les autres. Celui d’une société dans laquelle les inégalités augmentent fortement plutôt que de reculer. C’est très impressionnant : pendant les 150 dernières années, nous vivions tous, en Occident, avec l’idée que le progrès allait faire peu à peu reculer les inégalités. Et grosso modo, c’est bien ce qui se produisait.
Or depuis quelques années, c’est le mouvement inverse qui est reparti. Un courant de pensée dominant accepte et justifie les inégalités et se satisfait de leur croissance. Disons que ce courant de pensée est celui de l’Amérique de Bush, des néoconservateurs. C’est cela que Nicolas Sarkozy admire. Et, pour moi, ce n’est pas la vocation de la France. Ni le gaullisme, ni la démocratie chrétienne, ni la social-démocratie ne devraient l’accepter.![]()
Et qu’est-ce qui vous différencie du PS ?
Le Parti socialiste en est encore à croire, ou à laisser croire, que pour résoudre les problèmes de la société, il n’existe qu’un recours : l’État. Or cette réponse n’est plus valide. L’État centralisé est épuisé, sans moyens et, au fond, devenu impuissant. Il arrive même souvent que l’État, bureaucratique, soit paralysant. Il faut donc redéfinir le rôle de l’État.![]()
La méthode Sarkozy sur la réforme des retraites est-elle, selon vous, un succès ?
On n’a fait qu’un petit bout du chemin. La réforme des régimes spéciaux est nécessaire, pas seulement pour des raisons comptables, mais pour des raisons d’équité. Beaucoup de Français ressentaient comme une injustice l’inégalité devant la durée de cotisations. Et il est vrai en même temps que ce régime de retraites était un élément du contrat de travail.
C’est pourquoi j’aurais préféré une réforme globale qui prenne en compte tous les régimes de retraite, sous l’angle de la pénibilité du travail, et une réforme générale fondée sur une retraite par points avec de vrais droits garantis. Aujourd’hui, on vend aux travailleurs de faux droits : leur retraite n’est nullement garantie et nous aurons des rendez-vous douloureux.![]()
Les grèves donnent-elles raison à ceux qui pensent que ces réformes sont quasi impossibles ?
Les réformes ne sont absolument pas impossibles. Mais commencer, avec le paquet fiscal, par accroître les privilèges de ceux qui avaient déjà beaucoup, cela rend les choses évidemment plus difficiles. Car la condition de la réforme c’est la justice. « Réformer », aujourd’hui, cela veut trop souvent dire abandonner purement et simplement les conquêtes sociales.
Pour moi, au contraire, réformer c’est répondre à deux questions. Comment libérer les énergies françaises ? Comment faire progresser la justice ? Pour l’instant, cette seconde question n’obtient pas de réponse : aucun projet social n’est défendu et la réforme en est déséquilibrée.![]()
Que pensez-vous des mesures du gouvernement en faveur du pouvoir d’achat ?
On peut trouver des mesures techniques, mais au fond le pouvoir d’achat ne se décrète pas. Il est le résultat de la santé économique du pays. C’est toujours une erreur de faire des promesses électorales intenables. Cela contribue à la démoralisation du pays. On dira que le cynisme fait gagner des voix ! Mais, après, les déceptions sont terribles. Il y a longtemps que j’ai choisi, en ce qui me concerne, de rejeter les promesses intenables et de dire la vérité à mon pays.![]()
La manière dont Nicolas Sarkozy exerce la fonction présidentielle est-elle conforme à votre conception de la présidence de la République ?
Pour moi, le président de la République doit être à la fois inspirateur et arbitre. C’est toute l’histoire de nos institutions. Il ne doit pas concentrer tous les pouvoirs. Il ne doit pas être le chef d’un clan. Quand il participe au bureau politique de son parti, il n’est pas le président de tous les Français.
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| Recueilli par Laurent de BOISSIEU et Solenn de ROYER |
00:50 Publié dans UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, strasbourg, cutajar, modem
09/11/2007
Une lettre de François BAYROU
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10:47 Publié dans UDF-MODEM | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, modem, bayrou, udf

